‹ Exposé des titres et des travaux scientifiquesChapitre 9 sur 15 · MALADIES INFECTIEUSES · texte numérisé non relu

MALADIES INFECTIEUSES

La typhose méningococcique. — En collab. avec MM. Pissavy et

Pignot. Soc. méd. des hôpitaux , 15 déc. 1941, t, II, p. 376.

Cette forme clinique de méningococcémie, aujourd’hui classique, n’avait pas encore été individualisée.

Le malade, qui nous a permis de la décrire, était un homme de vingt-sept ans sans antécédents pathologiques. Il souffrait depuis quinze jours environ quand il entra à l’hôpital.

. Dès le premier examen, nous constatons, chez lui, les symptômes habituels de la fièvre typhoïde: prostration très marquée, langue sèche et saburrale, diarrhée ocre, foie et rate augmentés de volume, râles de bronchite dans la poitrine, température à 39“ 8, avec un pouls à 70..

Le lendemain, des taches rosées apparaissaient. Nous notions, accessoirement, une forte éruption d’herpès labial.

Pendant quatre jours, la maladie se comporta comme une fièvre typhoïde ordinaire, avec cette seule différence que la température était un peu moins régulière que dans la dothiénentérie classique. En outre, une séro-réaction à l’Eberth donna un résultat négatif.

Les choses en étaient là quand, brusquement, apparurent des symptômes de méningite cérébro-spinale. Nous crûmes à une méningite éberthienne : la ponction lombaire nous détrompa en montrant des méningocoques.

L’hémoculture confirma d’autre partl’absence d’infection typhoïde et montra que le méningocoque était en circulation dans le sang.

Le malade étant mort, plus tard, de broncho-pneumonie tuberculeuse compliquée de méningite de même nature, il nous fut aisé de constater que l’intestin ne présentait aucune des lésions propres à la fièvre typhoïde, mais seulement une légère inflammation d’aspect tout à fait banal.

Un cas de typhose syphilitique. — En collab. avec le prof, agrégé

Rénon. Journal des praticiens, n° 50, 9 déc. 1911.

Les typhoses. — En collab. avec MM. Pissavy et Pignot. La Clinique, n“ 7,16 fév. 1912, p. 104 et n" 11, 15 mars 1912, p. 165.

Ictère hématogène streptococcique au cours d'une septicémie puerpérale. Syndrome de l’ictère par rétention;

mènt, malgré la présence d’un ictère par rétention typique.de même qu’elle peut être très accusée, bien que l’ictère fasse complètement défaut. Force est donc d’admettre qu’au cours des ictères infectieux l’angiocholite n’est souvent qu’une lésion accessoire et que ce n’est pas d’elle,, par conséquent, que dépend la rétention biliaire.

Étude sur une maladie infectieuse caractérisée par de

l’ictère et un syndrome méningé. — En collab. avec M. Georges

Guillàin. Bull, et Mém. de la Soc. médicale, séance du 28 oct. 1910.

Nous nous proposions d’attirer dans cette note l’attention sur une affection que nous avions observée avec les mêmes caractères cliniques et évolutifs chez quatre malades. Cette affection fébrile se caractérise spécialement par de l’ictère et un syndrome méningé ; elle ne se rencontre dans le cadre nosologique classique, ni des maladies des méninges ni des maladies du foie.

Voici, à titre d’exemple, d’histoire résumée d’une de nos quatre malades :

Observation I. — Le 24 août 1910 entreà l’hôpital Cochin, au n° 1 çle la salle Chauffard, un homme de vingt-quatre ans, mouleur sur cuivre, qui était envoyé avec le diagnostic de méningite cérébro-spinale. L’affection avait débuté brusquement, trois jours auparavant, par des frissons et de la céphalée frontale.

Le 25 août au matin, la température qui, la veille au soir, était de 39«6, marquait 57°9; le malade était très pâle, profondément asthénié; pendant

rielle marquait 8 avec l’oscillomètre du D 1 Pachon; à l’auscultation du cœur on percevait de l’embryocardie; sur là peau on déterminait facilement les phénomènes de la ligne blanche dite surrénale. Il existait quelques vésicules d’herpès labial ; la langue était saburrale, le fond de la gorge légèrement rouge; la rate était augmentée de volume; il n’y avait pas de diarrhée.

Abstraction faite de la céphalée très violente, on ne constatait pas d’autres signes cliniques de réaction méningée. Etant donné l’état syncopal nous n’avons pas cru prudent de pratiquer une ponction lombaire immédiate ; nous avons conseillé l’adrénaline (40 gouttes en ingestion), les injections d’huile camphrée et la glace précordiale. Sous l’influence

de cette médication 1 embrvocardie tendit à disparaître, la tension artérielle se releva, l’état lipothymique cessa.

