POST-SCRIPTUM
Depuis que la précédente narration est écrite, j'ai fait en France et en Amérique de nouvelles découvertes très-importantes pour ma cause. Un document de la plus haute importance pour établir ma filiation, m'a été rendu; et outre ces avantages, j'ai eu la satisfaction d'apprendre que les conseillers de la Couronne, dont on a déjà suffisamment parlé, ont complètement échoué dans leur misérable et honteuse tentative pour impugner un ancien titre ct d’autres papiers formant partie des actes d’abord produits à l’appui de mes droits.
Ainsi, dans le court espace de quelques mois, je me trouve tellement renforcé dans ma position, que je ne puis m'empêcher de regarder comme une intervention visible de la Providence, toutes les circonstances extraordinaires par lesquelles les efforts mêmes de mes ennemis pour me ruiner et me déshonorer, ont tout-à-fait produit l'effet opposé.
Je n’ignore pas qu'un traître animé par un esprit de vengeance, qui pendant onze ans prit une part active à mes affaires pour établir mes droits, et qui posséda ma confiance jusqu’au moment où ses méfaits m’obligèrent à la lui retirer, je n’ignore pas, dis-je, que cet homme, dans le dessein de me ruiner moi et ma famille, a, depuis quelque temps, eu recours à des moyens d’une perfidie si atroce qu'aueun homme de bien ne pourrait jamais croire à tant de scélératesse. Malheureusement, je ne puis douter de la vérité des rapports qui m'ont été faits. Ce dont il n’a pas craint de me menacer, il y a quinze ou dix-huit mois, si je ne lui donnais de l’argent, il cherche maintenant, avec une malignité vraiment infernale, à le mettre à exécution ; c’est-à-dire qu'il voudrait renverser l'édifice qu’il avait contribué à élever. Mais il suffit de dire que ses connaissances les plus proches assurent que telle est et a été sa conduite invariable dans tous les cas où des personnes de distinction ont eu le malheur de l'emplovyer. Tout homme respectable et qui réfléchit, aura peine à concevoir le système qu'il a suivi avec tant d'artifice, dans l’espoir de m’extorquer de l'argent. Il commença par me faire de faux rapports sur les embarras où il se trouvait, puis il menaça de mettre fin à son existence ; et J'aurais été la dupe de sa feinte candeur, si je n’eusse été averti par ceux qui le connaissaient mieux que moi, que cette prison où il allait être jeté, et les affronts qu’il semblait redouter de semaine en semaine, n'étaient que des tours deson invention, pour m’arracher l'argent dont ilsavait que je ne pouvais me passer. Une de ses ruses favorites était de me donner avis que quelques concurrens s’élevaient contre moi tantôt d’un côté, tantôt de l’autre ; ce qui lui fournissait, à chaque occasion, un prétexte pour me demander de l’argent, ayant déja eu fréquemment de grosses sommes pour se transporter en différens endroits, afin de recueillir de plus amples preuves pour
renforcer le côté de ma filiation qu’il prétendait devoir être attaqué. J'ai maintenant la certitude que, dès les premiers temps où je l’employai, il a tenté de faire paraître divers individus ; mais ceux-ci savaient trop bien le peu d’espérance qu’il pouvait y avoir à faire réussir par leur présence ses ingénieux stratagèmes. Ne pouvant réussir, par ces moyens, à blesser mon honneur ou à troubler ma tranquillité d'esprit, il jeta alors des doutes et des soupçons sur chacune de mes preuves, l’une après l’autre, à mesure que les progrès que je faisais le forçaient d’en abandonner les différens points ; et il écrivit des lettres non seulement à des personnes de distinction en Angleterre, en Ecosse et en Amérique, faisant sur moi et sur mes réclamations, des rapports qu'il croyait devoir paralyser les efforts de ceux qui étaient portés à servir mes intérêts, et me faire paraître aux yeux du monde sous un jour tout-à-fait équivoque ; mais il s’adressa même à mes amis particuliers, avec menace, si on ne lui donnait de l'argent, de détruire ma cause de fond en comble, déclarant que peu lui importait de se perdre lui-même, pourvu qu'il m'entrainât dans sa ruine. Ce même individu a répété plusieurs fois qu'il avait en sa possession des documens à l’aide desquels il pouvait, s’il voulait, faire triompher ma cause, (ce que j'ai eu long-temps les plus fortes raisons de soupçonner,) et de plus, il ajoutait ordinairement dans la même page, qu'il pouvait l’anéantir avec la même facilité.
