‹ Exposé des titres et des travaux scientifiques de M. L. RanvierChapitre 9 sur 19 · CELLULES LYMPHATIQUES · texte numérisé non relu

CELLULES LYMPHATIQUES

Glycogène dans les cellules lymphatiques et dans les autres cellules animales. — Les cellules de la lymphe et les globules blancs du sang, qui ne sont autres que des cellules lymphatiques, contiennent du glycogène (6). Cette substance n’y est pas déposée sous forme de granulations distinctes; elle s’y montre à l’état de diffusion dans toute l’étendue de la cellule ou seulement dans une région de cellèci. Sous l’influence du sérum fortement iodé, la matière glycogène s’échappe de la cellule lymphatique sous forme d’excroissances ou de gouttes présentant la coloration caractéristique du glycogène et qui peu à peu se dissolvent dans le liquide additionnel.

Tous les éléments cellulaires qui contiennent du glycogène à l’état physiologique, cellule du foiede l’adulte, différentes espèces de cellules chez l’embryon, à l’état pathologique, cellules des sarcomes, épilhéliomes, carcinomes, soumises, tout à fait fraîches, vivantes encore pour ainsi dire, à l’action du sérum fortement iodé, montrent, comme les cellules lymphatiques, des excroissances de glycogène qui se fondent dans le liquide additionnel en formant un nuage à coloration caractéristique.

Dans les cellules du foie (5), le glycogène paraît occuper seulement les mailles d’un réseau protoplasmique extrêmement serré, à travées fines qui s’étendent depuis le noyau jusqu’à la surface de la cellule limitée par une couche continue de protoplasma. 11 est probable que dans toutes, les cellules, comme dans celles du foie, le glycogène n’occupe pas les travées du réticulum protoplasmique, mais seulement les mailles qu’elles limitent.

Chez les embryons du bœuf, du mouton, du cochon, les cellules de l’épiderme sont remplies de glycogène; mais celles qui constituent l’ongle proprement dit n’en contiennent pas. On a confondu les couches épithéliales qui recouvrent l’ongle chez Tembryon avec l’ongle lui-même. Ces couches épithéliales contiennent non seulement du glycogène, mais encore de Téléidine en grande quantité, tandis que l’ongle qui est enfoncé dans cette couche épidermique ne renferme ni glycogène, ni éléidine (6).

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Noyaux des cellules lymphatiques. — Lorsque les cellules lymphatiques sont mortes lentement, elles contiennent un ou plusieurs noyaux sphériques; mais si on les tue rapidement au moyen d’un liquide fixateur, on constate qu’elles renferment le plus souvent un seul noyau allongé en forme de boudin et plus ou moins replié sur luimême (69) (6).

Modifications de forme des noyaux des cellules lymphatiques vivantes et multiplication de ces cellules. — Chez les vertébrés en général, les cellules lymphatiques vivantes, en pleine activité amiboïde, ne laissent pas voir les noyaux qu’elles contiennent; c est pour cela sans doute que quelques histologistes, Charles Robin en particulier, avaient nié l’existence des noyaux dans les cellules lymphatiques. La raison pour laquelle on ne distingue pas les noyaux des cellules lymphatiques vivantes est fort simple. Le noyau et le protoplasma

qui l’entoure ont à peu près le même indice de réfraction; ils sont également incolores ; par conséquent on ne peut pas les distinguer l’un de l’autre. Mais il est un animal, l’axolotl du Mexique {Siredm pisciformis), chez lequel le protoplasma des cellules lymphatiques a un indice dé réfraction inférieur à celui du noyau. L’auteur, après avoir observé ces propriétés singulières, a pu reconnaître que l’activité amiboïde des cellules lymphatiques se traduit non seulement par des expansions périphériques, mais encore par des mouvements intérieurs qui amènent des modifications con-

sidérables dans la forme des noyaux. Ceux-ci comprimés, tantôt dans une direction, tantôt dans une autre, s’allongent, sont étranglés à certains pojnts, tandis que dans d’autres il s’y produit des bosselures. Le travail intérieur du protoplasma est extrêmement actif, et, lorsque l’on observe assez longtemps une cellule lymphatique qui en est le théâtre, on peut assister à sa division, toujours précédée de celle du noyau, sans qu’il s’y produise des phénomènes karyokinétiques. La multiplication des cellules lymphatiques par division directe, observée par M. Ranvier (6), a été constatée par M. Flemming qui,, comme on le .sait, a fait de là karyokinèse ou division indirecte des cellules une étude très approfondie.

Depuis que M. Ranvier a montré la forme des noyaux des cellules amiboides vivantes ou fixées rapidement par les réactifs, les histologistes ont pu déterminer d’une manière certaine la présence des cellules migratrices au sem des tissus. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer les anciens dessins à ceux que l’on publie aujourd’hui.

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