III
système est donc encore inférieur à ceux par lesquels nous avons corn mencé.
Systôme de M. Guez. — Le système de M. Guez n'est autre ch )se que la rentrée d'heure en heure des bureaux intermédiaires, telle qu'un Tavait établie dans l'origine de i^élablissement des liâmes télégraphique?, mois obtenue par des moyens électriques qui indiquent quand cette rentre»' est nécessaire. Suivant M. Bergon ces moyens répondent suffisamnit'i.t aux besoins du service, surtout depuis les modifications qui leur ont été apportées par la commission de perfectionnement.
Dans ce système, les pendules des stations interrogent, pour ainsi (i.'ri\ le circuit télégraphique aux heures voulues, pour faire savoir si les nm'ireils doivent être ou non introduits dans le circuit de ligne. Pour roaK^er cet effet, l'axe de l'aiguille des minutes de ces pendules porte un di«(iue d'ivoire sur la circonférence duquel se trouvent étabUs i, 2, 3 ou 4 interrupteurs métalliques, suivant le nombre de fois que la station doit être appelée dans une heure, et qui se composent chacun de trois dents de i)!atine espacées d'une quantité en rapport avec un temps déterminé (quinze secondes par exemple). Ces dents communiquent mélalliquement avec l'axe de Taiguille des heures, et par lui, ainsi que parle corps de la pendulo, avec le fil de ligne. Seulement la dent du milieu est en dehors du plan des deux autres, de manière que deux frotteurs juxtaposés, destinés à réagir sur elles, puissent les rencontrer alternativement, Celui de ces deux flotteurs qui doit rencontrer la dent du milieu correspond à un relais du genre de celui du Père Cecchi, et le second à la pile de ligne de la station par l'intermédiaire d'un contact établi entre Tarmature d'une sonnerie trembleuse et un butoir d'arrêt.
Le relais a pour fonction de fermer le courant de la pile locale à travers la sonnerie trembleuse, et celle-ci, par sa disposition, forme un rhéotome qui réagit sur le circuit de la ligne en provoquant aux stations extrêmes une série de fermetures de courant dont nous verrons à l'instant Tutilité. Voici maintenant comment ce système fonctionne ;
Toutes les fois que les ressorts de l'interrupteur de Thorloge rencontrent les dents métalliques dont nous avons parlé, c'est-à-dire aux heures où la station intermédiau*e doit être introduite dans le circuit, un coûtant de ligne se trouve d'abord envoyé aux stations extrêmes et traverse leur récepteur. On sait alors à ces stations que la station intermédiaire en quesîi^iîi est disposée à entrer dans le circuit, et l'on a 15 secondes pour décider si! y a ou non opportunité à ce que cette introduction ait lieu. Si elle ne d* it pas se fair09 on laisse les appareils au repos aux stations extrêmes, et les
contacts Buccessifs opérés par Thorloge de la station intermédiaire n'exercent aucun effet : le dernier seulement, en réagissant de nouveau sur les récepteurs des stations extrêmes^ prévient qu'il n'est plus temps^ pour le moment, d'établir la communication avec la station intermédiaire, bi au contraire cette communication doit se faire, on ferme, soit à Tune, soit à l'autre des stations extrêmes, le courant de la pile de ligne, et au moment où s*opère le contact de la dent du milieu des commutateurs de Tborloge, un courant traverse le relais de la station intermédiaire et met en mouvement la sonnerie d'alarme qui tinte indéfiniment» car le relais étant à armature aimantée, cette armature reste inclinée du côté où Tattraction Ta conduite, et ferme par conséquent le courant de la pile locale jusqu'à ce que remployé du poste ait rompu ce courant. Toutefois, après que cette réaction a eu lieu, le dernier contact opéré par l'interrupteur de Thorloge ^ au lieu de fermer le courant d'une manière continue à travers les récepteurs des stations extrêmes, fournit une série de fermetures successives résultant du mouvement de l'armature de la sonnerie d'alarme, et qui avertissent les stations extrêmes que l'appel qu'elles ont envoyé a été exécuté.
Syatême de BI. Ailhaud. — Le système de M. Ailhaud n'est autre chose que le communicateur Breguet, devenu» au moyen d'une pendule et d'une disposition particulière qu'il est aisé de deviner, susceptible de se prêter au service des appels de plusieurs bureaux intermédiaires; ce système, du reste, n'offre en lui rien de particulier, et ne parait pas supérieur à celui dont nous venons de parler.
