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II. — TÉLÉGRAPHES A CADRAN MAGNÉTO-ÉLECTRIQUES

L'application la plus générale de télégraphes à cadran étant celle qu'on peut en faire aux usages domestiques et pour le service des usines ou des comptoirs de commerce, toutes applications qui n'exigent pas de longs circuits, on a cherché depuis une quinzaine d'années à rendre ces appareils les plus simples possible et leur emploi le moins assujétissant possible en supprimant les mouvements d'horlogerie et la pUe destinée à les faire fonctionner; de sorte que l'on en est revenu sans s'en douter aux systèmes télégraphiques primitifs fonctionnant sous l'influence de machines magnéto-électriques. C'est encore M. Wheatstone qui a ouvert la voie dans ce nouvel ordre d*idées, et les heureux résultats qu'il avait obtenus avec ce système télégraphique appliqué par lui au réseau de la télégraphie domestique de Londres, firent surgir à l'Exposition universelle de Londres de 1862 une foule de systèmes plus ou moins ingénieux dont nous allons maintenant nous occuper.

Téléfi^raphe de M. liVheatstone. — Ce télégraphe aujourd'hui

employé pour la télégraphie privée à Londres, et qui dessert les différents fils des câbles aériens, dont nous avons parlé tome II, p. 446, fonctionne, comme il vient d'être dit, sous l'influence de courants induits. Bien qu'il

n'offre dans ses éléments rien de réellement nouveau, sauf le système électro-magnétique dont nous dirons quelques mots, il est construit avec une telle précision, une telle simplicité, qu'on peut le tenir à la main, l'agiter dans tous les sens, sans troubler sa marche, qui s'effectue avec une correction réellement surprenante. liO récepteur de ce télégraphe est de la grosseur d'une forte montre; il ne possède aucun mécanisme d'horlogerie, et l'échappement, au lieu de se faire à l'aide dhine fourchette d'encliquetage^ s effectue avec des cliquets de repos sous l'influence d'un mouvement oscillatoire commimiqué à la roue d'échappement elle-même, comme on le voit fig. 15.

Le transmetteur a été combiné de plusieurs manières; mais celui que M. \Yheatstone regarde comme le plus pratique est un appareil à touches combiné à une machine magnéto-électrique à mouvement de rotation continu. Il pense que Fénergie des courants induits dépendant beaucoup de la manière plus ou moins brusque dont les noyaux magnétisés se trouvent rapprochés ou éloignés de Faimant, la transmission avec un système dont les courants résultent du fait même de la manipulation doit être forcément irrégulière; tandis qu'en créant une source électrique continue par le mouvement prolongé et réguUer de la machine magnéfo-électrique, on se trouve ramené dans les conditions des courants voltaïques ordinaires. Nous représentons, vu en élévation et en plan (fig. 16 et 17), ce système manipulateur.

Dans cet appareil chaque touche g et h porte un levier ee,F dont la pointe s'engage dans une échancrure pratiquée sur la circonférence d'un double disque B. Entre les deux pièces circulaires qui composent ce double disque, se trouve adaptée une chaîne sans fin qui s'enroule sur ime série de petites poulies placées circulairement sur les bords du disque inférieur, entre les échancrures. Cette chaîne, toutefois, n'est pas complètement tendue, car quand on abaisse Tune des touches g de Tappareil, le levier e e correspondant, ens'enfonçant dans l'échancrure, doit entraîner cette chaîne, avec lui. Or, il résulte de cette disposition que, quand une autre touche s'est abaissée, la pren^ière se trouve forcément relevée, car la chaîne, en s'infléchissant de nouveau, repousse le levier e e en dehors de l'échancrure. Avec ce système, deux touches ne peuvent donc jamais être abaissées simultanément.

I.a machine magnéto-électrique, dont la disposition a du reste été variée par M. Wheatstone, se trouve placée à la partie inférieure de l'appareil. K est Tune des branches de Taimant en fer à cheval, et J J est Télectro-aimant qui subit l'induction. Celui-ci est mis en mouvement par une courroie d'en-

f^renage que Ton voit en V et qui correspond à une large poulie sur laquelle est fixée la manivelle. L'axe de rotation de cet électro-aimant porte à Tintérieur du disque B ime roue d'engrenage qui met en mouvement Taxe creux L sur lequel est montée la roue R. L*axe I correspond à une aiguille qui se

Fig. 16.

meut sur un cadran renfermé dans la boîte circulaire N, et sur cet axe sont fixés la roue A et le levier d'embrayage C; la roue A mimie de coches, réagit sur un levier-bascule termine par un ressort QQ qui constitue Tinterrupteur du circuit.

Enfin la roue R, armée de crans poin- ' tus, réagit sur le levier C, dans certaines conditions que nous allons analyser.

La disposition du levier G et des pièces qui le terminent se distingue plus aisément dans la fig. 17.

b r est une lame de ressort recourbée terminée par un crochet r; a d est un levier coudé portant en a une goupille ^* ^^' réagissant sur le res-

sort 6 r et pouvant repousser le crochet r en dehors. En temps ordinaire, la roue R (fig. 16) est en prise avec le crochet r et entraîne, par conséquent, le levier G dans son mouvement de rotation; mais quand ce levier c rencontre la partie e d'une touche abaissée, le bras d (fig. 17) du évier ocMdéad se trouve repoussce, et par suite le crochet r est écarté en

dehors. Dès lors la roue R peut conserver son mouvement sans entraîner le levier G, la roue A et rai<^uille indicatrice, car une saillie rigide adaptée à l'extrémité du levier C, derrière le bras d du levier coudé a d, se trouve alo'^ butée contre Tappendice e de la touche abaissée. Par ce mécanisme, le mouvement communiqué à la machine magnéto-électrique est donc rendu indépendant de la transmission des signaux.

Supposons maintenant qu après avoir été averti de la complète transmission de la lettre envoyée par suite de Tarrêt de Taiguille indicatrice, on ait abaissé une nouvelle touche; la première touche abaissée, celle qui avait motivé l'arrêt du levier C, va se trouver relevée ainsi que nous Pavons déjà vu. En se relevant, elle va dégager le bras d du levier coudé ad (fig, 17), et la dent r va se trouver de nouveau en prise avec la roue R; le levier G va donc être de nouveau entraîné jusqu'à un nouvel arrêt, et les choses se passeront de la même manière jusqu'à l'entière transmission de la dépêche.

Pour transmettre une dépêche avec ce système télégraphique, il ne s'agit donc que de tourner avec une main et le plus régulièrement possible la machine magnéto-électrique et d'appuyer de l'autre sur les différentes touches correspondantes aux lettres qu'il s'agit de transmettre. La rotation de la machine magnéto électrique s'effectue, d'allieurs, à l'aide d'une manivelle et d'une poulie placée sur le côté de l'appareil, laquelle réagit sur rélectro-aimant J J par l'intermédiaire d'une courroie ou d'une chaîne.

