‹ Exposé des éléments de la grammaire assyrienneChapitre 79 sur 178 · PREMIÈRE CONJUGAISON · texte numérisé non relu

PREMIÈRE CONJUGAISON

KAL

La première conjugaison régulière se caractérise, en assyrien, comme dans toutes les langues sémitiques, par la persistance de toutes les consonnes de la racine, qui ne sont combinées avec d’autres lettres que pour former les flexions personnelles !.

k 6e — lt Nb BEM EEE as — kw — un, «j'ai établi,» (120) ag — ba -— at, «j'ai pris.» (n2%)

La vocalisation de cette voix admet, comme en arabe, trois variétés, suivant que les voyelles qui suivent la deuxième radicale sont w, : ou a?. Quelques verbes prennent : à la place d'a après la première radicale. Les formes en « sont les plus communes. Généralement la même voyelle est usitée à tous les nombres et à toutes les personnes. On ne peut considérer que comme, une exception les rares exemples dans Îlesquels certains verbes admettent arbitrairement deux des trois voyelles $. D'un autre côté, cette vocalisation n’est pas toujours indifférente, car il peut arriver qu'un verbe change de signification, suivant les voyelles de la conjugaison; ainsi la racine sn peut donner lieu à deux expressions différentes suivant sa vocalisation.

Nous avons en effet :

st LEE 4 {PA

am — hu — ur, cjaimultiplié,» am — ha — ar, «j'ai imposé. »

En arabe ces différences sont assez fréquentes.

* De Saulcy, Recherches sur l'écriture cu- text at Bchistun, dans le Journ. of the R. néiforme du système assyrien, mém. autogr. A. 8. vol. XIV, part. 1, 1855. 1849. * Conf. Hincks, On Assyrian verbs, dans

? Rawlinson, Analysis of the Babylonian le Journal of sacred Lit. july 1855, p. 383.

Le docteur Hincks a remarqué une particularité qui affecte certains verbes, et qui ne se rencontre pas dans les autres langues de la même famille. Toutes les fois, dit-il, qu'un verbe commence par une schuintante, c'est-à-dire toutes les fois que la première lettre de la racine comporte un w (par conséquent un verbe w’», pour nous servir de l'expression consacrée) et que la deuxième (ls) est une dentale ou une des lettres composées qui renferment une dentale, telles que +, 1, 0,0 oux, le w se change souvent en 5 !. Ainsi nous trouvons :

EUX MEN MX aulieude = MEN MA

al — tu — ur, ag — fu — ur.

(Inscript. de Tiglat Pileser I.) (Inseript. de Sardanapale Ill.)

Ces formes sont, en effet, dérivées de la même racine (-vw), car toutes les fois que, par une raison quelconque, une voyelle vient à séparer la sifflante de la dentale, la sifflante persiste à l'exclusion de la labiale. Cette règle est générale, et nous en verrons l'application dans les conjugaisons dérivées formées par la présence d’un n au milieu des consonnes de la racme?; il y a plus, elle embrasse le système phonétique tout entier et se fait sentir aussi bien sur les substantifs que sur les verbes. Nous en avons un exemple dans le nom même de la Chaldée, qui nous est conservé sous ces deux formes ; car, tandis que les Juifs mous ont donné ce nom sous la forme de nv, les Grecs nous l'ont transmis sous celle de XæXdaios, et les inscriptions assyriennes nous le montrent sous celle de

DOCS EME

M. Oppert a cru voir, dans le kal des verbes commençant par un w, une forme déjà dérivée d'un verbe dans lequel cette lettre n'appartien-

* Conf. Hincks, On Assyrian verbs, dans * Oppert, Eléments de la grammaire asle Journal of sacred Literat. october 1855, syrienne, p. 6, extrait du Journal asiatique, p. 149. : 1860.

drait pas à la racine et formerait ainsi le shaphel d'un verbe défectif : par exemple ;>w viendrait de ;>, et ce shaphel, pris alors pour un kal, serait susceptible de se fléchir, à son tour, suivant les différentes voix que les verbes réguliers comportent !. Je ne vois pas la nécessité de recourir à cette origine des racines "> pour expliquer leur signification. De ce que le w forme une voix en assyrien, il ne s'ensuit pas qu'il ne puisse y avoir des verbes dans lesquels le w dépende de la racine, pas plus que le 3 servile du niphal ne peut empêcher l'existence de racines 3", sans qu'il soit besoin de recourir à l'existence d’une racine dérivée qui serait devenue racine primitive à son tour.

Voici d'abord les différentes flexions que la racine +» subit dans les différentes langues sémitiques, en regard de celles qu'elle subit en assyrien au kal?.

KAL

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