‹ Exposé des titres de M. Adolphe Richard candidat à la Chaire de pathologie chirurgicale vacante à la Faculté par le passage de M. Broca à la chaire de clinique chirurgicaleChapitre 8 sur 10 · Observation d’un kyste de l’iris · texte numérisé non relu

Observation d’un kyste de l’iris

(Gazette hebdomadaire, 4 854.)

Mackensie avait dit : « J’ai vu un kyste se former dans l’iris à » la suite d’une plaie, il était demi-transparent et paraissait rem- » pli par un liquide clair. Comme il n’augmentait pas de volume » et ne causait nulle douleur, on n’y fit rien. » C’était là une observation unique, et, ayant eu l’occasion d’observer un fait en tout semblable, j’en publiai une description détaillée et y joignis un très-beau dessin. Je poussai plus loin la connaissance de la maladie, car, après de longues préparations, je fis subir une petite opération au jeune malade : par une ouverture de la cornée, à l’aide de pinces courbes à iridectomie, je saisis et broyai le kyste qui était loin d’être une petite poche liquide, mais une masse gélatineuse et molle infiltrée d’un suc glutineux. Comme ouverture pupillaire, le résultat fut satisfaisant, mais la vision demeura troublée, sans doute à cause de l’état de la rétine que, dans notre ignorance à cette époque, on ne pouvait interroger. Mon observation formait le deuxième cas d’une affection dont, dans ces dernières années, les exemples se sont multipliés.

18. De l’opération de l’hydrocèle par l’Injection alcoolique à très-faible dose, abandonnée dans la tunique vaginale.

(Gazette hebdomadaire, 1854.)

L’idée de modifier cette belle opération de l’hydrocèle, l’une des plus simples, des plus constantes, des plus innocentes de la richard. ^

chirurgie, peut être, je le sais, sévèrement jugée. Je ne regrette pas pourtant le développement que j’ai donné à ce travail, et je pense qu’on en peut tirer parti dans la pratique ordinaire de la chirurgie. Si, au lieu de l’injection ordinaire, on pousse dans la poche d’une hydrocèle évacuée, h grammes d’alcool à 36 degrés de l’aréomètre de Beaumé, et qu’on les y abandonne, l’expérience, répétée par moi plus de cent fois, prouve que l’opération est innocente, que le patient peut, le jour même ou au moins le lendemain ou surlendemain, sans douleur et sans danger, marcher et vaquer à ses travaux habituels ; enfin, que la résolution survient dans les délais ordinaires. Or, il est certain que tous les jours un malade, forcé de se guérir d’une hydrocèle, peut se trouver dans l’impossibilité de garder le lit huit jours et la chambre quelques jours encore. Le chirurgien n’est-il pas heureux de pouvoir répondre au désir du malade, sans rien compromettre? Voilà qui rend l’injection alcoolique occasionnellement très-utile. Mais on peut, en toute justice, lui attribuer des prétentions plus élevées. 11 paraît démontré que les effets de l’injection vineuse et de l’injection iodée ne sont pas identiques : la tunique vaginale tend à s’oblitérer à la suite de la première, elle est ordinairement conservée après la seconde. Les adhérences du testicule avec la séreuse sont-elles une chose indifférente? En aucune manière. M. Gosselin a prouvé que lorsqu’il existe des adhérences trèsétendues, le testicule offre une pâleur et comme une anémie qui paraissent incompatibles avec la présence des spermatozoïdes. Au demeurant, une injection forte risque de supprimer la fonction séminale. N’est-ce pas un encouragement à modérer autant que possible 1 énergie del injection, pour avoir la certitude de sauvegarder la vie fonctionnelle de l’organe.

Comme, malgré tout, je reste d’habitude fidèle à l’injection

iodée, je résume de la façon suivante mes conclusions sur l’injection alcoolique :

L’injection faible par l’alcool permet de reprendre immédiatement ou presque immédiatement les occupations ordinaires; elle conserve certainement l’intégrité de la séreuse, et, par conséquent, ne peut compromettre l’avenir de la sécrétion séminale ; enfin elle met à l’abri contre tout accident grave dû à l’infiltration du liquide injecté. — Mais alors pourquoi ne pas avoir le courage d’en faire la seule méthode de la cure de l’hydrocèle? C’est que le chirurgien redoute, par-dessus tout, de voir manquer le résultat d’une opération, et qu’on peut présumer qu’une action très-affaiblie sur la vaginale expose davantage à la récidive. — Or, si la seringue n’est pas parfaite, cette dose de 5 grammes est si petite, qu’il peut s’en perdre aisément la moitié, et l’opération reste insuffisante : c’est ce que j’ai vu deux fois. Aussi, consulté par un malade qui doit subir l’opération, je lui parle de l’injection iodée et de l’injection alcoolique, je lui montre la supériorité de cette dernière en lui signalant ce qu’elle peut offrir de défectueux comme sûreté du résultat, et j’obéis à la décision de l’intéressé. Malheureusement, on ne peut lui mettre sous les yeux le tableau complet de cette comparaison ; il serait peu prudent de l’effrayer de l’accident possible de l’infiltration, ainsi que des dangers que court la sécrétion spermatique.

Pour l’hydrocèle congénitale des petits enfants, l’injection alcoolique de 5 grammes doit être la règle exclusive : la guérison survient toujours, au prix d’un gonflement peu douloureux. — J’ai vu deux beaux succès de guérison radicale de poches hydatiques du foie par la ponction évacuatrice immédiatement suivie d’injection d’alcool abandonné dans la poche, l’une chez un enfant, l’autre chez une vieille femme qui, beaucoup plus tard, a

fini par succomber. Le deuxième cas a été rapporté en détail par M. Aran qui m’assistait.— Tout cela donne un caractère sérieux à la méthode de l’injection faible.

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