Système de H. Caël. — Ce système, du reste très-simple, ne peut s'appUquer que dans les conditions où l'on emploie les appareils silencieux à armatures aimantées dont nous avons déjà parlé; seulement il réalise ses effets avec des appareils ordinaires, et il a l'avantage d'avoir été appliqué avec succès sur la ligne de Bar-le-Duc à Verdun.
Pour l'application de ce système, on suppose que les deux stations extrêmes, par exemple Bar-le-Duc et Verdun^ doivent toujours être, en temps de repos, en communication directe l'une avec l'autre, et que cette communication ne doit être interrompue que pendant la correspondance avec le poste intermédiaire qui sera» je suppose, Saint-Mihiel. Or, pour fournir des appels à celte dernière station quand il est nécessaire, M» Caël introduit, à cette station dans le circuit de ligne qui réunit les deux autres^ une sonnerie trembleuse ou un relais de sonnerie à parleur d'une faible résistance (29 kil. au plus), et ces appareils sont réglés de manière à être insensibles aux courants qui sont babituellement échangés entre les deux stations extrêmes pour la correspondance. Gonséquemment ces deux
52ft SONNERIES ET APPELS DES STATIONS.
stations peuvent correspondre entre elles comme si rien n'avait été changé à la disposition du circuit; c'est un simple accroissement dans la résistance de celui-ci qui a été opéré. Toutefois, si les sonneries placées aux postes intermédiaires sont silencieuses en temps ordinaire» elles peuvent tinter et fournir un appel, si le courant transmis est de beaucoup plus énei^que que les courants ordinaires qui les traversent, et pour obtenir ce courant plus énergique il suffit d'un commutateur qui permette à l'un des postes de changer le mode de liaison de sa pile avec le circuit. Dès lors un contact simultané, effectué par les manipulateurs aux deux stations exti'èmes, permet aux deux piles d'additionner leurs courants respectifs, et de fournir par conséquent une intensité électrique suffisante pour provoquer Tappel en question, appel qui peut être suivi de la désignation du poste appelé, soit par l'intermédiaire du parleur, soit par une combinaison de tintements de la sonnerie d'appel. (Voir le mémoire de M. Caël dans les Annala télégraphiquesy tome vni, p. 106.)
Du reste M. Caël, en reliant la sonnerie au récepteur des stations, et en fermant le circuit à travers cette sonnerie, par le contact du levier qui dégage le mécanisme entraîneur de la bande de papier contre son butoir d'arrêt, est arrivé à obtenir que le fonctionnement des sonneries puisse se faire sans qu'on soit obligé d'interposer ces organes d'avertissement dans le circuit de la ligne, soin que les employés ne prennent pas toujours. C'est alors en dégageant le mécanisme entraîneur de la bande de papier qu'on fait taire la sonnerie pendant la transmission ; et comme on est torcé d'arrêter ce mécanisme après que la correspondance est terminée, l'interposition de la sonnerie dans le circuit s'effectue naturellement et sans exiger une attention spéciale de la part des employés»
GRYPTOGRAPHES.
Dès Torigine de la télégraphie, on a cherché les moyens de rendre secrètes certaines dépêches des gouvernements, et on a employé pour cela divers moyens en rapport avec les systèmes télégraphiques employés. La plus simple méthode est de changer Tinterprétation des lettres alphabétiques, en les soumettant à une clef déterminée, variable suivant le caprice de ceux qui en font usage. C'est le moyen qu'on emploie le plus souvent ; mais il est facile de comprendre que si la même lettre a la même interprétation dans tous le cours d'une dépêche, il sera possible, avec de l'habitude et de la perspicacité, de finir par deviner la clef et de lire la dépèche. Plusieurs personnes, ont cherché à écarter cet inconvénient par des combinaisons numériques et mécaniques plus ou moins ingénieuses, et parmi elles nous citerons MM. Régnard, Wheatstone et Mouilleron. Nous allons décrire successivement ces différents systèmes en appelant surtout l'attention sur celui de M. Wliealstone, qui a pour interprète un petit mécanisme renfi»rmé dans une espèce de petite tabatière.
