‹ Exposé des applications de l'électricitéChapitre 18 sur 46 · II. — DISPOSITIONS POUR LES CABLES OE ORANOE LONGUEUR · texte numérisé non relu

II. — DISPOSITIONS POUR LES CABLES OE ORANOE LONGUEUR

Les systèmes que nous venons de décrire s'appliquent admirablement à des câbles dont la longueur n'excède pas 300 milles marins; mais, pour des câbles plus longs, ils donnent des résultats pratiques fort insuffisants,

(1) Celte résistance produit un effet maximum quand elle est également répartie aux deux extrémités du cftbie, et mimmum quand elle est située au poste de réception.

en effet, ils nécessitent à Textrémité du câble un effet électrique considérable pour faire agir ie levier du relais, et ce levier ne revient en place que lorsque cet effet électrique a suffisamment diminué; en un mot, Faction électrique doit s'élever et s'abaisser plus qu'il n'est possible de le faire dans les conditions des câbles longs. Or, comme le temps nécessaire pour produire une différence de tension donnée à l'extrémité d'un c&ble est proportionnel au carré de la longueur de ce câble, il arriverait que sur un câble un peu long, comme celui de Falmouth à Gibraltar ou le Transatlantique» par exemple, co système ne permettrait pas de transmettre plus de deux à trois mots par minute, ce qui serait un résultat pratique très-insuffisant. On a donc dû chercher un appareil qui fut beaucoup plus délicat que les meilleuis relais, qui fut sensible aux premiers effets électriques, enfin, qui put fonctionner aussitôt la communication établie entre le câble et la pile. Le galvanomètre à réflexion de sir William Thomson, que nous avons décrit dans notre t. ir, p. 3^0, se prêtant admirablement à toutes ces exigences, a été universellement adopté pour tous les câbles longs, tels que les câbles Transatlantiques, d'Australie, de Chine, de Malte, etc., etc.

Dlspositioii avee le f^vaHomdtre Thomson. — La disposition télégraphique adoptée sur les câbles de grande longueur avec le galva-

Fig. 133.

Fig. 144.

uomètre Thomson, comporte plusieurs appareils particuliers que nous devrons étudier successivement afin de pouvoir en suivre les fonctions quand nous en serons à décrire ce mode de correspondance. Ces appareils se composent '^ \^ d'un récepteur; 2« d'un manipulateur; 3« d'un commutateur; 4« d'un rhéostat; ô*» d'une pile; 6« d'un condensateur. Béceptewr. •— Le galvanomètre-récepteur n'est pas astatique. Il se com-

pose, comme on le voit fig. 133, d'une simple bobine portant le fil isolé, et dont le centre est occupé par un tube noirci qui contient le système à réflexion. Ce système, comme dans le galvanomètre que nous avons déjà décrit t. II, p. 321, est constitué par un petit miroir soutenu par un fil de cocon au centre du tube, et dirigé par un petit barreau aimanté fixé derrière lui, Tout cet ensemble mobile pèse environ 5 centigrammes et se trouve

maintenu dans une position fixe par un aimant courbe placé au-dessus de la bobine.

Dans certains galvanomètres-récepteurs, pour amortir des déviations trop brusques, on suspend au fil de cocon, qui porte Taimant et le miroir, un fil d'aluminium trèsléger qui soutient à sa partie inférieure une lame plongeant dans un godet plein d'un liquide plus ou moins visqueux, lequeln'est, le plus souvent, qu'une solution plus ou moins concentrée de glycérine.

Ce système représenté fig. 134, est très peu employé, et on arrive à amortir suffisamment le choc des oscillations brusques, en disposant convenablement des aimants en fer à cheval dans le voisinage do l'appareil.

Dernièrement, M. Varley a mis' à Tessai, à la station de Brest, sur le câble Franco-Américain, un galvanomètre-récepteur dans.lequel le miroir et l'aimant étaient plongés dans une masse hquide composée d'alcool ou d'éther. Cette disposition a donné à ce qu'il parait de bons résultats.

