TUBERCULOSE
États hémorragiques larvés au cours de la tuberculose. —
En collab. avec M. L. Rénon. Congrès de méd., séance du 2 août 1911.
Les deux observations qui font l’objet de cette communication ont trait à des tuberculeux atteints d hémorragies à répétition soit nasales (obs. I), soit pulmonaires (obs. II) et chez qui nous obser-
Dans l’observation n‘ 1 :
U existe des troubles considérables de la coagulation du sang.
que la 30 e minute, tandis que le sang de divers témoins coagulait en un laps de temps variant entre 12 et 20 minutes.
Le caillot est, sur une hauteur de 2 centimètres exclusivement fibrineux; il est au contraire rouge sombre dans les deux tiers inférieurs.
Il y a sédimentation des globules rouges sur les parois du tube.
2. L’exsudation sérique est minime. Au bout de 24 heures, on note quatre gouttes de sérum seulement pour 8 cm 3 de sang. Le caillot ne se redissout pas.
Dans l’observation n“ II, les lésions sont moins nettes, mais encore évidentes.
La coagulation débute au bout de 6 minutes 30 secondes. Elle n’est achevée que la 30' ou la 32> minute. Il y a sédimentation partielle du
dans le groupe des manifestations purpuriques.
Ces considérations peuvent avoir une certaine importance dans le traitement des hémoptysies de cette nature.
La cholestérinémie au cours de la tuberculose pulmonaire.
En collab. avec MM. Chauffaro et Grioaut. Soc. de Biol ., séance du
25 février 1911.
Le dosage de la cholestérine du sérum donne des résultats très différents chez les tuberculeux apyrétiques et fébriles. Chez les premiers, la cholestérinémie reste normale; elle est plus ou moins abaissée chez les seconds, et d’autant plus que l’état général est plus grave ou la fièvre plus élevée. Les chiffres les plus bas (0,40 et 0,50) ont été trouvés dans un cas de tuberculose pulmonaire et osseuse avec dégénérescence amyloïde.
L’hypocholeslérinémie a donc la valeur d’un élément de pronostic; elle accompagne les poussées évolutives de l’infection,
Mais si, dans un cas, on put démontrer la présence de bacilles dans le sang circulant (Hildebrandt), la recherche des bacilles sur les coupes et l’inoculation des nodosités cutanées furent toujours négatives, à notre connaissance du moins.
L’observation d’un cas d’érythème noueux apporte la démonstration bactériologique irréfutable de son origine bacillo-tuberculeuse.
Marie X..., vingt-sept ans, domestique, entre à la Clinique médicale Laënnec, salle Rostan, le 1 er mars 1915. C’est une femme d’aspéct chétif, anémiée, sans antécédents pathologiques intéressants. Elle avait été prise, vers le 15 février, d’un malaise fébrile, avec angiiîe qui dura deux jours; après une période d’amélioration, elle ressentit le 24 février, une douleur vive dans l’articulation tibio-tarsienne droite, qui gonfla sans rougir; en même temps, apparut sur le genou gauche une plaque rouge, saillante et indurée, accompagnée de sensations de brûlure. Bientôt les arthralgies se généralisent dans les deux membres inférieurs (genoux, chevilles, gros orteils), cependant que les plaques érythémateuses se multiplient.
Lorsque la malade entre à l’hôpital, nous trouvons une dizaine d’élé-
face interne des tibias, les genoux, la face externe des cuisses; un autre vient d’apparaître sur la face externe de l’avant-bras gauche. Ce sont des nodosités arrondies, de dimensions de pièces de 1 ou 2 francs, rouge vif, saillantes, dures, intéressant à la fois le derme et l’hypoderme, douloureuses à la palpation.
Les articulations des membres inférieurs sont douloureuses à la pression et à la mobilisation, mais n’offrent ni gonflement ni rougeur. L’état général est médiocre, la température centrale oscille autour de 39°.
Au Cœur, on trouve un souffle systolique sus-apexien, dont l’origine organique, discutable à ce moment, s’affirmera les jours suivants.
L’examen des poumons révèle, au sommet droit, de la rudesse de l’inspiration, avec retentissement de la toux. .
Les autres organes sont normaux. Pas de modifications de la formule sanguine.
En résumé, il s’agit d’ùn érythème noueux des plus typiques, avec arthralgies et endocardite probable, chez une femme suspecte de tuberculose pulmonaire.
L’évolution de l’affection confirme entièrement ce diagnostic.
Pendant une dizaine de jours, la température centrale oscille entre 38 et 39°, puis revient à la normale en même temps que les nodules érythémateux s’effacent, et que les arthralgies disparaissent. Par contre, les signés d’auscultation cardiaque deviennent plus nets, traduisant une
résultat, l’inoculation de 10 centimètres cubes de sang dans le péritoine de deux cobayes.
D’autre pari, nous avons pratiqué, le 2 mars, l’ablation du nodule érythémateux apparu l’avant-veille à l’avant-bras, afin d’en faire l’examen histologique et bactériologique.
Examen histologique. — Les altérations histologiques consistent essentiellement en des lésions inflammatoires aiguës, de type banal, sans aucune formation nodulaire, sans cellules épithélioïdes ni géantes.
Elles ont leur maximum dans les couches superficielles de l’hypoderme.
Ces lésions sont diffuses, avec prédominance vasculaire et périvascu-