F. —— VERBES QUI RENFERMENT UN Ÿ À LA RACINE
On sait que l'écriture anarienne ne présente point de caractère correspondant à ls, et, dès lors, que le système graphique anarien ne peut reproduire cette articulation; cependant, comme elle existait dans la langue, elle doit nécessairement avoir sa place dans la grammaire.
Les verbes qui renferment un », à l’une des lettres de la racine, ne sont pas en réalité des verbes défectifs, ce sont des verbes entiers, et, si l'écriture anarienne ne peut exprimer, par un signe, cette radicale, son influence, qui se fait sentir dans les flexions, apparaît à l’une des formes verbales pour nous guider dans nos transcriptions, de sorte que les diflicultés s’évanouissent à mesure que les formes sont plus nombreuses.
Sir H. Rawlinson remarque que, dans toutes les racines babyloniennes correspondantes aux racines hébraïques commençant par un », le signe, Ÿ exprime la gutturale précédée de K, et le signe E77 la gutturale précédée de »!; partout ailleurs, la gutturale paraît être rendue par un signe qui correspond à une légère aspiration. |
Le docteur Hincks a remarqué, de son côté, que le signe ET est
! Rawlinson, Analysis of the Babyl. text at Behistun, dans le Journal of the R. A. S. vol. XIV, part. 1, p. ha (1851).
employé au kal, imvariablement à Persépolis et à Babylone, pour représenter la 3° personne au maseulin singulier et pluriel des verbes »"s : dans les inscriptions babyloniennes la 3° personne est identique à la première; à Ninive la présence de ls était plus prononcée et se faisait sentir par l'emploi du signe 7, Ÿ. Le savant irlandais concluait de là que les Babyloniens n'exprimaient pas, en général, le son de l'y, et confondaient les verbes »’5 avec les verbes x», ou n°5!; cependant il attribuait au caractère ET la valeur de *, et an caractère Ÿ celle de vx. |
Les verbes >" sont très-nombreux en assyrien; nous connaissons les racines nhy, «ascendere,» way ou wpv, rfacere, » 535, « deficere, » >, crelinquere, » 1v, «exhilarare,» by, estare, » ete. Dans tous ces verbes comme dans les verbes K'» et n'», les voyelles préfixées aux flexions personnelles disparaissent quelquelois, surtout à Ninive, et des deux syllabes que l'on s'attendait à rencontrer, il ne reste plus que la syllabe propre à la seconde consonne de la racine que l'écriture anarienne a seule exprimée ?.
C'est ainsi que nous avons :
D— Y<4 >— Y—T [es / b— | PS = md AE AMI TS RO) L'REr P ip — sit, (Sargon, les Fastes, 1. 38.) (Potta, pl. 57, Taur. g. 1. 97.)
au lieu de
FE Ge a = fl + EMA
ul la — à, (nos) ip —0sû, | (WD%) (Nabueh, IF, A, 1, pl. 85, ce. 1v, l. 98.) (Nabuch. W. 4. I. pl. 83,e,r, 1. 81.)
de même que Dous avons
4< c « >— a D | À SR ul ll € us — sb, u = us Ar sd, M (DUN) 44 >— , »>-YYY— << DR AR Le = À| pour Rte ie a 2 UR | —\ st, US ASUS ST. (NYN) ! Hincks, On assyrian verbs, dans le Jour- ? Conf. Oppert, Exped. scient. en Mésoponal of sacred Literature, oct. 1855, p.iho, tamie, LT, p.270.
L'assyrien n'ayant pas de caractère spécial pour exprimer le », sa présence ne peut être indiquée que par la vocalisation.
Au kal les verbes 5’ ont généralement + pour voyelle motrice de la lettre servile; ainsi nous avons pis et ipus, au lieu de apas et pis, que nous aurions, si le verbe était un K'>, où bien un n°5; au participe nous avons également pis, au lieu de apus.
