‹ Exposé des titres et des travaux scientifiquesChapitre 5 sur 13 · REIN · texte numérisé non relu

REIN

Anomalies des artères du rein.

Compte rendu de l’Ass. franç, d'Urologie, 13' session, 1909, p. 468.

Chez une malade qui présentait depuis plusieurs jours des hématuries très abondantes, toutes les autres causes d’hématurie ayant été éliminées, je diagnostique néphrite hématurique, et je pratique une néphrotomie et une décapsulation. Deux artères supplémentaires rencontrées au pôle supérieur sont sectionnées après ligatures. Six jours après, hématurie extrêmement abondante : la néphrectomie est pratiquée, la malade qui était presque exsangue guérit néanmoins.

Le rein ne présente ni calcul, ni tuberculose, ni cancer, mais au niveau des artères supplémentaires sectionnées on trouve une zone de tissu blanc-jaunâtre en forme de coin à sommet dirigé vers le bassinet. A la périphérie cette zone est légèrement infiltrée de sang épanché ; elle contraste avec le tissu rénal sain et a l’aspect d’un bloc jaunâtre de tissu de nécrose.

Ce fait vient confirmer des conclusions de M. Papin sur la circulation rénale qui, d’après lui serait distribuée par départements' isolés, sans suppléance circulatoire anastomotique et à système terminal.

Résultats éloignés des néphropexies.

Compte rendu de VAss. franç. âlUrologie, 14* session, 1910, p. 500.

L’indication la plus fréquente de la néphropexie est la douleur. 11 arrive quelquefois que le rein, une fois fixé, retrouve une mobilité plus ou moins étendue après un temps variable ; dans plusieurs de ces cas.

et abdominale du côté droit, irradiant vers tum, vomissements alimentaires puis bil n'est pas localisée à droite mais diffuse da; dur, ballonné; le matin il y eut une S( émission de gaz ni de matières; les vom même caractère pour devenir le lendemai testin est très ballonné, aucun gaz n’est entraîné une grande quantité de sable ui dépassé 37“8. Une première, puis une de amenèrent une selle abondante, des esa.

calculs que pour traiter la pyonéphrose, donne lieu à une hémorragie importante. 11 fut impossible de distinguer les calculs, mais au milieu des caillots, Je sentis s’écraser une petite masse de matière phosphatique qui fut entraînée avec eux. Depuis lors une nouvelle radiographie a montré l’absence de toute concrétion intra-rénale et la malade reste complètement guérie.

On voit l’importance de la radiographie instantanée qui a révélé une concrétion de 2 à 3 millimètres, alors que la radiographie lente avait laissé supposer qu’ils mesuraient plus d’un centimètre de dia-

Sur un cas d’anurje calcnleuse intermittente.

Compte rendu de l’Ass. franç. d'Urologie, 3” session, 1898, p. 385.

Un malade avait présenté trois accès d’anurie de trois et de cinq jours consécutifs, séparés par des intervalles de deux jours pendant lesquels le malade urinait abondamment. La néphrotomie allait être pratiquée à ce moment quand l’urine reparut de nouveau. Une douleur sourde persista pendant quarante-deux jours jusqu’à ce que le calcul fftt expulsé par une miction normale. C’est un fait heureux mais trop exceptionnel pour qu’on le prenne comme exemple ; sans l’opposition du malade, une néphrotomie aurait due être pratiquée beaucoup plus tôt.

Anurie calcnleuse datant de sept jours. Néphrotomie.

Congrès français de Chirurgie. Séance du 23 avril, 6" session, 1892, p. 62G.'

Un malade âgé de Sd ans, après une longue période de coliques néphrétiques franches, présente une accalmie de plusieurs années, suivie de coliques dont le caractère s’est modifié : apparition et cessation des crises moins nettes, douleurs lombaires plus ou moins vagues et constantes ; puis dans les dernières années urines purulentes. 11 est probable qu’à ce moment il y avait déjà rétention de calculs dans les bassinets. Une dernière crise de coliques n’est pas suivie de l’expulsion du calcul et elle détermine une anurie qui dure sept jours avec symptômes graves d’urémie. L’intervention est décidée : aspect extérieur

du rein gauche normal ; dénudation ; à la palpation, pas de corps étranger ; à l’incision un flot de pus épais crémeux s’échappe. Dans le bassinet on trouve un calcul irrégulier gris rougeâtre qui est extrait; l’écoulement de l’urine se fit à travers l’incision.