Dans la ôg. 16, la machine magnéto-électrique représentée, est une machine de Glarke. C'était effectivement une machine de ce genre que M. Wheatstone avait adaptée à ses premiers appareils. Mais pensant qu'avec ce système, les courants successivement produits ne pouvaient atteindre immédiatement leur maximum d'intensité et devaient fournir, comme courant déânitif, un courant dont l'intensité pouvait être représentée par une ligne ondulée, condition qui était loin de réaliser l'effet qu'il s'était proposé par la rotation continue de la machine, M. Wheatstone s'est décidé à modifier la machine magnéto-électrique elle-même et l'a combinée de la manière suivante.

D'abord, au lieu d'une machine de Glarke, il a employé une machine dans la disposition de celle que nous avons décrite tome II, p. 211. Seulement, au lieu de placer les bobines d'induction sur les extrémités polaires de 1 aimant fixe, il les a disposées sur des noyaux de fer adaptés à une semelle de fer recouvrant ces extrémités. De plus, au heu de n'avoir que deux bobines, il en a employé quatre disposées de manière que les noyaux de fer pussent former les quatre coins d'un carré parfait» coonme cm te voit m 4

fig. 18. En employant avec ce système une armature large TJ, pivotant en 0, et en ayant soin d'enrouler d'une manière inver e le fil des deux bobines fixées sur le même pôle de l'aimant, il put résoudre complétemmt le problème. Il résulte, en efifet, de cette disposition, que quand l'armature IJ quitte les noyaux magnétisés E et H pour couvrir les noyaux F et G, les courants de désaimantation produits par les premiers commencent à naître alors que les courants d'aimantation produits par les seconds sont presque à leur maximum, et que quand ces derniers sont sur le point d'être annihi- Fig. 18. iés.les premiers sont au contraire à leur maximum.

yy Comme les courants de désaimantation des noyaux E

/f^rrVT^^^^^ÏV et H sont de même sens que les courants d'aimanta- V^l/ v Sm/- ^^^ ^^® noyaux F et G, en raison de l'enroulement pH 9 P^^l ' inverse du fil qui les recouvre, ces courants s'addi* (e)[\ f\/v)i\ tiennent et maintiennent toujours à peu près con-

^-^^Zi^^y^^- y stante Tintensité du courant effectif destiné à réagir ^^ sur le récepteur.

L'organe électro-magnétique du récepteur dont nous représentons seulement une moitié en AAAA (ôg. 15), se compose de deux électio-aimants droits de très-petit diamètre, disposés parallèlement l'un à côté de l'autre, les pôles contraires en regard. Ces électro-aimants ont pour armature commune un système magnétique composé de deux petits barreaux aimantés A A. A A, légèrement arqués et fixés entre les pôles des électro-aimants sur un axe commun d'oscillation. L'un des bouts de cet axe porte un levier qui réagit sur la roue à rochet du récepteur en servant de pivot h Taxe de celle-ci ; cet axe d'ailleurs, terminé en pointe pivote sur une pièce a à laquelle est adaptée l'aiguille indicatrice et qui est mise en mouvement de rotation par Tintermôdiaire d'une fourchette et d'un doigt fixé sur Taxe du rochet. Par cette disposition, ce dernier axe peut être déplacé latéralement pour pré> senter alternativement le rochet aux cliquets rr^ bb sans que la marche xx)tative de l'aiguille en soit altérée. Avec la disposition électro-magnétique que nous avons décrite, on comprend facilement que le faisceau aimanté, subissant de la part des pôles des électro-aimante, pour chaque émission de couraot, huit influences effectives conspirantes dans un même sens, et n'ayant d'ailleurs par lui-même qu'une inertie très-faible, puisque son centre de gravité est très-rapproché de l axe d'oscillation du système, se trouve dans les meilleures conditions possibles do force et de vitesse.

Quant à la forme extérieure du récepteur, M. Wheatstone l'a souvent vafiëe : tantôt elle représente une espèce de pupitre ou porte-montre, qui peut être séparé du manipulateur; tantôt elle représente ime espèce d«

petit tonneau suspendu par deux tourillons sur deux colonnes de cuivre, co qui permet d'incliner plus ou moins le cadran. Ces différentes formes n*ont du reste rien de bien intéressant et peuvent être variées indéfiniment. Le petit bouton B, qui se trouve au haut du cadran de ces télégraphes et, qui correspond à la longue fourchette que l*on aperçoit sur la flg. 15, est destiné à ramener l'aiguille indicatrice à la croix. £a tournant ce bouton de gauche à droite et de droite à gauche, on transmet à cette fourchette un mouve^ ment d'oscillation qui, en réagissant sur l'axe du rochet, reproduit méca" niquement l'effet déterminé par le système électro magnétique*

Flg. 19.

E^iltf tr^HLS:S

Télégraphe de MM. Guillot; et Gatg^et. — La disposition de cet appareil, quant au système électro-magnétique d'induction^ ressemble beaucoup à celle du télégraphe que nous venons de décrire; seulement comoie le manipulateur est à manivelle, la disposition générale est plus simple. Nous représentons fig. 19 ci-dessus, ce manipulateur dont le cadran a été brisé ainsi que sa boîte pour montrer le système magnélo-électrique. Celui-ci se voit d'ailleurs plus nettement flg. 20 qui le représente vu en-dessous, n se compose comme on le voit d'un fort aimant en fer à cheval NPQS sur les pôles duquel sont fixés 4 noyaux de fer Nîi, N' N', 8 S, B' S' qui forment les quatre coins d'un carré parfait comme dans l'appareil de Wheatstone, et l'armature A A qui tourne au-dessus d'eux est assez

large pour être toujours en présence de deux de ces noyaux magnétiques

quelle que soit sa position. 11 en résulte que la somme des courants induits

FJ?- 20. recueillis est toujours égale

à elle-même pour un même sens du courant, et comme les bobines qui recouvrent les noyaux magnétiques sont enroulées de manière à fournir des courants de sens inverse pour chaque quart de révolution de l'armature, c'esUà-dire pour les positions où cette armature passe d'une diagonale à une autre, on se trouve avoir ainsi des courants renversés d'une intensité toujours uniforme.

Le mouvement est donné à l'armature A A par un pignon de 20 dents fixé sur un axe o qui est conduit par une roue D de 130 dents sur l'axe de laquelle est montée la manivelle M entièrement semblable à celle des appareils ordinaires. Quand cette manivelle passe d'une lettre à une autre

après avoir fait — de tour (5 dents de la roue D), Tarmature fait un

quart de tour; ce qui détermine l'envoi d'un courant positif, par exemple, lequel se trouvera suivi d'un courant négatif, si la manivelle ayant encore

avancé de — de tour a passé à la lettre suivante. Pour le tour complet de

la manette il y aura donc 13 émissions de courants positifs et 13 émissions de couraots négatifs.

