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Db l'instruction. •— Les manifestations de l'existence humaine sont susceptibles d'entrer dans ces trois ordres de faits principaux, les beaux arts, les sciences, l'industrie. Cette grande division fournit ainsi une indication générale du but de l'enseignement : ce sont des artù>tes, des savants, des industriels qu'il s'agit de former. D'innombrables subdivisions se rattachent à cette première division ; mais, comme celleci repose sm» une réalité susceptible d'être appréciée, nous pouvons nous y arrêter.
Indépendamment do rinstruction spéciale à laquelle sont appelés les savants, les artistes, les induitriels, pour se préparer aux travaux particuliers qui leur sont dévolus, n'oublions pas que tous doivent préalablement recevoir un enseignement commun qui S3 présente comme la base, comme .le point de départ de toutes les destinations ultérieures.
Védiuiation morale se présente à la génération naissante comme une sorte de préparation à toutes les destinations individuelles. Alors, en effet, s'opèrepour l'enfance une première initiation aux arts, aux sciences, à l'industrie, dans les limites où ces différents ordres se présentent, comme ime introduction nécessaire à l'exercice de toutes les fonctions, de toutes les professions.
Au terme de cette éducation, auraient lieu des élections dont le but serait de répartir les individu^ selon les aptitudes et les vocations diverses qu'ils auraient manifestées. Conformément à ce premier choix, trois grandes écoles pour les beaux-arts, les sciences et ^industrie, seraient ouvertes aux élèves. Quelque nombreuses que soient les divisions particulières auxquelles chacime de ces écoles paisse être soumise, on doit concevoir la nécessité d'une école commune pour tous les artistes en tant qu'artistes, de même pour tous
misère, d'élever à l'excellence morale, au savoir et au bonheur les masses opprimées, enténébrées et souffrantes; Topulence viendrait par surcroît, l'égaiitô y suppléerait.
les savants et tous lea industriels quelles que soient les subdivisions que comportent les arts, les sciences et l'industrie : ce ne serait qu'à la suite de cette seconde préparation que les jeunes gens, désormais fixés sur leur carrière future, seraient distribués dans les différentes écoles d'application qui répondraient à toutes les subdivisions des trois grands ordres, et conduiraient les élèves jusqu'au moment où la société les jugeant suffisamment préparés, confierait à chacun d'eux, en conséquence, la fonction à laquelle il serait devenu propre (1).
(Doctrine Saint-Simonienne,)
Religion, Moraliî, Culte. — La nuit dernière j'ai entendu ces paroles, — que Dieu seul a pu m'adresser : (2)
Rome renoncera à la prétention d'être le chef-lieu démon église : le pape, les cardinaux, les évoques et les prêtres cesseront de parler en mon nom; l'homme rougira de l'impiété qu'il commet en chargeant de tels imprévoyants de me représenter.
J'avais défendu à Adam de faire la distinction du bien et du mal, il m'a désobéi ; je l'ai chassé du paradis, mais j'ai laissé à sa postérité im moyen d'apaiser ma colère ; qu'elle travaille à se perfectionner dans la connaissance du bien et
(1) Ne serait-il pas mieux d'organiser des écoles intégrales à divers degrés en laissant aux enfants la faculté de suivre tel cours de préférence à tel autre, et à les effleurer tous si cela leur plaît? Si dans le travail manuel la spécialisation du travail abrutit l'ouvrier, celle spécialisation intellectuelle serait, à plus forte raison,, une cause de déviation pour l'intelligence et d'amoindrissement cérébral.
(2) Je dis, une fois pour toute, que je n'annoterai pas les exposés de religion ou de cosmogonie socialiste. Au point où nous en sommes touto discussion à ce sujet serait puérile. La nouvelle génération socialiiJte a remplacé la croyance et les conceptions subjectives par l'observation des faits et le classement des phénomènes. C'est dire qu'elle est entièrement sortie de l'ordre reUgieux, du seu-» tlmental; elle n'a^ooiende pas, elle a mis de coié.
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du mal, et j'améliorerai son sort ; un jour viendra que je ferai de la terre un paradis.
Tous ceux qui ont établi des religions en avaient reçu de moi le pouvoir, mais ils n'ont pas bien compris les instructions que je leur avais données; ils ont tous cru que je leur avais confié ma divine science ; leur amour-propre les avait conduits à tracer une ligne de démarcation entre le bien et le mal dans les actions les plus minutieuses de la vie de l'homme, et ils ont tous négligé la plus essentielle de leur mission, celle de fonder un établissement qui fit suivre à rintelligence humaine la route la plus courte pour se rapprocher indéfiniment de ma divine prévoyance; ils ont tous oublié de prévenir les ministres de mesautels que je leurretirerais le pouvoir de parler en mon nom, quand ils cesseraient d'être plus savants que le troupeau qu'ils conduiraient, et qu'ils se laisseraient dominer par le pouvoir temporel.
Une réunion de vingt-et-un élus de l'humanité prendra le nom de conseil de Newton ; le conseil de Newton me représentera sur la terre ; il partagera l'humanité en quatre divisions, qui s'appelleront anglaise, française, allemande, italienne. Chacune de ces divisions am'a un conseil en chef. Tout homme, quelque partie du globe qu'il habite, s'attachera à une de ces divisions et souscrira pour le conseil en chef et pour celui de sa division.
Les femmes seront admises à souscrire ; elles pourront être nommées.
