‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 67 sur 178 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

$ 1. — Recherches des formes grammaticales du verbe.

Le verbe comporte, en assyrien, toutes les modifications qu'il présente dans les idiomes de la même famille. Seulement, avec l'écriture anarienne, il s'annonce sous des apparences particulières, qui dérivent des nécessités du système graphique propre à l’Assyrie. Pour comprendre les complications de lecture qui en résultent, 1l faut être bien pénétré du mécanisme de l'écriture anarienne, des difficultés qu’elle présente et des moyens d'en triompher; aussi je crois quil n’est pas inutile de rappeler encore que cette écriture comporte deux modes d’expression parfaitement distincts, et que les plus grandes difficultés de la lecture des textes proviennent de ce que ces deux modes d'expression sont rendus par les mêmes caractères, qui passent, suivant les circonstances, de l’un à l'autre des rôles qu'ils peuvent remplir.

Le verbe se présente donc, comme les autres parties du discours, sous une double forme, c'est-à-dire sous une forme idéographique et sous une forme phonétique; seulement, si ces deux formes sont fréquentes pour les substantifs et les adjectifs, la forme idéographique du verbe est plus rare. D'un autre côté, si la forme idéographique des substantifs a pu nous guider dans nos premières recherches pour faciliter l'intelligence des textes avant de pouvoir les articuler, la forme idéooraphique des verbes n'apporte que des difficultés, qui auraient pu nous égarer, si les formes phonétiques, beaucoup plus nombreuses, beaucoup plus faciles à déterminer, n'avaient permis, au contraire, de fixer

les lectures indécises, et de déterminer le véritable caractère de la langue.

Si nous avions à, étudier les différents phénomènes graphiques qui peuvent se produire dans la double expression des verbes chez le peuple qui a inventé les caractères anariens, tous les signes qui expriment les modifications de l'idée primitive apporteraient avec eux leur justification. Mais, nous ne saurions trop insister sur ce point, nous trouvons ces signes avec leur valeur et leur rôle chez un peuple étranger à leur invention première, et à une époque assez avancée pour que nous ayons la certitude que les caractères avaient perdu leur forme primitive et leur rôle originel. En assyrien, il y a un abîme entre ces deux moyens que l'écriture offre à l'expression de la pensée, et les documents que les recherches les plus consciencieuses nous fournissent pour combler ce vide sont peut-être plus embarrassants que l'inconnu lui-même; aussi nous ne prétendons pas, ici plus qu'ailleurs, expliquer l'origine des formes ni leur raison d’être; nous devons nous borner à les constater et à en rechercher la signilication.

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