Afin que la transmission puisse ôti c coupée par le poste de réception quand elle est défectueuse, l'axe de la manette est muni d'une sorte de bobine abc qui est mobile et à frottement doux sur lui. Cette pièce est sollicitée à s'élever sous l'efifort d'un ressort à boudin U qu'on voit à la partie inférieure; mais quand la manivelle M s'abaisse, une goupille g g (fig. 20). qu'elle porte, appuie sur la rondelle supérieure de cette bobine et fait descendre celle-ci ; il en résulte un contact entre la rondelle inférieure et un ressort x (fig. 19) en communication avec le récepteur du poste et la terre, et par suite une communication directe entre la ligne et ce récepteur. Gomme cette position de la manette est celle qui correspond à l'arrêt de l'aiguille indicatrice du récepteur correspondant, on comprend que le poste

transmetteur peut recevoir sur toutes les lettres du cadran, ce qui n'a pas lieu avec les manipulateurs ordinaires où la réception ne peut se faire que de deux en deux lettres.

Fig. 21.

• D'un autre côté comme par suite du soulèvement de la manette la rondelle inférieure de la bobine abc vient en contact avec une vis v qui est en rapport avec l'un des bouts du fil enroulé sur les bobines, la communication est établie entre la ligne et le générateur électrique, et tous les courants produits sont envoyés sur la ligne sans commutateur, ce qui empêche toute déperdition électrique.

T^ récepteur de cet appareil est un récepteur à cadran ordinaire du système Breguet que nous représentons fig. 21, mais dont le système électromagnétique est combiné pour fonctionner avec des courants renversés. Il est constitué par deux électro-aimants E, Ë' dont les pôles sont opposés et entre lesquels oscille une armure aimantée A A découpée en fer à cheval. Le courant passe simultanément dans les deux électro-aimants et produit par suite de son changement de sens les effets oscillatoires nécessaires au fonctionnement de Tappareil. Cet appareil n'ayant pas de ressort antagoniste est naturellement sans réglage.

Télégraphe de M. Siemens. — Cet appareil qui fonctionne de la manière la plus remarquable à une distance de près de 500 kilomètres, avec

lo simple courant d'une machine magnéto-électrique, est depuis longtemps employé en Allemagne.

La figure 22 en rei)résenle le récepteur : x est une roue d'échappement à rochet de très-petit diamètre, munie de treize dents et portant sur son axe l'aiguille indicatiice qui se meut sur le cadran M, placé derrière la planche sur laquelle est monté le mécanisme; DCBE est une fourchette d'échappement oscillant en G, et poitant deux cliquets à ressort, I, J, qui réagissent sur la roue à rochet, et dont le recul se trouve limité par deux vi8-butoirs,K,L; enfin TT est un système électro-magnétique particulier, du genre de celui que nous avons décrit page 87 de notre tome II, et qui est composé d'un électro-aimant TT, sur la culasse duquel se trouve adapté un aimant en fer à cheval V U, que Ton voit sur la figure du côté de sa courbure et qui présente ses deux pôles en V et en U. W et Z sont deux pièces de fer placées sur les pôles de Télectro-aimant pour les rapprocher l'un de Tautre, et dont l'une peut être avancée ou reculée à Taide de la vis R. Tout le reste du mécanisme se rapporte à la sonnerie et nous en parlerons à l'instant. Voici maintenant le jeu de ce récepteur.

Quand le courant envoyé à travers la ligne passe dans Téleotro-aimant TT, dans un certain sens, Tarmature GE, sur laquelle est fixée la fourchette DBEC, s'incline vers l'un des pôles de rélectro-aimant TT; car étant polarisée par le pôle U U de l'aimant fixe, elle doit être attirée par Tun des pôles de l'électroaimant, et en même temps repoussée par l'autre pôle : ce sera, je suppose, vers W. Sous rinfluence de ce mouvement, le cliquet J aura fait avancer d'un cran la roue x, mais une dent seulement aura pu sauter, car le butoir L, par sa réaction sur le bec du cliquet, s'opposerait au passage d'une seconde dent.

Quand le courant aura cessé de circuler à travers l'électro-aimanl. Parmature GE restera inclinée du côté où elle aura été attirée, car, le pôle W

de raimanl fixe polarisant alors uniformément les deux pôles de l'électro* aimant, la réaction se trouve maintenue; mais aussitôt que le courant sera envoyé en sens contraire, le pôle V V, qui avait d'abord attiré, va exercer maintenant une action répulsive, et le pôle Z va attirer à son tour l'arma** ture GE, de telle sorte que la fourchette DBCE, étant inclinée en sens contraire, fera réagir Je cliquet I, qui fera à son tour avancer d'une dent le rochet. Ainsi, pour chaque émission de courant dans un sens ou dans l'autre, le rochet x saute d'une dent, et pour 26 émissions alternatives de ce courant, Taiguille dont est muni ce rochet peut occuper sur le cadran 26 positions correspondantes aux 26 lettres do Talphabet. Sans doute, au moyen d'un électro-aimant ordinaire, on aurait pu résoudre le problème de la même manière; mais comme l'appareil précédemment décrit est destiné à fonctioimer avec des courants induits qui sont instantanés, il fallait nécessairement une disposition électro-magnétique particulière qui pût maintenir Teffet produit par chaque courant après sa disparition.

Pour obtenir la mise au repère deTappareil, M. Siemens place sur la roue à rochet une cheville x qui, en rencontrant Textrémité d'une bascule à ressort H, que l'on abaisse du dihors, empêche le fonctionnement de la roue x, malgré les mouvements de la fourchette BCDE.

Quant à la sonnerie, elle se compose de deux timbres S, S, sur lesquels frappe le marteau P, lorsque la fourchette 0, fixée sur le levier BG de Tarmature, peut saisir la tige de ce marteau. Or, cette fourchette ne peut remplir cette fonction que quand une bascule N, que Ton manœuvre du deborsy inchne convenablement la pièce QQ.

La figure 23 représente la coupe du manipulateur. A A A, etc; sont une série d*aimants droits placés à distance 'es uns des autres et réunis parleurs pôles de mêmes noms au moyen d'une semelle de fer CO; ils sont vus par le bout sur la figure. BB' est un «^lindre de fer doux sur lequel l'hélice magnétisante est enroulée dans le sens de sa longueur. A cet effet, une large rainure se trouve évidèe dans ce cylindre de fer, suivant ses génératrices opposées, de manière à former tout autour de lui comme un cadre de galvanomètre, et c'est dans cette rainure que se trouve enroulée Thélice induite, qui se trouve par précaution recouverte d'une lame de cuivre. li résulte de cette disposition que le cylindre ne présente en dehors que deux lames de fer séparées par deux lameà de cuivre, et les extrémités de ces quatre lames sont solidement réunies par deux viroles de cuivre sur lescjuelies sont fixés les pivots constituant l'axe de rotation du cylindre. Nous avons déjà décrit cette disposition de bobine tome II, p. 203. L'axe de cette bobine porte en B un

pignon qui engrène avec une roue R, dont Taxe correspond à une manivelle qui se meut autour d*un cadran. En B' se trouve un anneau muni d'une came qui, dans une certaine position du cylindre, provoque un contact métallique entre le levier D D et la pièce E où aboutit le fil de ligne, et qui est d'ailleurs isolée de la plaque support P par une semelle en caoutchouc durci. Enfinain anneau sur lequel appuient deux ressorts H, fixés sur la pièce E, communique avec Tune des extrémités de Thélice magnéL santé, tandis que Tautre extrémité de cette hélice aboutissant à la virole B' se trouve mise en rapport avec la plaque P, laquelle communique à la terre.