La partie du système destinée à recevoir les projections lumineuses a dû avoir aussi une disposition particulière dans son application à la télégraphie sous -marine. A un mètre environ en avant du galvanomètre se trouve, en effet, une boîte cubique noircie intérieurement, et c'est au fond de cette boîte qu'est collée la bande de papier blanc qui doit recevoir les projections. Elle ne porte absolument aucun repère ni aucune division. Au-dessous de cette bande blanche se trouve la fente quadrangulaire, allongée dans le sens vertical, qui laisse passer le pinceau de lumière destiné à être réfléchi par le miroir; il est émis par un bec de gaz, ou à défout de gaz, par une lampe à pétrole entourée d'un manchon métallique pour éviter les vadliations de la flamme, comme le voit, fig. 135, ci-dessus. Ce pmceau de lumière, après avoir été concentré sur le miroir par une lentille, se trouve réfléchi et vient se peindre sur la bande de papier située au fond de hi caisse

tÉLÉdnÂl^HËd SOtlS-MAKlNâ.

iioiire; il à alors un centimètre de large sur deux et demi de haut ehviron. L'employé est placé en arrière du galvanomètre récepteur, et suit des yeux les oscillations de l'image lumineuse, à droite ou à gauche de la ligne imaginaire qui lui sert de repère. En interprétant les oscillations à droite comme les traits de l'alphabet Morse, et les oscillations à gauche comme les points, il groupe les signaux mentalement, et, lorsque la transmission d'une lettre est iinie, il la dicte h, un autre employé qui écrit ainsi les différentes lettres et mots de la dépèche au fur et à mesure de leur réception.

Manipulateur. — Les déviations du galvanomètre, dans des sens différents, sont obtenues au moyen d'un manipulateur inverseur, que nous représentons fig. 136, et qui se compose, comme on le voit, de deux touches portées par deux lames de ressort. Lune d'elles est en rapport avec le cable, l'autre avec la terre. Deux lames métalliques, entre lesquelles oscillent ces touches à ressorts, communiquent avec les deux pôles de la pile, et complètent Tappareil, qui n'est autre, en somme, que le manipulateur du télégraphe anglais à cinq aiguilles que nous avons décrit page 9.

Commutateur. — Le commutateur employé dans le système télégraphique dont nous parlons, pour mettre le câble en rapport avec le manipu* lateur, le récepteur et la plaque de terre, a une disposition particulière que

Fig. 136.

Fig. 137.

nous représentons fig. 137. U consiste essentiellement dans une sorte de secteur que l'on peut faire tourner au moyen d'une manette, et qui, en rencontrant le bec de trois ressorts arqués en rapport avec les trois pièces dcmt nous avons parlé, établit les communications voulues. On remar* quera que ce secteur tournant a une surfeuse de contact qui ne mesure pas moins de 70<*,7, et que, dans te mouvement d'oscillation qu'il accomplit pour passer du contact de transmission au contact de réception situé sur une môme verticale, il appuie presque constamment sur le contact de terre placé à droite. Cette disposition a pour but de maintenir le plus longtemps possible la ligne en communication avec la terre, pour faciliter la décharge quand on passe de la transmission k la réception^ et vice versa.

382 TÉLÉGRAPHES SOUS-MÂRIMS.

Rhéostat. — Le rhéostat employé sur les câbles sous-marins n*est autre chose que la boîle à bobines de résistance que nous avons décrite t. ii, p. 335, et que nous représentons fig. i38» ci-dessous. Pour les longues lignes, comme celles des télégraphes transatlantiques, ces rhéostats doivent fournir des résistances très-considérables, plus grandes, môme, que celle de la ligne ; car on peut être conduit, pour accélérer la transmission, à établir des dérivations factices. '

Pile. — Comme Tinduction est en rapport avec la tension électrique, on

a c^ierché, dans les transmis-

Fig. 138. sions sur les longs câbles, à

diminuer le plus possible le

JL «jfcM Bj| lÉn 1 1 nombre des éléments delà pile,

et on est arrivé, pour le télégraphe transatlantique anglais^ à n'employer que cinq éléments Daniell (disposition Minotto); mais, sur le câble Franco- Américain, on a porté à 15 le nombre de ces éléments, qui sont disposés en tension. Pourquoi a-t-on choisi de préférence les éléments Minotto qui ont une grande résistance ? C'est ce qu'on ne nous a pas expliqué.

