‹ Exposé des poursuites vexatoires et autres persécutions exercées par le gouvernement britannique et par nombre d'individus dans le but de perdre le comte de Stirling et de le dépouiller de ses droits légitimes [microforme]Chapitre 14 sur 44 · LE · texte numérisé non relu

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compromettait l'administration. La lettre ne fut pas laissée, attendu que Lord Stir ling n'avait pas donné de permission à ce sujet, mais elle fut envoyée par la poste

dans le courant de la journée, accompagnée de renseignemens sur l’auteur et l'exécuteur de cette trame que les circonstances semblaient faire soupçonner avec le plus de | probabilité. Ces circonstances étaient qu’un homme d'un rang distingué avait ob- |

tenu un jugement contre Lord Stirling, dans une action où le point de privilège n'avait pas été suffisamment plaidé, pour que le jugement eût son effet. Par là, sa Seigneurie se trouvait exposée à l'éventualité d'une exécution judiciaire, et dans le cas d’être incarcérée. Le faux semblait avoir été imaginé pour se saisir de la personne de sa M | Seigneurie ; mais ce plan échoua comme ou vient de le dire. Le nom et les circon:

stances étaient détaillés dans la lettre qui renfermait le faux.

John Lderton Burn, Esq. à Charles Douglas, Esq., Secrétaire Privé du Vicomte Goderich.

Ravmoxp BuizpiNGs, GRax’s INN, 22 Août 1832.

MoxsiEur,—Je vous envoie la lettre ci-incluse, afin que vous en fassiez l'usage que vous Jugerez convenable, pour découvrir le faux. Elle fut laissée hier soir | dans Portland Place par un particulier qui était en cabriolet, et fut remise à Lady Stirling. Il y a quelque temps que Sir Henry Digby intenta une action contre Lord | Stirling, et obtint ou plutôt se fit donner à prix d'argent un jugement, dont il désire obtenir l'exécution. Je cite cette circonstance, qui rapprochée des pratiques d'un homme nommé John Tyrell, agent de Sir Henry, peut servir à faire deviner la vérité. C'est sans contredit une affaire scandaleuse. Si je puis, en aucune manière, vous assister autrement dans l'enquête, je le ferai avec empressement.—Je suis, &c.

(Signé) J. EL Bu.

P.S.—MM. Potts et son fils du collége des docteurs en droit, étaient procureurs de Sir H. Digby.

Au point où en était l'affaire, quelle personne n'aurait pas conclu naturellement qu'on aurait institué une enquête propre à mener probablement à la découverte de { la fraude, et qu’on l'aurait dirigée avec vigueur, en ayant recours à tous les moyens ordinaires et même extraordinaires, pour parvenir à cette fin? Tout le monde se serait

nécessairement attendu à cette conduite. N’était-ce pas là à quoi devait naturellement } il s'attendre Lord Stirling, lorsqu'il confia la lettre à l'examen de l’autre partie? As- {|| surément, oui. À présent, lecteurs, remarquez bien quel fut le résultat de cet acte de

confiance si hasardeux : le 24 qui est le jour suivant, l’enquête finit où elle com- I]

mence.

Mr Douglas à Mr Burn.

Minisrene pes CoLoniEs, 24 Août 1832, Mowsieur,—Lord Goderich me charge de vous renvoyer le faux ci-inclus, Mr Balfour se trouve à présent en Irlande où il est depuis quelque temps. Lord Goderich n'a pas de cachet qui ressemble à celui dont on s'est servi, et je puis ajouter en outre que Lord Goderich, soit comme simple particulier, soit comme ministre d'état, n’a jamais reconnu l'individu qui se qualifie de Comte de Stirling, sous ce titre.—J'ai l'honneur d'être, Monsieur, votre très-obéissant serviteur, (Signé) Cuarzes DouuLas.

a J, Burn, Esquire.

Est-ce là le procédé, nous le demanderons, qu'aucun des lecteurs de ce récit emploicrait pour découvrir un faux? Est-ce là montrer de l'empressement à trouver le faussaire? En un mot, y a-t-il de la sincérité dans cette conduite? Mr Douglas reut l'invitation de renvoyer l'enveloppe, qui était si nécessaire dans une enquête pareille, et qui avait été gardée.

Mr Burn à Mr Douglas.

Raymonb Buizpines, le 25 Août 1832.