Le lendemain, 26 août, la température monte à 40 degrés, on constate de l’albumine dans les urines et de l’ictère. L’ictère, qui s’accentue les jours suivants, est. un ictère typique par rétention avec décoloration des matières fécales, cholémie et chûlurie : le foie est légèrement douloureux mais non augmenté de volume.

La ponction lombaire montra l’hypertension du liquide céphalo-rachidien qui n’était pas purulent, une augmentation de la quantité d’albumine et une réaction lymphocytaire intense avec 2 Ou 3 pour 100 de polynucléaires.

L’état méningé clinique n’était caractérisé que par de la céphalée et de la paresse des réactions pupillaires; les réflexes rotuliens étaient abolis; les réflexes achilléens conservés.

L’examen hématologique montra une leucocytose légère (30.000 globules blancs) à polynucléaires neutrophiles (93 p. 100) ; la résistance globulaire était normale ; normale aussi la coagulation du sang.

Les séro-diagnostics avec le bacille d’Eberth, les bacilles paratyphlques À et B, le bacille de Gaertner et le bacille d'Aertryck furent négatifs.

L’hémoculture aérobie et anaérobie fut négative.

Dans le liquide céphalo rachidien, ni par coloration du culot de centri-

par inoculation, on ne put déceler de microbes.

L’ictère rétrocéda au bout de quelques jours, les matières >e recolorèrent, la température s’abaissa progressivement. Le 10 septembre, les réflexes rotuliens furent de nouveau perceptibles. La céphalée persista après la chute delà température.

Vers le 10 septembre il y eut une petite rechute avec fièvre légère, céphalée très violente, hypertension du liquide céphalo-rachidien dont la lymphocytose était très marquée. Cette lymphocytose persistait encore le 24 septembre.

Le malade sortit guéri le 3 octobre; on ne fit plus de ponction lombaire depuis le 24 septembre.

quelques jours auparavant à l’hôpital Cochin dans le service de M. Widal ; cédé un ictère. fil

Les quatre malades dont nous avons rapporté les observations se sont présentés avec une symptomatologie identique.

L’affection a en général un début brusque par de la céphalée violente, de la rachialgie, des courbatures, une élévation de la température.

A la période d’état, deux ordres de symptômes sont au premier plan: des signes méningés et des signes hépatiques. A ces signes primordiaux s’ajoutent des signes digestifs, urinaires, cardiaques.

, Le syndrome méningé se caractérise en clinique par la céphalée violente, le signe de Kemig, la raideur de la nuque, le nystagmus, la raie vaso-motrice. Chez presque tous nos malades, à la période d’état, nous avons remarqué la diminution ou l’abolition des réflexes rotuliens; nous n’avons jamais observé de paralysies. La ponction lombaire permet de constater l’hypertension du liquide céphalorachidien, qui reste clair, parfois une augmentation de l’albumine dans ce liquide, toujours une réaction cellulaire très nette polynucléaire et lymphocytaire. Les polynucléaires plus ou moins altérés disparaissent rapidement et sont remplacés par les lymphocytes. Jamais, ni par coloration directe, ni par ensemencements sur milieux aérobies et anaérobies, nous n’avons pu déceler de microbes dans le liquide céphalo-rachidien. Ce liquide inoculé h la souris, au lapin, au cobaye et sous la dure-mère d’un singe Macacus Cynomologus n’a déterminé aucun accident. Si la réaction méningée est, comme nous le supposons, sous la dépendance d’un agent microbien, cet agent n’a pu être décelé chez nos malades avec les techniques employées. La réaction méningée semble persister plusieurs semaines.

L ’ictére chez nos malades eut les caractères des ictères infectieux bénins. Ce fut un ictère assez intense avec décoloration des matières fécales, cholémie et cholurie; il dura quelques jours et disparut rapidement. Cet ictère, sans doute hématogène, ne fut pas un ictère hémolytique, mais un ictère par rétention ou plutôt avec rétention ; il s’accompagna chez plusieurs de nos malades d’une exagération très manifeste de la fonction uropoiétique (jusqu’à 57 grammes d’urée eh vingt-quatre heures dans une observation).

Aux signes méningés et hépatiques s’ajoutent des symptômes infectieux (hyperthermie, leucocytose à polynucléaires), de Y albuminurie constante mais transitoire, des troubles cardiaques, de Yhypotension artérielle, de Y asthénie dépendant peut-être d’un trouble des capsules surrénales. L'hémoculture en milieux aérobie et anaérobie fut toujours négative.

Au début de la maladie, l’état général est d’apparence grave (aspecttyphique, hyperthermie, signes méningés); rapidement il

n’avons observé de symptômes traduisant une réaction nette du névraxe, aucune paralysie ni médullaire, ni bulbo-ponto-pédonculaire. De plus, dans aucune des épidémies de maladie de Heine- Medin l’ictère n’a été signalé, à notre connaissance, alors que chez nos sujets il est au premier plan.

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