Condensateur. — Bien que remploi d'un condensateur, dans les transmissions électriques sous-marines, ne constitue qu'une disposition accessoire, cette disposition, comme nous Tavons dit plus d'une fois, a une trèsgrande importance, non-seulement en ce qu'elle empêche les courants accidentels terrestres de réagir sur les appareils délicatA qu'on est obligé d*employer, mais surtout parce que, grâce à elle, les effets électriques utiles sont suivis instantanément au moment où il doivent cesser, d'un effist physique contraire qui annule les perturbations provoquées par eux. C'est comme nous l'avons vu, à M. Yarley qu'on doit l'introduction dans la télégraphie de ce dispositif important;, mais on s'est, dans l'origine, si peu expliqué sur la manière dont il avait été appliqué, qu'on a commis à son égard des confusions regrettables qui ont rendu l'étude de ses fonctions peu compréhensible»

L'application du condensatenr aux lignes sous-marines a, du reste, été fisûte de plusieurs manières, tantôt en interposant le condensateur entre le câble et le transmetteur, tantôt entre le câble et le récepteur, tantôt enfin^ entre le récepteur et la terre. Ce sont ces deux derniers dispositifs qui ont

TÊLÊGRAPUES SOUS-MARINS.

été le plus employés, Tua pour les transmissions simples avec la clef ordinaire, Tautre pour les transmissions avec Tinverseur du courant Noua avons analysé les effets du premier système dans notre premier volume, p. 102, et nous en représentons» iig 139, le dispositif. 11 nous reste à expliquer les deux autres.

Le système dans lequel le condensateur est interposé entre la terre et le

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fikA.i,tx.

récepteur est représenté, fig. 140; G est le galvanomètre à miroir; G le condensateur; R une dérivation trés-résistante établie au point de jonction G du câble et du galvanomètre; enfin, K est une clef Morse ordinaire installée au poste de départ, et disposée de manière que son contact de repos communique avec la pile de ligne, et son contact de transmission avec la terre* Dans ces conditions, le câble est constaomient chargé à la tension de la batterie, et le condensateur G partage la tension du point G, mais à cause de la résistance H, ces tensions sont presque les mêmes. Nous observerons qu'au moment où cette double charge s'est produite, le galvanomètre 6 a dévié sous l'influaice du courant de charge, mais que cette déviation n*a pu être que de faible durée, car, aussitôt la charge produite» le galvano^ mètre a dû revenir à séro» point où il a dû se tnaintenir tant que la clef K est restée sur son contact de repos. Admettons maintenant que par suite de la dépression de la clef K le câble soit mis en rapport avec la terre; une partie de sa charge disparaîtra, et entrains» une décharge partielle du con-

TÉLÉGRAPHES SOUS-MARiNâ.

densateur, qui provoquera à travers le galvanomètre, un courant de décharge en sens inverse de celui qui Tavait primitivement impressionné, et ce courant de décharge sera d'autant plus énergique que le contact à la terre aura duré plus longtemps. Si après ce contact on abondonne la def à elle-même, un courant de charge se manifestera de nouveau en sens contraire de ce dernier, et son énergie sera d'autant plus grande que l'afibiblissement de la tension aura été elle-même plus grande ; mais il ne tardera pas à disparaître quand la charge du condensateur sera complète, et alors TaiguiUe du ^galvanomètre reviendra à zéro. Or, il résulte de ces action? multiples, que chaque émission de courant^ svivie d'un contact à la terre, a pour effet de provoquer deux courants de sens inverse qui se succèdent, et dont Tun peut réagir pour ramener à zéro Faiguille du galvanomètre, en rendant ainsi les oscillations plus promptes et plus nettes. D'un autre côté, on peut comprendre qu'en produisant avec la clef des contacts à la terre courts et longs, il sera possible, par la différence d*amplitude des déviations qui en résultera, de télégraphier dans le langage alphabétique de Morse; car il suffira pour cela d'attribuer aux déviations les plus grandes la valeur du trait, et aux déviations les plus courtes la valeur du point, et la manipulation ordinaire de la clef Morse n'en sera en rien changée. Gomme dans le cas qui nous occupe, les courants dus aux contacts avec