Moxsieur,—Vous ne m'avez pas renvoyé l'enveloppe du faux, qui vous a été envoyée l’autre jour. Comme j'ai lieu de soupçonner certaine personne d’être auteur de la fraude, le cachet peut me mettre sur la voie dans mes recherches, En effet je me vois conduit à espérer de faire une découverte là où je ne m’y scrais jamais attendu. Votre bureau, à ce que je présume, facilitera cette enquête. En vérité je pensais que vous l’auriez entreprise sans moi, considérant qu’elle touche aussi bien le public que des individus. Je n’ignorais nullement que my Lord Goderich refusât de reconnaitre le titre de mon client à la pairie. Le passage de la lettre de Balfour a éveillé mes soupçons. Ce fil de la trame était trop grossier. Veuillez bien, je vous prie, me renvoyer l’enveloppe.—dJ’ai l'honneur, &c.

(Signé) J. T. Burx.

Mr Burn au Comte Grey.

My Lorp,—Il a été commis récemment un faux sous le nom de Mr Balfour du

prier votre Seigneurie de daigner faire écrire une seule ligne de réponse, revêtue du petit cachet; ce qui aidera probablement à découvrir la fraude.—J'ai l'honneur, &c.

( Signc) J, !, BURN.

Mr Burn à Mr Douglas,

Monsieur, —N'ayant reçu de vous aucune réponse au sujet de l'enveloppe de la lettre adressée à Lord Stirling, je renouvelle mes importunités à cet égard. I est toutà-fait évident qu'un document matériel de cette nature est indispensable à la découverte de la fraude. L'empreinte qui a été prise sur l'original, ne fournit pas une aussi bonne preuve; mais ce qui est un mystère, c'est de savoir comment, selon nos soupçons, on est parvenu à se procurer le cachet de Lord Granville, pour l'employer à cet usage. Peut-être pourriez-vous éclaircir ce point, en indiquant par quels moyens cette surprise pourrait avoir été effectuée, Pensant qu'il pouvait appartenir au Comte Grey, je lui ai écrit Samedi, pour lui demander une seule ligne de réponse, avec le petit cachet de sa Seigneurie, y apposé. Vous voyez ainsi que je n'ai pas perdu de temps. L'inspecteur du Bureau des Postes, et autres personnes expertes, ont 6té consultés sur les écritures. Tous ceux qui les ont vues jusqu'ici, n'expriment qu'une même opinion; mais il sortira sans doute quelque chose de plus explicite, d'un ordre de Bow Street. L'assistance cordiale que vous nous préterez dans cette recherche, sera reçue avec beaucoup de plaisir, puisque le coupable doit être et sera démasqué, Je pourrais vous montrer des documents qui ne laissent aucun doute sur celui qui a écrit la lettre. Peut-être Lord Goderich lui-même serait-il disposé à prêter son aide. Quand nous serons un peu plus avancés, je me permettrai probablement de la lui deiwander.—J'ai l'honneur d'être, &c.

(Signé) J. [. Burn. RaymoxD Buizpinas, Grav’s IN, le 28 Août 1832,

Faits à établir.—1, Comment a-t-on pu se procurer le cachet soit de Lord Granville, soit du Cte Grey? Lord Howick voudrait-il prendre la peine de s’en enquérir ? 2, Qui a remis la lettre à Lady Stirling? La personne soupçonne sera peut-être découverte aujourd’hui, et forcée de parler. 3. Par qui, et sous la dictée de qui le faux a-t-il été écrit? On connait celui qui l’a écrit, et il peut être forcé d’en déclarer l’auteur devant un magistrat. 4, Combien y a-t-il de personnes impliquées dans cette conspiration tramée contre la paix d’une famille, ct l'honneur d’un innocent?

Mr Douglas répondit à la demande du renvoi de l'enveloppe, d’une manière qu’on peut déjà prévoir.

Bureau des Colonies, sur le quel faux est apposé, à ce qu'il paraitrait, le sceau de votre Seigneurie, où un sceau ressemblant au sien, La présente lettre a pour objet de

Mr Douglas à Mr Burn.

Bureau DEs CoLonies, 28 Août 1R32.

MowsiEur,—En réponse à votre billet, je regrette d’avoir à vous informer que Je n'ai pas l’enveloppe dont vous me demandez le renvoi; n'ayant été jugée nullement importante, elle a été égarée ou brülée. J’espère que cela sera sans conséquence. Le faux n'aurait pu venir d'aucun employé de ce bureau; Lord Goderich n'avait done nul moyen d’en découvrir l’auteur, c’est pourquoi je vous ai renvoyé la lettre. — J'ai l'honneur, &c.

