‹ Exposé des titres et des travaux scientifiques de M. L. RanvierChapitre 3 sur 19 · SYSTÈME CARTILAGINEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME CARTILAGINEUX

Lorsque Tou traite une coupe de cartilage par la solution d’iode iodurée, les cellules ratatinées dans l’intérieur des capsules sont colorées en brun, tandis que la substance fondamentale est presque incolore. Les cellules étant revenues sur elles-mêmes, on ne peut distinguer ni les noyaux, ni les gouttes de graisse qu’elles contiennent. Dans les cartilages examinés à

masse de protoplasma, semble remplir complètement la capsule. .Son noyau et les gouttelettes de graisse, quand elles existent, se montrent nettement. Si l’on ajoute de Teau,- les cellules reviennent peu à peu sur elles-mêmes, et le liquide additionnel pénètre dans les capsules.

Il y a une série de réactifs qui fixent les cellules de cartilage et ne déterminent pas leur retrait : l’acide pierique en solution concentrée, le nitrate d’argent îàs. 1® sulfate de cuivi-e tJ*, l’alun (39) (6).

Tumeurs blanches (40). — La lésion la plus simple des cartilages .articulaires se rencontre dans certaines tumeurs blancbes tout à fait à leur début: les cellules de cartilages s’infiltrent de granulations graisseuses et meurent sur place. Il se produit ainsi une nécrose de toute une portion du cartilage articulaire qui se détache et flotte dans l’articulation.

Rhumatisme articulaire aigu. ^ Des lésions inflammatoires s’observent dans le cartilage des articulàtions atteintes de rhumatisme articulaire aigu (en collaboration avec M. Ollivier) (41). Ces lésions consistent dans la prolifération des cellules des couches superficielles du cartilage, dans une segmentation de la substance fondamentale qui, partant de la surface, atteint des couches plus ou moins profondes et amène le soulèvement de petits lambeaux. C’est là un état velvétique bien différent de celui qui avait été décrit jusqu’alors, et qui s’observe dans les formes chroniques du rhumatisme.

Arthrite sèche. — L’état velvétique est produit habituellement par la prolifération des cellules cartilagineuses et leur départ successif dans la cavité articulaire; la substance fondamentale persistant forme des filaments qui restent en continuité avec le cartilage de revêtement par leur extrémité profonde.

comme dans les autres, elles s’accumulent et donnent naissance aux ecchondrosesd’abord et ensuite aux exostoses si caractéristiques de l’arthrite sèche. On a compris dès lors comment le même processus peut déterminer la disparition du cartilage diarthrodial dans ses parties centrales et l’édifican de masses cartilagineuses, quelquefois très considérables, dans se pons marginales (7).

Arthrite de l’infection purulente. — Les lésions des car iges articulaires dans l’infection purulente sont celles d’une chon

__drite suraiguë : les capsules cartilagineuse

agrandies contiennent des globules de pus et la disparition du revêtement cartilagineux qui est plus on moins complète, se fait ave une très grande rapidité (74).

Rapports du tissu cartilagi neux avec le tissu fibreux. - Chez les embryons et chez les jeunes sujets avant l’achèvement du squelette osseux, h plupart des ligaments et des tendons sem blent se fixer sur des pièces cartilagineuses On peut facilement constater, sur de coupes passant par l’axe de ces ligaments e de ces tendons et comprenant le cartilag sous-jacent, que les fibres tendineuses oi » du lundon d-ichiUu ui du cutoium ügamenteuses pénètrent profondément dan

. EXPOSÉ SOmiAIRE DÉS TRAVAUX,

semblables à celles que l’on observe le long des travées directrices de l’ossification en général. Ce fait, annoncé par l’auteur (46), a été vérifié et étendu par 51. Kolliker, qui a désigné ces éléments, ainsi que les myéloplaxes, sous le nom d’ostéoclastes ou d’ostéophages ; mais M. Eanvier pense que ce n’est point à l’action de ces éléments qu’il faut rattacher la résorption de. la substance cartilagineuse infiltrée de sels calcaires dans le processus de l’ossification physiologique, dans les résorptions partielles du tissu osseux pendant le travail de modelage qui s’accomplit dans les os après leur développement et dans le travail de raréfaction de l’ostéite, mais aux vaisseaux sanguins qui agissent en petit à la manière des anévrysmes de la crosse de l’aorte pour produire l’usure et la perforation du sternum (48) (6).