Flg. 23.

Le rapport des dents de la roue R avec le pignon B est tel que, quand la manivelle avance, sur le cadran autour duquel elle se meut, d'un 26» de sa circonférence, c'est-à-dire de l'intervalle d'une lettre à Tautre, le cylindre BB' a fait une demirévolution sur lui-même. Or, comme pour chaque demi- révolution de ce cylindre, une des lames de fer dont il est muni s'approche de l'une des séries d'aimants A A A, alors que l'autre lame s'éloigne de l'autre série, et cela d'une manière opposée pour deux demi-révolutions sucessives, il arrive que deux courants induits de sens contraire prennent naissance pour chaque révolution du cylindre, et par conséquent pour chaque intervalle de deux lettres. Il suffit donc de tourner la manivelle autour du cadran, et de l'arrêter successivement devant les lettres qu'il s'agit de transmettre, pour obtenir la rotation saccadée de l'aiguille du récepteur qui doit désigner les lettres de la dépèche. C'est pour introduire le récepteur du poste dans le circuit de ligne, alors que le manipulateur est au repère, qu'a été adapté le levier interrupteur DD.

Si on analyse avec soin la disposition du télégraphe que nous venons de décrire, on voit que tout y est combiné de manière à ce que l'action électrique s'effectue avec son maximum de force. Ainsi les cliquets I, J, exerçant

leur action normalement au rayon de la roue à rocliet, exigent moins de force, pour produire un effet donné, que quand la rotation du rochet doit s'effectuer par suile du glissement des becs de la fourchette sur le dos des dents de ce rochet, effet dans lequel la force est obligée de se décomposer. D'un autre côté, des lames aimantées, placées à distance les unes des autres, comme dans Taimant du manipulateur, donnent au faisceau aimanté une plus grande force que des lames réunies au contact; car, quoi qu'on fasse, ces lames ne pouvant jamais être aimantées à saturation, la réaction réciproque de leui's pôles magnétiques sur leur magnétisme libre s'effectue au détriment de la force magnétique du faisceau.

Dans ses derniers appareils, M. Siemens s'est appliqué à réduire considérablement les dimensions du récepteur, quMl a séparé du transmetteur et de la sonnerie, et il a adapté au manipulateur un mécanisme qui empêche la manivelle de rétrograder. La précision de ce mécanisme est telle qu'il est impossible d'obtenir de la part de cette manivelle un jeu ae plus de 1/2 millimètre. Cet effet est obtenu à l'aide de trois pièces arquées qui appuient sur la circonférence d'un disque métallique adapté sur l'axe de la roue R et qui forment arc-boutant quand le mouvement du disque s'effectue en sens contraire de son mouvement normal. Ces freins jouent en quelque sorte le rôle d'un encliquetage Dobo. Enfin, au moyen d'engrenages à dents inclinées, M. Siemens a rendu la manipulation de ce télégraphe relativement assez douce.

Ce système télégraphique a été et est encore employé en Allemagne, surtout en Bavière où on en est très-satisfait. Essayé devant la commission de l'Exposition de Londres de 1862, il a fonctionné admirablement s!ir une ligne d'une résistance de 468 milles anglais (868 kil. en Hl de fer ordinaire de 4 millimètres de diamètre). Il est employé en Russie entre Saint-Pétersbourg et Moscou.

Télégraphe de M. Henley.— Le nouveau télégraphe magnéto-électrique de M. Henley dont nous avons déjà parlé page 26 est peut-être encore plus simple que le précédent, en ce sens que c'est l'armature elle-même de rélectro-aimant du récepteur qui constitue la fourchette d'échappement destinée à faire tourner l'aiguille. A cet eftet cette armature, qui est aimantée, oscille en O (fig. 24), autour d'un pivot qui la maintient suspendue entre les pôles prolongés d'un électro-aimant E, et se trouve taillée à Tune de ses extrémités en forme de fourchette.

Le manipulateur consiste dans un fort aimant persistant N S (fig. 25), entre les branches duquel est fixé un électro-aimant K, qui reçoit son aimantation par l'intermédiaire d'armatures A, B, C, etc., disposées autour d'un

cylindre R que fait tourner une manivelle. Ces armatures sont disposées sur deux rangées, de manière à correspondre aux deux pôles de Télectro-aimant,

Fig. 24. Fig. 25.

et sont au nombre de 13 pour chaque rangée; seulement elles s'alternent d'une rangée à l'autre, afin que quand Tun d'elles, A (tig.26), par exemple, transmet à la branche supérieure I de l'électro-aimant le magnétisme du pôle S, Tarmature C de la rangée du dessous (qui est indiquée en pointillé sur la figure) puisse transmettre à la branche inférieure J de Télectro-aimant le magnétisme du pôle N. Il résulte de cette disposition que chaque couple d'armatures, en passant devant Télectro-aimant E, détermine dans celui-ci une aimantation et une désaimantation qui ont pour effet la création de deux courants induits inverses, qu*on peut utiliser pour faire accomplir à la fourchette d'échappement du récepteur une double oscillation, et par conséquent pour faire tourner l'aiguille indicatrice de Tintervalle de deux Fig. 26, lettres. Un tour complet du cylindre por-

tant les 13 paires d'armatures peut donc faire accomplir à cette aiguille un tour complet du cadran.

Dans le système de M. Henley, les récepteurs des deux stations en correspondance doivent être introduits en môme temps dans le circuit de ligne, et il pourrait dès lors être inutile de placer sous la manivelle du manipulateur un cadran, car raiguillc du récepteur du poste suit exactement tous les mouvements de cette manivelle; néanmoins M. Henley a cru devoir ajouter ce cadran à son appareil, et pour

mrm.

que les indications des lettres fussent plus fociles.il Ta placé au<dessu8 de la manivelle, laissant à une aiguille indicatrice, établie sur Taxe du cylindre tournant, le soin de désigner les lettres successivement transmises, Néan« moins, comme avec ce système il n*y a pas de crans pour servir d'arrêt à la manive le, il fout une certaine habitude pour ne pas la laisser dépasser la position qu'elle doit avoir pour le signalement de la lettre qu*on veut trans* mettre.