Premier système de HIM. Mouilleron et Gaussin. — Dans le grand modèle, l'appareil mécanique, destiné à réaliser la traduction et la composition de la dépêche, se compose essentiellement d'une espèce de tambour constitué par cinq systèmes de doubles bandes de cuir, sur lesquelles sont inscrites les différentes lettres de Talphabet. L*une des bandes de chacun de ces systèmes est fixe, l'autre est mobile sur deux poulies et forme une espèce de courroie continue sur laquelle se trouvent imprimés deux alphabets complets; de telle sorte qu'en la faisant tourner dans un sens ou dans Tautre, on peut toujours amener au-dessous des lettres de l'alphabet fixe inscrit sur la première bande, les lettres de l'alphabet mobile, et cela dans un ordre qui peut être déterminé. Ce mouvement de chaque bande mobile est obtenu au moyen d'une roue d'engrenage que Ton tourne à Taide d'une manivelle, et qui n'a d'action que sur celui des systèmes de bandes qui se présente devant l'observateur ; encore faut-il, pour que cet effet ait lieu, que l'on repousse un ressort embrayeur au moment même où Ton tourne la manivelle.
Le tambour constitué par ces cinq systèmes de bandes, est mis en mouve-
530 CRYPTOGRAPHÈS.
ment lui-même par une roue à rochet sur laquelle réagit un encliquetage que Ton manœuvre à l'aide d'une pédale. Par ce moyen, on peut faire arriver successivement devant un guichet les différents systèmes de bandes, qui, pour qu'on ne les confonde pas, portent im numéro d'ordre.
Tout ce mécanisme est monté sur un pupitre, de telle sorte que, sans qu'on ait à se déranger, on puisse composer les dépêches dans des conditions qui les rendent indéchiffrables et les traduire ensuite. Voici maintenant comment on se sert de cet appareil.
On choisit pour clef un mot de cinq lettres dont on convient d'avance ou qu'on transmet d'une manière indirecte en convenant que ce mot sera le deuxième ou le troisième d'une dépêche. Par exemple, on dira, je suppose : Je partirai de Paris à la fin du mois. Si on est convenu que le mot de la clef est le troisième, Paris sera précisément ce mot dans la dépêche en question. Alors on écrira sur une feuille de papier, et l'un au-dessous de Tautre, deux alphabets en sens inverse comme ci-dessous :
abcdefghijklmnopqrstuYwxyz zyx^Yutsrqponmlkjihgfedcba
n\u3 on prendra pour lettres de la clef, celles qui correspondent aux lettres du mot Paris dans l'alphabet du dessous; ce seront k, z, i, r, h. On placera alors les alphabets mobiles de Tappareil de manière que les lettres k, z, i, r, h correspondent à la lettre a de chaque alphabet fixe. L'appareil sera ainsi mis à la clef, et il ne s'agira plus, pour composer la dépêche, que de noter celles des lettres de l'alphabet mobile qui correspondent aux lettres de 'alphabet fixe entrant dans cette dépêche, en ayant soin de &ire tourner d'un cran, après chaque lettre notée, le tambour portant les alphabets. Voici un exemple. Supposons qu*il s'agisse de transmettre la phrase suivante : La victoire est à nous, sur la clef Paris. La composition de la dépèche sera 2
Vz dzjdnqil orb r nyta.
Dans la phrase originale, les lettres a, t, 0, ty s se répètent deux fois, et dans la traduction, la première de ces lettres est réprésentée par z et r, la seconde par z et q, la troisième par n et y, la quatrième par d et 6, et la cinquième par r et a.
Pour traduire une dépêche envoyée, on dispose comme précédemment les alphabets mobiles sous les alphabets fixes, par rapport à la clef qui a été transmise, et on lit sur les alphabets fixes les lettres des alphabets mobiles qui entrent dans la dépêche.
CRYPTOGIUPHES. 531
Nouveau crypto«;i^raphe de Mil. Tlnay et Gaussin. —
Depuis la construction do Tappaieil précédent, MM Vinay et Gaussin ont imaginé un nouveau système de cryptographe de dimensions beaucoup plus petites, fournissant des dépêches encore plus indéchiffrables, et dont on peut du reste augmenter à volonté les difficultés d'interprétation.
