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intentions, j'aurai la consolation et le plaisir d’éprouver les effets salutaires de leur conviction en ma faveur. Il serait plus extraordinaire que le résultat que je prévois, lequel doit opérer un changement complet d'opinion, quant à la justice de ma cause, ne fût pas la conséquence de la preuve évidente de la manière honteuse dont les méchans ont defiguré mon caractère. Les projets infames de mes ennemis ont été trop long-temps approuvés par des personnes qui, si elles avaient compris ces projets, en auraient eu horreur ainsi que de leurs auteurs. Je ne crois pas qu'il v ait un autre pays en Europe où un cas pareil au mien aurait été exposé à tant de médisance, en conséquence des menées sourdes de mes adversaires, et des préjugés qu'ils ont su créer. Profitant d'un tel état de choses, des ministres qui, par leur situation, auraient dû être les protecteurs naturels de mes droits légitimes, ont préféré mettre en œuvre l'injustice et linhumanité. Dans d’autres pays, S'il arrive quelque chose de semblable, le sujet opprimé peut en appeler à la magnanimité et au pouvoir du souverain ; aussi sait-on parfaitement qu'en Autriche, en Hollande, en Prusse, &e., les suppliques des personnes lésées, présentées au Prince, Pun de ces jours qu'il est permis d’approcher du trône, ont souvent suffi pour détromper Pesprit de sa Majesté, et pour arrêter les poursuites impitovables des hommes en pouvoir, Chez nous, au contraire, les avenues du trône sont aussi inaccessibles que les plaines de glace qui ferment la route du pôle au hardi navigateur ; et il arrive, dans cette Terre de Liberté,” qui se vante de sa supériorité en tout ce qui est noble, grand et bon, que les ministres qui wouvernent, peuvent, avec impunité et sous leur responsabilité, employer à leur plaisir la cruauté, la persécution, et l'insulte contre un citoyen qui n'a pas le bonheur d'avoir de grandes richesses, où qui n'est pas protégé par d’autres personnes qui ont cet avantage, pour contrebalancer l'influence ct le pouvoir.
Je suis obligé de convenir que toutes les fois que je me suis adressé au Comte de Grey, j'ai rencontré dans ses réponses, de la politesse, et souvent même des expressions d’obligeance ; j'ai à reconnaitre aussi de la politesse dans les communications que j'ai eues avec un ou deux de ses collègues. Mais les autres ont été moins scrupuleux, et sachant, sans doute, tout ce qu’ils pouvaient attendre de leurs serviles partisans, toujours prêts à obéir, à applaudir à leurs mesures et à les défendre, ils ont eu soin de rendre la marche qu'ils avaient adoptée, plus maligne, en se servant de ces satellites ministériels pour répandre dans la société en général des impressions propres à seconder leurs vues.
Un des grands objets du parti du gouvernement, depuis le commencement de <on opposition contre moi, a été de beaucoup parler de la manière dont je pris mes titres de famille en 1825. I lui a plu de la stigmatiser d’épithètes qui s’appliqueraient mieux à sa propre manière d'agir ; et un cri s’éleva, (quelques pairs d'Ecosse et d’Angleterre, hélas ! le repétèrent,) contre mon audace à reprendre (i/s dirent : “ prendre,”) ces titres, d’une manière si inconvenante, si illégale, que ne justifiaient aucuns préré-
dens ! Mais ce n’était pas assez de faire croire au public toutes ces assertions absurdes et mensongères ; cela servit encore les intentions particulières du Gouvernement, qui étaient de persuader au public que mes droits sur les terres, et mes offices héréditaires étaient liés d'une manière inséparable à mes droits et à mes priviléges de pair ! Ils savaient parfaitement qu’il n’en était rien; mais qu’en résulta-t-il ? Cela ajouta infiniment aux préjugés et aux impressions défavorables qui existaient déjà ; et c’est tout ce que désiraient ces honnêtes personages. Tel a été l'effet de ces rapports, que je crois qu’il est généralement reçu aujourd’hui, que les droits de la pairie et ceux de la propriété, sont dans mon espèce, tout-à-fait inséparables.
Cette dernière considération jointe à d’autres raisons également puissantes, me détermine à expliquer en termes aussi clairs et aussi intelligibles que possible, comment il ne peut exister aucun rapport quelconque entre la pairie et la propriété.