Tous les hommes travailleront ; ils se regarderont tous comme des ouvriers attachés à un atelier dont les travaux ont pour but de rapprocher l'intelligence humaine de ma divine prévoyance. Le conseil en chef de Newton dirigera les travaux ; il fera ses efforts pour bien comprendre les effets de la pesanteur universelle. Elle est la loi unique à laquelle j'ai soumis l'irnivers. [Saint-Simon).
La morale correspond à l'amour, la science à Tintelligence, l'industrie à la force : l'organisation a donc pour objet le règlement de Factivité morale, politique, scientifique et industrielle : la hiérarchie sociale ne peut qu'être la réalisation savante de ce règlement. L'amour, c'est la vie dans son unité, l'intelligence et la force ne sont que les modes de sa manifestation. Les chefs de la Société ne peuvent qu'êti^e les dépositaires de la religion, que les prêtres.
L'amour a pour expression générale la morale, c'est-à-dire la religion.
La science a pour objet la connaissance des phénomènes, et comme tout phénomène ne peut être qu'une manifestation de la divinité, la science devient la théologie,
V industrie qui a pour objet l'exploitation du globe "et l'appropriation de ses produits au profit de l'homme, continue l'œuvre de la création : à ce point de vue l'industrie ^ devient le culte.
La religion ou la morale, la théologie ou la science, le culte ou l'industrie, tels sont les trois grands aspects de l'activité sociale de l'avenir. Les prêtres, les savants, les industriels; voilà la société.
De même que le prêtre représente l'unité de la vie, il représente aussi l'unité sociale ou politique. Le savant et i industriel sont égaux à ses yeux, car tous reçoivent immédiatement de lui leur mission et leur inspiration. La science et l'industrie ont l'ime et l'autre une hiéreirchie qui eur est propre ; mais chacune de ces hiérarchies remonte directement au prêtre, c'est par lui qu'elle est constituée, c'est en lui seul qu'est la sanction. Le prêtre est donc le lien de tous les hommes, mais c'est encore lui qui rattache le fini à l'infini, qui met l'ordre social en harmonie avec l'ordre universel, et, s'il est permis de s'exprimer ainsi, la hiérarchie humaine avec la hiérarchie divine. (Doctrine saintsimonienne,)
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Philosophie. — L'humanité est un être collectif qui se développe,; cet être a grandi de génération en génération, comme un seul homme grandit dans la succession des âges. Cel être a grandi en obéissant à une loi physiologique; et cette loi a été celle d'un développement progressif (1).
Le fait le plus général dans la marche des sociétés, celui qui renferme implicitement tous les autres, est le progrès de la conception morale par laquelle l'homme se sent une destination sociale. L'institution politique est la réalisation, la mise en pratique de cette conception, son application à l'établissement, au maintien et au progrès des relations sociales.
Une première classification des faits devient alors nécessaire : c'est celle que nous avons déjà indiquée dans la séance précédente par les noms d'époques organiques et époques critiques; les premières présentent le spectacle de Vunûm entre les membres d* associations de plus en plus étendues, c'est-à-dire déterminant la combinaison de leurs efforts vers un but commun; les autres au conti'aire, pleines de désordre, brisant d'anciennes relations sociales, et tendant enfin de toutes parts vers l'égoïsme. Ajoutons toutefois que cellesci furent toujours utiles, nécessaires, indispensables, puisqu'en détruisant des formes vieilles, qui nuisaient, après y avoir longtemps contribué, au développement de l'humanité, elles facilitèrent la conception et la réalisation de ormes meilleures.
Viennent ensuite trois grandes séries secondaires, qui répondent aux trois modes de l'activité humaine, le sentiment, ['intelligence et Vactivité matérielle. La première comprend tous les faits du développement des sympathies humaines, représentées par des hommes qui, vivement inspirés par elles, ont su les communiquer aux masses ; la seconde se compose des termes du progrès constant des sciences,
(1) C'est surtout par son côté philosophique que Saint-Simon est réellement grand, réellement universalisateur.
qui indiquent ainsi le développement de l'esprit humain ; la troisième enfin que nous désignons par ces mots : l'activité matérielle, est représentée dans le passé par la double action de la guerre et de l'industney dans l'avenir par Vindustrie seule, puisque l'exploitation de l'homme par l'homme sera remplacée par Vaction harmonique des hommes sur la nature.
(Saint-Simon.)
L'idée de perfectibilité entrevue par Vico, Lessing, Turgot, Kant, Herder, Condorcet, est restée stérile entre leurs mains, parce qu'aucun de ces philosophes n'a su caractériser le progrès ; aucun d'eux n'a indiqué en quoi il consistait, comment il s'était opéré, par quelles institutions il s'était produit et devait se classer en faits progressifs et faits rétrogrades; les coordonner en séries homogènes, dont les termes fussent suivant une loi de croissance et de décroissante; tous ignoraient enfin que les seuls éléments qui intéressaient l'avenir, et qui se soient fait jour à travers le passé étaient les beauxarts, les sciences et l'industrie, et que l'étude de cette simple manifestation de l'activité humaine devait constituer la science sociale, parce qu'elle servait à vérifier le développement moral, intellectuel et physique du genre humain, c'està-dire son progrès sans cesse croissant, son imité d'a/fection, de doctrine et d'activité,
{Doctrine Saint-Simonienne, — Note.)
Pensée religieuse d'Enfantin. — La rehgion, c'est l'amour; la loi, c'est l'association; la vie, c'est le bonheur.
L'homme affranchi trouvera dans la femme fibre une épouse digne de lui.
Artiste, il aimera à sentir cl à exprimer la vie des mondes; savant, à la connaître et à l'expfiquer ; industriel, à modifier la forme du monde et de l'humanité.