SECTION I
Conduite injuste et inconsistante du Gouvernement Britannique.
L# sujet que je viens dénoncer, m'impose la nécessité d'entrer dans des explications un peu longues; et je coimencerai par faire observer que depuis le moment où je parus pour la première fois à l'élection d'un Pairreprésentant d'Écosse, en Juin 1825, jusqu'au complètement légal de tous mes titres, par tt quatrième acte spécial d'heredité suivi de la saisine et de l'investiture de ma propriété d'Amérique, au château d'Edimbourg, en Juillet 1831, je n'avais jamais été signalé, et aucune tentative n'avait jamais été faite par les agens de la Couronne en Ecosse, pour inter venir dans mes démarches, qui, dès le commencement, avaient été aussi publiques et aussi ouvertes qu'elles pouvaient l'être. Aussi, quand je m'adressai au gouvernement, dans l'automne de cette même année, ce fut avec confiance et même avec une vive prévention en faveur de ministres que je croyais tout disposés à m'écouter, et de qui enfin je m'attendais à recevoir justice, Je n'étais point, il est vrai, soutenu par les richesses et le crédit, mais je me flattais d'être suflisamment recommandé par une bonne cause et par un caractère irréprochable, Les preuve: légales de mes titres, comme je l'ai dit, venaient d'être complétées, et j'étais, autant que la loi le comportait, en pleine possession légale de ma propriété, et des dignites et offices qui y sont attachés. Quoique j'eusse, antérieurement à cette époque, rencontré, quelque opposition, à des élections de pairs en Ecosse, et qu'au sujet meme de la pairie, je me fusse vu, à ma grande surprise, frustré dans le désir que j'avais d’être présenté à mon Souverain, je n'entretenais aucune appréhension sur la demande que je me proposais de faire, pour soumettre au gouvernement de Lord Grey mes droits et titres de propriété (qui étaient totalement distinets et indépendans de la question que l’on avait soulevée au sujet de ma pairie.
Quelles qu'aient été les intentions et résolutions du Cabinet entier, à l'égard de mes justes demandes, avant toute démarche directe de ma part, je présume que peu de personnes trouveront justifiable la conduite du Secrétaire des Colonies, d'avoir refusé d'entendre ce que moi (ou mes agens et mon conseil) nous avions à dire : ou méme d'examiner les papiers, documens et preuves que j'étais prêt à lui soumettre. Mes propositions avaient été faites dans les termes suivans, que j'extrais de la lettre de mes agens, adressée, en Décembre 1831, au Comte de Ripon, alors Lord Goderich.
“ Nous sommes chargés, de la part de Lord Stirling, d'entrer en négociation ‘ avec le Gouvernement, à l'effet de déterminer et d'ajuster d’une manière claire et satis- “ faisante ses prétentions et titres, sur le principe d'avantage réciproque. Le Gou- “ vernement et sa Seigneurie conjointement ont, sans doute, plein pouvoir sur les
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“ territoires contenus dans la charte, pour en disposer selon qu’ils jugeront conven- ‘able ; en consultant les intérêts de lun et de l'autre, il est évident qu'ils ne peu- ‘vent être plus solidement établis qu'en prenant pour base la convenance mutuelle ‘des parties; et ce fut là le but dans lequel les chartes furent primitivement ac- “ cordées. Si votre Seigneurie juge à-propos d’en venir à un arrangement à l'amiable, “nous sommes prêts à écouter avec respect à toute proposition qu'il plaira à votre “ Seigneurie de suggérer, pour arriver au but désiré. Notre vœu le plus sincère est ‘ de concilier le service public et le devoir important que nous impose l'intérêt de ‘notre noble client ; et nous regardons l’un et l’autre comme étant intimement liés.”
La réponse à cette proposition fut une lettre, en date du 31 Janvier 1832, dans la quelle Lord Howick, d’après les instructions de Lord Goderich, s’'exprimait ainsi :
“ Lord Goderich me charge de vous donner avis, que le Gouvernement de s: “ Majesté refuse d'entrer en négociation avec vous ou avec votre client, au sujet de “ ses’ prétentions. Lord Goderich ne voit non plus aucun avantage, soit public soit “ particulier, à prolonger la correspondance que votre client à commencée avec ce “ département, à l'égard de ses prétentions, et désire qu’il soit distinctement informé “ de la détermination du Gouvernement à rejeter et repousser ses prétentions, à présent “et à l'avenir.”
Ainsi, sans avoir entendu un seul mot de moi ou de mes agens, au sujet de mes réclamations, sans avoir vu les documens et preuves à l'appui, que j'avais en mon pouvoir, et que j'étais prêt à produire, le Gouvernement d’Angleterre (de ce pays soi-disant LIBRE), composé d'hommes que leur haut rang, leur éducation, leur sentimens relevés, et leur pouvoir officiel auraient du rendre les protecteurs naturels de mes droits héréditaires, ces mêmes hommes ont jugé suffisant de recevoir la demande que je faisais respectueusement, comme si, au lieu d’être l'héritier du noble fondateur de la Nouvelle-Écosse, j’eusse été quelque misérable clabaudeur, demandant à grands eris ce à quoi je n'avais nul droit, et qui, comme tel, troublant les importans travaux de ces grands personnages, fût signalé pour être chassé par leurs suppôts. Cette comparaison peut ne pas être très-agréable aux nobles Lords dont le traitement injurieux a excité mes justes plaintes, mais elle n’en est pas moins exacte ; et j’ajouterai que Jamais mendiant se présentant sur le seuil d’un palais somptueux, n’en vit la porte se fermer contre lui avec moins de cérémonie que n’en usa le ministre des Colonies d'Angleterre, en rejetant péremptoirement mes réclamations si honnêtes, si justes et si bien appuvées, sans daigner m'entendre ou s’enquérir de rien.
Ce fut R le commencement. Cependant mes agens ne pouvant se persuader que Lord Goderich et Lord Howick eussent agi d'une manière si étrange envers moi, sans qu'il v eût quelque mal-entendu extraordinaire à l'égard de ma position, et sur la nature des réclamations qu'ils avaient été appelés à examiner, résolurent de faire une autre tentative. En conséquence, le 3 de Février 1832, Mr Burn (mon principal agent) éerivit une lettre excellente et bien raisonnée, par laquelle il essayait de lever