(Signé) Cuarzes DoucLas.

La même personne écrivit une autre lettre datée du 29 Août.

Mr Douglas à Mr Burn.

BurEAU DES CoLonieEs, le 29 Août 1832.

MosiEur,—J'obéis aux ordres de Lord Goderich, en vous accusant réception de voire lettre du 28 du courant, qui m’est parvenue hier au soir Bruton Street, par la petite poste. Comme je n’avais pas de motif pour attacher la moindre importance à l'enveloppe de la lettre que vous mentionnez, et que je ne soupçonnais nullement l’existence de rien de semblable à la conspiration à la quelle vous faites allusion, je jetai de côté l'enveloppe avec d’autres papiers du même genre. Je ne suis pas sûr qu’on puisse la retrouver à présent. Toutefois, je puis affirmer que le cachet qui v était apposé, (une couronne de Vicomte avec un G au dessous) n’appartenait pas à sa Seigneurie, qui, soit en sa qualité d'homme privé, soit en sa capacitié officielle, n’a pas et n'eut jamais un semblable cachet. Lord Goderich me charge d'ajouter qu'il sera tout-à-fait disposé à seconder toute espèce d'enquête sur l’auteur de ce faux, mais qu'il n’a nulle raison de soupçonner qui que ce soit en particulier. Le cachet qui est formé d’une couronne de Vicomte, ne pouvait être celui du C* Grey.—J'ai l'honneur

d'être, &c.

(Signé) CHarLes DoucLas.

P.S.—Si l'on peut trouver l'enveloppe, elle vous sera renvoyée. Si vous voulez me voir, Je serai ici demain à une heure.—C, D.

Il peut être à propos de rapporter ici, que Mr Burn avait écrit au Comte Grey. lui demandant une réponse avec le petit cachet y affixé, et qu’il n’en reçut aucune. Bien que l'individu à qui on fait allusion “ n’eût pas lieu de supposer que l'enveloppe

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“ fût d'aucune importance, ct bien qu’elle eut été jetée de côté,” c’est une chose assez singulière et digne de l'attention du lecteur, que le soin particulier avec lequel on avait observé le cachet.

Mr Burn à Mr Douglas.

Moxsieur,—Celui qui a écrit le faux m'est aussi connu que vous m'êtes connu. J'ai des personnes compétentes pour le prouver. Si vous voulez me donner tous les renseignemens qui sont en votre pouvoir, Sur l’auteur et l’exécuteur, cela pourra épargner une déclaration publique qui ne saurait être agréable.

Il me semble impossible que vous vous mépreniez sur le sens de mes paroles ; en vérité, Monsieur, il conviendrait plus à mes sentimens d’étouffer que de proclamer la dégradation qui attend le faussaire, si l’on ne veut pas me comprendre, et si l'on tarde à agir en conséquence. C’est une plaisanterie sérieuse, vous le voyez, et qui demande une sérieuse attention.—Je suis, Monsieur, &c.

(Signé) J, LE Bonn.

RaymoxD BuizpinGs, GRax’s INN, 29 Août 1832.

P.S.— Une révélation complète, faite dans les vingt quatre heures, peut en préve-

nir une d’un caractère différent, dans deux jours. Je suis beaucoup plus indifférent au sujet de la réponse, que vous ne pouvez l'être dans les circonstances présentes. J. EL Burx.

Mr Burn au l'icomte Goderich.

RaymonD BuizpinGs, {e 29 Aout 1832

My Lonp,—Il est à propos que votre Seigneurie sache qu'un faux à été commis sous le nom de Monsieur Balfour, et que le cachet de votre Seigneurie (le petit cachet) a été apposé à la lettre. La lettre est datée du 22 de ce-mois, du Bureau des Colonies, et adressée à Lord Stirling, invitant sa Seigneurie à se rendre le lendemain à midi auprès de votre Seigneurie. Elle a été remise à Lady Stirling, Portland Place, de la part d’un homme qui était en cabriolet. Je me présentai, sans la lettre, le jour suivant avant midi, et j'appris avec surprise que Monsieur Balfour, le soi-disant signataire de la lettre, était en Irlande, et qu’en conséquence il ÿ avait lieu de soupçonner quelque fraude. Je frustrai l’objet de celui qui avait écrit la lettre, et après me l'être fait donner, je l’apportai avec moi au Bureau des Colonies. La personne qui était de service parut croire que le cachet était vraiment celui de votre Seigneurie, et me

