II. — TBÀN8LATBUR
Dans Torigine, les relais proprement dits n'étaient employés que dans le voisinage des appareils qu'ils devaient faire fonctionner, et ne réagissaient, par conséquent, que sur un circuit de petita résistance desservi par une pile d*un petit nombre d'éléments; mais, depuis l'établissement des longues lignes qui existent maintenant dans les divers états, les relais sont devenus de véritables expéditeurs placés aux postes intermédiaires pour porter plus loin TacUon du courant primitif, et pour ne pas avoir recours à de doubles appareils, on a employé à cet usage, dans les postes, les électro-aimants des récepteurs eux-mêmes et les piles de ligne. Dans ces conditions, le relais prend le nom de translateur^ et c'est M. Bteinlieil qui parait avoir imaginé le premier cette disposition.
Au premier abord, on pourrait croire que rien n'est plus simple que la question de la translation, et elle le serait, en effet, si la ligne ne devait être parcourue que par des courants transmis dans un même sens; mais, comme les courants envoyés de deux stations extrêmes sont dans des sens différents, la disposition du relais, qui serait bonne pour une direction de ces courants, ne serait plus bonne pour l'autre, puîsqu'alors les courants des deux piles se trouveraient opposés dans le circuit. Force a donc été d'em* ployer derdooMes appareils ou ée doubles relais, et de disposer ceux-ci de manière que le fil de leur bélice fut relié à leur contact de repos, de l'un à l'autre, c'est-à-dire de manière que le fil du premier relais fdt en communication avec le contact de repos du deuxième relais, et réciproquement. Alors le pôle positif de la pile du relais aboutit aux deux jcontacts de pile, et les fils de ligne, des deux côtés de la station, aux deux armatures. Or, il résulte de cette disposition que le courant transmis par Tune des lignes, ne met pas en action le tiranslateur qui lui correspond, mais bien celui de l'autre ligne, qui transmet à celle-ci le courant local.
Généralement, on n'aflècte pas de pile spéciale aux .relais, et pn emploie à cet usage les piles qui desservent isolément les deux côtés de la ligne; c'est pourquoi, dans la fig, ib\, nous avons représenté deux piles; mais on comprend aisément qu'une seule pile pourrait suffire.
Ordinairement^ les récepteurs télégraphiques du système Morse sont
RELAIS ET TRANSLATEURS.
organisés pour fournir la translation; ils portent àceteSét» comme on Ta YU page 111, trois boutons d'attache destinés à cette fonction, et les contacts s'effectuent par Tinlermédiaire du levier imprimeur qui oscille entre deux contacts isolés Tun de Tautre. Ce levier, rencontrant au moment des attractions le contact en rapport avec la pile locale, et communiquant lui-même par le massif de l'appareil à la ligne que l'appareil dessert, effectue de cette manière les contacts nécessaires à la translation, comme s'il constituait lui-même la partie mobile d'un relais. Avec ce système, on peut donc éviter les relais translateurs, mais il faut mettre à contribution les deux appareils qui desservent les deux côtés de la ligne, et les réunir en translation, comme nous Pavons indiqué plus haut. Nous verrons à rinstant la manière dont ces communications ont été établies dans la pratique, non seulement pour les Morse, mais encore pour les appareils Hughes ; mais pour des translations qui doivent s'effectuer sur de longues lignes, il faut toujours en revenir aux relais translateurs, qui sont beaucoup plus sensibles, et qui permettent Fintroduction d'un parleur, lequel donne la facilité de pourvoir aux besoins du service, en même temps que la transmission s'effectue. Or, de tous les relais translateurs jusqu'ici employés, le plus parfiût est celui de M. d'Arlincourt, dont nous avons déjà exposé le principe dans notre tome ii, page 102, et c'est par lui que nous commencerons l'étude de cet accessoire si important de la télégraphie.