Fig, liO

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nn ferry

la pile sont aidésdans leur action, pour la mise au repère de Taiguille du galvanomètre, par Taction de Taimant directeur qui pourrait lui foire dépasser ce repère, il importe de rendre ces courants moins énergiques, et c'est à cet effet, ainsi que pour rendre plus prompts les effets de décharge, qu'a été établie la dérivation constituée par la résistance R. ' Le systèma dans lequel le condensateur est intercalé entre le câble et le récepteur, système qui a été adopté pour le télégraphe transatlantique

français, est représenté fig. 141. Nous en exposerons plus loin, et avec détails, le dispositif; mais nous pouvons dire, dès maintenant, que le fonctionnement du condensateur est, dans ce cas, aussi simple que dans le cas précédent. Dans ce système, le manipulateur est à la terre en temps de repos, et, quand on envoie des courants, soit positifs, soit négatife, ils ont pour e£fet de provoquer une charge plus ou moins complète du condensateur de la station opposée, qui réagit indirectement sur le récepteur par les flux qui sont repoussés en terre, absolument comme dans le système que nous avons décrit 1. 1, p. 102. Oe cette Aiçon le câble ne se trouve jamais en contact direct ni avec la terre ni avec les galvanomètres, et ceux-ci peuvent échapper aux courants accidentels dont nous avons parlé, lesquels no laissent pas que d'être assez énergiques sur des longues lignes,

Fig. Ui.

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ainsi qu'on Ta vu dans notre second volume, p. 522. Voici maintenant ce qui arrive quand on transmet :

Lorsque dans Tarmature du condensateur qui est reliée au càUe, il se produit une charge quelconque sous Tinfluence d'une émission de cou* tant faite à la station de départ, Tautre armature qui est à la terre laisse échapper au sol une quantité égale d'électricité de même signe, qui, en passant à travers le galvanomètre, provoque une déviation de l'aiguille dans un certain sens. Quand, par suite d'un contact à la terre cette charge de la première armature disparait ou s'afifieublit, l'électricité condensée sur la seconde armature devient libre, et fournit un flux électrique de sens inverse au premier, qui tend à ramener Taiguille déviée du récepteur au repère, Sj elle n'y est déjèi ou à lui faire prendre une direction contraire, si cette

action est encore plus marquée. Si, au lieu d'un contact à la terre effectué à la station de départ, on provoque l'envoi d'un courant de sens contraire au premier, la déviation dépassera cette fois forcément le repère; de sorte que,, suivant la nature du courant mvojé, on pourra projeter l'image lumineuse du récepteur à droite et à gauche de la ligne de repère imaginaire, projection qui permet de distinguer les traits et les points de Talphabet Morse. Mais comme après chacune de ces émissions de courant le manipulateur met le câble en contact avec la terre, l'action du courant inverse, dû à Taffaôblissèment de la charge ou à sa disparition, se fera toujours sentir pour limiter la déviation galvanométrique, et il n*y aura même pas besoin que la décharge du câble soit complète pour produire ce résultat, car les effets précédents pourront très bien résulter de courants différentiels dans un sens ou dans Tautre; seulement la ligne de repère imaginaire sera déplacée, et l'écart des projections lumineuses sera plus ou moins réduit.

Dans la fig. 141 , nous avons représenté en P la manette du commutateur ; en a, b, c, les contacts de ce commutateur qui réunissent à volonté le câble au manipulateur à la terre et au récepteur; en R une résistance rhéostatique pour régler à volonté Tintensité des flux électriques sur le condensateur; en C le condensateur; en G le récepteur; en T la terre; entt^XcB denx touches du manipulateur, et en /, l' les deux lames en rapport avec les deux pôles de la batterie qui est en B.

