Peralta, Limites de Costa Rica, III, p. 208 et
pays sur toute la côte atlantique jusqu'au cap Graciasâ-Dios, Costa-Rica et Nicaragua restèrent en possession de ce territoire.
Si Colombia a envahi plus tard, vers 1836, la partie du territoire costa-ricien qui comprend la baie de TAlmirante et si elle le détient encore actuellement, ce n'est pas en vertu de la real orden de San-Lorenzo de 1803, mais par une erreur géographique et par un oubli ou en violation des délimitations légales. Ces envahissements ont pu s'effectuer grâce à la faiblesse de Costa- Rica ; mais celle-ci a protesté et le litige reste à trancher.
224. La possession continue et paisible des gouverneurs espagnols de Costa-Rica sur tous les rivages de TAtlantique de cette province est un fait tellement notoire qu'il n'est pas besoin de le prouver. Cependant Costa-Rica présente des témoignages nombreux de son action administrative dans toutes les branches de sa juridiction politique, ecclésiastique, militaire, avant comme après la real orden de 1803.
Plusieurs dépêches adressées par les capitaines généraux de Guatemala aux gouverneurs de Costa-Rica et par ceux-ci à leurs chefs, au juge et au commandant de Malina, la lettre de O'Neille déjà citée (§ 163), le décret des Cortès espagnoles du 1*' décembre 1811 (§ 173), la real cédula du 26 mai 1818, le rapport de la Députation provinciale de Nicaragua et Costa-Rica au
ministre des colonies en dale de Léon, 13 décembre 1820, sur la division territoriale de ces provinces et plusieurs autres documents attestent que les présidents de Guatemala et les gouverneurs de Costa-Rica ont exercé la plénitude de leur juridiction sur tout ce qui, sous la monarchie espagnole jusqu'en 1821, a été la province de Costa-Rica.
Depuis rindépendance, la possession de Costa-Rica n'a été ni moins notoire, ni moins continue que sous la domination espagnole, et ce n'est qu'à partir de 1836 que les empiétements et les invasions de la part de Colombia ont commencé.
La real orden de San-Lorenzo ne fut donc pas appliquée à la côte de Mosquitos, quelle que soit l'extension que, même abusivement, on cherche à lui donner; l'arrêté de 1803 resta sans effet; il n'eut pas même le temps de tomber en désuétude; il fut obéi^ si nous pouvons nous exprimer ainsi, et non exécuté (obedecida y no cumplida) et devint inapplicable par la force des circonstances.
225. Les îles de San-Andrès, ainsi nommées du nom de la principale d'entre elles, comprenaient aussi les îles de Santa-Catalina et de Providencia. Elles n'appartinrent pas continuellement et sans interruption à l'Espagne.
Les Anglais occupèrent en 1629 l'île de Providencia
afin de pouvoir proléger leur commerce de contrebande et d'avoir un point d*appui pour leurs incursions sur le littoral de Guatemala et de Tierra-Firme. Cette île ne fut reconquise qu'en 1641 par les Espagnols sous les ordres du général don Francisco Diaz Pimienta. Elle dépendait alors de l'audience de Panama *.
Occupées tour à tour par les Anglais ou par les Espagnols selon la fortune changeante de la guerre, elles étaient au pouvoir des Anglais lorsque, par le traité de Londres du 14 juillet 1786, il fut convenu entre l'Espagne et la Grande-Bretagne, que les Anglais en sortiraient, ainsi que des autres îles et du continent espagnol, excepté de Belize.
L'évacuation fut effectuée solennellement à Rio-Tinto, sur la côte de Honduras, et dans les autres établissements des Anglais; mais de fait les autorités britanniques seules s'en allèrent, parce que le roi d'Espagne concéda aux habitants anglais qui voudraient devenir ses vassaux la grâce d'y rester.
226. Ces îles furent soumises à Guatemala de 1786 à 1805 en vertu de simples reaies ordenesy comme