‹ Exposé des méthodes thérapeutiques employées dans le traitement de la tuberculose pulmonaireChapitre 47 sur 58 · Lyon médical, 16 avril · texte numérisé non relu

Lyon médical, 16 avril

On a proposé également de remplacer par la glycérine l'huile de foie de morue, Lindsay, Crawurut, Semmola, Jaccoud, l’ont même considérée comme l'équivalent de cette dernière substance.

La glycérine n’est certes pas un succédané de l'huile de foie de morue, c’est un alcool triatomique qui agit comme un alcool.

G. Sée ayant constaté une augmentation de poids dü à l’administration quotidienne de glycérine, en conclut qu’elle agissait comme les corps gras dont elle est la base à doses élevées, la glycérine détermine des phénomènes d’excitation et de diarrhée : on s’abstient en cas de fièvre.

Jaccoud prescrit

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en une ou deux fois par jour.

La glycérine à certaines actions dans le traitement de la phtisie, mais elle ne peut être considérée comme un succédané de l'huile de foie de morue.

2 Suralimentation par l'alimentation naturelle.

Lorsque le sujet peut, grâce à son appétit, ingurgiter une grande quantité d'aliments, on le

suralimente par l'alimentation naturelle. Les phtisiques qui ont conservé leur appétit augmentent graduellement tous les jours leur quantité d’aliments. Ils doivent produire une accoutumance de leur estomac et non une fatigue ; aussi, s'ils prennent davantage d'aliments, devront-ils choisir ceux d’une digestion facile, ceux qui sous un petit volume sont les plus nutritifs.

D'abord leur nombre de repas sera le même, il n’y aura que la quantité d'aliments qui sera augmentés.

Bientôt augmenteront-ils aussi le nombre de leurs repas ? Certains médecins conseillent de les porter de trois, nombre habituel, à cinq.

D’autres praticiens pensent que le phtisique peut obéir à un caprice de son appétit, et qu'ayant à ingérer une quantité déterminée d’aliments, il peut le faire quand cela lui convient.

Chaque auteur, chaque sanatorium a son régime alimentaire.

Daremberg, dans son Traité de phtisie pulmonaire, décrit ce régime :

€ Quand les phtisiques ont un excellent appé- € tit, Je leur conseille le type alimentaire suivant : « viande brute, 600 grammes ; pain, 350 gram- « mes; deux œufs: beurre où matières grasses « analogues, 80 grammes ; pommes de terre, 100 € grammes ; riz, Macaroni, maïs, pois, haricots, « lentilles, 300 grammes; bière, un litre; lait, « un demi-litre; cognac, 20 grammes. On peut

ajouter à cette ration du fromage et des fruits. Cette masse alimentaire pourra être prise en trois, quatre ou cinq fois. Il ne faut pas avoir de formule immuable pour la répartition des repas. On doit laisser quelques latitudes aux caprices et aux aptitudes des estomacs. En général, mes malades font quatre repas. Le matin, avant ou après la toilette, une tasse de lait et un œuf; à midi, repas de viande, légumes,

beurre, fromage et dessert ; à quatre heures,

une tasse de lait et un œuf; à sept heures, même repas qu’à midi. Quelques malades prennent une tasse de lait en se couchant ; d’autres s’abstiennent du repas de quatre heures qui contrarie celui de sept heures. Le plus fort repas doit être fait à midi, celui du soir doit être plus léger, si on se couche vers dix heures. Il faut éviter les flatulences et les cauchemars si fréquents chez les gens qui mangent beaucoup de sept à huit heures du soir et qui s’endorment une ou deux heures avant la fin de la digestion. Souvent il vaut mieux se coucher immédiate-

ment après la fin du repas, comme le font les

enfants, la digestion se fait alors lentement,

mais elle n'est pas brusquement interrompue comme dans le cas précédent »,

% Suralimentation par l'alimentation artificielle.

La suralimentation par l'alimentation artificielle, se pratique lorsque le phtisique ne peut prendre. d'aliments faute d’appétit, ou ne peut les garder, où du moins les garder en quantité insuffisante, à cause des vomissements ; on l’alimente directe-. ment en introduisant les aliments dans l’estomac au moyen d'une sonde.

Le phtisique maigrit non seulement du fait de la tuberculose, mais souvent aussi du manque d’appétit, parce qu'il ne prend pas suffisamment d'aliments. Chez lui l’anorexie imprime-t-elle un ralentissement dans ses fonctions digestives ? Non pas absolument. Alors si le malade ne prend pas, faute d’appétit, des aliments qu’il pourrait digérer et s’assimiler ; pourquoi ne l'orceraiton pas l’anorexie, ne passerait-on pas outre, en portant directement des aliments dans l'estomac. Tel ést lé raisonnement qui amena à créer l’alimeéntätion aftificielle, et des hommes compétents nous disent en avoir retiré d'excellents résultats (Debove, Ferrand, Dujardin-Beaumetz, Robin, etc.).

Débove pensa le premier à pratiquer l’alimentation artificielle et à l’appliquer au traitement de la phtisie pulmonaire. Le 11 novembre 1881, il exposa les résultats de ses observations ; et le 14 avril 1882, il publia un deuxième mémoiré.

La suralimentation artificielle peut se pratiquer avec un:tube Faucher ou avec la sonde æsophagienne de Debove. Le premier est d’une introduction difficile, étant très mou et très flexible. Il est difficile au médecin de le faire glisser le long de l’æsophage jusqu'à l’estomac et le malade doit, pour ainsi dire, le déglutir.

Pour remédier à cet inconvénient, Debove imagina une sonde à mandrin, corrigeant ainsi la flexibilité du tube Foucher. Il pensa ensuite à donner au tube lui-même la résistance qui lui manquait et créa alors la sonde en caoutchouc durei.

Introduction de la sonde. — On enduit la sonde d’un corps gras pour faciliter le glissement dans l’æœsophage. Lorsque l’extrémité arrive dans le pharynx il se produit quelques réflexes, nau-" sées, efforts, congestion de la face dont on ne tient pas compte, et on continue à faire progresser la sonde. En peu de jours, les réflexes s’émoussent. Au début les spasmes de l’œsophage opposeront de la résistance ; il ne faut jamais chercher à passer de force, car on les augmenterait. On laissera la sonde en place, on fera respirer le malade et on attendra que le spasme diminue, et l'obstacle sera franchi.

L'appareil placé, on adapte l’entonnoir, l’on y verse le mélange alimentaire, puis on l'élève pour faciliter l'écoulement.

Emploi et doses. — On doit avart tout examiner les susceptibilités digestives des estomacs au

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