Cependant pour éclaircir les doutes de ceux dont l'opinion, autrefois favorable à ma cause, aurait pu être ébranlée par les diffamations de ce misérable, je «rois de mon devoir de déclarer ici publiquement, que, comme j'ai un grand nombre de bons et anciens amis qui sont prêts, s’il est nécessaire, à porter témoignage de la droiture et de l'honnêteté de toutes les actions de ma vie, je puis assurer que les calomnies de cet individu ne sont qu’un tissu d’imposture, et ne méritent d’être traitées qu'avec mépris. Il est juste que le public sache en même temps que, loin de lui avoir jamais donné la moindre provocation ou une juste cause d’animosité, moi et ma famille, pendant les onze années qu’il a été employé comme mon agent, nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir, par nos attentions continues, par nos actes de bonté, et par des services réels, pour l’attacher à notre cause, croyant, malgré les rapports qu’on nous faisait de sa conduite envers d’autres personnes, qu'il désirait sincèrement remplir son devoir envers nous. En 1826, je lui donnai la plus forte preuve de l'intention où
j'étais de reconnaitre ses services, s’il continuait de se montrer fidèle, en passant, en
sa faveur plusieurs actes qu’il possède encore; et quoiqu'il ose assurer que je n'avais d’autre objet en sue que de le tromper, lorsque j’agissais ainsi envers lui, ma famille et mes plus intimes amis savent avec quelle anxiété je cherchais à remplir les engagemens auxquels ces actes m'obligeaient. Quelques uns des plans qu'il avait formés à l’aide de gens sans principes et sans réputation, étaient empreints de la plus profonde malignité. Ils avaient un double objet—d’abord de m'extorquer de l'argent ou des billets, et ce qui est bien pire, de ruiner l'honneur et la réputation de ma famille, en l’embarrassant dans ces mêmes machinations. Pour en venir à ces fins, ils eurent re-
cours à de faux noms, supportés de recommandations de personnes de rang et de distinction dans le monde. On m’a rapporté que rien ne peut égaler le chagrin et la rage de ces individus, et que leur haine cherche à venger la défaite de leurs complots par les plus horribles calomnies. Je dois assurément de vifs remercimens à ceux de mes amis qui m'ont divulgué le caractère de lindividu que je viens particulièrement de mentionner; mais j'aurais désiré que, dans de telles circonstances, sans avoir égard aux voies ordinaires du monde, ils se fussent avancés hardiment, dès le premier moment, et m’eussent révélé son vrai caractère, au lieu de me laisser à moi et à ma famille la tâche incertaine de découvrir les basses et dangereuses qualités d’un homme que tous paraissaient approuver par leur timide silence. Je viens d'apprendre, en effet, mais trop tard, que la confiance que j'avais accordée à cet individu, en le chargeant de mes affaires, avait été considérée dans les différentes administrations du Gouvernement, comme devant occasionner la ruine certaine de ma cause ; et l’on a même regardé comme une chose des plus étonnantes, que j'aie pu me tirer de ses mains. Quand j'y réfléchis et que je compare sa correspondance passée avec les rapports qui me sont parvenus depuis, je vois s’expliquer une foule de circonstances mystérieuses dont auparavant je ne pouvais me rendre compte. De nouvelles démarches faites en Ecosse, dont il a déjà été suffisamment fait mention, et la conduite exaspérée de cet homme vindicatif qui paraît s’être étroitement lié avec mes adversaires ou leurs agens, et ave: le promoteur de ces odieuses mesures, m'ont forcé à m’étendre ainsi sur son compte. J'aurais infiniment mieux aimé le laisser lui et tous ses méfaits dans un oubli tota: : mais on m'a fait jusqu’à ce jour des rapports si extraordinaires sur le traitement qu’a éprouvé ma famille, méme en Ecosse, durant mon absence, et cela en conséquence des calomnies qu’il a fait répandre par ses correspondans, que je n’ai pu m'empêcher de les signaler aux yeux du public. On l’a entendu lancer contre moi les plus sanglans sarcasmes, et faire parade de la haine qu’il me porte, en des termes qui excitaient le dégoût de ceux à qui ils étaient adressés ; ce qui prouve bien évidemment la vérité de cette remarque, “ que les méchans haïssent ceux à qui ils ont fait “ du mal.” *
J'ai dit ailleurs que la chance de voir prononcer un jugement dans la Cour de Session, le terme dernier, était une des causes qui m’avaient porté à suspendre pour quelque temps la publication du présent ouvrage. Cependant, il restait tant à faire en un court espace de temps, après avoir reçu le document retrouvé, pour en vérifier
* Je ne puis terminer mes remarques, sans prier ceux qui pourraient s’imaginer que je traite avec trop de dureté un homme qui a été tant d'années employé par moi, de vouloir bien s'assurer de son vrai caractère, en parcourant ses nombreux ouvrages généalogiques, et ses écrits politiques, mais particulièrement ses pamphlets contre d’autres familles. Ses dédicaces à quelques personnes illustres, ses attaques contre les nobles familles de Howard, de Lascelles, de Courtenay, &c. et l'opinion du Collège de Bennet’s Hill, montreront si les rapports que font de lui ses propres parens, sont fondés ou non sur la parfaite connaissance de sa conduite générale.
