‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 107 sur 178 · HAT. ORNE TRE ON DR CT · texte numérisé non relu

HAT. ORNE TRE ON DR CT

Inser. de Mylitta, 1. 25, -— Oppert, E. ML. t, I, p. 205. yat pp p- 29

En général, dans les verbes défectifs, les contractions sont fréquentes et accompagnent souvent les formes paragogiques, particulièrement à l’'aphel des verbes concaves.

I suffit, je crois, d’avoir signalé ces formes pour qu'elles ne puissent causer un embarras sérieux quand on les rencontrera dans les textes:

Les substantifs formés des infinitifs ou des: participes des différentes conjugaisons subissent les contractions qui leur sont propres, et étendent naturellement ces contractions aux formes tirées de l’état emphatique et par conséquent au pluriel.

$ 5. — Observations sur investigation de la racine.

I est souvent diflicile de reconnaître, dans les langues sémitiques les mieux connues, quelle est, au premier abord, la racine d’une forme verbale; il y a là des difficultés sérieuses qui arrêtent souvent les premiers pas que l’on fait dans l'étude de ces langues. I] faut s'attendre à rencontrer, en assyrien, les mêmes difficultés, les mêmes embarras, et à les voir se compliquer des formes insolites de l'écriture anarienne et des difficultés particulières qui lui sont inhérentes.

On doit comprendre, au point où nous en sommes arrivés, quelle est la nature de ce travail d'investigation qui consacre, par la sûreté de ses résultats, les principes sur lesquels s'appuient la lecture et linterprétation des textes.

* I faut d’abord, avant de chercher la racine d’un groupe, être certain que le groupe que l’on a sous les yeux représente une expression verbale. L'analyse de la phrase donne cette première. certitude que d’autres symptômes doivent confirmer. I faut, en second lieu, être cer-

tain que le verbe, ainsi exprimé, se présente sous sa forme phonétique. Lorsque l'on est bien fixé sur ces points, les difficultés philologiques commencent.

Les conjugaisons dont nous avons donné de nombreux exemples nous apprennent promptement à reconnaître, dans les verbes entiers, le rôle et la place des formatives, et à dégager, dans les transcriptions, les consonnes qui doivent représenter la racine. I est facile de se convaincre que les lectures qui naissent ainsi des nécessités de l'idiome ont acquis une précision de plus en plus grande à mesure que le proorès des études s’est fait sentir; nous pouvons nous en rendre compte par l'examen des difficultés avec lesquelles les premiers interprètes étaient aux prises : ainsi, par exemple, sir H. Rawlinson rencontrait, en 1851, dans l'inscription de Bisitoun, le groupe

AU Pl

(Bisit. 1. 8.)

Reprenons son analyse ! : il s’agit de déterminer d’abord la lecture de ce groupe, or sir H. Rawlinson était alors indécis sur la forme du 4 . 4 \ ,. . , D— dernier caractère qu'il a copié 7]

cette indécision, il lit le groupe putkut, et il le rattache à une racine

(?} et qu'il voulait écrire ÊT. Malgré

patak ou batak, hébreu pn2 (Éréch. xv1, io) dont il croit trouver des dérivés dans les formes üku, pt, binik, fréquentes dans les inseriptions de Babylone et de Ninive, et qui semblent assurer à la racine la signification de «faire, fabriquer, travailler. »

La signification de la racine lui paraissant ainsi bien établie, il essaye d'en déterminer la forme; puis 11 déclare que l'orthographe en est wicieuse [pitkud may be an erroneous orthography] et que la dernière lettre doit être un ET, alors il le lit perku en le considérant comme un simple participe.

Le savant anglais était évidemment dans l'erreur : soit que le dernier signe s'écrive ÀT ou RAT la forme est très-régulière, et je ne doute pas qu'il ne l'ait reconnue depuis longtemps, comme M. Oppert l’a très-bien

! Analysis of the Babylonian text at Behistun, dans le Journal of the Roy. As. Society, vol. XIV, partie 1, p. 30.

LE VERBE. 295 fait depuis'; seulement elle ne provient pas de la racine pn», mais bien de la racine 3 dont nous connaissons, du reste, suffisamment les formes, et dont nous pouvons facilement dégager tous les dérivés et les mettre en présence des dérivés de la racine pn5, que nous connaissons également; nous ne reconstruirons, du reste, que ceux qui sont nécessaires pour notre démonstration. Nous avons an kal, de pakad,

HE B ET dl

pa — ki =, 1d;

(Nabuchod, HW, 427. pl 63, e, r, 1. 43.)

de même que nous avons au kal, de patak,

art M

pi fi — 14%, Nabuchod. W, A. 1. pl. 55, e. 1v, 1, 94.

nous aurons donc à liphteal, de pakad,

one # lai 27e,

— ku — du;

de même que nous aurions à liphteal, de patak,

F1 ETa El

pi ti :— Ju.

Potkudu est donc linfinitif de Piphteal de pakad, à moins que ce ne soit un nom d'agent formé par l'insertion d’un { après la seconde lettre de la racine.

