‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 43 sur 178 · CHAPITRE IE · texte numérisé non relu

CHAPITRE IE

Tous les systèmes graphiques nous montrent que l'adjecuf muméral est exprimé sous les deux formes qui caractérisent précisément léeriture anarienne; c'est-à-dire qu'on l’exprime idéographiquement et phonétiquement. La forme idéographique de Tadjectif numéral, cest de chiffre, dont l'expression abstraite se prête si bien aux opérations de l'intelligence sur les nombres. Ce chiffre nous fera, du reste, parfaitement comprendre la double, expression qui résulte d’une écriture à la fois idéographique et phonétique, parce que l’assyrien l’étendait à toutes les manifestations de la pensée.

La valeur de quelques idéogrammes numéraux a été donnée par le texte des inscriptions trilmgues, et ces premières indications ont sufli pour faire comprendre promptement l'ensemble du système de notation. Les nombres sont rendus par les mêmes signes, ou, si l'on veut, par les mêmes chiffres, dans toutes les écritures cunéiformes: ces chiffres ne diffèrent entre eux que par une légère nuance dans l'arrangement des clous !. [ls offrent, du reste, des combinaisons très-simples, et, dès qu'on a la clef du système, il est facile de le pousser très-loi et de comprendre toutes les notations que lon rencontre non-seulement dans les inscriptions trilimgues, mais encore dans Îles textes de Baby-

! Conf. Rawlinson, The Persian cuneiform histun inscription, dans le Journal of the inscription at Behistun, dans le Journal of Royal Asiatic Society, vol. XV, part. 1, p.77, the Royal Asiatic Society, vol. X , p.n1,p.172. (1853). — de Sauley, Traduction de l’ins- —Spiegel, Die Alipersischen Keilinschrifien, cription assyrienne de Behistun, p. 67. Ex-

p.160. — Norris, Scythic Version of the Be- trait du Journal asiatique de 1854.

lone et de Ninive, ainsi que dans ceux de l'Arménie et de la Susiane.

La numération décimale était établie dans ces contrées depuis une époque dont nous n'avons pas aujourd'hui à rechercher l'antiquité. Le système de notation dont on faisait usage est formé d’une double série de signes dans laquelle le clou perpendiculaire T représente les unités, et le crochet € les dizaines. Ges deux éléments se combinent et s'ajoutent à eux-mêmes pour former les multiples de l'unité et de la dizaine. Cependant la notation des dizaines ne paraît pas avoir été poussée au delà de soixante. On trouve bien, il est vrai, le groupe de six crochets $ { £ pour représenter les six dizaines, mais, en général, pour exprimer ce nombre et le nombre de dizaines supérieures jusqu'à cent, on fait usage d’une notation spéciale, qui reprend l'unité en la plaçant devant la dizaine. Le nombre cent est écrit par un nouveau signe F—., qui se multiplie par les unités jusqu'à mulle, ou dix centaines; ce qui nous donne le signe T—. Que ce dernier signe soit une expression simple ou composée, elle se multiplie à son tour par les unités, les dizaines et les centaines; mais les inscriptions ne nous ont pas donné, jusqu'ici du moins, de nombre supérieur aux centaines de mille; le signe qui représente un million nous est encore inconnu.

Comme on le voit, la notation est très-simple, et nous aurons, pour exprimer les chiffres assyriens, les caractères suivants :

RIALR AL RUARUR A RE (T-QT- NT :

LS 3 li 5 6 10 2114 12 13 etc.

Cr 1 on onssé he IQ I. IS$ 20 30

ho 50 60 70 80 90

ARC ME Me,

100 200 300 1000 où 10 cents.

Rien n'est plus primitif que ce système de numération. Voyons maintenant comment il est justifié : le texte de l'inscription trilingue de Bisitoun renferme des éléments suflisants pour nous faire comprendre cette notation et nous en donner la clef.