avec soin toutes les signatures, que mes amis ne purent achever leurs travaux que lorsque le mois était déjà trop avancé; la conséquence fut que, lorsque demande fut faite à la Cour de prescrire un terme pour le complément des preuves, et de fixer une époque pour l'ouverture des débats (plaidoieries), le conseil des Officiers d'Etat, suivant leur coutume, n’approuvant pas une marche si précipitée, mirent opposition à la demande. Lorsqu'on les requit d'exposer leurs raisons, ils alléguèrent qu’ils auraient de nouvelles preuves à produire ;—allégation que par l’experience du passé je me crois pleinement autorisé à considérer comme un subterfuge évident employé dans le seul dessein de gagner du temps. Le Juge éclairé, d’après le principe d’une justice impartiale, ne put se dispenser de remettre la cause au mois de Novembre suivant.
Heureusement que mon Exposé n’a pas besoin d’attendre l'issue de la procédure entamée en Ecosse. Le principal objet auquel il tend n’est nullement lié à cette action. Il peut paraître avec autant, peut-être même avec plus de convenance, avant qu'aprés la décision des Juges d’'Ecosse. C’est ce que tout lecteur attentif admettra sans hésiter; aussi aurais-je pu passer, sans le moindre inconvenient, de l'examen de ce qui arriva, à cette occasion, devant la cour du Lord Ordinary, à d’autres sujets, si je n'avais pensé que la manœuvre par laquelle mes adversaires avaient obtenu une nouvelle remise du jugement définitif, devait être soumise à un examen.
Je crois avoir clairement montré dans mon exposé, que ma qualité de sujet britannique, bien que je ne réclamasse que ce qui m’appartenait selon la loi et la justice, n'a pas été aux yeux du Gouvernement de ce Grand Etat, un titre suffisant à ses soins et à sa protection, ni même à la politesse la plus ordinaire, dans ses rapports avee moi. Non, les principaux membres du Gouvernement, après n’avoir repoussé chaque fois que je renouvelai mes demandes, ont, à la suggestion de quelque ami caché, eu recours à une action en réduction de mes services, et à ce moyen, comme formant la base essentielle de toute la procédure dans laquelle ils ont récemment été défaits d’une manière signalée. On aurait pu croire raisonnablement qu’une défaite qui détruisait l’édifice sur lequel reposait toute l'espérance qu'ils avaient de me ruiner, les aurait convaincus de l’inutilité d’un plus long débat ; mais non, ils montrent autant de persévérance que jamais.
Je demande quei peut être l’objet de la Couronne ou du Gouvernement, en usant de tant de délais ? Est-ce que sa cause y a gagné? Non. Existe-t-il une cause, hors du moyen infime qu’ils n’ont pu établir? Non. Qu’espèrent-ils donc, en prolongeant le procès ? Me ruiner en frais, m’user, détruire mon énergie, me faire devenir fou, ou tomber dans le désespoir. Je n'hésite pas à déclarer que je crois fermement que ce sont là les vues réelles du Gouvernement, de “cet être complexe, appelé l'Etat,” dans sa conduite à mon égard.