Mêlais tranalmtenr de M» d'Arllneonri. — Nous avoos vu que dans le relais de M. d'Arlincourt, représenté fig. 153, ci-dessous, l'effet
Fig. 153.
magnétique, provoqué par l'action du courant, fait place à un effet dîametralement opposé aussitôt que le courant est interrompu, lequel effets pour un réglage convenable de l'armature par rapport à sa distance des pôles de
RELAIS BT TRANSLATEURS.
raimant, peut n'ôtre qu'instantané, et donner lieu, par conséquent, à une oscillation complète de cette armature pour une simple rupture de circuit. C'est cette oscillation, à laquelle on a donné le nom de coup de foiiett qui a été utilisée pour décharger la ligne après chaque émission de courant, et elle a permis au relais translateur de M. d'Arlincourt de fournir des effets que nul autre, avant lui, n'avait pu produire.
Gomme nous Pavons dit, tome U, page 105, le relais translateur de M. d'Arlincourt se compose de deux systèmes de doubles relais, un pour chaque cAté de la ligne, et chacun d'exxx correspond à un électro*aimant parieur qui joue en même temps le rôle de relais local; de sorte que, par le
Fig. 154.
fait» un appareil de ce genre comporte nx relais. Deux agissent comme translateurs, deux autres comme déchargeurs des lignes, et les deux der* niers comme récepteurs auditife, et en même temps comme relais locaux. Les relais translateurs et les relais déchargeurs sont disposés exactement de la même manière, et c'est un même aimant fixe qui polarise leur armature ; ils sont en conséquence, placés Tun derrière l'autre, comme Tindique la figure 454. 1/aimant en fer à cheval est en A et A', Tëlectro-aimant du relais translateur en £, ÏT, Téiectro-aimant du déchargeur en B, B'. Les relais locaux ou parleurs sont en C, C, à la suite des deux autres.
Les communications électriques sont indiquées sur la figure en lignes pointillées, et Ton distingue en P, F, les piles de ligne, et en j9 la pile locale.
Les deux bouts de la ligne, è gauche et à droite de la station où est
m RELAIS ET TRANSLATEURS,
installé l'appareil» sont reliés métalliquement aux aimants polaiisenrs A» A', et, par Fintermédiaire des armatures qui sont fixées et des contacts i ou i\ ils peuvent communiquer avec le sol après avoir traversé l'un ou Fautre des relais translateurs E, F. Gomme de la réaction produite par cdui-ci résulte la fermeture du circuit correspondant à Tune ou à l'autre des piles de ligne P, P\ le courant de cette pile se trouve envoyé sur la ligne, comnae si celle-ci constituait un circuit local. Toutefois, comme ce courant traverse le parleur G ou G' correspondant, et que celui-ci, en réagissant comme relais local, ferme le courant de la pile locale p à travers l'un ou Pautre des relais décbargeurs B B', celui-ci, en fonctionnant, a pour effet de mettre à la terre le bout de ligne qui, un instant auparavant, se trouvait mis en contact avec la pile de ligne P ou F'.
Dans la figure 154, le courant est supposé venir du côté de droite de la station et pour peu qu'on suive le sens des flèches, on ne tarde pas à reconnaître, qu'après s'être dirigé en A', il regagne le relais £ par Tarmaturedu relais E' et le contact i\ pour s*écouler ensuite en terre par Tintermédiaire de l'armature du parleur C qui est reliée à la plaque de terre et qui touche alors la vis b\ L'armature de E touche alors le contact v, et le courant de la pile p, après avoir traversé le parleur G, le contact r, arrive à Taimant A, qui le dirige sur la ligne du côté gauche de la station. Sous rinfluence de ce courant, le parleur G ferme en n le circuit local de la pile p, qui feit réagir le déchargeur B en provoquant le coup de fouet de son armature sur le contact a; de sorte que pendant un instant très-court, qui a suivi presque instantanément rémission du courant sur la ligne de gauche, celle-ci s'est trouvée mise en rapport avec le sol par l'intermédiaire du contact a.
