LE COUP DE CHALEUR
a) Modifications dans la coagulation du sang, d’abord accélérée, puis très retardée ;
b) Modification dans l’aspect du sang artériel qui est noir ;
c) Leucopénie;
d) Hypotension et vaso-dilatation.
Cette leucopénie et cette hypotension sont-elles exclusivement mécaniques ou, au moins en partie, sont-elles dues à des modifications humorales ?
Nous avons alors injecté à des lapins normaux, le sang de lapins chauffés, et avons pu ainsi provoquer l’hypotension et la leucopénie, alors que l’injection du sang d’un lapin normal ne provoquait pas ces phénomènes.
Ils sont donc dus, au moins en partie, à des modifications humorales et non exclusivement à une vaso-dilatation mécanique.
6“ Une ou plusieurs expositions à la chaleur déterminent un état d’immunité relatif quand on expose les animaux de nouveau quelque temps après, à la chaleur.
Voici les détails de cette loi que nous avons établie :
a) Il n’y a pas de tachysynéthie ;
b) Il n’y a pas d’accoutumance quand le chauffage préparant n’a duré que peu de temps, c’est-à-dire moins de 20 minutes ;
c) Il n’y a pas d’accoutumance quand l’intervalle entre le chauffage préparant et le second chauffage est inférieur à 16 jours ;
d) Cette immunité existe quand le chauffage a été prolongé, plus de 20 minutes, et quand il a été effectué plus de 20 jours auparavant.
Cette immunité, d’abord nulle, devient maximale puis a tendance à s’atténuer. Nous n’avons pu démontrer qu’elle se transmettait par le sang des animaux chauffés.
Ce fut croyons-nous, le premier exemple observé d’immunisation vis-à-vis d’un agent physique nocif.
Sérothérapie locale des gastro-entérites infantiles aigues. — En collab. avec le
Dr Célice. Ac. des Sciences, t. 177, p. 801, 22 oct. 1923.
Sérothérapie des gastro-entérites infantiles aiguës non spécifiques. — En collab.
avec le Dr Célice. Presse Méd., 5 déc. 1923.
Nous sommes partis de l’idée directrice suivante : l’intestin de l’enfant atteint de gastro-entérite aiguë est une véritable plaie. D’où le principe de le soigner comme tel ; et nous avons été ainsi amenés à panser cet intestin par du sérum polyvalent (préparé suivant la méthode de Leclainche et Vallée).
Ce sérum a agi surtout par action locale.
Nous avons obtenu les résultats suivants ;
Sur 2 cas d’entérite dysentériforme, deux guérisons ; sur 20 cas d’entérite
PHARMACODYNAMIE ET TOXICOLOGIE
BACTÉRIOLOGIE ET ÉPIDÉMIOLOGIE
Analyse bactériologiine des huîtres vendues à Marseille. — En collab. avec M. André Gigon. Acad, de Méd., 27 juin 1916. — Idem, Revue d’Hyg. et de police sanitaire, t. XXXVIII, n» 7, p. 621, juillet 1916 (Prix Clarens). Déîenses physiologique et culinaire contre les inîections d’origine ostréaire :
les condiments antiseptiques. — Idem, ibidem, 6 juin 1919, p. 558.
Action des condiments antiseptiques sur le pouvoir infectant des huîtres. — Idem Soc. de Biol., séance du 29 mars 1919.
Les faits cliniques et épidémiologiques observés à Marseille, faisant suspecter l’origine ostréaire d’un certain nombre de fièvres typhoïdes, de paratyphoïdes et d’infections intestinales pendant la guerre, nous avons étudié la bactériologie des huîtres vendues, soit sur le port, soit dans la ville, puis précisé, par l’enquête topographique, leur mode de contamination et enfin mis en évidence, k l’aide des documents municipaux, le retentissement que cette consommation pouvait avoir sur la santé publique.
Ce genre de recherches avait été souvent effectué (Chantemesse, Mosny, Netter), mais à notre connaissance, aucun travail n’avait été fait sur les huîtres vendues à Marseille, cette lacune était d’autant plus regrettable que Marseille est une des villes de France où morbidité et mortalité typhiques sont les plus considérables, et que la consommation des huîtres y est quasi journalière (‘).
Sur cinq échantillons divers, nous avons numéré les colonies aérobies (microbes et moisissures) de l’eau contenue entre les valves de l’huître.
Nous avons obtenu une moyenne de 2800000 bactéries par centimètre cube (moyenne de 18 numérations) et 150 à 200000 coli (17 numérations). Nous avons pu trouver, après de longs essais, dans une <iMarenne-r,le para A;
dans une « Portugaise » le para B (*) ; enfin, dans une autre « Portugaise », le bacitle d’Eberth.
Ainsi, est baetériologiquement démontrée Vorigine ostréaire des fièvres typhoïde et paratyphoïdes.
Différents auteurs avaient déjà signalé le bacille d’Eberth dans les huîtres. Klein, Boyce et Ramaroni semblent l’avoir décelé, mais leurs recherches étaient faites de 1894 à 1897, c’est-à-dire à une époque où ni l’agglutination, ni l’existence des paratyphiques (Achard et Bensaude, 1896) n’étaient connues ou devenues classiques. Aussi, pouvait-il s’agir tout aussi bien de bacilles paratyphiques que du bacille d’Eberth, ou même d’un de ces nombreux bacilles intermédiaires dont nous avons indiqué la fréquence dans le liquide de l’huître et que nous avons également retrouvés dans les matières fécales.