Les difficultés que l'on éprouve pour déterminer les lettres de la racine se compliquent souvent des difficultés qui proviennent de la mulliplicité des racines, entre lesquelles on est obligé de choisir. Nous avons vu, en eflet, que les signes assyriens étaient essentiellement polyphonées; or c’est ici surtout que nous pouvons apprécier, dans ses justes limites, l'étendue des difficultés que ce phénomène graphique intro-

? Oppert, Expédition scientifique en Mésopotamie, 1. , p. 203.

duit dans la lecture, en nous faisant comprendre la portée des moyens que l’observation des textes nous fournit pour en triompher.

Lorsque les formes verbales présentent une racine dans laquelle figurent les consonnes ©, 5, 3, , &, chacune de ces lettres étant sus-. ceptüble de former, dans la conjugaison assyrienne, une syllabe simple ouverte ou fermée, exprimée par un signe qui n'a qu'une seule valeur phonétique, il s'ensuit que, si la forme est écrite en syllabes simples et que la racine appartienne à un verbe entier, elle se dégage sans

équivoque.

Sn at ; as EU lu VER: «j'ai réduit en captivité.» (99%) (Sargon , les Fastes, 1, 24.)

Les difficultés commencent quand on se trouve en présence d'un verbe irrégulier ou défectif : ainsi, par exemple, quand nous trouvons dans les textes de Bisitoun la forme

4TETS

un - ma — YU,

(Darius, Bisit. 1. 60.)

il est certain que, chacun de ces caractères ne représentant qu'une articulation phonétique, la racine comporte évidemment les deux consonnes »% el r; cependant elle pourrait être amar, où namar, mais les dérivés du même verbe nous apprennent bientôt que la forme que nous signalons est évidemment la 3° personne aoriste kal du verbe namar..

Quand la racine renferme une des consonnes 3, 1, ñ, 2,5,52,p,n, on comprend immédiatement que l'incertitude de la transcription commencera, mème pour les verbes répuliers, toutes les fois que ces consonnes présenteront une syllabe simple à consonne terminale, puisque chacun des signes qui répond à ces articulations peut représenter deux ou trois valeurs. Toutefois il est encore certain que notre transcripion sera toujours circonscrite par les consonnes du même organe.

UE ça BP = pa — ris, «il s’est élendu.». (t75) (Sargon , les Fastes, 1. 126.)

LE VERBE. 297 Enfin, quand la racine renferme une des consonnes =, +, », x, on comprend que les causes d'incertitude doivent augmenter d’une ma-

nière considérable, et ne peuvent cesser qu'en raison de labondance des moyens de comparaison.

Ar Lena ve ka — sad, «la prise;» (73) ET A que EE ak — su — ud, :+jaipris;» su — da, «il a pris.»

(Sargon , les Fastes, 1. 22, 23,27, elc.}

Nous croyons pouvoir résumer toutes les difficultés que cet examen soulève en analysant un groupe que nous rencontrons à Nakch-i-Roustam parce qu’il nous laisse en présence d’un grand nombre de transcriptions possibles qui répondent à des racines différentes dont la signification pourrait nous être donnée par les dictionnaires sémitiques.

Nous avons en effet, pour les différentes transcriptions de ce groupe :

= Da at n20 Syr. spuma juris.

HUE Ut nat Syr. pix.

as — ba — at n2g H. manipulus. — Ch. instruere, parare, ordinare. — LA { Syr. decorare, ornare, fucare. — th. natare. — Ar. prehendere, astringere manu.

as — ba — ad 720 Àr. abradere.

az — ba — ad 727 À. dotare, donare. Syr. dos, donum, donatio. —

Eth. ciicium, pelles caprinæ.

as ba — ad 55% Ar. irasci.

as — ba — at mao Ch. clavus. — Syr. caro salita. = Sam. vinum. — Eth. convivari. S

az — ba — at wa; Eth. ferire, nocere, vulnerare. — Ar. vociferata est anas.

as — ba — at v2y H. porrigere. — Ch. manubrium, quo vas prehenditur. Sp.

— Éth. continuere, comprehendere, — Ar. firmiter constringere, capere, arcte fenere, continere. ’ 4

dire

Ces neuf formes, pour nous en tenir là, correspondent à des racines sémitiques parfaitement caractérisées; elles se prêtent aux sens les plus divers, et cependant une seule doit répondre à la véritable expression assyrienne que nous voulons traduire, et qui nous sera, du reste, confirmée par la traduction perse avec laquelle nous devrons nous trouver parfaitement d'accord.

Pour nous déterminer entre toutes ces formes, la comparaison des textes doit seule nous guider, et elle le fera, dans cette circonstance, de manière à ne plus laisser de doutes dans nos esprits. En effet nous trouvons précisément d’autres formes du même verbe qui nous

donne :

UN = so GER -N bi la; AU ULSE An bi

(Sardan. W. 4. I. pl. 28, c.r, 1. 8.) (Sargon , les Fastes , 1. 164.)

