‹ Exposé des droits territoriaux de la République de Costa-Rica: soumis à S. EChapitre 120 sur 137 · OPINION DES ÉTATS-UNIS · texte numérisé non relu

OPINION DES ÉTATS-UNIS

valoir auprès des républiques du Centre-Amérique des services rendus, en cas d'une solution favorable, et à obtenir en compensation une délimitation avantageuse aux dépens de l'État de Gosta-Rica.

Une telle assertion est justifiée par les paroles du pré-* sident Lopez et par les franches déclarations de M. Fernandez Madrid dans son rapport confidentiel de 1852 (S 24-2).

!246. Un voyageur de l'Amérique du Nord qui visita la république de Colombia, en 1822 et 1823, ami de Bolivar, de Santander et d'autres hommes d'État de ce pays, le colonel William Duane, de Philadelphie, avait émis vingt-huit ans auparavant, à l'époque où l'on découvrait la real orden de San-Lorenzo, des opinions semblables à celles de Fernandez Madrid et qui corroborent ce qui a été dit plus haut. Il s'exprime en ces termes :

« Jusqu'en 1824, on présumait que la frontière nord-ouest de Veragua était la limite du territoire colombien; mais un décret (il aurait dû dire une real orden) du monarque espagnol, rendu à l'Escurial en 1805, déclara que toute la côte de l'ancienne Tierra- Firme, depuis le cap de Gracias-a-Dios, appelée par les Anglais côte de Mosquitos, appartenait à la juridiction de la Nouvelle-Grenade. Il est probable que le

gouvernemeiil colombien a des raisons politiques, qui font honneur à sa sagacité, pour faire valoir cette prétention, et qu'une fois son but atteint, le territoire situé au nord de Veragua sera reconnu comme partie de Guatemala, à laquelle il appartenait autrefois. Si elle maintenait une telle prétention, la république de Colombia s'attirerait non seulement la censure, mais des disputes et des ressentiments, car les termes vagues de la real orden admettent une interprétation qui englobe Costa-Rica, si pas la partie principale de Nicaragua*. »

247. On voit par les témoignages ci-dessus qu'avant 1824 personne en Colombia ne soupçonnait que ni la vice-royauté de Santa-Féni la Nouvelle-Grenade eussent le moindre droit sur la côte de Mosquitos, ce qui prouve d'une manière évidente que la real orden de San- Lorenzp a été envisagée comme lettre morte et qu'elle est sans valeur juridique aucune pour les fins alléguées par Colombia.

L'opinion du gouvernement britannique, formulée par lord Palmerston, est l'expression d'une vérité de fait et de droit, et pour ne pas fatiguer par une longue énumération de faits et de documents, il suffira de dire

i . A Visit to Colombia, by Col. W" Duane, of Philadelphia ^). 405, Philadelphia. 1826.

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