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IV. — SYSTÈMES PARTICULIERS

Téléipraplie & écran de M. Ré|pnaj*d. — Ce système assez curieux dans sa conception est fondé sur la direction qui peut être communiquée à une même aiguille par deux mouvements rectangulaires effectuées successivement dans un même sens ou alternativement dans un sens différent, sous rinfluence de deux mécanismes d'horlogerie indépendants, commandés par deux électro-aimants. Le seul avantage pratique qu'il pourrait présenter serait de diminuer le nombre des mouvements saccadés que doit accomplir Taiguille d'un télégraphe ordinaire pour désigner un signal^ et cette diminution pourrait s'effectuer dans un rapport tel, que chaque lettre

n'exigerait plus pour être signalée qu'un mouvement -j- tôô"

Lafig. S, pi. III, représente le dispositif imaginé par M. Régnard pour réaliser cette idée. H et R' sont les deux roues d'échappement des deux mécanismes d'horlogerie, lesquelles sont commandées par deux ancres G. C adaptés à deux électro-aimants à armatures aimantées. A est Taiguille indicatrice qui est reliée aux axes de ces deux roues par trois bielles articulées B', D, B. MM est une détente à balancier qui a pour fonction de mettre enjeu un système mécanique auquel M. Régnard donne le nom de gouverneur et qui doit ramener l'aiguille au repère après chaque désignation de lettre.

La disposition de ces organes sur la figure permet d'en saisir facilement le jeu. Dans la situation où ils sont représentés, l'appareil est au repos; mais si nous admettons que rémission d'un courant positif ait déterminé l'échappement de la roue R, la bielle B entraînée par l'axe de cette roue élèvera l'aiguille A qui, étant embridée par le bras D, viendra prendre position sur l'écran eu s'arrètant sur la lettre E. Une nouvelle émission de ce courant positif portera cette aiguille en A, et celle-ci s'élèvera successivement suivant la ligne EAOLB sous Tinfluence de 5 émissions de courant successives.

Admettons maintenant que des courants négatifs soient envoyés : Ce sera alors la roue R' qui échappera successivement et qui, pour une position donnée de raiguille fixée par la roue R, prendra des positions successives dans le sens horizontal, lesquelles pourront désigner par exemple les lettres N, R, C, 0,K, pour 5 émissions de courants négatifs, si la position de départ de l'aiguille indicatrice a été en A. On comprend déjà d'après ce simple exposé, qu'en alternant convenablement le sens du courant et en réglant le nombre des émissions de ce courant, l'aiguille A pourra aller chercher sur l'écran la lettre qu'on voudra transmettre et qui s'y trouve gravée conune on le voit sur la

TËLËGRAPHE3 A CADRAN. 71

figure. Nous verrons plus tard pourquoi les différentes lettres sont disposées sur cet écran dans un ordre qui n'est pas alphabétique. Nous allons maintenant examiner les fonctions du mécanisme gouverneur.

Les roues R et R' portent, mobiles sur leur axe, des bras E, E' articulés à des leviers courbes d'encliquetage, disposés au-dessous des chevilles des deux roues. Ces bras et par suite les leviers F, F sont sollicités à être ramenés à ime position fixe, qui est celle du repos, par de forts ressorts à boudin X, X'. Mais comme les leviers F, F' sont munis à leur extrémité libre d'un bec d*encliquetage qui est toujours en prise avec une des chevilles des roues R et R' sous l'influence d'un ressort, le système est entraîné toutes les fois que ces roues sont mises en mouvement et malgré l'action des ressorts X, X'. Or, c'est en cette circonstance qu'intervient le mécanisme gouverneur, et cela par l'intermédiaire de la bascule MM dont les extrémités terminées par des palettes inclinées peuvent agir sur les leviers F et F pour les désencliqueter.

A cet effet la bascule MM est sollicitée à tourner sous l'influence d'un mécanisme d'horlogerie à ailettes par l'intermédiaire d'un rochet N et d'un cliquet Z. Les palettes terminales de MM en appuyant sur les leviers F, F' peuvent les d^encliqueter; mais cet effet ne peut se produire que sous certaines conditions, car à Tétat de repos ces palettes viennent se loger dans une encoche pratiquée aux extrémités des leviers F, F', et comme elles sont soutenues par Tune des chevilles x des roues R et R', elles ne peuvent réagir. D'un autre côté, quand Tune ou l'autre de ces roues tourne avec une certaine rapidité, les palettes retombent d'une cheville sur l'autre et ne peuvent pas davantage produire le désencliquetage du système; de sorte qu'il n'y a qu'après un temps d'arrêt suffisant que la pression pouvant s'exercer sur le dos des leviers F, F, entre deux chevilles, détermine le désembrayage du système qui entraîne en même temps la mise au repère de l'aiguille A, car les bras B, B' sont montés sur le même axe creux que les bras E, E*. Ainsi, après chaque indication de lettre, l'aiguille vient au repère comme un doigt qu'on avancerait et qu'on retirerait après avoir montré la lettre.

On remarquera que les palettes du balancier M M ne sont soulevées qu'au moment où les roues R et R' échappent par l'action du courant électrique, et qu'elles ne sont plus relevées lorsque ces roues échappent par son interruption. 11 résulte de cette disposition, que lorsqu'on soutient l'activité du courant pour arrêter l'aiguille sur certains signaux, la palette du balancier retombe derrière la cheville qui Ta soulevée, et qu'elle glisse entre les che' villes lorsqu'on interrompt le courant pour reprendre un autre signal. Dans

ce dernier mouvement, qui replace le mécanisme dans sa position première, les cliquets F et F' reviennent simplement buter contre la cheville suivante pour être prêts à partir avec elle au premier mouvement.

Voici maintenant le tableau des mouvements nécessaires pour porter Taiguille sur chacune des lettres de Técran. Le courant positif est indiqué par p, le courant négatif par n; P et N désignent ces courants quand ils sont soutenus pour arrêter l'aiguille sur certaines lettres au temps d'activité.

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