Ce télégraphe, comme celui de M. Siemens fonctionne sans réglage et avec une vitesse aussi grande ou aussi petite qu*on peut le désirer. Avec des circuits sans résistance, il n'est môme pas possible de tourner le manipulateur assez viteàJa main pour faire dévier les aiguilles de la position qu'elles doivent avoir. C'est certes un résultat qu'on n'aurait guère osé espérer dans Torigine, et qui dû à la perfection de l'ajustement, à la diminution de volume des pièces mobiles du récepteur et à remploi mieux entendu des courants. Essayé devant la commission de TËxpositicm universelle de 1862 il a pu fonctionner d'une manière très satisfaisante sur une ligne de 185 milles (343 kil. en fil de fer de 4 millimètres de diamètre).

Télégraphe de M. Wilde. — Ce télégraphe, décoré pompeusement du nom de télégraphe du globe, parce que le récepteur est renfermé dans pjg^ 27. ^^® petite . sphère repré-

sentant le globe terrestre, nVst qu'une variation du télégraphe précédent, qui n'a d'autres avantages qu'une assez grande simplicité de construction dans le tmnsmelteur. Ce transmetteur, en effet, se compose de deux faisceaux aimantés NS, N'8' (fig. 27) placés parallèlement Tun à côté de l'autre et sur les pôles desquels sont fixés les électro-aimants droits A,B, C, D. Deux systèmes d'armatures EF, G H, composés chacun de deux lames de fer doux disposées en croix, sont fixés aux extrémités d'un axe X muni d'un pas de vis allongé et qui peut tourner sur deux coussinets. Un écrou I mobile, engagé dans le pas de vis de cet axe, et que l'on peut faire manœuvrer du dehors de l'appareil au moyen d'un manche passant à travers une rainure, peut, étant poussé à gauche ou à droite, communiquer un mouvement de rotation à Taxe X, et par suite, aux armatures EV, 6H, qui déterminent dans les bobines A,B,C,D une série de courants induits inverses dont le nombre est en rapport direct avec la distance dont Técroul s'est déplacé. Il en résulte que si les différentes lettres de l'alphabet sont disposées les

Ml

unes à la suite des autres le long de la rainure par laquelle sort le manche de récrou I, et sont distantes les unes des autres de la longueur voulue pour que chaque armature au passage de Técrou I d'une lettre à la suivante accomplisse un quart de révolution, on pourra, en faisant voyager le manche de cet écrou devant ces différentes lettres, obtenir le nombre de cou- Fig. 28. rants induits nécessaire à la transmission,

à la condition toutefois que Técrou sera toujours poussé dans le même sens. Mais comme cette marche de Técrou ne peut être indéfinie, et qu'après avoir passé devant toutes les lettres de Talphabet, il est obligé de revenir sur ses pas, ce qui détermine un mouvement en sens contraire de Taxe X, et par suite, rémission de nouveaux courants induits, les différentes lettres de l'alphabet se trouvent répétées de Tautre côlé de la rainure dont nous avons parlé, dans un ordre inverse à leur ordre primitif, et il en résulte que si un tour de Taiguille sur le cadran du récepteur a été la conséquence du voyage de récrou de gauche à droite, un nouveau tour de la même aiguille sera la conséquence du retour de Técrou à son point de départ; par conséquent, les différentes lettres de Talphabet entrant dans une dépêche devront être choisies dans Tun ou l'autre des deux alphabets, suivant qu'elles précéderont ou suivront la dernière lettre transmise. Pour rendre cette manœuvre plus facile, de petits trous ont été faits devant ces différentes lettres, et on introduit une petite tige métallique munie d'un manche dans celui de ces trous qui correspond à la lettre que Ton veut transmettre. Cette tige ainsi placée sert de butoir d'arrêt à i'écrou voyageur, qui peut alors accomplir ses déplacements sans hésitation.

Le récepteur correspondant à ce manipulateur se compose de deux roues à rochet R et R' (fig. 28), sur lesquels réagit une tige T munie d'un double bec a biseau, et qui portent sur leur axe même de rotation deux roues A, A engrenant Tune dans l'autre ; l'aiguille indicatrice est fixée sur l'un de ces axes, et \e mouvement de rotation est communiqué au système par l'action sur les dents des rochets, du double bec de la tige T, lequel est mis en mouvement de va-et-vient par un éiectro-aimant à armature aimantée.

Ce système télégraphique essayé devant la Commission de l'Exposition universelle de Londres de 1862, a pu fonctionner régulièrement sur un circuit de 140 milles (260 kil. en fil télégraphique ordinaire). (Voir le rapport de M. Fleeming- Jenkin, Annales télégraphiques, tome 7, p. 345). Télégraphe de M. Lippens. — M. Lippens (de Bruxelles) est.

comme on le sait, un des premiers constructeurs qui se sont occupés de télégraphie électrique, et ses appareils, justement recherchés, sont employés depuis longtemps en Belgique pour le service des chemins de fer, soit sous la forme de télégraphes à courants renversés, soit sous la forme de télégraphes magnéto-électriques. Ces deux sortes d'appareils sont d'ailleurs établis sur le même modèle et ne diffèrent Tun de l'autre que par le mécanisme magnéto-électrique qui remplace chez Tun le commutateur à renversement de pôles qui existe chez Tautre.

Dans l'appareil de M. Lippens, le mécanisme moteur de Taiguille est, comme dans les appareils de M. Breguet, un petit mécanisme d'horlogerie commandé par un échappement à roue à rochet ; seulement ce mécanisme est disposé horizontalement et les oscillations de la tige destinée à faire fonctionner la fourchette d'échappement sont commandées par une palette aimantée oscillant entre deux électro-aimants, comme dans le système de M. Gloesener. De cette manière l'appareil fonctionne sans ressorts antagonistes, et par suite sans réglage.

L'appareil magnéto-électrique se compose de deux aimants en fer à cheval disposés comme on le voit dans la fig. 29, et devant les pôles desquels tournent .deux systèmes d'armatures disposées en croix et montées sur un même axe vertical de fer doux terminé par une manivelle. La bobine induite est placée sur cet axe entre les deux systèmes d'armatures, qui en forment Fig. ». comme un électro-aimant droit à pôles épanouis. Ce

système, en tournant devant les pôles des deux aimants, reçoit donc pour chaque révolution huit aimantations et huit désaimantations qui, en produisant huit courants inverses et huit courants directs, peuvent faire prendre à l'aiguille du récepteur seize positions différentes.

Comme ce nombre ne correspond pas à celui des lettres du cadran, la manivelle du manipulateur ne pourrait jamais avec ce système, désigner par sa position sur un cadran indicateur, les lettres successivement transmises. Aussi M. Lippens n'a pas adapté de cadran à son manipulateur; il s'est contenté, en introduisant les deux récepteurs dans le circuit de ligne, de prendre pour indicateur le cadran du récepteur de la station lui-môme. Cette disposition n'est pas, nous devons l'avouer, trôs-commode pour le service, car de cette manière on n'est jamais si\r de la quantité dont il faut tourner la manivelle pour faire pointer telle ou telle lettre, et sans une grande habitude de ces sortes d'appareils, on doit tâtonner longtemps

avant de pouvoir arriver à signaler promptenient les différentes lettres qui doivent être transmises.

