‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 115 sur 178 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Les prépositions sont, en assyrien comme dans toutes Îles langues, des mots qui servent à exprimer les différents rapports que les personnes ou les choses ont entre elles. Elles sont fixes, invariables, elles ne sont pas susceptibles de recevoir les flexions du genre ou du nombre, et dès lors elles ne peuvent présenter, en assyrien, aucune variété graphique autre que celle qui résulte des différentes manières de les écrire avec le système anarien.

Les prépositions ne sont pas formulées en assyrien par des articulations préfixées et inséparables des mots dont elles déterminent les rapports, elles sont toujours rendues par des mots distincts et séparés; du reste chacune d'elles, comme dans toutes les langues, est susceptible d'exprimer plusieurs rapports et même des rapports opposés. Enfin elles sont simples ou composées : simples, quand elles sont traduites par un seul mot; composées, quand elles sont traduites par deux ou plusieurs mots qui forment une locution dans laquelle il entre une préposition simple, et un ou deux autres mots dont le sens, au surplus, est facile à déterminer.

Les prépositions constituent, dans un idiome, une partie essentiellement caractéristique, de telle sorte qu'il est difficile d'en établir la signification par analogie, en cherchant dans un idiome connu la signification d'une préposition que lon rencontre dans un idiome dont les formes sont à établir. C'est surtout dans un système qui présente des difficultés de lecture de la nature de celles de l'assyrien que ces inductions seraient dangereuses; d'autant plus que nous ne sommes peut-être pas certains de connaître toutes les prépositions, même celles dont le sens

est le plus sûrement déterminé, sous leur véritable articulation phonétique.

Voici, au surplus, la liste des prépositions qu'on rencontre le plus fréquemment dans Jes textes :

PRÉPOSITIONS SIMPLES, 1 — fs 2: où T, rafWers.»

EE, ZT ou, rdans, pour.»

30 — AT »fc où LE; vavec.s he — COLE où TE. «depuis.»

5e fr, cjusqu's 60 — TL TT où 4 JA, vour.»

7° — (ET rauprès. »

80 — 44 4, au-dessous, »

g— (EE MENT, centre.»

10 — MY È—, rexceplé.

0 ENT ET EN ACT EMIIT, vpar le moyen des 100 — MF FLY ren dec.»

13e — FI CT ET, au delà.»

ARE >] —T (TX, te près. ” D—Y D— 359 — MY ET, autour.»

Ë Ds 10) Do) = LACET EEE BA 160 RCE CT, + du coté de.»

UE CL «après, n 1 80 — TT M yyr» « dessus. »

—YY 44 >— ‘ Don 19 — ENLSES «T5, ven dehors.»

< }——4 le "OVE ) 200 — TT PAT 44, «de, provenant de.»

# / PREPOSITIONS GOMPOSHES,

240 — ee EE, NE Ta conire à cause de,

pour. ul

990 — =, = EC, à cause de. »

230 — a MN tr | eT ETTT, «par le moyen de,

avec l’aide de, par. »

240 — TT AT, AT, «dans, dedans, dans l'in-

térieur de, »

go ET LU, F > LEZ KT EY, œau delà,»

60 — TE, — MEET, CAES Lun À

«dans, au milieu, à partir de, vers, »

97° — >. À À Pnnab | PAT Alan Eh cp (5 1 PTS, NT — TL CU SET ENT. t ue à cause . ”

ee >], «SEA Een ee (er b> D ET Je ’ ET EE y, cdevant, en avant.»

20 — ET] =, NE ET M, avant, devant, en

présence. »

300 — = AIT, N TE HET Ï, «quand, jus-

qu'à ce que, vers.

Nous allons maintenant essayer de faire connaître les différentes acceptions de ces prépositions en les présentant avec l'entourage qui en détermine le sens.

1° La préposition FL 2"T, exprimée aussi par le elou vertical , veut dire ordinairement «à, vers,» elle forme un gérondif avec lintiuitif qui la suit; elle semble remplacer la préposition 5 des Hébreux, des Araméens et des Arabes à peu près dans toutes ses acceptions. Dans les inscriptions trilingues, elle est employée pour désigner l'accusatif, mais, dans lesinseriptions de Ninive et de Babylone, elle paraît corres-

Le.

pondre plus particulièrement au datif'. Gette préposition essentielle-ment assyrienne n'a pas, au moins pour le sens, de correspondant dans les autres langues sémitiques.

«J'ai déclaré la guerre à l'injustice. »

RUES LUE cubnt Fr e

4 — na

LE ——K DU Os — À Ad bella "

. contra nequitiem.

{Sargon , les Fastes, 1. 5.)

« J'ai donné l’ordre d'écrire sur cette table. »

4 io Pond NN mer TE. 401

= € — mu al ta — kan a na sa — ta — ri lim — su.

inscribendum tabulam istam.

{Xerxès à Van, 1. 20, 21.)

Decretum feei ad

« Pour le siége de ma royauté. »

Fiat MERENÉETt IR GT RES

a — na su — ba - at sar

Ad sedem à

- ru — ya.

imperii mel.

(Nabuchod. W. A. 1. pl. 58, e. vu}, 1, 55.)

« Il a menti (avec audace) devant le peuple. »

TRES ECNETES ana uw — kum à — par —- ra —. as.

Coram mendacia fecit.

RE (Bisit. 1. 31.)

«Je demande cela à Ormuzd. »

RRN TE N,2T. 7 RAUTTRT ES E TA

a-gaz a anaku a — na À = hu — ur — ma - az = da 02 Id ego ad Oromazdem | ll RE RE PL RE ue es r0g0.

! Conf. de Saulcy, Mémoire du 14 septembre 1849, p. 22. — Rawlinson, Analysis of the Babylonian text at Behistun, p.37.

— Oppert, Expéd. scientif. en Mésop. t. IE, p.130. — Hincks, On the polyphony from the Atlantis, p. 37.

« Lui qui a fait Xerxès roi. »

DT T 4 : 47 All Ve ES:

sa a — na SQTTu Ille qui Xerxem regem ni ESP LL db — mu — u.

fecit.

(Xerxès, inscript. D. à Persépol. 1. 4.)

« Il se porta vers Ursa l’Arménien. »

PT EST Fe Auil EI M.

au — na Ur - $a — a mat CNE ONE 2 Ad Ursam Armeniensem Ed] EM CT

PAL en lle

inchinavit.

(Sargon , les Fasles , 1. 39.)

« Pour sauver leur vie 1l s'enfuit. »

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