Ce système se compose essentiellement : 1<> d'un cadran mobile sur lequel sont inscrites les lettres de Talphabct : 2° d'un disque en verre dépoli placé au-dessus de ce cadran et mobile avec lui; 3<> d'une roue des types analogue à celle des télégraphes imprimeurs, placée sur le même axe que le cadran mobile et disposée de manière que les types en relief et les lettres du cadran se correspondent; \^ enfin d'un cadran extérieur enveloppant le cadran mobile, lequel doit rester fixe pour la composition d'une même dépêche, mais qui peut è're déplacé, quand on veut changer Tordre des lettres pour plusieurs dépêches consécutives. Un tampon imprimeur, un rouleau encreur et un laminoir entraînant une bande de papier en provision sur un rouleau, complètent le système. Cette dernière partie de l'appareil ressemble, du reste, complètement au mécanisme imprimeur des télégraphes de ce genre, sauf que c'est une pédale ressortant en dehors de l'appareil, et sur laquelle on appuie le doigt, qui est substituée au levier imprimeur de ces derniers appareils. Voici maintenant comment on fait usage de cet instrument
On prend pour clef un mot quelconque dont le nombre de lettres est d'ailleurs indéterminé, puis on inscrit au crayon sur le disque de verre dépoli, et au-dessus des diverses lettres du cadran mobile, une série de numéros d'après Tordre dans lequel se présentent les lettres dans le mot de la clef. Supposons, pour fixer les idées, que ce mot soit Paris. On inscrira le n*> 1 au-dessus du p, le n© 2 au-dessus de Va, le n® 3 au-dessus de Vr, le n* 4 au-dessus de Ti, le n° 5 au-dessus de Ts. Un repère étant marqué au-dessus du cadran fixe, il ne s'agira plus, pour composer la dépèche, que d'amener successivement devant les diiTorentes lettres du cadran fixe qui composent la dépêche, celles du cadran mobile qui sont placées sous les numéros inscrits sur le discjuc de verre, et cela dans leur ordre numérique. Une fois ces lettres arrivées dans la position qu'elles doivent avoir, on appuiera le doigt sur le mécanisme imprimeur, et les lettres qui composent la dépêche traduite se trouveront ainsi successivement imprimées sur la bande de pa[)ier. Prenons pour exemple la phrase ; Venez à mon secours, et supposons que le m t de la clef est Paris. Au moment où Ton commencera à composer la déi)êclie, le cadran mobile devra être placé devant le repère fixe, c'est-à-dire de mnnière que le blanc de la roue des types se
53a GRYPTOGRAPHES.
trouve devant le tampon imprimeur; mais le cadran^ qui doit rester fixe pendant la composition de la dépêche, pourra être placé de telle manière qu'on voudra : par exemple, la lettre P, ou la lettre M, ou la croix, pourront correspondre au repère; seulement, il faudra qu'on en soit averti. Les n"" 1, 2, 3, 4 et 5 de la clef étant inscrits sur le disque de verre dépoli, ainsi qu'on Ta vu plus haut, on fera arriver successivement devant les lettres V, E, N, E, Z du cadran fixe, les n<»» 1, 2, 3, 4 et 5, et à chaque déplacement du cadran mobile on appuiera sur le mécanisme imprimeur, puis on amènera le cadran mobile au repère pour l'impression du blanc, et on recommencera pour les autres mots de la dépêche de la même manière. Ainsi on amènera le n© 1 devant TA du cadran fixe, puis on imprimera le blanc, puis on fera arriver le n^ 2 devant TM, puis le n<» 3 devant TO, etc., etc., en recommençant après Tépuisement de chaque série de numéros une nouvelle série. Les croix des deux cadrans étant placées devant le repère, la dépêche précédente donnerait, avec la clef Paris :
UWD*DT 0 OCV SKQCOAX.
On comprend combien, avec cette méthode, il est facile de compliquer les combinaisons, puisqu'on peut les faire varier, non-seulement par les mots de la clef, mais par les nombres de lettres qui les composent, et par la position du cadran fixe, qui peut à elle seule fournir vingt-huit combinaisons différentes.
Pour traduire une dépêche composée d'après cette méthode, il ne s'a^jit que d'opérer d'une manière inverse. On inscrit d'abord les numéros de la clef sur le verre dépoli, et on les fait arriver successivement devant les diffé' rentes lettres du cadran fixe correspondantes à celles qui composent la dépêche, puis on imprime chaque fois, comme on Tavait tait pour la composition de cette même dépêche. On obtient alors, imprimée en lettres romaines, la phrase :