8ur les câbles qui n'ont pas une très grande longueur^ les effets électriqueâ étant très rapides et de coturte durée, il est nécessaire, pour diminuer leur violence, de les allonger un peu, et pour cela, d'introduire à la station de réception une certaine résistance plus ou moins considérable; mais sur les câbles très longs, cette résistance peut être foible et même nulle dans certains cas. L'employé peut, du reste, la foire varier suivant qull est plus ou moins exercé à la lecture pénible et difficile de ces signaux fugitifs, dont, par ce moyen, il peut aussi fure varier l'amplitude.

Les condensateurs intercalés entre le câble et le récepteur sont des con* densateurs à lames d'étain séparées ou par des feuilles de papier paraffinéi ou par des feuilles de gutta-percha, ou par des lames de talc.

On avait cru, dans l'origine, que les condensateurs avalent pour résultat de diminuer la durée de la période variable de la propagation électrique; mais, par le fait, ils ne font plutôt que l'augmenter en introduisant dans le circuit une source nouvelle d'induction ; toutefois, comme les signaux se séparent plus vite et plus facilement par suite de l'action du coiu*ant contraire développé par le condensateur, on peut considérer son intervention comme éminemment favorable. Les expériences faites sur le câble Franco-

TÉLÉGRAPHES SOUS-MARINS. 3*t

Américain ont montré que le ralentissement causé dans !a vitesse de transmission par l'intervention du condensateur atteint son minimum qliand la surface de ce condensateur représente celle de 50 milles marins du câble auquel il est relié.

Disposition pratique d'ane station desservant nn long cftble* — La fig. 142» ci contre, représente la disposition des appareils que nous avons décrits précédemment, telle qu'elle a été organisée à la station de Brest pour le câble Franco-Américain.

Le câble, comme on le voit siir cette figure, aboutit au commutateur P et peut être mis en rapport, par les fils aboutissant aux boutons d'attache a,ceib: {• avec le manipulateur M, et par lui avec Tun ou l'autre des pôles de la pile B; 2« avec le condensateur G par l'intermédiaire du Rhéostat H; 3<» avec la terre par le bouton de terre T. Le galvanomètre, de son côté, communique d'un côté avec le condensateur G par Tarmature opposée à celle qui est en relation avec le câble, de l'autre côté avec la tene, également par l'intermédiaire du bouton de terre T. Enfin, devant le galvanomètre G, est disposée la boîte U au fond de laquelle doit se projeter l'image lumineuse réfléchie par le miroir m du galvanomètre, et derrière celle-ci se trouve la lampe au pétrole D qui doit fournir le rayon lumineux mn. Celui-ci passe par la fente/*et à travers une lentille convergente L,etrécran E, qui doit recevoir la projection de Timage lumineuse i, est disposé sur un support qui, comme celui de la lentille et même celui du galvanomètrci peut être élevé ou abaissé.

Par cette disposition, il devient facile de diriger le rayon lumineux de manière à ce que Timage réfléchie de la fente /* puisse se projeter sur l'écran au-deesus de cette fente, et il est alors aisé à l'œil, placé en O, de suivre les mouvements de cette image et, par suite, d'apprécier la valeur des signaux reçus» L'aimant A sert à régler convenablement la force directrice du barreau aimanté que porte le miroir m du galvanomètre. Voici maintenant comment s'effectuent, avec ce système, les transmissions :

Si on appuie sur la touche de droite t' du manipulateur M, le flux positif de la pile B ira du pôle positif au bouton a du commutateur P par la lame l du manipulateur qui se trouve alors en contact avec la touche V; de a il se trouvera dirigé sur le câble^ et ira charger le condensateur de la station de réception en provoquant sur son récepteur le signal en rapport avec les flux positifs» Gomme pour obtenir, à cette station, la charge Mcessaire à la fortnation de ces signaux, il faut que la pile perde en terre une charge négative de même valeur, il faudra que le pôle négatif de B soit réuni à la terre par le manipulateur, et c'est en effet ce qui a lieu, puisque la touche t commu^*

TÉLÉGRAPnES SOUS-MARINS.

nique par le pont ( avec le pôle négatif de B et le bouton T. Après cette émission, la lame i étant revenue en contact avec le pont /', le cftble est mis

Fig. 142.