On comprend aisément que les effets auraient été les mômes, mais sous l'influence des électro-aimants E' B' G', si le courant, au lieu de venir du côté droit était venu du côté gauche; c'eût été alors la pde P' qui eût été mise en jeu.
Gomme je l'ai dit, ce système de relais translateur a pu effectuer, sous l'influence d'une pile de 60 éléments Daniell, la transmission entre Londres et Marseille, sans aucun autre relais intermédiaire; c'est un beau résultat qu'on n'aurait guère osé espérer, et, si Ton considère que, par suite de sa construction particulière, il peut fonctionner beaucoup plus vite que les relais ordinaires, on peut comprendre que les transmissions avec les appareils autographiques, qui étaient très-incertaine sur les longues lignes, sont maintenant réalisables à toute distance.
TranalAtton avec le» appareils Morse. — La translation
RELAIS ET TRANSLATEURS. 428
ftYOC les appareils Morse ordinaires ne présente aucune difSculté du moment où Ton peut y appliquer de doubles appareils ; Torganisation en est d'autant plus facile que la plupart des appareils télégraphiques de ce genre possèdent les boutons d'attache convenables pour établir les communications électriques qui doivent les relier ensemble. La fig. 13, pi. 111, représente la disposition qui a été adoptée en France, et on peut même y voir la liaison des appareils télégraphiques avec les autres appareils accessoires.
En examinant cette figure, on reconnaît que la liaison de chacun dds appareils avec la ligne qu'il dessert, ne s'effectue, comme nous l'avons dit, que par Tintermédiaire de l'autre appareil. Pour qu'on puisse se fûre une idée de ces liaisons, il nous suffira de suivre la marche du courant envoyé, par l'une ou Tautre des sections de ligne, ainsi mise en rapport entre elles.
Si c'est la station de gauche qui transmet, le courant arrivant au manipulateur n* i, après avoir traversé l'appareil à âl préservateur (voir tome II, p. 534) et le galvanomètre n« 1, se trouve dirigé par le contact n* i de ce manipulateur, ou commutateur A, qui le conduit, par le contact 2, au bouton M du récepteur n^ 2 lequel communique au massif de l'appareil ; et, comme le levier imprimeur est en contact avec la vis de lepos qui règle en même temps sa position, laquelle vis de repos communique au bouton 1, le courant revient sur ses pas par ce bouton et pénètre dans le récepteur n"* J, par le bouton L, où il fait fonctionner, soit le relais, soit Pèlectroaimant du récepteur lui-même, s'il n'y a pas de relais ; après quoi il re* tourne en terre par le bouton T. Par suite du fonctionnement du récepteur, le levier imprimeur agissant comme translateur et rencontrant, dans chacun de ses mouvements, un contact isolé en rapport avec la pile de ligne, dont le pôle positif communique au bouton P, envoie à son tour sur la seconde section de la Ugne, c'est-à-dire sur la ligne de droite, un courant qui passe par le massif de l'appareil n<» i, le deuxième contact du commutateur B, le contact 1 du 2* manipulateur, le galvanomètre n* 2, l'appareil à fil préservateur et le fil d'arrivée de la ligne de droite.
Les mêmes effets se reproduisent, mais en sens inverse, quand le courant arrive par la ligne de droite; il suit alors le chemin solvant : appareil à fil préservateur n* 2, galvanomètre n* 2, manipulateur n« 2, commutateur B, massif du premier récepteur, bouton 1, récepteur n« 2 et terre. 11 en résulte l'envoi du courant de la seconde pile de ligne, qui va de P en L, puis en M sur le second récepteur, pour être dirigé de là sur la ligne de gauche, par le commutateur A, le manipulateur n« I, le galvanomètre n* i et l'appareil à fil préservateur n* I.
Traaiilation aveo lo« i^p»reil« M^rmm â ooimnt feraaé.