DONNÉE DE GODIN-LEMAIRB
Mais ces métamorphoses ne se produisent pas sans que quelques économistes en aient prophétisé mille malheurs, et le fait est d'autant plus redouté que son arrivée est plus vraisemblable ; cependant, ime fois le fait accompli, la société se regarde, se trouve encore debout, et reconnaît même bientôt qu'un progrès nouveau s'est réalisé.
(Idem.)
Palais social. — Nulle amélioration n'est possible dans les demeures ouvrières abandonnées à l'incurie et aux ressources individuelles : le bien-être de l'homme ne peut se réaliser dans ces conditions ; la misère s'attache au milieu qui lui est propre; le capital n'a rien à faire là; l'aumône seule peut y remplir son rôle.
Il faut donc sortir de ce milieu.
Voilà pourquoi le Familistère a été fondé.
Ne pouvant faire un palais de la chaumière ou du galetas de chaque famille ouvrière, nous avons voulu mettre la demeure de l'ouvrier dans un palais : le Familistère^ en effet, n'est pas autre chose, c'est le Palais du Travail^ c'est le Falais social de l'avenir.
Ce qu'il n'est pas possible de faire au profit des familles éparpillées et sans lien, les améliorations qu'on ne peut introduire dans le tohu-bohu des habitations ouvrières, ni à la ville, ni à la campagne, ni dans les caves, ni dans les mansardes habitées ; ce que ne permettent pas même les habitations ouvrières isolées les mieux construites, quel qu'en soit le système : le Familistère le permet, le Falais social le rend possible, bien plus, il le rend nécessaire.
'Carac.«rk de l'habitation SOCIALE. — Lc Falais social doit créer pour tous les moyens de la vie facile, économique et progressive ; il doit donner au logement et à toutes ses institutions un caractère propre à l'accomplissement des lois primordiales ;
De conservation et d'entretien; De développement et de progrès ; D'équilibre et d'harmonie...
... lî doit rendre faciles à tous :
La nourriture, la santé,
Le logement, l'activité,
Le vêtement, le repos,
La lumière, la propreté,
L'espace libre, la salubrité,
L'air pur, Fhygiène.
... Il doit correspondre aux besoins affectifs, moraux et intellectuels :
De la famille et de son principe ;
De Tamitié, de l'union et de la fraternité entre les hommes;
De réducation de Fenfance et de la protection des faibles ;
De rinstruction seientifique et professionnelle pour tous;
De l'habitude et de rattachement pour tout ce qui nous entoure;
De la production et du travail ;
De la consommation et de la propriété ;
De la répartition et de l'échange des choses matérielles ;
De la sécurité, de la solidarité et de l'association entre les honmies;
De la sociabilité, du charme, de Fagrément, des délassements et des plaisirs.
... Il doit répondre aux besoins physiques et moraux, aux aspirations supérieures et permettre de chercher en tout pour modèle :
Le vrai, le bien,
Le bon, le beau et le Juste.
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Les systèmes d'habitation qui ne favorisent pas tous ces essors légitimes de la nature humaine ne renferment pas Is^ donnée architecturale de l'habitation conforme à la destinée de l'homme et à la loi de vie.
C'est la réalisation de l'habitation organisée pour la solui tion de ce problème que j'ai poursuivie.
(Godin-Lemaire. — Solutions sociales,)
L'habitation et son régime constitue une des parties essentielles du bien-être et des satisfactions de l'existence ; ils marquent le degré de sociabilité auquel la nature humaine a ?u s'élever.
Les animaux sauvages ont les grands arbres des bois, ou des terriers pour abris, ils ont pour couche l'herbe de§ champs ou la terre froide; mais déjà, pour les animamç domestiques, on construit la loge,rôtable, l'écurie,
L'habitation de l'homme ne doit point pouvoir se confondre avec celle des animaux 5 pour l'être qui s'associe lô plus intimement par le travail à l'œuvre du Créateur, pour l'être qui est 1^ manifestation de l'iutelligence sur la terre, l'habitation doit être un palais....
..„, L'amélioration des classes ouvrières n'aura rien de réel tant qu'il ne leur sera pas accordé (pourquoi M. Godin na dit -il pas assuré?) les Équivalents de la Richesse^ ou si Vou veut des avantages analogues à ceux que la fortune s'ae-» corde; armé de cette boussole, on peut marcher constam-^ ment dans la voie des choses qui sont à faire ; on a un guida sûr pour sa conduite.
placer l^ fainille du pauvre dans un logement corn» mode;
Entourer ce logement de toutes les ressources, et de tous les avantages dont le logement du riche est pourvu ;
Faire que le logement soit un lieu de tranquillité, d'agrément et de repos;
Remplacer par des institutions communes, les services que le riche retire de la domesticité. '
Telle est la marche à suivre si Ton ne veut pas que les familles ouvrières soient perpétuellement exclues du bien-être qu'elles créent, auquel toute créature humaine a droit....
a Le familistère (dit avec un juste orgueil M. Godin) est le premier exemple d'un capital résolument employé sous une direction unique, en vue de la réunion générale de toutes les choses nécessaires à la vie ; c'est le premier exemple d'ime administration concentrant des opérations aussi diverses pour que le résultat tourne au plus grand bien des familles. »
En outre de l'économie domestique sanitaire, de la généralisation du bien-être matériel, intellectuel et moral de ses habitants, le familistère assure la sécurité de l'avenir par une éducation aussi complète que possible donnée à tous, sous les yeux et avec le concours de la famille.
Ce n'est pas là, à coup sûr, la solution générale d'une organisation sociale; mais est-il bien raisonnable de demander une organisation générale avant d'être sur la voie de Torganisationde l'alvéole unitaire, la commune? et malheureusement l'industrie agricole manque au familistère.
La classe ouvrière s'agite, elle se tend la main de toute part par dessus les frontières ; mais le travail humaine ne comporte pas que la classe ouvrière; les organisations corporatives sont autant d'égoismes collectifs ; le paysan, le savant, les travaux de ménage, font aussi partie du grand travail humain; c'est cette association intégrale du travail général qu'il faut qu'une réforme intégrale embrasse et comprenne, car il n'y a plus de classes, il n'y a plus que des hommes. (Idem,)