renvoya, pour plus ample information, à Monsieur Douglas, Bruton Street. Cet individu chez qui je me rendis, m’assura que la lettre était un faux, et désira l’avoir, pour découvrir la fraude. Je ne pouvais alors Ja laisser, mais je promis de la lui envoyer sur sa demande, par la poste; je le fis, en fournissant des renseignements qui me semblaient indubitables, dans des circonstances qui devaient conduire à une découverte. Monsieur Douglas répondit le 243 il me renvoya la lettre, sans le cachet et V'enveloppe, se bornant à répéter que c’était un faux, et que votre Scigneurie n'avait pas de cachet qui ressemblât à celui dont on s'était servi. Je tenais peu à échouer dans la recherche de celui qui avait écrit la lettre, mais les soupçons étant venus à tomber sur une partie à laquelle on n’avait pas songé auparavant, J'écrivis au Comte Grey, et je lui demandai simplement une ligne de réponse, fermée avec le petit cachet de sa Seigneurie, en lui énonçant la raison de cette demande. Le cachet n’ayant pas été renvoyé, quoique réclamé de nouveau, cette partie de l’aflaire n’est pas encore complétée. Si votre Seigneurie jugeait convenable d’aider à cette découverte, et de sceller sa réponse à la présente avec un petit cachet, je lui en aurais obligation. Je sais certainement quel est celui qui a écrit la lettre, mais j'ignore qui en est l’auteur, à moins que l’exécuteur n’en soit aussi Pauteur. Je suis également sûr qu’une déclaration publique de toute l'affaire sera pour les parties un stigmate brûlant. De méme qu’il me conviendrait mal de ne pas acquitter votre Seigneurie tout d’abord et en termes explicites, du soupçon d’avoir connu cette affaire ou d'y avoir participé, il m'importe aussi d'examiner l'étendue du crime, s’il est vrai comme je le prévois, qu'il pèse sur plus d’une tête. À votre Seigneurie il appartient de décider jusqu’à quel point elle se prêtera à seconder cette poursuite.—J’ai l'honneur d’être, my Lord, &e. &c. (Signé) J. I Burx.

Raymoxp BuizpinGs, GRrax’s INN, 20 Août 1832.

Mr Douglas à Mr Burn.

Bureau pEs CoLonitEs, 30 Août 1832.

Monsieur, —Je reçois à l'instant votre lettre datée du 29 du courant. Après avoir lu ce qu’elle contient, je crois devoir retirer l'offre du rendez-vous que je vous faisais dans ma lettre d'hier, attendu qu’il m'est désormais impossible d’avoir aucun rapport avec vous, à moins que ce ne soit par l’ordre exprès de Lord Goderich.— J’ai l'honneur d’être, Monsieur, &c. &c.

(Signé) CuarLes DoucLas.

à J. I. Burn, Esq.

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Mr Burn à Mr Douglas.

Raymoxn Buiznines, 30 Août 1839.

MossiEur,—Soyez assuré que je n’avais pas la plus légère intention d'accepter ce que vous appelez votre offre de rendez-vous au Bureau des Colonies. Je suis l'avocat de Lord Stirling, chargé d'obtenir justice pour Jui, si justice peut être obtenue ; et rien de ce que je pourrai faire pour atteindre ce noble but, ne sera négligé. Mes motifs, ma conduite, mes efforts les plus ardens tendent tous à une fin honorable. Je puis être vaincu, mais ce ne sera qu'avec peine. Je m'écartcrais de la ligne de mon devoir, si je laissais porter la moindre atteinte à la sainteté de la justice que je crois due à Lord Stirling, ou si Je souflrais que l’on ajoutât l’insulte à l’injure commise dans la dernière tentative, ct si je n’exprimais pas ce que j'en pense, Je ne recherche aucune faveur qui vienne de veus, et Je ne puis m'empêcher d’être sensible à la situation où vous avez cru devoir vous placer, Si la chose n’est pas purement l'œuvre de votre imagination, comme je soupçonne qu'elle ne l’est pas, le moteur aura de la peine à m'échapper. Ma déclaration a été mise sous presse, aussitôt votre billet reçu ; ainsi, vous comprendrez que cette lettre n’a d'autre but que de prévenir ‘> "te Supposition erronée qui pourrait me prêter le moindre désir d'avoir une entre- \ L'occasion est perdue POUr Vous; et quant à ce qui va suivre, “ nous verrons.

suis, Monsieur, &ec.

