ORGANES DES SENS
Muqueuse olfactive. — Eclardt fut le premier qui distingua dans l’épithélium de la muqueuse olfactive proprement dite deux espèces de cellules. Plus tard, Schultze montra que les cellules fusiformes d’Eckardt sont des cellules sensorielles, tandis que les autres sont des cellules épithéliales. Il donna aux premières le nom de cellules olfactives et émit l’hypothèse qu’elles sont en continuité avec les fibres du nerf olfactif par leur prolongement central. Des histologistes beaucoup moins habiles crurent avoir observé ce que Schultze n’avait pas pu voir et qu’il avait admis seulement sous forme d’hypothèse : la continuité des fibres du nerf olfactif avec les cellules olfactives.
M- Ranvier a montre que le revêtement épithélial de la muqueuse olfactive contient trois especes d’elements cellulaires ; les cellules olfactives, les cellules de soutènement et les cellules basales. Les cellules de soutènement correspondent aux cellules épithéliales de Schultze; les cellules basales, qui forment la couche profonde de l’épithélium, sont étoilées et anastomosées les unes avec les autres par leurs prolongements. Cette disposition rappelle celle qu’affectent les cel- ■uMau uca ceiiuie^^iœ ae la muqueiue corps muqueux de l’épiderme et
les cellules stellaires de l’organe adamantin. Les branches du nerf olfactif, après avoir traversé ’la membrane basale, s’engagent entre les cellules basales et forment au-dessus d’elles un plexus compliqué : flexws basal de l’auteur. Le prolongement central des cellules' olfactives est en rapport de continuité avec les fibres du plexus basal ; mais il paraît impossible, au moins dans les conditions actuelles de la technique histologique, de suivre une fibre du nerf olfactif dans son trajet complexe à travers le plexus basal Jusqu’au prolongement central d’une cellule olfactive (6). . -
Rétine. — La connaissance, des cellules basales et du plexus basal
internes, couche granuleuse interne. La confusion que ces dénominations jetaient dans l’esprit et une analyse minutieuse, poursuivie pendant longtemps sur la rétine des différenU vertébrés, batraciens, sauriens, poissons, oiseaux et mammifères, a conduit M. Ranvier à une nouvelle nomenclature. En laissant de côté l’épithélium pigmenté de la rétine qui en forme la couché externe, il admet les dix couchés principales suivantes :
Couche limitante interne ;
Couche des fibres du nerf optique ;
Couche des. cellules multipolaires ;
Plexus cérébral;
Couche des cellules unipolaires;
Couche des cellules bipolaires;
Couche basale, formée des cellules basales et du plexus basal;
Couche des cellules visuelles ;'
Membrane limitante externe ;
Cônes et bâtonnets.
L’avantage de cette nomenclature consiste surtout en ce que la dénomination dé chaque couche est en rapport avec sa signification morphologique et physiologique, de telle sorte qu’elle correspond à une description sommaire de la rétine, et qu’une fois admise, il est ensuite facile d’examiner en détail les divers points de la structure de la membrane. Ainsi les dernières fibres du nerf optique viennent se perdre chacune dans une des cellules multipôlaires et en forment le prolongement cylindraxile. Les prolongements protoplasmiques des cellules multipolaires viennent se perdre dansie plexus cérébral en dehors duquel se trouve une couche formée par plusieurs rangées de cellules nerveuses ; prolongement vient également se perdre dans le plexi plexus partent des fibres nerveuses qui. se rendent au névro-épithélium de la rétine; sur leur trajet, elles rencontrent les cellules bipolaires, puis atteignent le plexus basal. Les cellules visuelles, qui sont les analogues des cellules olfactives, ont un prolongement central qui est en rapport avec le plexus basal et un prolongement périphérique surmonté d’un cône ou d’un bâtonnet. Il est donc impossible, comme ont soutenu l’avoir fait quelques histologistes, de suivre une fibre nerveuse du nerf optique à travers ■
orsam:s des sess.
deux plexus complexes, le plexus cérébral et le plexus basal, et deux cellules nerveuses ou ganglionnaires, les cellules multipolaires et les cellules bipolaires, avec lesquelles elles ont des rapports intimes, mais dont la nature a échappé jusqu’à présent à tous les observateurs (6).
Rouge rétinien. — Fr. Boll a découvert le rouge rétinien. Lorsque l’on examine à plat et par sa face externe la rétine d’une
SYSTÈME GLiüDULURE.