On peut faire le même reproche à l'autre système télégraphique de M. Lippens, qui exige 3 tours 1/2 de manivelle pour un tour de Taiguille sur le cadran. Pourtant, comme ces télégraphes sont d'un emploi habituel en Belgique, il faut que rinconvénient dont nous venons de parler ne soit pas bien sérieux. Il parait du reste que les employés belges arrivent prompte-

Fig. 30.

ment à une manœuvre £acile de ce^ appareils, en contractant l'habitude de faii-e parcourir à la manivelle, d'une manière saccadée, des angles de ih^.

Dans ce dernier télégraphe, le commutateur destiné à fournir les courants alternativement reU' versés qui doivent faire fonctionner les récepteurs consiste comme on le voit sur la fig. 30, dans huit chevilles métaUiques CG'C C", UT'L'" placées des deux côtés d'un disque adapté à Taxe vertical A de la manivelle. Ces huit chevilles sont alternées sur les deux faces du disque; par conséquent, quatre sont au-dessus et quatre sont au-dessous. Sur les chevilles supérieures CC'C"C"' appuie une lame do ressort II mise en rapport avec la ligne. En face de ces deux ressorts se trouve une pièce rigide 0 contre laquelle ils butent alternaliveinent, et une lame de ressort 8, sur laquelle viennent appuyer les mômes ressorts quand ils sont abaissés par les chevilles CC'C", etc. Ces deux dernières pièces sont en rapport avec les deux pôles de la pile. Or, voici ce qui arrive quand en tournant la manivelle ou fait tourner le disque A : Lorsque la cheville supérieure C repousse le ressort R contre le ressort 8, le ressort R' se trouve entre les deux chevilles I, L'" et appuie contre le contact 0 ; le courant va alors à travers la ligne de R'en L. Quand au contraire la cheville I soulève le ressort R, celui-ci vient en contact avec la lame 8, et le ressort R touche le contact 0» d'où il résulte un courant traversant la ligne de L en R'.

Suivant M. Lippensi chacun des contacts opérés de la manière précédente étant à peu près instantané et la ligne ne se trouvant parcourue par aucun courant pendant un huitième de tour de la manivelle, entre la transmission de deux lettres voisines, il serait facile d*arrêter la manivelle au moment oii Taiguille arrive à la lettre qui doit être indiquée, sans donner un faux coutact qui fosse passer les aiguilles des récepteurs sur la lettre suivante.

Des pédales habilement combinées permettent du reste, avec les instruments de M. Lippens, de remettre au repère les appareils, d^arrêter le mouvement de Tun sans compromettre la marche de Fautre, et de décharger la ligne en temps convenable. Nous n'entrerons dans aucun détail à ce suje^ car cela nous entraînerait beaucoup trop loin. Nous ne ferons également que signaler pour mémoire une nouvelle disposition du manipulateur précédent dans laquelle a été appliquée la disposition à gorge sinueuse des transmetteurs à signaux Chappe de Breguet.

Télégraphe de AI. AUan. — Pour obtenir avec des courants simplement interrompus les effets d'inversion nécessaires au fonctionnement de récepteurs à armatures électro-magnétiques polarisées^ récepteurs qui, ainsi qu'on Ta vu précédemment, présentent des avantages réels, M. Allan a eu recours au système d'induction électro*magnétique que nous avons décrit, tome II, p. 218 et 545.

H dispose à cet effet à côté du récepteur télégraphique un système électromagnétique composé de quatre bobines adaptées à 4 noyaux de fer qui sont soudés entre eux de manière à former un carré parfait, comme on le voit fig. 31. Deux de ces bobines qui sont à fil lin sont en rapport p. g. avec le circuit de ligne, et les deux autres placées perpendiculairement à ces dernières et enroulées de plus gros fil, cor- Orespondent aux bobines du système électro-magnétique du récepteur qui du reste ressemble un peu à celui de M. Wheatstone. Sous Finfluence des alternatives d'aimantation et de désaimantation produites par les émissions succès* sives du courant effectuées à la station de départ, il se produit dans les bobines du système d'induction en communication avec le récepteur, des courants induits de sens contraire qui produisent sur le système électromagnétique de celui-ci Teffet de courants alternativement renversés.

Le système électro-magnétique du récepteur est d'ailleurs disposé comme celui de Tappareil à aiguille que nous avons décrit page 23. Seulement les bobines ont un noyau de fer afin de rendre l'appareil plus sensible. Le mécanisme moteur de l'aiguille n'a d'ailleurs rien de particulier, et le manipulateur est un simple manipulateur à manette.

On remarquera que la disposition électro-magnétique d'induction do M. Allan est dans les meilleures conditions possibles pour obtenir des cou* rants induits de quantité, car Tarmature et la culasse de l'électro-aimant constitué avec les bobines à fil fin sont de mêmes dimensions que les noyaux magnétisés, et de plus cet électro-aimant est fermé (Voir tome ii, p. 20 et 149.)

Cette disposition magnétique a pu être encore utilisée d'une autre manière par son auteur, mais cette fois chaque bobine a deux hélices superposées ; Tune en fil un peu gros reçoit le courant d'une pile locale, l'auti^e en fil plus fin fournit les courants induits. Un interrupteur mécanique envoie de cette manière, pour 13 émissions du courant vol taïque, 26 courants renversés qui parcourent la ligne et mettent en action le récepteur.

M. AUan a reconnu que cette disposition magnétique en carré fournissait une action électrique moitié plus forte que quand les bobines étaient disposées sur une tige de fer droite, ce qui est du reste conforme à mes expériences (Voir le rapport de M. Fleeming-Jenkin, Annales tèlégr. t. vir, p. 315).

Le récc'pteur de cet appareil, comme celui de M. Wheatstonc, a pour organe moteur une petite roue à rochet qui, en se déplaçant entre deux butoirs fixes sous l'influence de Télectro-aimant, avance à chaque mouvement d'un vingt-sixième de tour. Ce déplacement n'est pas suffisant pour troubler les indications de Taiguille qui est fixée sur son axe.

M. AUan prétend que ce système avait pré .édé celui de M. Wheatstone, mais n'ayant eu aucunes preuves entre les mains, nous ne pouvons que signaler les prétentions de cet inventeur.

m. — TÉLÉGRAPHES A MOUVEMENTS SYNCHRONIQUES.

Plusieurs inventeurs pensant que si on pouvait parvenir à déterminer le synchronisme de marche des deux appareils en correspondance (récepteur et manipulateur) par l'action électrique elle-même, on obtiendrait des appareils qui auraient leur vitesse de transmission réglée automatiquement suivant l'état d'isolement de la ligne, ont cherché à combiner ces appareils de manière à fonctionner sans manipulation et sous la seule influence du mouvement oscillatoire produit par les alternatives d'aimantation ou de désaimantation. En un mot, ils ont cherché à disposer ces appareils de manière à fonctionner comme les sonneries trembleuses.