11 était intéressant de mesurer la topographie de l’huitre bactériologique.
Si on fait le tableau de là densité microbienne de Vhuttre, on peut écrire que, sur 1000 bactéries de l’huître, il y en a ;
Sur 1.000 colibacilles, on en rencontre :
De nos recherches, résultent les deux faits suivants :
1“ Les microbes, saprophytes banaux et pathogènes n’existent pas seulement dans le liquide de l’huître, mais se trouvent également dans le pallium et la masse intestinale.
2“ C’est surtout le liquide contenu entre les valves qui, de toutes les parties de l’huître, est la plus infectée.
Quelle est la cause de cette septicité extrême ?
Il n’y en a qu’une : l’eau dans laquelle elles vivent. Les huîtres sont stabulées dans le port ou au voisinage des égouts.
L’eau de mer à l’endroit de cette stabulation, contenait en moyenne 22000 bactéries par centimètre cube et 20000 colibacilles par litre, elle était donc remarquablement riche en coii et relativement pauvre en autres germes. C’est même là une confirmation indirecte de la contamination fécale.
B) Le pouvoir anliseplique du vinaigre est du même ordre que celui du jus de citron ; 82 %.
C) Le vin blanc a un pouvoir anliseplique puissant sur les bactéries pathogènes des huîtres, de 50 à 98 %, selon les vins.
D) L’aclion de l’alcool à petite dose sur les bactéries de Vhullre est nulle
E) L’action de l’acide chlorhydrique dilué sur les bactéries du groupe coli- Eberih est assez marquée. Elle esl de l’ordre de celle du cilron.
La conclusion pratique de ce travail s’impose : il y a avantage, quand on consomme des huîtres, à les arroser largement avec du jus de citron, condiment
Un fait se dégage du tableau annexé : les microbes trouvés dans l’entérite cholériforme sont d’espèces banales et se rencontrent dans les intestins normaux ou atteints de troubles légers dysentériformes. Il est probable que, au cours de cette petite épidémie, il n’g a pas eu de microbe spécifique.
M. Zadoc-Kahn. Berne d'hygiène ei de police sanitaire, t, XXXVIII, n» 12, décembre 1916, p. 1094.
Les travaux de différents auteurs en 1915 et 1916, en particulier, de M. Léon Bernard, Carnot et Weill Hallé, Sarrailhé et Clunet, Rist, Marcel Labbé, Chantemesse, et de leurs élèves avaient montré que parfois les malades atteints de fièvre typhoïde étaient infectés par 2 des 3 grands germes typhiques. De plus, certains de ces auteurs avaient vu qu’il n’y a pas, en règle générale, d’épidémie à bacille d’Eberth seul, ou à Para A ou B seul, mais que, le plus souvent, les malades, dans un matériel infectant commun, puisaient soit l’une, soit l’autre, soit plusieurs de ces variétés microbiennes.
Nos recherches ont confirmé ces faits et ont montré :
1» Que dans une formation où sévit la fièvre typhoïde, il n’y a pas un seul agent pathogène, hacille d’Eherth ou Para A, par exemple, mais que plusieurs agents pathogènes sont fauteurs de cette épidémie.
Nous avons étudié à cet égard 4 épidémies, et la nature des agents pathogènes est indiquée par le tableau XXII.
2° Que chez un même typhique on peut trouver à la fois 2 germes pathogènes (Eberth et Para A ou Para B, ou Para B + Para A).
Sur 10 coprocultures positives pour un bacille de ce groupe, 5 fois on rencontre un germe spécifique différent de celui que l’hémoculture avait décelé.
3“ Que la fréquence des germes intermédiaires ou aberrants était à ce
de rétropulsion, de vitesse peu considérable (il est facile à suivre à l’ultra). Il n’offre pas de mouvements de rotation sur son axe, mais simplement des mouvements de reptation.
Il peut présenter sur place des mouvements très lents ou très rapides ou semble agité par une onde qui parcourt le corps d’une extrémité à l’autre. Ce spirochète se retrouve dans la cavité buccale, les organes génitaux ; il semble
Les différents faits que nous avons observés sur 80 malades peuvent se résumer de la manière suivante :
1“ Dans l’expectoration des malades atteints de complications bronchiques ou pulmonaires, on décèle des microbes d’espèces différentes. Tantôt il y a un seul microbe, 40 % des cas. Tantôt et plus souvent, il y a polymicrobisme, 60 % des cas. Ce polymicrobisme peut exister d’emblée, ou peut apparaître secondairement. Les microbes le plus fréquemment rencontrés sont : le Pfeiffer, 50 % ; le pneumocoque, 50 % et le catarrhalis, 40 %, dont le rôle nous paraît dans cette épidémie, avoir été assez méconnu, puis le staphylocoque doré, 14 %; le streptocoque, 24 % et l’entérocoque, 10 %. Les associations les plus fréquentes sont :
Pfeiffer-catarrhalis, 24 % ; *
Pfeiffer pneumocoques, 21 % ;
Pfeiffer-pneumocoques-catarrhalis.
2“ Le pronostic dépend en grande partie de la variété microbienne. Les infections polymicrobiennes sont plus graves que les infections monomicrobiennes. Les infections à streptocoques sont toujours mortelles. L’association : catarrhalis-Pfeiffer, comporte également un pronostic sévère. La présence du