Le chiffre un est représenté par le clou perpendiculaire Y, dont nous connaissons déjà le rôle comme indicatif des noms propres d'hommes en assyrien, mais qui à aussi certainement la valeur de l'unité dans tous les téxtes. (Conf. texte seyth. co. 11, 1. 67.)

Le chiffre deux est exprimé par le signe T}, que nous avons déjà indiqué comme l'expression idéographique du duel en assyrien, et que nous trouvons, avec sa valeur numérique, dans le texte médo-seythique (col. 11,1. 44), où il traduit le perse duviyam (col. n, 1. 57).

Le chiffre trois se rencontre également dans le texte médo-scythique : il s'exprime par le signe TT (col. n, 1. 32) dans un passage où il traduit le perse #itiyam (col. n, 1. 43).

Le chiffre huit nous est fourni par le passage qui répond à l'idée : « Huit de ma race ont été rois avant moi. » Cette idée est rendue, dans le texte arien, par le groupe MY (col. 1, 1. 9); le texte assyrien, ainsi que le texte médo-scythique, nous donne, pour le même nombre, le monogramme Yy. (Texte scyth. col. 1, 1. 7; —- texte assyr. 1.3.)

Le chiffre neuf, exprimé en perse et en médo-seythique dans la même phrase, manque en assyrien à cause du mauvais état de la pierre; mais nous le retrouvons plus loin, lorsque Darius déclare qu'il a fait neuf rois prisonniers; nous avons en eflet :

dans le texte arien, — dans le texte seythique, — dans le texte assyrien,

TE y Le AAA khséyathiya. d : (= : En F« (Col. 1v, 1. 9.) (Col. ur, 1. 4g et 60.) (Ligne 90.)

et ce sont précisément les neuf personnages dont le bas-relief nous a conservé l'image. On sait que le dixième, le Scythe, a été ajouté après la rédaction de l'inscription, le chiffre est donc exact; aussi il n°y aura aucune incertitude sur sa valeur lorsque nous le retrouverons dans une autre circonstance. |

Darius énumère wngt-trois provinces qui lui étaient soumises, et il les précise par le chiffre €ÇTTT dans le texte perse (col. 1, 1. 17) et dans le texte scythique (col. 1, 1.14); le chiffre a disparu du texte assyrien. Quoi qu'il en soit, ce chiffre est justifié, car, si on compte les noms des provinces qu'il a citées, on en trouve précisément vingt-trois,

Darius a soigneusement indiqué le jour et le mois pendant lequel

les batailles qu'il raconte ont été livrées; les Scythes ont transcrit ces

dates et conservé les noms des mois dans leur forme iranienne: Les

Assyriens ont également transcrit ces dates, seulement les jours et les

mois sont traduits par des idéogrammes assyriens. Le texte de Bisitoun

faisait connaître vingt dates; dix-sept sont conservées dans le texte

scythique; malheureusement la plupart de ces indications ont disparu

du texte assyrien, il ne reste que les suivantes :

« Le 0° jour du mois fhaïguartchis : »

D >— ref THAT. TV. DE

Die IX mensis imbricis.

(Comparez : Bisit. texte perse, col. 11, 4 47 ; — seyth. 1, 35; — ass. 59.)

« Le 14° jour du mois vyakhna :»

SpOr ART + te à

Die x1v° mensis finis.

(Bisit. perse , 1, 38; — scyth. 1, 273; — ass. 19.) « Le 22° jour du mois viyakhna : » ET CA: [TR

Die XxH1° ‘ (mensis finis).

(Bisit. — seyth. 11, 72. — ass. 66.)

« Le 26° jour du mois athriyddiya :*

ETC To

Die XXVI° mensis nubis.

( Bisit. perse, 1, 89; — seyth. 1, 70; — ass. 36.)

r Le 27° jour du mois andmaka : >

(CRT : Ve RT

Die A mensis imbris.

(Bisit. perse, 11, 26; — scyth. 11, 18; — ass. AG.)

«Le 30 jour du mois thuravähara : »

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