pERALTA, Coita Rica y Coula deMostjuilos, p
la surface de la côte qu'on devait séparer ; il désigne bien vaguement dans le sens de la longitude le littoral Mosquito au sud du cap Gracias-à-Dios. Or, lorsqu'il s*agit d'une délimitation de juridiction, il faut bien procéder d'une manière moins vague et avec plus de précision, et on doit fixer les confins sur les quatre points cardinaux, comme c'est le cas dans les démarcations de Panama, du duché de Veragua et du gouvernement de Cartago ou Costa-Rica faites par les lois (reaies cédulas) de 1521, 1537, 1540, et 1573 (§§ 16, 39, 52 et 92) et aussi dans la ségrégation du gouvernement de Maïnas de la vice-royauté de Santa-Fé pour l'incorporer dans la vice-royauté du Pérou, faite par la loi du 15 juillet 1802 (§ 209).
203. La côte de Mosquitos, selon la real cédula du 30 avril 1714, adressée au vice-roi du Mexique et au président de Guatemala', commence, au sud, àPunta- Gorda, douze lieues au nord du fleuve San-Juan, et se termine au cap Camaron, vingt lieues à l'ouest de Trujillo (Honduras).
Don Pedro Fernandez Madrid, publiciste et ancien mi-
l. Peralta, Costa-IHca y Costa de Mosquitos, p. 65.
a ...estân à la costa del mar del Norte, en que se sabe excède la longitud de su poblacidn de 50 «4 60 léguas, empezândose a extender en la distancia de doce del rio de San Juan, jurisdiccion de Nicaragua, donde tienen poblaciones y rancherias hasta veinte léguas de la ciudad de Trujiilo.... »
COTE DE MOSQUITOS. ^'îh
nislre des relations extérieures de la Nouvelle-Grenade, dit qu'on a tenu comme « côte de Mosquitos celle qui s'étend sur une longueur de 180 lieues sur tout le littoral atlantique du continent et commence à Touest de la pointe de Castille ou cap de Honduras, limite qui la sépare de la baie de ce nom, à 16® de latitude nord. Depuis ce point de départ, la côte de Mosquitos suit à Test, forme un angle un peu obtus vers le cap Gracias-à-Dios et continue à partir de ce point en direction nord-sud pour aboutir à Punta-Gorda, près du bras le plus septentrional du fleuve San-Juan-de-Nicaragua »
M. Fernandez Madrid qualifie de très respectable l'autorité du Dictionnaire géographique de l Amérique par don Antonio de Alcedo, mais il n'accepte pas la description que celui-ci fait de la côte de Mosquitos et adopte celle du colonel Robert Hodgson dont le morceau cité entre guillemets est une traduction littérale*.
Alcedo attribue à cette côte de 40 à 60 lieues de long, tandis que Hodgson, avec la plupart des géographes et voyageurs anglais, lui donne 180 lieues depuis le cap Honduras jusqu'au fleuve San-Juan-de-Nicaragua.
Le conseil des Indes ne lui accordait pas toujours cette étendue.
i. pERALTA, Limites, 111, p. 567, 427 et 574. — Repertorio Coi.oMBiANo, Vlil, p. 462, Bogota, 1882. — Correspondencc respecting the Mosquito lerrilory,p.o4, 36, et Appendix A,Londoii, 1848.
t>'26 EXPOSÉ DE COSTA-RICA.
Dans un avis (consulta) du 8 juillet 1759 il dit au roi que « les Mosquitos occupent le territoire de plus de soixante lieues qui s'élend entre la juridiclion de Comayagua et celle de Costa-Rica, dans les domaines de Votre Majesté |)roches des côtes de la mer du Nord^ ».
Si Ton mesure la dislance de soixante lieues à partir du cap Gracias-à-Dios, au 15° latitude nord, vers le fleuve Chagres, on atteint le 12^ parallèle juste au centre de la lagune de Blewfields. Punta-Gorda est située plus au sud et la juridiction de Cosla-Uica commence à douze lieues de Punta-Gorda, à vingt lieues de Blewiiolds et à plus de quatre-vingts lieues du cap de Gracias-a-Dios et de la juridiction de Comayagua.