Ï suffit de prier mes lecteurs de remarquer que les chartes royales, par lesquelles la propriété territoriale, que je réclame en Amérique, fut accordée à mon ancêtre dont j'ai été reconnu l'héritier, sont datées de 1621, 1625, et 1628 ; et que Sir William Alexander, comme il s’appelait alors, continua à être connu sous ce nom jusqu’au 4 Septembre 1630, qu'il fut élevé à la pairie, sous les titres de Vicomte de Stirling et de Lord Alexander de Tullibodie. Le 14 Juin 1633, il fut promu aux dignités de Comte de Sterling et Vicomte du Canada. Ils’ensuit que, comme toute la propriété territoriale fut acquise quand le Conte n'était que simple citoyen (commoner), et que mes services d'hérédité m'ont mis à même d'obtenir la saisine et l'investiture des terres concédées ainsi et non par aucunes autres concessions à lui faites quand il fut pair, les droits sont parfaitement distincts. Ce qui a été dit dans la première section de cet exposé, doit suffire pour décider entièrement la question sur ce point.
Je ne suis ni assez stupide, ni assez aveugle pour ne pas comprendre ce qui a occasionné une clameur si déraisonnable contre la hardiesse que j’eus de défendre mon droit, et contre la conduite que j'ai cru devoir adopter ; pour ne pas comprendre pourquoi mes adversaires personnels ont eu recours à de noires intrigues, à des complots, à de faux rapports, à d’infames accusations, (répandues avec une cruelle indifférence par des hommes qu’ils auraient dû rougir d’employer,) et à toutes sortes d'artifices honteux, pour arrêter mes progrès et eflectuer ma ruine, s’il était possible. C’est parce que j'ai droit à une fortune de prince, avec les pouvoirs et les priviléges d'un Vice-Roi. Oui, c’est là le secret, c’est là la seule vraie cause de l'opposition que j’ait rencontrée. Ce n'est pas que je sois Comte de Stirling ou non, dont on s’embarrasse beaucoup, sien même temps, Ü n'était pas prouvé que je suis l'héritier des grandes propriétés territoriales de ma famille. Mais quelle honte qu’en Angleterre, sous le règne d’un principe doux et patriote, et dans ce siècle de réforme, où les personnes et les actions sont censées si pures, si bonnes, si justes, si libérales; où tout homme du Gouvernement doit être presque un saint, et frémir au moindre soupçon d’un acte illégal et op-
pressif de sa part ; quelle honte, dis-je, qu’un sujet britannique puisse être mis hors la loi, au moindre signe d’un ministre, parce qu'il se trouve avoir droit à une grande fortune.
La seule idée d’un si grand abus du pouvoir ministériel, est trop monstrueuse pour trouver place dans l'esprit d’un véritable Anglais, d'un Anglais exempt de préjugés ; car il est lui-même trop généreux, trop droit par se croire gouverné par des hommes qui se rient de toutes les lois et de toutes les institutions qui forment obstacle à leurs vues ambitieuses.
Les lois m'ont placé dans la forte position que j'oceupe ; et sous un tel abri, je ne dois rien craindre de toutes les tentatives faites pour m’en déloger. Indépendamment de l'absurdité grossière qu’il ÿ a de vouloir lier les droits de la propriété à ceux de la pairie, les quels droits j’ai prouvés être tout-à-fait distincts, je n'hésite pas à déclarer que j'attache bien plus de prix aux premiers qu'aux derniers ; mais, si mes ennemis pouvaient réussir à me dépouiller de la pairie de Sterling, ils ne jouiraient pas du pauvre triomphe de me faire descendre de mon rang ; car je me trouverais, sous une autre charte et avec d’autres désignations, Comte de Dovan en Ecosse ; et dans la Nouvelle- Ecosse et au Canada, soit comme pair, soit comme simple citoyen (commoner), Lieutenant héréditaire de sa Majesté, je conserverais tous les autre oflices héréditaires, les pouvoirs et immunités qui en dépendent, avec la propriété du sol.
D'autres argumens ne me conduiraient qu’à des répétitions. Il est évident que le Gouvernement ne peut opposer que sa volonté arbitraire à des faits si incontestables et si complètement prouvés. En même temps, les défenseurs de ses mesures imaginent avoir un prétexte suffisant pour continuer leurs basses manœuvres, et ainsi je suis exposé à les voir après moi, comme autant de frélons qui bourdonnent à mes oreilles, et qui cherchent de nouvelles occasions de me piquer, sans courir aucun danger.