(Signé) J. I. Burx. ä Charles Douglas, Esq.

La réponse de Lord Goderich à la lettre de Monsieur Burn, citée ci-dessus, était ainsi conçue :

Le Vicomte Goderich à Mr Burn.

CaRLroN GaRDens, 31 Août 1839.

MoxsiEUR,—J'ai reçu votre lettre du 29 du Courant, au sujet d’une certaine lettre

ç ] adressée à un individu qui se donne le titre de Comte de Stirling, et laquelle aurait semblé être écrite par mon secrétaire particulier, Mr Balfour.

Il était tout naturel qu'on me montrât cette lettre le jour où Monsieur Douglas la reçut de votre part, L'écriture et la signature ne ressemblaient en rien à celles de Monsieur Balfour : Monsieur Douglas vous fit savoir par mon ordre, le 29 du courant, que le cachet (formé d’une couronne de Vicomte avec la lettre G par-dessous) dont la lettre avait été cachetée, n’était pas à moi, puisque je n’ai pas à résent, et que je

n'ai jamais eu, un pareil cachet. Monsieur Balfour, qui est absent de Londres depuis quelques semaines, ne pouvait avoir écrit une lettre portant pour date, Bureau des Colonies, le 22 Août. Le cachet qui avait une couronne de Vicomte ne pouvait appartenir à Lord Grey, qui est Comte. Quant à l’exécuteur et à l’auteur de cet acte effronté, je ne saurais imaginer même qui ce peut être ; et comme vous réclamez mon assistance dans la poursuite de vos enquêtes, j’observe avec surprise que, quoique dans vos lettres à Monsieur Douglas et dans celle que vous m'’adressez, vous parliez avec une grande confiance de la connaïssance que vous avez de l’exécuteur, et de votre soupçon relativement à l’auteur, vous n'avez pas jugé à propos de me faire part d'aucune circonstance qui pût m'aider à former des conjectures sur celui à qui vous faites allusion ; aussi quelque disposé que je puisse être à aider à découvrir celui par qui la prétendue lettre de Monsieur Balfour a été écrite, il est clair que c’est vous seul qui pouvez me fournir les moyens de le faire.

Je regrette que l'enveloppe ait été égarée ; mais je ne saurais voir en quoi cette perte peut influer sur les moyens de trouver celui qui a écrit la lettre.—Je suis, Monsieur, ec. Kc.

(Signé) GopEricH.

Mr Burn au Vicomte Goderich.

RaymonDp BuizpiNGs, 1 Septembre 1832,

My Lorb,—J'ai une foule de témoins qui pourront au besoin produire la preuve que le faux dont il s’agit dans cette correspondance, est de la main de Monsieur Douglas. S'il avait montré à votre Scigneurie toutes mes lettres, il n'aurait pas été possible de douter qu’il ne fût indiqué comme étant le faussaire. Monsieur Douglas fournit lui même la preuve qui a mené à la découverte. Au moment où je reçus sa lettre qui renfermait le faux, l’exacte ressemblance des deux écritures me frappa irrésistiblement. Avant d’avoir remarqué ceci, il n'existait dans mon esprit aucune soupçon sur lui. Ne voulant pas dans une affaire de cette nature, m’en rapporter à mes propres yeux, je m’adressai à l'inspecteur du Bureau de la Poste, ensuite à l’inspecteur de la Banque d'Angleterre, auquel ressortit plus particulièrement la découverte des faux. Le même examen eut lieu dans quelques bureaux publics. Il n'y eut ni hésitation, ni différence d’opinion sur ce point : ainsi donc, mon cas se trouva établi. Je ne soupçonnais pas Monsieur Douglas d’être l’auteur, et je ne l'en soupconne point non plus à présent ; avec le temps, en l'absence de l’enveloppe, on obtiendra quelque éclaircissement de plus sur cette partie du sujet. Que votre Seigneurie, en considérant le faux, pour voir s’il n’était pas de la main de Balfour, n’ait point reconnu de quelle main il était sorti, voilà ce dont je ne puis trouver l'explication, (la ressemblance étant si frappante,) que dans la nature élevée d’un esprit honorable,

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