Depuis celte époque, M. Heidenhain a adopté à peu près complètement cette manière de Yoir; il admet aujourd’hui que, dans la sécrétion physiologique des glandes muqueuses et de la plupart des autres glandes, il n’y a pas un départ de la cellule tout entière, mais seulement du produit qu’elle a élaboré dans son intérieur.
M. Ranvier (5),' poursuivant ses recherches sur la sécrétion des cellules muqueuses, a cherché une membrane contenant des cellules de cette espèce et assez mince pour qu’on puisse l’esammer à plat à l’aide de fqrts gros-
La portion de la muqueuse buccale qui, chez la grenouille, recouvre le sac lymphatique rétrolingual est d’une minceur extrême; son revêtement épithélial est formé de cellules à cils vibratiles et de cellules caliciformes. Èxaminées vivantes dans le sérum du sang, les cellules caliciformes s’y montrent comme autant dfe globes réfringents.
Cette réfringence est due au mucigene quelles contiennent. Dans la plupart de ces cellules, on observe des vacuoles qui flu'on’dë’r^îœÔi'au
généralement sont situées au voisinage tiara. a, cellule normale ; b, cellule do la
de leur noyau dans le protoplasma qui l’entoure et dont quelques-unes occupent les travées protoplasmiques qui sillonnent le mncigène. Ces vacuoles, probablement sous l’influence de l’activité du proloplasma, changent de forme et d’étendue ; on les voit également se déplacer ; quelques-unes disparaissent par le fait d’une atrésie progressive dont on peut suivre les différentes phases, tandis que d’autres se montrent dans d’autres régions de la cellule. Ces faits établissent qu’il se produit, dans le protoplasma des cellules muqueuses caliciformes, un travail moteur analogue à celui que l’on observe dans les cellules végétales et dans les cellules amiboîdes des animaux.
Si l’on vient à exciter, par un courant d’induction interrompu, la muqueuse du sac rétrolingual placée sur un porte-objet électrique, on voit les cellules caliciformes situées sur le trajet du courant subir des modifications importantes. Les vacuoles qui existaient s’agrandissent ; il s’en forme de nouvelles dans leur voisinage, qui s’agrandissent aussi ; ces différentes vacuoles arrivent à se toucher, puis elles se confondent, et finalement.
TRWAÜX.
si l’excitation a été assez intense et assez longue, la vacuolisation se complète; tout le mucigène disparaît. Ces phénomènes qui, dans la muqueuse du sac rétrolingual de la grenouille, peuvent être facilement saisis, se produisent sans doute dans les cellules muqueuses des glandes, en particulier dans les cellules de la sous-maxillaire du chien.
C’est donc dans l’activité motrice du proloplasma qu’il faut chercher le mécanisme intime de la sécrétion glandulaire et- le mouvement qui, dans les glandes salivaires, amène la secrétion peut être produit par l’action d’un nerf centrifuge, comme la contraction d’un muscle et la décharge d’un organe électrique. Il y a donc au moins trois espèces de nerfs moteurs : les moteurs musculaires, les moteurs électriques et les moteurs glandulaires.
Atrophie de la glande sous-maxillaire du chien à la suite de la ligature de son canal excréteur. — Dans la première édition du Manuel d'Bülotogie pathologique de MM. Cornil et Ranvier (7) on trouvera la première observation relative à l’atrophie des.
glandes par suite de la ligature de leur canal excréteur. Depuis cette ■ époque, d’autres expérimentateurs ont beaucoup étendu ces recherches, et il convient de rappeler à ce propos les résultats importants obtenus par M. Charcot par la ligature du canal cholédoque dans l’étude des. cirrhoses.
SÏSTÊStE GLAPDLAIRE 75
A la suite de la ligature du canal de Wharton, chez le chien, la glande sous-maxillaire subit une atrophie progressive. Les culs-de-sac glandulaires et les canaux qui leur font suite sont tapissés de cellules semblables et il n’y a plus à distinguer dans cette glande les différentes espèces de cellules si caractéristiques qui la composent; il h’y a plus ni les croissants de Gianuzzi, ni les cellules muqueuses, ni les cellules striées des canaux excréteurs. Entre les culs-de-sac glandulaires, revenus sur eux-mêmes et tapissés d’une couche de cellules épithéliales sans caractère distinctif et d’apparence embryonnaire, se trouve du tissu conjonctif de nouvelle formation.