Le premier système de ce genre a été imaginé par M. Siemens, et son appareil fort admiré à Tépoque où il a été exécuté, c'est-à-dire en 1850, a môme été l'objet d'un rapport très-élogieux à l'Académie des Sciences fait par M. Pouillet. Mais les effets de mouvement dans cet appareil étant produits exclusivement par l'électricité, et ces mouvements exigeant une certaine forée en raison des frottements exercés sur les roues d'échappement, ce système n'avait pu offrir de résultats satisfaisants. Il exigeait d'ail-

leurs pour foomîr un mouyement vibratoire assez accusé et assez précis, l'intermédiaire d*une pièce très-délicate à laquelle M. Siemens avait donné le nom de navette et qui fonctionnait imparfaitement.

Depuis cette invention plusieurs chercheurs et en particulier MM. Kremer d'Arlincourt, Lippens, Trintignan, Leuduger-Fortmorel, Lelandais, etc., ont repris le même problème en le compliquant même d'un mécanisme d'impression, et sont arrivés à des résultats beaucoup plus satisfaisants en employant un mouvement d'horlogerie pour faciliter l'action électrique. Ne pouvant décrire tous ces systèmes, nous ne parlerons que de ceux de MM. Siemens et d'Arlincourt qui sont les plus connus, encore ne décrironsnous ce dernier qu'au chapitre des télégraphes imprimeurs, car il a été surtout employé pour fournir des dépêches imprimées.

Téléipraphe ik mouvemento synohroniqaes de MM. Siemens et H&lske. — • La disposition de ce système est représentée fig. 2 pi. lU, et pour qu'on puisse s'en faire une idée bien nette dès Torigine, nous dirons que dans ce système le manipulateur fait partie intégrante du récepteur, que celui-ci est sans cesse en mouvement, qu'il fait fonctionner l'interrupteur du courant qui l'anime, et que le signalement des lettres ne se fait que par l'arrêt momentané du mécanisme. Gonséquemment le manipulateur n'a d'autre fonction à remplir que de faire obstacle au mouvement de TaiguiUe à la station de transmission, précisément au moment où cette aiguille passe devant la lettre que Ton veut transmettre.

Dans la fig. 2 pi. III» la roue d'échappement qui est un rochet à dents de côté se voit en Y, et son cliquet de retient en t'; les deux cliquets d'impulsion et d'arrêt sont en tetrk l'extrémité d'un long levier LL, et celui-ci est adapté à l'armature A A de l'électro-aimant ££ qui a une disposition particulière que nous avons décrite, tome ii, p. 81. 1-'action du cliquet t sur la roue d'échappement s'effectue, dans ce système, sous l'influence de la force antagoniste, et celle-ci, constituée par un ressort à boudin R dont la tension peut être réglée à volonté par une pièce courante sur un pas de vis, est appliquée au système d'encliquetage par Tintermédiaire d'un second levier, afin de ne pas embarrasser la partie supérieure du levier L qui, comme on va le voir, a des fonctions importantes à remplir.

Ce levier, en effet, oscille entre deux appendices a, a portés par une bascule NN' qui pivote en N et dont les mouvements sont limités par deux vis butoirs P. ?'. C'est cette pièce à laquelle M. Siemens a donné le nom de navette et qui a pour fonction de prolonger l'action du courant assez longtemps pour obtenir de la part du cliquet des vibrations d'une amplitude suffisante. A cet effet le levier LL porte ime petite traverse en matière isoni. 5

lante m qui peut rencontrer aux deux extrémités de son oscillation les deux appendices ou rebords métalliques a. a, et la navette elle-même porte à son extrémité libre un petit goujon N' qui frotte sur la platine de l'appareil.

Enfin les communications électriques sont établies de manière que Tolectro-aimant EE, communique d'un côté à Tun des pôles de la pile, et de Tautre au butoir P, tandis que le second pôle est en rapport avec le support S. Pour peu que Ton considère la marche du courant, on comprendra immédiatement, que toutes les fois que le levier LL, sollicité par le ressort antagoniste R, mettra en contact l'appendice a avec butoir P, le courant sera fermé dans Félectro-aimant E£ et Tarmature A A cédant à l'attraction magnétique fera basculer le levier L L. Celui-ci étant soulevé, rencontrera bientôt l'appendice a', et par son intermédiaire, repoussera la navette contre le butoir P'. Pendant ce mouvement, le crochet t sera remonté audessus d'une dent du rochet, et le cliquet d'arrêt V aura dégagé le rochet lui-même qui ne sera plus maintenu que par le cliquet de retient t'; mais lorsque la navette aura été ainsi entraînée, le courant sera rompu à travers rélectro-aimant, et le levier L L, cédant à l'action de ressort antagoniste, reportera l'appendice a contre le butoir P, mouvement qui aura pour efiet l'échappement de la dent du rochet qui était en prise, l'arrêt forcé du rochet par le cliquet f, et une fermeture nouvelle du courant. Cette fermeture provoquera de nouveau le soulèvement du levier L L, et les efifets que nous avons étudiés se reproduiront ainsi indéfiniment, tant que l'appareil restera en rapport avec la pile. Si donc une aiguille est fixée sur le prolongement de l'axe de la roue à rochet, elle accomplira un nombre indéfini de révolutions autour du cadran, révolutions qui seront exactement répétées aux mêmes instants par les aiguilles de tous les autres appareils interposés dans le même circuit.

La sonnerie en rapport avec ce télégraphe, est exactement fondée sur le même principe que le télégraphe lui-même. Comme lui, elle possède un électro-aimant B B, dont l'armature porte deux leviers, l'un H, soumettant le système à la réaction d'un ressort antagoniste, l'autre G- réagissant sur une seconde navette ?&n'; seulement cette navette qui a la forme d'un compas est disposée de manière à n'accomplir qu'un très-petit mouvement En outre de ces deux leviers, cette armature en porte un troisième K (terminé par une espèce de crosse) qui se trouve à portée d*un timbre T, et qui frappe sur le timbre lorsque l'armature de l'électro-aimant entre en vibration.

lie transmetteur de cet appareil consiste dans une série de touches à ressort, placées circulairement autouir du cadran, et dont les extrémités infé*

TÉLËGRAPHES A CADRAN. 67

rieures portent une palette susceptible, étant abaissée, d'arrêter une forte aiguille fixée parallèlement à Taiguille indicatrice sur Taxe du rocbet V. Par cet arrêt, la navette N N' ne pitut plus toucher le butoir P, et le courant se trouve ainsi rompu sur toute la ligne, ce qui empêche les autres appareils interposés dans le même circuit de continuer leur marche. Comme cette marche est synchronique pour tous ces appareils, il suffira donc, pour envoyer un signal, d'arrêter à la station qui transmet Taiguille indicatrice du tèl^^phe, au moment où elle va arriver devant ce signal. Or, l'on obtient co résultat en poussant la touche à ressort correspondante au dit signal.

Dans la disposition qu*ont adoptée MM. Siemens et Halske, la sonnerie de l'appareil est interposée dans le même circuit que le télégraphe luimême, et pour Tempêcher de marcher lorsque le télégraphe fonctionne, il suffit de la retirer du circuit au moyen d'un commutateur.