Les paroles que je viens de citer sont empruntées d’un articie du Standard, article très-remarquable et fort habilement écrit, à l’occasion du discours prononcé, il y a quelques semaines, à la Chambre des Communes, par Mr Warburton, en présentant
la pétition de Catherine Robson et d’Isabella Aïnsley, héritières de feu Mr Samuel Troutbeck de Madras. On est disposé à faire de sérieuses réflexions, quand on.lit ce discours, ainsi que l'excellent article du Standard. Je crois qu’on n’a jamais tracé de portrait plus exact de l’Etat, autrement dit, du Gouvernement de la Grande-Bretagne, ‘ Cet être complexe” nous apparaît dans toute sa hideuse difformité. Nous voyons ‘ cet horrible scélérat,”” et nous reconnaissons aussitôt en lui le “ Mauvais “ voisin, le maitre avare,” l'individu sans probité, dur “intéressé et bas,” qui ‘ne paie “ jamais une dette quand il peut s’en dispenser, et qui ne rend ce qui est en sa pos- “ session, qu'après avoir épuisé tous les délais et tous les expédiens les plus vexa- “toires.”" Mais les motifs de tant de scélératesse et de tant de mauvaise foi, l’auteur de l’article en question les trouve dans l'horreur que les chefs de l'Etat ont pour la peine et la responsabilité ; dans leur conviction, que, “ encourager et écouter des
réclamations sur le trésor public, quelque fondées qu’elles soient, serait s’exposer
à beaucoup trop de peine et de responsabilité. En conséquence ils renvoient à des
hommes de loi l'examen de toutes les réclamations formées contre eux ; et chacun
peut aisément s’imaginer ce qui arrive, quand des hommes de loi prennent en main
une cause, soutenue et alimentée par le trésor public, et armée de tous ces moyens
de défense qui n’ont pas été inventés pour la protection des nations, mais pour celle
des individus les plus pauvres, —tout le monde doit pressentir ce qui doit arriver,
quand des hommes de loi ont à défendre un poste si bien soutenu, contre un plaig- ‘nant sans amis, et peut-être, sans le sou,” &e. L'auteur veut qu'on se rappelle qu'il n’y a pas de honte pour ‘un ministre à avoir le cœur dur.” D'un autre côté, “ l’infamie dont se couvre l'individu qui attrape de l'argent quocunque modo, est trop ‘ souvent, dans un financier, regardée comme un mérite,” &c.
Quel portrait de l’étre complexe.” Je crois qu'aucun de ceux qui lisent le Standard ne pensera que je me suis exprimé trop au long ou en termes trop sévères sur sa conduite envers moi ; et nulle des personnes qui me feront l’honneur de lire cet exposé, ne le pensera, après avoir lu les extraits qui précèdent. S'il est vrai, comme l'avance l’auteur de l’article, que, “pour éviter lu peine et la responsabilité,” les “administrateurs de l’état,” ou, en d’autres termes, les ministres choisis par le Roi pour diriger les affaires du royaume, et qui, en vertu de l'office qu’ils occupent, sont chacun et tous responsables de leurs actes, et sont payés de la peine qu'ils sont obligés de se donner pour l'administration du Gouvernement, reculent devant leurs premiers devoirs, parce qu’ils détestent la peineet laresponsabilité, alors assurément ils doivent être appelés à rendre un compte rigoureux de leur conduite, et être punis, comme le méritent d’injustes administrateurs du pays. Peut-on rien imaginer de plus atroce que de renvoyer à d’impitoyables hommes de loi, les réclamations d’une personne qui a de justes droits à une propriété, dont cet être complexe, l’état, a injustement et par un abus de pouvoir, pris possession, durant l'incapacité du véritable propriétaire, parce que, s’ils faisaient leurs devoirs honnêtement et selon les règles de la justice, ils s’attireraient “trop de
‘ peine et de responsabilité ?”” Pourquoi donc recçoivent-ils du souverain un rang, du pouvoir, de l'influence et tous les attributs du Gouvernement? Est-ce seulement pour satisfaire leur vanité, et pour être à même de jouer le rôle de tyrans.
