‹ Exposé des titres de M. Adolphe Richard candidat à la Chaire de pathologie chirurgicale vacante à la Faculté par le passage de M. Broca à la chaire de clinique chirurgicaleChapitre 9 sur 10 · Traitement de la grenouillette par l’Injection · texte numérisé non relu

Traitement de la grenouillette par l’Injection

(Gazette hebdomadaire, 1856.) •

Depuis les observations de M. Bouchacourt sur les injections irritantes comme traitement de la grenouillette, de nombreux insuccès avaient fait renoncer à la méthode. Bérard avait échoué presque constamment, et M. Nélaton disait qu’il était disposé à tout employer dans la grenouillette, sauf l’injection. Un jour, pourtant, cherchant à se rendre compte de l’infidélité de cette méthode, il crut en trouver la cause dans l’extrême viscosité du liquide de la ranule qui, après l’évacuation, continue à tapisser la face interne du kyste et s’oppose ainsi à l’action modificatrice du liquide irritant. — Comment lever cette difficulté? Par un lavage exact de la poche. La suite a montré la justesse de ces prévisions. Dix opérations faites par l’injection iodée, précédée du lavage, donnèrent à M. Nélaton neuf guérisons radicales et une récidive. — Comme M. Nélaton, M. Denonvilliers poursuivit ce perfectionnement opératoire né des idées échangées entre ces deux professeurs. Ce sont les résultats favorables obtenus par M. Denonvilliers et par moi-même que j’ai fait connaître dans ce travail, qui démontre péremptoirement l’efficacité, dans la grenouillette, de l’injection avec lavage.

Je citais environ vingt-cinq faits. Or, sur ces vingt-cinq malades, la poche a disparu, ou d’une façon définitive, ou au moins pendant quelque temps. — C’est là une expérimentation, presque

une vivisection pour éclairer le siège de la grenouillette.—Peut-on croire qu’il s’agisse, dans des cas pareils, de la dilatation du canal de Wharton? Mais nous ne verrions pas un canal excréteur s’oblitérer ainsi, surtout sans qu’il arrivât rien du côté de la glande sous-maxillaire.

20. lieeture sur une operation nouvelle pour guérir le vaginisme.

(Société de médecine de la Seine, 1808 .)

Ayant à m’expliquer sur le vaginisme, j’établis qu’après avoir interrogé avec soin la plupart des observations, on conserve des doutes sur la réalité de la guérison par la dilatation forcée ou autre. C’est que l’affection qui porte le nom de vaginisme résulte d’un ensemble de signes et de circonstances spéciales qui paraissent méconnus des médecins. Il y a toutes sortes d’affections douloureuses de la vulve qui ne sont pas le vaginisme, des névralgies, des contractions simples, des gerçures, etc. M. Sims a, le premier, fixé la physionomie si saisissante du vaginisme : maladie des nouvelles mariées, elle résulte d’une sensibilité morbide de la vulve avec contraction de l’orifice ; le moindre contact du doigt, même des barbes d’une plume, fait pousser des cris à la malade et la jette en un horrible trouble ; le rapprochement conjugal est donc presque toujours impossible, et les relations des époux n’aboutissent qu’à provoquer d’atroces douleurs. Le chirurgien ne constate que la grande étroitesse de la vulve et la sensibilité excessive qui, commençant au méat urinaire, s étend à toute la face vulvaire ou externe de l’hymen; au contraire, toute la face vaginale ou profonde de l’hymen est indolore. Il

faut donc s’attacher à ces deux éléments : hyperesthésie trèslimitée, contracture douloureuse. D’où l’opération de Sims : 1° enlèvement de l’hymen; 2° deux larges incisions à la partie inférieure de la vulve, s’unissant en arrière au repli du périnée; 3° dilatation consécutive à l’aide d’une grosse bougie en verre ou en gomme qui est portée une vingtaine de jours plusieurs heures. L’importance que M. Sims attache à cette dilatation consécutive, malgré la répugnance qu’il a trouvée chez un grand nombre de femmes, m’a fait imaginer l’opération suivante qui, dans deux circonstances, m’a donné un succès absolu et d’emblée.

La malade étant endormie, on procède aux quatre temps suivants :

Premier temps : Le doigt gauche est introduit dans le rectum ; incision verticale de la commissure et du périnée qui intéresse l’intersection du constrictor cunni avec les fibres antérieures du sphincter anal.

Deuxième temps : Dissection et extirpation minutieuse de tout l’hymen.

Troisième temps: Dissection et séparation dans l’étendue de 2 centimètres de la lèvre de la muqueuse vaginale mise à nu par l’enlèvement de l’hymen.

Quatrième temps: Suture de cette muqueuse vaginale à la partie postérieure de la plaie du périnée qui d’elle-même devient transversale.

Les avantages de mon opération du vaginisme sont : De donner a la section sphinctérienne de la vulve toute sa portée en recouvrant la plaie de téguments adossés ; de remplacer la portion hyperesthésiée de la vulve, au lieu d’une cicatrice, par une membrane nouvelle, muqueuse vaginale toujours exempte de

sensibilité morbide; d’agrandir la vulve en évitant la cicatrice et d’éviter à la malade la nécessité déplorable d’un appareil dilatateur. Je pense donc que c’est là un vrai progrès de la chirurgie utérine.

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