‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 139 sur 178 · SYNTAXE · texte numérisé non relu

SYNTAXE

La phrase, en général, est assez courte, lassyrien ne connait pas plus que les autres langues sémitiques, les grandes périodes propres aux idiomes indo-européens. Les différents membres de phrase se succèdent sans liaison entre eux et, pour amsi dire, par juxtaposition. Les conjonchions ne joignent que des mots, rarement des propositions.

Ainsi done lassyrien est sémitique, par son vocabulaire, par sa grammaire, par la structure de la phrase; mais il y a plus, il est sémitique par sa vie tout entière, qui s'est développée avec cette unité et cette immuabilité dont on a voulu faire le caractère propre aux langues de cette famille. Si on compare, en effet, les textes les plus antiques aux textes les plus récents, et qui sont séparés par une période de quinze siècles au moins, on est tout étonné de voir que le style ne se caractérise que par des différences qui n'attaquent en rien le fond de la langue.

L'assyrien, qui s’est conservé pur pendant toute la longue durée de l'empire assyro-chaldéen , n’a subi d’altérations que dans les traductions des Achéménides; et encore, durant cet intervalle de plus de deux cents ans, pendant lequel il a continué d'être en usage sous la domination arienne, et même longtemps après sous les Séleucides, lorsque nous trouvons des textes isolés, l’assyrien se présente encore avec la pureté qui caractérise sa longue existence.

I faut donc reconnaitre que les Assyriens, Sémites d'origine, ont parlé une langue sémitique et nous en ont laissé de nombreux monuments. Cette langue, qui a eu une si longue vie et d'aussi grands développements, n'est pas un accident dans la famille à laquelle nous la rattachons, et dont il est désormais impossible de la séparer. Elle a dù sy mouvoir, Sy développer, y prendre sa place et son rang; et, de même que, dans la nature animale, chaque espèce semble appelée à mettre en relief un des caractères du genre qui lui est propre, et qui reste moins saillant chez celle-ci, et peut être inaperçu chez celle-là, l’assyrien nous fera connaître un jour queique grand principe nécessaire au développement de la pensée dans la forme que les Sémites lui ont imprimée et avec lequel les autres idiomes ne nous avaient pas suffi-

samment initiés. Mais, pour formuler dans une synthèse définitive“la place que cet idiome doit occuper au milieu des langues sémitiques, il faut attendre que les traductions s’achèvent, car il serait peut-être difficile de se faire comprendre aujourd'hui sans entrer dans des développements qui nous feraient sortir du cadre dans lequel nous avons voulu renfermer l'exposé des principes élémentaires de la grammaire assyrienne.

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