Ces formes réduisent donc le champ des recherches, en nous donnant | la certitude de la transcription de la dernière consonne, qui ne peut être autre chose qu'un n, puisque nous avons pour ce dernier signe une syllabe ouverte qui ne comporte pas d'équivoque.

La difficulté ne repose plus que sur la première lettre de la racine à cause de la faculté que le caractère a de représenter deux articulations différentes, bien que ce soit une syllabe ouverte; aussi nous ne pourrions sortir de cette nouvelle difficulté, si ce n’est que les inscriptions nous donnent encore une nouvelle forme du même verbe où l'incertitude n’est plus possible. Nous avons en effet le groupe

ei nel "4

bts = ti, ( Sargon, Taur. g. Botta, pl. 43, 1. 107.)

dans lequel, maloré le signe polyphone 4 ae bit, mal, la transcription sibitti, la seule Mo nous donne la certitude de la présence d'un y à la racine.

* Nous ne comptons pas celles auxquelles culations du b et du p au milieu des racines pourrait donner lieu la permutation des arli- assyriennes. É À

Dès lors 1l ny a plus d'hésitation, l’ensemble de ces formes nous démontre que les lettres radicales sont bien n23. Nous n'avons donc plus à choisir entre toutes les racines que nous présentent les dictionnaires sémitiques, puisque celle sur laquelle nous devons nous fixer nous est indiquée par l'examen des textes et par les nécessités philologiques qui en résultent.

Maintenant nous voyons que cette racine a la signification de prendre; or, Si nous rapprochons cette signification, qui nous est donnée par le dégagement de la racine, de celle qui nous est donnée par les inscriptions trilingues, où le mot asbat est traduit par le perse agarbäyam, « Je tenais, » il est certain que nous avons ici tout à la fois la preuve de la solidité de notre lecture et de l'exactitude de notre traduction !.

Les formes verbales que nous venons d'analyser nous conduisent à examiner encore quelques difficultés dont nous ne voulons pas dis-

“simuler la gravité. F peut arriver, il arrive même souvent que ces expressions sont écrites avec les signes des syllabes complexes, et ces signes, essentiellement polyphones, nous conduisent à des transeriptions qui ne sont reliées entre elles par aucun lien logique et que le génie de la langue doit seul nous révéler. On ne saurait douter que l'analyse grammaticale ne pèse alors sur la lecture des textes; et quand on est arrivé à ce point, les incertitudes se résolvent par ce moyen, auquel M. Oppert a donné le nom de nécessité philologique ?, et qui a le seul tort de se trouver placé au début de ses principes de lecture et de déchiffrement, lorsqu'il en a été la conséquence. Il prend pour exemple le mot

œil

(Sargon, Botta, Taur. g. 1.18.)

Cette forme, dit-il, est un participe commençant par mu el se Lerminaut par rb ou rip; la lettre compliquée du milieu est encore inconnue. Les deux dernières consonnes du radical trilitère sont done 7 et b; mais quelle est la première qui se trouve contenue dans le signe

* Rawlinson, Analysis of the Babylonian* * Expédition scientifique en Mésopotamie , text at Behistun, p. 73. dans le Journal of t: If, p. 4o.— Renan, Journal des Savants , the R. A. S. 1851. mars 1859, p. 165 et suiv.

sr EN? Nous l'indiquerons provisoirement par x. La forme gram-

maticale ne peut être un niphal, car le participe de ce genre serait muxxarib, nous aurions donc, pour le caractère cunéiforme, une valeur uxxa, ce qui ne se peut pas. Elle n’est pas non plus un participe d'rphtaal, car alors nous devrions former un mot, muxtlarrib, et le caractère aurait la valeur plus étrange encore de wxtar. Le mot soumis à notre examen ne peut donc être qu'un participe, ou de paël, ou de shaphel. Dans le premier cas il seraitnu-xar-mb, dans le second musax-rib: le signe YEN à donc la valeur de rar ou celle de sax. Or, parmi les valeurs qui comportent un ar terminal, nous n'avons d'inconnus que les signes représentant nar, rar, sar, et aucune de ces valeurs substituée au caractère étudié ne donne une lecture plausible. Examinons donc les articulations que l’on peut admettre dans le cas où la forme serait un participe shaphel; presque toutes les syllabes de cette catégorie ont déjà leurs représentants, excepté sah, sas, et sas.' Si nous substituons, dans Je mot, la première de ces valeurs nous obtenons mu-sah-rib, sv, participe shaphel d'un verbe bien connu, dont la signification est, en hébreu dans là voix correspondante au hiphil, ann, «faisant la guerre.» Ce procédé nous conduit done sûrement à la lecture du signe inconnu ou polyphone dont nous voulons dégager la valeur. |

Enfin il peut arriver que toutes ces difficultés se compliquent encore par la présence d’une racine défective, et que toutes les lettres essentielles à la reconstruction de la racine en caractères sémitiques aient disparu dans Pécriture anarienne, c’est ce qui a lieu pour la forme

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