en rapport avec la terre par ce pont, les deui lames t et t' et le bouton T, ce qui provoque le courant de décharge dont nous avons parlé. Si c'est la

TËLÉGRÀPHBS 80U8-MÀRINS. m

touche t qui est abaissée, Tefifet inverse se produit, car le flux positif suit le chemin, B ^-f) ItT terre, et le flux négatif, B (— ) T t' a, câble, condensateur. On obtiendra de cette manière, à la station de réception, un e pour la première transmission et un t pour la seconde, puisqu^on aura eu successivement deux mouvements différents et isolés, l'un à gauche, l'autre à droite de la ligne de repère imaginaire. Mais si au lieu de toucher alternativement la touche ( et la touche t\ on eut abaissé deux fois de suite la touche t, la déviation de Taiguille se serait portée deux fois vers la gauche et Ton aurait eu un i. Rien n'est donc plus simple que la transmission avec ce système. Voyons maintenant comment s'opère la réception.

Dans ce cas, le commutateur P établit le contact entre le bouton e et le câble. 8i c'est un courant positif qui parcourt celui-ci, il arrive en e et de là au condensateur G qu'il charge en provoquant un flux d'électricité de même nom, qui se perd en terre après avoir passé à travers le galvanomètre * G et le bouton T, et après avoir produit, par conséquent, le signal en rapport avec cette direction du courant. Aussitôt cette action produite, le câble étant mis à la terre à la station de transmission, le condensateur G se décharge en provoquant à travers le galvanomètre un flux électrique qui va de la terre au condensateur, et qui ramène l'aiguille du galvanomètre au zéro. Avec une émission de courant négatif, les effets précédents se reproduisent, mais ils sont naturellement renversés.

Comme la propagation électrique sur de longs câbles est très lente, il arrive qu*en transmettant avec la vitesse ordinaire des appareils Morse, les flux électriques que l'on envoie ne représentent, en intensité électrique, guère plus que la centième partie de celle qu'ils pourraient acquérir avec des transmissions très lentes; mais la sensibiUté des récepteurs et les courants inverses qui résultent des contacts à la terre, permettent de se contenter de cette minime intensité.

Gomme il est nécessaire, pour les expériences techniques que Ton est obligé de faire chaque j0ur pour constater Tétat d'isolement de la ligne et sa résistance, de pouvoir mettre le câble en rapport direct avec le sol, et que cette disposition est nécessaire en même temps, pour soustraire les instruments de réception aux effels des courants accidentels atmosphériques ou autres, le commutateur P a dû fournir, comme nous l'avons vu, un contact spécial à la terre, et ce contact est si utile qu'il accompagne la marche de la manette jusqu'à la dernière extrémité, dans les évolutions que celle-ci accomplit pour le changement des communications. Quand les courants accidentels sont intenses, on alterne les contacts du câble avec le récepteur et la terre toutes les cinq minutes, jusqu'à la disparition de ces courants.

m * TÉLÉGRiU^HES 80US-MARIN8.

Ainsi oooiblné, le système de réception et de transmission des longs câbles a donné, jusqu'à présent, d'excellents résultats. La vitesse apparente de réception, c'est-à-dire le nombre maximum des mots de cinq lettres qu'un employé très exercé est capable de recevoir, peut atteindre jusqu'à 20 ou 25 par minute; d'où l'on peut conclure qu'en prenant pour moyenne de chaque lettre 3 signaux ou déviations du pinceau lumineux (spot^ en anglais), dans un sens ou dans Tautre^ un employé habile peut interpréter et dicter de 300 à 375 signaux à la minute. Dans la pratique, toutefois, on n'arrive jamais à ce résultat, que l'on n'obtiendrait qu'aux dépens de la santé et de la vue des employés; la vitesse moyenne pratique de réception est, sur le câble transatlantique Franco-Américain, de 9 à 10 mots par minute, soit 40 dépèches de 10 mots par heure, y compris le coilationnement, c'està-dire la répétition, en sens contraire, des chiffres et noms propres.