Quoi qu'il en soit, que la côteMe Mosquitos se termine à Blewiields, à Punta-Gorda ou au bras septentrional du fleuve San-Juan, Costa-Rica reste complètement en DEiioas DE LA CÔTE MosQUiTOS, puisquc SOU territoire commence à rembouchure de ce bras septentrional du fleuve San-Juan.
204. La real orden dit : uacia el rio CliagreSy veiis le fleuve ChagreSj voulant seulement indiquer la direction, non pas le terme ou bout, car, dans ce cas, il aurait
\. Pkralta, Costa de ¥os//ï/i7os, p. 100. — Ricardo S. Pereira, Documenlos sobre limites de los Estados Unidos de Colombia^ fi 96. — Bogota, 1885.
fallu dire hasta el rio Chdgres, jusqu'au /leuve Chagres\ comme dans la reat cédula du 25 août 1745 (^198).
La real orden correclement comprise, quelle esl donc la partie de la côte de Mosquitos qui s' étend depuis le cap Gracias-à-Dios inclusivement, vers le fleuve Chagres?
C'est cette portion du littoral dont le point de départ est le cap Gracias-à-Dios et le bout ou terme est Punta- Gorda ou tout au plus Tembouchure du San-Juan par son bras septentrional.
205. Si le gouvernement espagnol avait voulu séparer du domaine territorial de la capitainerie générale de Guatemala la partie du littoral comprise entre le San- Juan et Tîle Escudo-de-Veragua, il l'aurait dit, et la real orden aurait dû l'exprimer catégoriquement afin de pouvoir produire tous ses effets; mais la real orden n'en a rien exprimé et en réalité elle n'a rien séparé au sud dudit fleuve.
Si l'on admettait cette hypothèse, la real orden ne
1. Vers, préposition de lieu servant à désigner à peu près un certain côté, un certain endroit, une certaine situation. Vers l'orient, vers le nord, je ne sais vers oîi, vers la Tartarie. (Dictionnaire de VA cadémie française.)
Hacia, preposicion, sirve para indicar el lugar en que sobre poco mas 6 menos estd 6 sucede alguna cosa y para seAaIar adonde una persona, cosa 6 acciôn se dirigen. Hacia alli esld el Esconal; hacia Aranjues llueve; mira hacia el Norle, (Ghximdtica de la lengua castellana, por la Real Acadcmia Espanoîa, Madrid, 1 885, p. 198). — Uatla signifie exactement la même chose ^xxa jusque.
deviendrait que plus incompréhensible, parce qu'il faudrait admettre qu'elle séparait de la vice-royauté de Santa-P'é, pour la joindre à la même vice-royauté, la côte qui déjà depuis l'année 1759* avait été placée sous sa juridiction, située enti'e l'île Escndo-de-Veragua et le fleuve Chagres.
Ni le roi, ni le conseil des Indes, ni aucun ministre soucieux de son devoir et de sa dignité ne se seraient livrés à ce jeu absurde, d'autant plus inadmissible que dans ce môme temps on avait recours au moyen légal des reaies cédulan pour délimiter ou séparer d'autres provinces d'Amérique et les soumettre à de nouvelles juridictions.
Et s'il était prouvé que les autorités consentirent à ce jeu, il faudrait avouer qu'elles ignoraient l'étal de l'administration publique de leurs domaines ou qu'elles s'étaient tellement trompées, que, leur erreur constatée, celle-ci ne pouvait les lier ni obliger les parties directement intéressées.
206. Admettre l'hypothèse du transfert de la juridiction, c'est aboutir à deux conclusions inexactes : 1® que le gouvernement espagnol a enfreint ses propres lois en adoptant une méthode militaire dans une affaire qui afieclait toutes les branches de l'administration et qui