‹ Exposé des titres et des travaux scientifiques de M. L. RanvierChapitre 6 sur 19 · CORNÉE · texte numérisé non relu

CORNÉE

La cornée transparente de l’œil a été étudiée par la plupart des histologistes. Précisément à cause de sa transparence, ils pensaient y trouver un objet favorable pour l’observation microscopique; Cependant, on avait reconnu que la Cornée de la grenouille, examinée vivante encore dans l’humeur aqueuse, dès que l’on vient de faire la préparation, ne donne qu’une image extrêmement vague des différents éléments qui la composent ; mais peu à peu, à mesure que le séjour de la membrane dans l’humeur aqueuse se prolonge, les cellules qui appartiennent à la charpente connective de La cornée se dessinent et finissent par apparaître très nettement.

Conditions de la transparence de la cornée. — L’auteur (4) (6) (70) a montré, par des expériences fort simples, la raison de ce phénomène. Si, dans une cornée normale et vivante, on ne distingue pas les cellules au milieu de la substance fibrillaire qui les entoure de toutes parts, c’est que cette substance et le protoplasma des cellule.s ont le même indice de réfraction ; cet indice est supérieur à celui de l’eau. Lorsque la membrane a séjourné dans l’humeur aqueuse, la substance fibrillaire s’est imbibée, tandis que les cellules ont résisté à l’imbibition ; celles-ci ont conservé leur réfringence, tandis que la réfringence de la substance qui les avoisine a diminué, et dès lors elles deviennent distinctes.

Les fibrilles de la substance fondamentale dé la cornée ne sont pas rendues plus apparentes par l’action de l’eau, parce qu’elles sont très hygrométriques et restent toujours exactement appliquées les unes sur les autres, quelle que soit la quantité du liquide absorbé. Cette propriété remarquable détermine la transparence de la membrane.

Structure lamellaire de la cornée et fibres suturâtes. — La constitution lamellaire de la cornée se montre d’une façon • admirable chez les plagiostomes. Les lames qui composent la cornée de ces animaux sont séparées les unes des autres par des cellules .plates, et elles n’échangent pas de fibres entre elles, comme il arrive chez les mammifères, les oiseaux et les reptiles.

A la face antérieure de la cornée des plagiostomes, immédiatement audessous de l’épithélium antérieur, on observe une membrane anhiste épaisse, membrane de Bowmann, qui est tellement mince chez les mammi¬

fères, le cochon d’Inde et le lapin par exemple, qu’on a pu nier son existence.

De la face profonde de la'membrane do Bowmann se dégagent des lihres, fibres suturales de l’auteur (4) {6), qui traversent toute la cornée perpendiculairement à sa surfaee et vont se fixer à la face antérieure de la membrane de Descemet. La membrane de Bowmann et les . fibres suturales qui en partent se colorent vivement par le carmin, résistent à l’action de l’acide acétique et de l’acide formique ; ce senties analogues des fibres annulaires et des fibres spirales du tissu conjonctif.

Inobservation de l’auteur sur les fibres suturales de la cornée des plagiostomes fait saisir la signification morphologique de la membrane de Bowmann, demeurée obscure jusque-là.

La membrane de Descemet a une tout autre signification; elle se colore autre-

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