Le grand inconvénient reproché à cette installation est de ne pas permettre à l'employé de couper son correspondant, c'est à-dire de l'arrêter ou de le prévenir lorsque, par suite d'une cause quelconque, la réception des signaux ou leur traduction devient im^iossible. Il est nécessaire, en effet, comme on peut s'en assurer par la simple inspection de la fig. 142, de mettre le commutateur sur le ressort a ou sur le ressort Cf suivant que Ton veut transmettre ou recevoir. Lorsque plusieurs mots ont échappé à la réception, l'employé les demande, à la fin de la dépèche à son correspondant, en transmettant le mot qu'il a reçu, suivi du signal répétez, ou bien, selon les cas, en transmettant de.... tel mot à.... tel autre... (répétez).

Un second inconvénient, très grave, au point de vue hygiénique, est la perturbation qu'exerce sur la vue des employés Tobservation prolongée d^images lumineuses mobiles; plusieurs d'entre eux ont fini par devenir à peu près aveugles à la suite d'un service continu dans ce genre de télégraphie.

Iilnân, un troisième inconvénient, moins grave, il est vrai, mais auquel on attache cependant une certaine importance, est la nature même des signaux qui sont éminemment fugitif. Un grand nombre d'inventeurs, pour contourner c^tte difficulté et éviter l'inconvénient des signaux lumineux, ont cherché à construire des appareils enregistreurs suffisamment sensibles pour imprimer, d'une manière quelconque, sur une bande de papier, le premier effet électrique qui se produit à une extrémité du câble, quand, à l'antre extrémité, on le met en rapport avec l'un ou l'autre des pôles de la pile; mais ils n'ont que médiocrement réussi. De tous les appareils connus jusqu'à ce jour, celui de sir William Thomson, désigné en Angleterre sous le nom de Siphon recorder ou de cracheur d'ancre (ink spitter), est le seul

qui ait donné quelques réguhats. Voici en quoi il consiste, d'après une description fort incomplète qui en a été publiée en Angleterre : Disposition svoe le siplion peeorder de M. Thomson. —

Qu'on imagine, suspendue à un double fil de platine très-fin, une hélice galiguiique, au-dessus de laquelle sera attaché un petit tube en verre recourbé en siphon et rempli d'encre; qu'on suppose cette hélice introduite entre les pôles d'un électro-aimant, et le siphon disposé de manière que Tune de ses extrémités effilée effleure à peine la bande de papier sur laquelle doit s*imprimer la dépèche, alors que l'autre plonge dans une cuvette remplie d'encre. Il est bien clair que si le tube est de petit diamètre, et il Test effectivement, puisque, d'après la description, il est de la grosseur d'une aiguille à coudre, Tencre ne pourra s'écouler; mais si on met la cuvette remplie d'encre et le rouleau métallique sur lequel passera la bande de papier (pour être mise à portée du siphon), en rapport avec les deux pôles d'une machine d'induction, il est bien certain que, sous l'influence des étincelles nombreuses échangées entre le botit du tube et la surface métallique, l'encre se trouvera entraînée et pourra laisser des traces sur la bande de papier, traces qui constitueront une ligne pointillée si la bande de papier

Fig. 143.

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est entraînée par un mouvement d'horlogerie, comme dans les appareils Morse. De plus, si l'hélice galvanique qui soutient le siphon et l'électro^ aimant entre les pôles duquel celle-ci se trouve placée sont mis en relation avec la ligne sous-marine, le siphon en se déplaçant perpendiculairement au mouvement du papier sous l'influence des courants transmis, pourra dessiner des jambages, qui se produiront d'un côté ou de l'autre de la ligne de repère (cpii est droite) suivant le sens du courant. La figure 143 ci-dessus représente le £ac-srmile d'une portion de dépèche ainsi transmise, et c'est précisément parce que le courant induit force l'encre à sortir du tube capillaire qui la contient, que l'appareil a été appelé cracheur d^ encre.

