Le6n FernAndez, Colecciôn, V, p
LA VILLE D'ARTIEDA, 1577. lil
proposait de les chasser des Bocas-del-Drago ; il se croyait obligé d'agir ainsi, afin de délivrer la province de Costa-Rica de leurs incui^sions et particulièrement cette région du Guaymi ou Bocas-del-Drago^ dans laquelle il devait fonder une ville.
Sans se laisser décourager par le triste sort échu à Tune de ses frégates qui tomba aux mains des corsaires, il partit de la ville de Granada en novembre 1577 pour aller défendre le territoire qui était à sa charge. 11 descendit le lac et le rio San-Juan à la poursuite des Anglais qui étaient sur la côte de la mer du Nord, et, ne les ayant pas trouvés, « il entra dans les Bocasdel- Drago et de là dans le Rio de Guaymi ; et en exécution de ce qu'il avait contracté avec Sa Majesté^ il fonda la ville de Artieda du nouveau royaume de Navarre * » .
Comme il appert de Tacle de sa fondation celte ville fut située par le gouverneur de Costa-Rica sur les bords du Rio-Guaymi, à deux lieues et demie de son embouchure, près de ses premiers torrents, à l'endroit où ce fleuve n'est plus navigable; et « conformément à ce qu'il avait contracté avec Sa Majesté il dit qu'il prenait et il prit en effet possession de ladite ville, du fleuve et de la vallée* ».
i. Le65 FERNXNDEz,Co/eccicm, Y, p. 96. — Pebalta, I, p. 562. — ToRRESDE Henoozâ, ColeccioTit XVII, p. 568. Appendice, doc. /.
2. Voir le texte intégral de ces documents dans Torres de Hemdoza, Colecciôn de documentos inéditos de Indias, XVII,
106. Ceci se passait le 8 décembre 1577, dix-sept ans après la fondation de la ville du Castillo-de-Austria par Juan de Estrada Ravage, et quatorze ans après que Vazquez de Coronado eût pris possession de celle même vallée du Guaymi comme formant partie de la province de Costa-Rica.
On a déjà vu (§ 68) que Philippe II, par ses cédulm du 4 août 1561 , avait approuvé la conduite du P. Estrada et que, par celles des 30 avril 1564 (§ 79), 8 avril et 7 août 1565, il avait approuvé également et récompensé celle de Vazquez de Coronado. Artieda agil d'une manière strictement conforme à la capitulalion du Pardo et à ses titres royaux, et il obtint de même l'entière approbation du roi et de son conseil des Indes, comme le démontrent les deux reaies cédulas de Badajoz du 3 juin 1580, dont une lui fut adressée el l'autre à l'audience de Gualemala.
Dans celle dernière il est fait menlion de la ville fondée par le gouverneur de Cosla-Rica sur les Bocasdel-Dra^o * .
p. 556 à 571. — Peralta, Costa Rica, Nicaragua y Panama, I, p. 554, 560 y 562 ; Costa Rica y Colombia, II, p. 8 (6 24). — Fer.nAsde^, Colecciôn, V, p. 91 cl suivantes. — La collection de M. Torres de Mendoza regorge de fautes et il faut la citer avec réserve. Le texte des collections Peralta et Fernandez est conforme aux originaux des Archives des Indes.
1. Peralta, Costa Rica ^ Nicaragua y Panama, I, p. 602 et 605. Appendice, doc. J.
TALAMANCA, 1610. 113
Arlieda ayant accompli les lois et les obligations contractuelles, en vertu desquelles il réorganisa la province de Costa-Rica et la constitua avec la démarcation qu'elle conservait encore en 1810 et 1821, lors de rindépendance respective des deux républiques actuelles de Colombia et de Costa-Rica, cette démarcation fut un fait légal depuis Tannée 1573 et continua de Têlre jusqu'en 1821.
Pendant tout ce temps, le souverain n'émit aucune loi qui vînt abroger, détruire ou affaiblir d'une manière quelconque celles qui avaient établi la démarcation que réclame Costa-Rica, démarcation qui fut confirmée par divers reaies cédulas et décrets des Cortès.
107. La real cédula de Madrid du 30 juillet 1627 reconnaît d'une façon formelle que la vallée du Dtiy et Talamanca appartiennent au gouvernement de Costa- Rica.
Ses habitants s'étant soulevés en 1610, la céduta dit que si l'on en fait la conquête, « cette province sera grande et riche* ».
Le cabildo de Cartago sollicita que la province de Costa-Rica fût réunie à l'audience de Panama; ce dernier tribunal ayant été consulté sur la convenance de prendre cette mesure, il répondit, par lettre du
\, FerhXndez, Colecciôn^ V, p. 270.
12 octobre 1629, que « le contenu de la cédula du 30 juillet 1627 est exact et vrai* ».
L'audience de Panama démontre, partant, qu'elle est en parfaite conformité avec l'assertion qui place la vallée du Duy et Talamanca sous la juridiction et possession de Costa-Rica et de l'audience de Guatemala.
Talamanca élait soumise au régime des missions franciscaines sous la protection d'une escorte, lorsque les indigènes se soulevèrent le 28 septembre 1709. Le gouverneur de Costa-Uica alla les soumettre et fit plus de cinq cents prisonniers parmi les Indiens Toxares (habitants de l'île de Zorobaro ou Colon), Terrabas et Viceitas, et les emmena à Carlago.
Le marquis de Torre Campo fit un rapport au roi sur ces événements, et le souverain, par lettre du 1*' septembre 1713, approuva la conduite du gouverneur, le fit remercier et donna l'ordre au capitaine général de Guatemala de favoriser et de soutenir les missions de Talainanca, comprenant sous ce nom collectif les Terrabasy Toxares^ Chang^ienes, Dorasqws, CeguaSj GuaymiSy comme le déclare la cédnla du 21 mai 1738 adressée à la même autorité.
Les Ghanguenes, Doraces ou Dorasques et les Guaymis se trouvaient dispersés sur les territoires limitrophes; les uns étaient placés sous la juridiction de Panama,