PEAU
Couche cornée de l’épiderme. — La couche cornée de l’épiderme, d’après une observation déjà ancienne de M. Langerhans, se colore en noir sous l’influence de l’acide osmique.
M. Ranvier a montré que l’acide osmique ne produit plus la coloration noire caractéristique de la couche cornée de l’épiderme, si le tissu a été complètement dégraissé au moyen de l’alcool ou de l’éther (6). L’infiltration de la couche cornée de l’épiderme par des matières graisseuses en fait un excellent vernis protecteur.
Eléidiue. — Cette mince région de l’épiderme qui fait suite au corps muqueux de Malpighi, et que M. Langerhans a désignée sous le nom de stratum granulosum, est formée de deux ou trois rangées de cellules qui se colorent en rouge vif sous l’influence du piçro-carminate d’ammoniaque, réactif de M. Ranvier.
Entre le stratum granulosum et la couche cornée se trouve une couche mince d’apparence homogène, le stratum lucidum. Les éléments qui la composent sont infiltrés d’une substance qui s’en exprime comme d’une éponge, qui a la consistance et la réfringence d’une huile essentielle et se colore aussi facilement et aussi vivement par le carmin que les granulations du stratum granulosum. Ces granulations et cette substance paraissent avoir la même constitution ; elles correspondent à Véléidine de l’auteur (6) (56).
On ne trouve diéléidine que chez les mammifères ; il n’y en a ni dans l’épiderme des oiseaux, des reptiles et des poissons,.ni dans les plumes et les écailles de ces animaux. Tout au contraire, on trouve de Téléidine dans le revêtement épithélial de la muqueuse buccale et de la langne d’un grand nombre de mammifères, et jusque dans l’épithélium de l’œsophage et dans celui du grand cul-de-sac de Testomac du rat commun (Mm decumanus). Les cellules épithéliales qui concourent à la formation de l’ongle, de l’écorce et de l’épidermieule des poils n’en contiennent pas (56) (61) (62) (6).
Structure du corps muqueux de Malpighi. Analogie de la cellule épidermique, de la cellule de la névroglie et de la cellule nerveuse. — Les cellules du corps muqueux de
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celle de la cellule malpighienne; Remak d’abord, Schultze ensuite, ont établi que la cellule ganglionnaire contient un lacis de fibrilles nerveuses qui s’en dégagent pour former ses prolongements protoplasmiques et son prolongement cylinderaxile. ba cellule du corps muqueux, la cellule de la néyroglie et la cellule nerveuse ou ganglionnaire (60), procédant toutes trois du feuillet ectodermique de l’embryon, sont donc construites sur le même type, seulement les fibrilles, qui entrent dans leur constitution et qui s’en dégagent, ont des significations physiologiques bien différentes.
Organe de l’émail. Comparaison des cellules qui le composent avec les cellules du corps muqueux de Malpighi. — Le tissu adamantin qui compose l’organe de l’émail est formé de cellules iiTégulièrement étoilées qui s’anastomosent les unes avec les autres, par leurs prolongements. Ce tissu est un dérivé de l’épithélium pavimenteux stratifié qui recouvre les gencives de l’embryon. Sa signification naorphologiquc, qui était fort obscure, se comprend aisément lorsque l’on connaît la structure du corps muqueux de Malpighi. Allongeons les filaments d’union, réduisons le corps de chaque cellule du corps muqueux de Malpighi, nous obtiendrons le tissu adamantin. {Leçons inédites de l’auteur au Collège de France, 1884.)
Glandes s.udoripares. — Le tube sécréteur des glandes sudoripares est limité par une membrane amorphe à l’intérieur de laquelle on trouve une couche de cellules musculaires lisses disposées en spirale et, en dedans de celles-ci, une seule rangée de cellules glandulaires (58) (6) (7).
Les cellules musculaires, qui sont légèrement aplaties, présentent sur leur face externe une série de crêtes longitudinales ou parallèles à leur axe qui sont incrustées dans la membrane propre. Ces cellules musculaires, par leur siège, correspondent à des cellules épithéliales. Ce sont bien des cellules de l’ectoderme ; elles proviennent, ainsi que les cellules glandulaires du bourgeon ectodermique de l’embryon, qui constituera la glande sudori-
Glandes sébacées. — Dans les grosses glandes sébacées de la face de l’homme, en outre des cellules glandulaires qui subissent l’évolution sébacée caractérisée par le dépôt progressif de granulations graisseuses dans leur intérieur et l’atrophie également progressive de leur protoplasma et de leur noyau, il y a d’autres cellules qui, comme les pre-
mières, dérivent des éléments cellulaires qui reposent sur la membrane propre de la glande, mais qui ne se chargent pas de granulations grais- . seuses, s’aplatissent et forment des cloisons dont la distribution et l’éten-
Ce sont ces dernières cellules qui, dans le Mollmcum conlagiomn, se chargent d’éléidine, tandis que les cellules sébacées proprement dites subissent une transformation spéciale, transformation mucosique (6) (7).
Corpuscules du tact du bec et de la langue du canard. — On observe, dans les papilles du bec et des coussinets de la langue du canard damestique, des corpuscules nerveux ^
terminaux qui ont été découverts par Grandry. Cet histo- 'v \
légiste n’avait pas déterminé le mode de terminaison des nerfs dans ces corpuscules. M. Merkel les a analysés avec jr
plus de soin. Il a soutenu que chacune des cellules qui j
composent les corpuscules de Grandry reçoit une fibre nerveuse distincte et constitue une cellule nerveuse terminale.
Généralisant ces premières données, il fut conduit à ad- . mettre l’existence de cellules tactiles analogues dans la peau de l’homme et des vertébrés en général. Cette hypo- , .
thèse était séduisante. Pour la soutenir ou la combattre, il importait. de soumettre d’abord les corpuscules de "
Grandry à une analyse complète. C’est ce qu’a essayé de faire M. Ranvier. Dans une note (15) publiée à l’.4cadémie des sciences en 1877, il a montré qu’à des corpuscules de Grandry formés de deux cellules il arrivait une seule fibre nerveuse qui, s’insinuant entre ces deux cellules, formait , entre elles.un disque terminal. Il reconnut en outre que ces cellules présentent une structure particulière caractérisée par des stries perpendiculaires aux disques tactiles.
Lorsqu’un corpuscule de Grandry est formé par trois
cellules, on y observe deux disques tactiles; chaque dis- <(“ “»•"* Smes-
que est toujours compris exactement entre deux cellules.
MM. Axel Key et Betzius sont arrivés de leur côté, d’une manière tout à fait indépendante, à reconnaître l’existence des disques tactiles dans les corpuscules de Grandry.
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EXPOSÉ SOWIAmE DES TRAYADX.