Quand l'une des stations veut parler, le stationnaire retire donc la son* nerie du circuit et lui substitue son télégraphe et sa pile, ce qu'il fait à Faide d*un simple commutateur à double contact. L'appareil télégraphique se trouve mis alors en mouvement conjointement avec la sonnerie de la station correspondante. Quand l'aiguille du télégraphe se trouve avoir ainsi accompli un tour ou plusieurs tours de cadran, on arrête Taiguille au repère, et on interrompt la communication avec la pile en complétant le circuit de la ligne à travers la terre, opération qui se fait d'un seul coup à l'aide d'un second commutateur à double contact. Alors remployé de la station qui doit recevoir la dépêche, averti par sa sonnerie, la retire du circuit et lui substitue son télégraphe et sa pile. Par cette substitution, le télégraphe de la première station est mis en mouvement, et celle-ci est prévenue dès lors qu'elle peut envoyer sa dépêche.

Avec ce système de correspondance^ la station qui parle réagit sur le courant de la station qui reçoit et réciproquement*

La marche normale du télégraphe de M. 8iemenS| est celle où l'aiguille parcourt par seconde la demi-circonférence du cadran ou passe en une seconde devant 15 signaux. « On obtient cette vitesse, dit M. Siemens^ avec « ime pile de 5 couples de Danîell; une pile de 25 couples avec des fils sou* « terrains fait très-bien marcher les appareils sur une longueur de 400 kilo* « mètres environ. » Quoi qu'il en soit, ce système était susceptible de nom* breux dérangements et il a dû être abandonné même en Allemagne ou il avait été tant vanté, même en Prusse où on Pavait établi sur plusieurs lignes.

M. Siemens a cherché à rendre ce télégraphe plus sensible au moyen de

relais. Ces relais se trouvaient reliés aux appareils télégraphiques et aux sonneries, de manière que les contacts opérés par les navettes, au lieu de réagir directement sur les électro-aimants qui en commandaient la marche, ne réagissaient sur eux que par l'intermédiaire du relais. Cette disposition était très-simple à effectuer» puisqu'il ne s'agissait pour cela que de réunir le pont S à Télectro-aimanl du relais, en interposant d'ailleurs ce même électro-aimant, ainsi que le butoir P dans le circuit de la ligne, et de mettre en rapport l'électro-aimant £E avec la pile locale et les contacts du relais.

Télégpaplie du doetenr Kramer* — Le télégraphe du docteur Kramer, comme celui de M. Siemens, est à mouvements électro-synchroniques; seulement c'est un mécanisme d'horlogerie qui fait les frais du mouvement, et un échappement à chevilles qui commande ce mécanisme. L'organe rhéotomique qui interrompt et ferme successivement le courant, au lieu de dépendre du système électro-magnétique, est mis en action par une roue à rochet montée sur le même axe que la roue d'échappement, et cette roue, au moment de chaque échappement de dent, sépare une lame de ressort d'un butoir de contact pour rétablir cette communication aussitôt après. Il résulte de cette disposition une série de vibrations, de la part de l'armature de Télectro-aimant commandant l'échappement, qui permet le mouvement continu et saccadé de l'aiguille indicatrice autour du cadran. Pour signaler telle ou telle des lettres qui sont inscrites sur ce cadran, il ne s'agit donc que d'arrêter cette aiguille devant cette lettre, précisément au moment où la disjonction du courant est effectuée. Comme les appareils des diverses stations sont interposées dans des circuits locaux dépendant d'un circuit principal sur lequel réagit l'interrupteur rhéotomique; cette rupture du courant suffît pour arrêter tous ces appareils devaut le mèmei signe. Pour obtenir cet arrêt de l'aiguille indicatrice, des touches à ressort ont été placées, comme dans le télégraphe Siemens autour du cadran et devant les différentes lettres ou signaux qu'il s'agit de transmettre.

Dans ce système télégraphique, le cadran et ses touches au lieu d'être placés horizontalement comme dans le système précédent, sont disposés verticalement.

Télégraphe & mouiremeiits synchroniques de H. Gloesener. — M. Gloesener a aussi combiné un système télégraphique à mouve* meiits synchroniques dont le principe est à peu près le même que celui du télégraphe précédent. La seule particularité que présente ce télégraphe par rapport à ceux du même genre que nous avons décrits, c'est qu'il marche sous l'influence d'attractions électro-magnétiques sans réaction secondaire de ressorts antagonistes. A cet effet, les deux lames de Tancre d'échappé-

ment qui commande le mouvement d'horlogerie, sont isolées l'une de l'autre el sont reliées séparément avec deux électro-aimants dont les pôles sont placés en regard les uns des autres, et qui ont une armature commune dont les mouvements réagissent sur l'ancre d'échappement lui-même. Le courant est distribué dans ces électro-aimants par la roue d'échappement et les branches de Tancre qui la commande. Par conséquent, quand c'est la branche a qui se trouve en contact avec cette roue, c'est l'électro-aimant A qui réagit et qui tend à dégager cette dernière : quand cette roue échappe, le courant se trouve rompu, mais bientôt elle se trouve mise en cpntact avec la branche b de l'ancre, qui reporte le courant dans l'électro-aimant B. (lelui-ci réagit en sens contraire de l'électro-aimant A, de sorte qu'il se produit une vibration rhéotomique qui imprime à Tappareil une très-grande vitesse de rotation et permet, en interposant deux ou plusieurs appareils dans un même circuit, de les faire marcher synchroniquement.

Pour arrêter les aiguilles devant un signal convenu, il suffit, comme on le comprend aisément, de disposer les leviers d'arrêt de l'aiguille de manière que celle-ci soit butée au moment où la roue d'échappement abandonne la palette qui la retenait. De cette manière, en effet, le courant se trouve forcément coupé. Sans doute, à la station qui reçoit, Taiguille ne se trouve pas ainsi arrêtée au miheu d'un échappement; mais lorsque celui-ci est accompli, le courant qui, sans l'arrêt de l'aiguille à la station qui transmet, aurait continué à entretenir la marche du récepteur, se trouve coupé et ne peut plus réagir.

Gomme principe, cet appareil est extrêmement simple, mais dans Tapplicalion il doit présenter de graves inconvénients en raison des mauvais contacts du système Rhéotomique.

Pour obtenir une plus grande force électrique avec ce système télégraphique à mouvements synchroniques, M. Gloesener a combiné une autre disposition consistant à placer sur Taxe de la roue d'échappement des récepteurs un petit commutateur à renversement de pôles, et à conduire le courant transmis par celui-ci à une armature électro-aimant, réagissant au lieu et place de l'armature commune aux deux électro-aimants dont nous avons précédemment parlé. Alors l'interruption du courant s'effectue par le soulèvement du ressort qui amène le courant au commutateur, soulèvement qui est la conséquence de l'abaissement de la touche à Taide de laquelle on arrête le mouvement de l'aiguille.

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