C'est ainsi que nous lisons :
à D—Y D— 4 M Late oiTte Ü — mid, «il a soumis;» (7%) à - ab, «il a abandonné.» (37y) (Sargon , les Fastes. 1, 23.) (Ibid, 1. 139.)
A l'iphteal la conjugaison suit la vocalisation des verbes entiers qui ont un # au kal, our, dibar; cependant obis fait atibus. Les articulations de la dentale sont + par le nu a :
ne #1:
ni Ho — ù — SU, «nous fimes.» (25) (Bisit. 1, 36.) Le paël ne présente pas de difficulté : la voyelle motrice de la première radicale des verbes entiers, qui est presque toujours 4, est à ou u pour les verbes »'»
Tirer ose
DL 4 4 AD = PAC des AR me CUT, «ils firent.» (ÿ2y) (NRA) nl mer FPT mes ” We Litu, «il a caché.» (n25)
(Caillou de Michaux, I, A. Z, pl. 70, 6. nr, 1. 3.)
Mais, quand la deuxième radicale est un 5, nous trouvons toujours « :
= Le D—Y4 4 4>— D— D—y< RL ol let ut is res ul - Abe e, — uùl =" la — a, «j'ai élevéi” nos J & (Sargon, les F'astes, 1. 38.) (Nabuchod. Lond. e. 1x, 1. 27.) À liphtaal la voyelle motrice du. T servile est 2, et l'articulation
où
LE VERBE. 211 dentale est alors exprimée généralement par le signe LT, quand la syllabe complexe est décomposée.
+ &T: = Al aa 420)
— a, «j'ai parcouru.» (pny)
(Sargon , les Fastes, 1. 15.)
Au shaphel la voyelle motrice de la sifflante est généralement :, et alors la seconde syllabe est souvent exprimée par le signe 17
EE EN œE > er de
uw — st bis, cj'aifaitfaire;» (t3v) u st li, «j'ai fait monter,» (nby) (Nabuch. pl. 54, e. ur, À. Lo.) (Assarh. W, A, 7, pl. 46, e, 1v, 1. 6.) EE PU 44 yu st — vb, «il à fait entrer.» (25%)
Cependant nous lisons
sis Fit Ai ren MERE <TA
sa He, 12450 (roy) (Sargon, les Fastes, 1. 168.) (Ibid, 1. 194.)
mais ces formes proviennent peut-être d'une racine nb. L'istaphal se déduit régulièrement de la voix principale .
5 A unten) MPa ] D— >-YY4| <<
AU PTE au «j'ai accompli.» (#3) (Darius, Bisit. 78.)
Au niphal, le y ne pouvant être redoublé, la lettre caractéristique est simplement élidée. Dans la forme où elle apparaît nous lisons :
EN 1e nt — dis — ti (3)
{Sargon, les lastes, 1. 143.)
Les verbes »"s se comportent dans leur conjugaison comme les verbes
LRU
212 j GRAMMAIRE ASSYRIENNE.
concaves ; ils sont, du reste, fort peu nombreux, et même nous citons cet exemple avec réserve :
« He el 4 4 a — bu - ud, «j'ai changé.» (va) (Sargon, les Fastes, 1. 135. )
Les verbes >"? n'offrent aucune difliculté : l'y étant peu ou point senti dans le dialecte assyro-chaldéen et n'étant point exprimé par l'écriture anarienne, il s'ensuit que ces verbes ne se distinguent pas des verbes n°5, N'h,
>— >— a = QE LEE = nu, «il entendit;» 48 — mu = y, «ils entendirent.» (y) (Sargon , les Fastes, 1. 5o.) (lbid. 1, 149.)
M. Oppert remarque que souvent, dans la prononciation des langues sémiliques vivantes, le + exerce une certaine influence sur les consonnes qui le précèdent, surtout quand il est sans voyelles motrices !, Il devait en être ainsi jadis à Ninive et à Babylone; aussi la position du y dans le radical ne peut souvent être fixée que par la comparaison des dérivés de la mème racine. Nous lisons par exemple, dans l'inseriplion de Nabuchodonosor dite du Canal :