Il est fiusile de concevoir un dispositif d'inducticm qui puisse réaliser la fonction que nous venons de décrire, et ce dispositif peut même fonctionner en dehors de l'appareil; toutefois, comme de fortes étincelles, telles que celles fournies par Tappareil d'induction de Ruhmkorff, pourraient réagir sur le siphon et lui communiquer des mouvements insolites, M. Thomson

m rËLÉORAPHES S0D6-MARINS.

a mieux aimé disposer ses. appareils de manière h renfermer le système d'induction lui-même, et le système qu'il a adopté est à peu près celui de MM. Breton que nous avons décrit dans notre tome II, p. 255. La description anglaise est toutofois tellement obscure sur ce point, qu'il est difficile de se faire une idée bien nette de cette partie de l'appareil. Tout ce que j'ai pu comprendre, c'est que M. Thomson emploie une sorte d'électro-motour,

Fig. U4.

dont la roue motrice, armée de palettes de fer doux, tourne sous l'influence d'un électro-aimant» et fait fonctionner, par cela môme, l'interrupteur de courant qui entretient sa marche, tout en provoquant l'induction dans des bobines spéciales, qui recouvrent sans doute celles de i'électro-aimant Ce courant est reçu dans un collecteur constitué par deux lames de cuivre isolées et assez rapprochées l'une de l'autre pour former condensateur. Enfin, à en croire certaines personnes qui ont vu fonctionner cet instrument, cette partie du système surmonterait le récepteur enregistreur.

Je n'ai pu obtenir d'autres renseignements sur cet intéressant appareil, mais réchantillon que nous avons donné suffit pour montrer que le résultat est réellement satisfaisant; seulement je n'ai pu savoir sur quelle longueur de câble il avait été obtenu. L'appareil est disposé de manière à fournir la dépèche de contrôle & la station de départ, mais les jambages y sont moins accentués; on peut en juger par le type que nous donnons ci-dessus Ôg. 144.

Systtaie » enreKistratlon photoipFApldqne. — Pour conserver, dans la solution du problème précédent, les avantages de sensibilité des galvanomètres à miroir et obtenir une enregistration des signaux transmis par eux sans que l'appareil ait à exercer aucune action mécanique, j'ai eu ridée de mettre à contribution les effets photographiques, comme je Tavais, dureste, déjà fait pour mon galvanomètre enregistreur, décrit tome II, p. 379. Le problème était, il est vrai, difficile et je dois même avouer que je ne suis pas encore arrivé à le résoudre d'une manière complètement satisfaisante; mais il serait possible, si la photographie instantanée fait des progrès et que le papier sensibilisé par la voie sèche puisse se préparer dans des conditions convenables, que ce système d'enregistration des signaux télégraphiques fut réalisable et d'un grand secours. Ce système n'a, du reste, en lui même tien de compliqué; il consiste dans un galvanomètre Thomson

dont le miroir est remplacé par une lentille biconvexe argentée d'un côté et sur laquelle on projette de bas en haut, sous un angle déterminé» un faisceau de rayons lumineux concentrés par un appareil lumineux à lentilles éclai* rantes analogue à celui du microscope solaire. Ce faisceau est limité par un diaphragme en forme de fente, et, étant réfléchi par la partie argentée delà lentille, il se trouve projeté à la distance d'un mètre sur un appareil enregis* treur photographique. Celui-ci se compose d'un mécanisme d'horlogerie analegue à celui de l'appareil Morse qui déroule verticalement, avec une vitesse uniforme et susceptible d'être réglée, une bande de papier photographique, sensibilisé à l'aide des procédés de la photographie instantanée. Ce déroulement s'effectue à Tintérieur d'une boîte noire qui ne laisse pénétrer le jour que par une ouverture horizontale de 4 centimètres de longueur sur un centimètre de largeur, disposée à la hauteur du faisceau lumineux réfléchi par le miroir du galvanomètre. Gomme la bande de papier se déplace verticalement en môme temps que le faisceau lumineux se déplace horizontalement sous l'influence des déviations du barreau aimanté du galvanomètre» déviations qui sont limitées mécaniquement de manière à correspondre, sur l'appareil enregistreur, à un déplacement de 2 centimètres» tout au plus, dans les deux sens opposés, il en résulte des impressions photographiques blanches, sous forme de jambages, qui reproduisent la dépèche en partant de l'alphabet Morse, c'est-à-dire en admettant que les déviations à droite représentent les points» et les déviations à gauche les traits de cet alphabet.

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