Dans ma cause, quoique ces administrateurs de l’état craignent beaucoup la peine, il est très-certain qu’ils en ont pris assez pour me harasser, m'injurier, m’insulter, me persécuter, me ruiner. Leur conduite est pire encore, parceque, dans mes propositions si souvent répétées, je me suis eflorcé de les convaincre de la modération de mes vues, et de leur montrer qu’on aurait pu arriver à un arrangement, sans demander à la nation de grandes sommes d’argent, ou sans leur faire perdre beaucoup de temps ni prendre beaucoup de peine.
Je n'ai pas seulement à me plaindre amèrement des chefs du Gouvernement de la Grande-Bretagne, dans leur conduite envers moi ; les conséquences de leur injustice compromettent sérieusement mon honneur et mon repos, de mille manières différentes ; entr'autres, en encourageant une bande de conspirateurs déjà dépeints dans mon exposé, dont les poursuites n’ont pas cessé depuis que la Gouvernement a commencé son attaque. À peine le terme de la loi J’Ecosse était-il expiré, à peine quelqu’une de ces personnes sut-elle qu’on ne pouvait pas obtenir d'arrêt de la Cour de Session avant le mois de Novembre, que de nouveaux efforts furent employés pour m'accabler durant la suspension de la procédure. Entr’autres moyens, lindividu mentionné plus haut, et dont la conduite ressemble à celle d’un maniaque furieux, a repris son ancien système d'écrire à mes amis, en remplissant ses lettres des assertions les plus fausses et les plus diffamatoires, assertions qu'il ne craint pas d'avancer contre ma descendance et contre mes preuves. IT prétend aussi qu’il me serait diflicile de prouver la teneur de la charte de 1639 ; mais c’est ce que mes nouvelles découvertes me mettront à même de faire quand il en sera temps. En attendant, on le trouve ligué avec d’autres personnes qui préparent avec activité des plans de la nature la plus infame, dont je dois la découverte à une bonne fortune inattendue, et dont le but est de prolonger encore d'avantage le litige, dans le vain espoir que le temps amènera la ruine d’une famille, qu'il semble haïr en proportion des bontés qu’il en a reçues. Il peut être certain que plus-tôt qu’il ne le croit, mesures suffisantes scront prises pour mettre toute sa conduite sous les yeux d’un tribunal compétent, où le juge président, dans sa sagesse et dans sa justice, prononcera sur le cas qui lui sera présenté. On verra alors si j'ai rompu aucun contrat écrit, ou si J'ai négligé de remplir un seul engagement avec cet homme si froidement méchant. Il m’a fourni lui-même le moyen de réfuter toutes ses calomnies, et de prouver l'étendue de ses actes de vengeance contre moi. La marche qu’il suit à présent m’impose la nécessité de veiller à ma propre conservation, par un appel à une cour de justice. Je l'aurais fait plus-tôt, si je n'avais pas répugné à employer des mesures extrêm,, tant qu’il y a eu la plus petite chance de le voir renoncer à des attaques que je n’ai jamais provoquées.
Il y a environ quatre ans, le même homme s’exprimait en ces termes sur mon affaire et sur ma personne :
“ Les efforts de la malveillance n’ont été que trop actifs à donner une fausse “ idée de son droit d’hérédité, à en déprécier les preuves incontestables, et à noircir “ son caractère personnel, avec une libéralité sans mesure de réflexions haineuses “et insultantes. Convaincu de la justesse des motifs qui firent reprendre au “ Comte de Stirling le rang de ses ancêtres, satisfait des nombreuses preuves réelles “et légales qu’il a en sa possession, pour établir et soutenir sa descendance, et con- “ firmé dans mon opinion par le sentiment identique de plusieurs avocats connus par “ leur expérience et par leurs talens, lesquels ont été consultés et ont donné un avis “ favorable, je n’ai pas hésité à rédiger ce mémoire,” &c.
Il paraîtra presque incroyable qu'un homme qui, à cette époque, a pu écrire sur moi et sur ma cause en termes si forts, et qui s’est exprimé de la même manière dans beaucoup d’autres circonstances, ait pu changer ainsi, ait pu adopter une conduite tellement opposée, et faire des observations si contraires, que je me vois aujourd’hui forcé, bien qu’avec la plus grande peine, à dévoiler l’une et à repousser les autres.