Dans les inflammations suppuratives des os à marche rapide qui ont été désignées par les chirurgiens sous des noms différents, ostéomyélite (Chassagnac), ostéite juxta-épiphysaire (Gosselin), ostéite'phlegmoneme diffuse, alors que les espaces médullaires, du tissu osseux et les canaux de Havers

filtration tuberculeuse. Les auteurs allemands rattachèrent ces lésions à la carie. 51. Ranvier, ayant à son tour soumis les os affectés de tuberculose à l’examen microscopique, a reconnu que les granulations tuberculeuses y sont précédées de lésions inflammatoires, et qu’elles s’y montrent sous deux formes : les granulations tuberculeuses isolées et les granulations tuberculeuses confluentes correspondant à une partie des lésions décrites par Nélaton sous le nom d’infiltration tuberculeuse des os. Depuis lors.

nulations et celle des granulations tuberculeuses confluentes a été appliquée à l’étude de la tuberculose des différents organes et a été généralement adoptée (46).

Lésions syphilitiques des os. — En outre des exostoses, des hyperostoses et des nécroses syphilitiques, bien connues des anatomopathologistes, M. Ranvier (45) a pu observer des ostéites gommeuses tout à fait à leur début'et qui auraient pu être prises à l’reil nu pour des granulations tuberculeuses confluentes, mais qui en différaient par des caractères histologiques bien tranchés : la perméabilité des vaisseaux sanguins

Chez les nouveau-nés syphilitiques, il a observé un retard de l’ossification, alors que le travail de la médullisation qui la précède se'pqursuivait, et le décollement consécutif des épiphyses (44). Ces lésions intéressantes ont été étudiées ensuite en .éllemagne par M. Wegner et en France ■ par Parrot. Il est.bon de noter que les recherches de ces auteurs ont été bien postérieures à celles de M. Ranvier.

Cal. — Les histologistes qui se sont occupés de la formation du cal, Fôrster entre autres, dans son important traité d’anatomie pathologique,, soutenaient que chez l’homme la pièce osseuse qui constitue le cal n’était pas précédée de la formation d’une masse cartilagineuse, tandis que chez les animaux le cal est cartilagineux avant d’être osseux.

M. Ranvier (42) (7) a montré que cette différence n’existe pas et que chez le lapin, chez le rat, comme chez l’homme, le cal est cartilagineux d’ahord, pour dévenir osseux ensuite, dans les fractures simples, c’est-àdire non compliquées de plaies faisant communiquer le foyer de la fracture avec l’air ; tandis que l’ossification du cal est directe et immédiate si la fracture est accompagnée d’une plaie pénétrante. Le processus de l’ossification du cal ne diffère pas de celui qu’on peut observer dans le développement physiologique du tissu osseux, aux dépens du cartilage ou sous le

Structure du tissu osseux. — M. Ranvier (49) (6), ayant réussi par un procédé qui lui est spécial à remplir exactement de bleu d’aniline, soluble dans l’alcool, insoluble dans l’eau, les corpuscules et les canalicules osseux, a constaté l’indépendance relative de l’appareil canali-

U EXPOSÉ SOMSIiIRE BBS TRAVAUX,

culaire appartenant à chaque système de Havers. A la limite de ces systèmes, les corpuscules osseux émettent des canalicules qui, pour la plupart, après un court trajet vers la périphérie, reviennent sur eux-mêmes pour s’anastomoser avec d’autres canalicules appartenant au même système. Ce sont là les corpuscules à camlicules récurrents de l’auteur.

Parmi les corpuscules que l’on peut observer dans un système de Havers, quelques-uns ont subi une atrésie assez complète pour constituer de simples lacunes, confluents lacunaires de l’auteur. Enfin, entre les différents systèmes de Havers se trouvent des systèmes intermédiaires dans lesquels on peut observer des fibres de Sbarpey, dont l’origine a été indiquée dans le paragraphe consacré au développement du tissu osseux.

Entre les fibres de Sbarpey, se montrent des corpuscules osseux. Les canalicules qu’ils émettent contournent les fibres, de Sbarpey, mais ne pénètrent jamais dans leur intérieur. Ou n’observe jamais de fibres de Sbarpey dans les systèmes de Havers. Tous ces faits sont en rapport tellement intime avec ceux qui ont été exposés par l’auteur à propos du développement du tissu osseux, qu’il est absolument inutile d’en chercher ailleurs l’explication.

En ce qui regarde la substance osseuse comprise dans lés systèmes de

Page 1