Dix-huit jours après l’opération un calcul est expulsé par l’uretère et la miction vésicale se rétablit ; il est évident que l’uretère droit était également oblitéré par un calcul et la continuation de la purulence de l’urine vint démontrer que les lésions suppuratives existaient également à droite. La perméabilité de l’uretère gauche se maintint; grands lavages, retour ad inlegrum et cicatrisation de la plaie au bout de deux mois.

En résumé le malade était atteint d’une double pyonéphrose; il a été opéré au huitième jour de son anurie ; les phénomènes d’urémie dataient d’au moins quatre jours. A la suite de l’opération pratiquée sans incidents le malade est resté dans un état très grave pendant cinq jours, ce qui démontre que les phénomènes d’intoxication persistent assez longtemps après l’intervention. 11 faut donc agir rapidement pour éviter au malade le danger de lutter longtemps contre une intoxication urémique.

Pyonéphrose consécutive à la grippe. Néphrolithotomie.

CompCe rendu de l’Ass. franç. d’Ùrologie, 1899, p. 553.

Un malade est pris, à la suite d’une grippe violente, d’une douleur lombaire gauche intense, profonde, constante, exaspérée par la pression. Presque en même temps les urines deviennent purulentes. Pendant trois mois, la fièvre persista ainsi que les douleurs spontanées et provoquées, irradiées dans l’aine et les cuisses.

A ce moment on constate une tumeur rénale gauche du volume d’une tête de fœtus, nettement limitée en bas, très peu mobile, qui parait lisse et arrondie.

L’existence d’une pyonéphrose étant évidente, je pratique une lucision lombaire qui conduit sur un foyer purulent énorme d’où s’écoule plus d’uu litre de pus, h peine mélangé d’urine. Au fond de la plaie, le doigt rencontre un calcul assez mobile qu’on ne peut cependant déplacer complètement qu’après la destruction des cloisons rénales. On amène ainsi au dehors un gros calcul ramifié, à branches divergentes

coralliformes dont la plus grosse est du volume du petit doigt (fig. deux autres fragments sont extraits de la corne supérieure.

Les urines deviennent peu à peu limpides, et au bout d’un m l’état général est bien meilleur. Contre toute attente la plaie se ré fecta, la tumeur rénale se reproduisit, des signes de pyélite se ma restèrent dans l'autre rein, et l’état général devenant en quelques joi très mauvais, empêcha qu’nne nouvelle intervention fût tentée.

11 est impossible d’admettre qu’un calcul urique aussi voluminei dont le noyau était uralique, et recouvert d’une couche phosphatiqi

se soit développé en trois mois ; il était donc resté silencieux pendi plusieurs années. Le malade il est vrai, s’observait mal, mais en li cas aucun symptôme n’était très marqué. Il a fallu le développem( d’une grippe pour qu’un appel de streptocoques se soit fait nu loi minons rmstentiæ. Elle a déterminé des accidents ti-ès graves eu point et a entretenu la persistance d’un foyer qui, prenant plus U de l’activité, a provoqué une infection générale.

Un cas d’ectopie du rein, avec un calcul du bassinet ; radiographie simulant un calcul urétéral.

Société de Radiologie médicale de Paris, février, 1910.

Si précieuses que soientles indications delà radiographie, ellesp( vent exceptionnellement conduire à une erreur; tel est le cas d’u

une masse mobile, indolore, qui paraissait être le rein abaissé, et un peu au-dessous un point très douloureux au niveau de la fosse iliaque ; la pression en cet endroit déterminait une intolérable douleur. C’est là aussi que la radiographie montrait une ombre très nette, allongée transversalement sur le trajet de l’uretère, de dimensions assez considérables : ce détail seul aurait pu mettre en éveil contre l’existence d’un calcul urétéral. D’autre part une sonde urétérale était arrêtée à 7 centimètres au-dessus du méat urétéral.

L'incision de la néphrectomie lombaire conduisit sur la masse que révélait la palpation et qui n’était autre que la rate. En prolongeant les recherches, dans la direction de l’uretère je trouvai le rein dans la fosse iliaque, le bord convexe en bas et en avant, le grand axe presque horizontal; le bassinet était distendu par un calcul volumineux qui fut extrait par la pyélotomie. On voit que l’ensemble des constatations et des symptômes amenait au diagnostic calcul urétéral et qu’il était presque impossible de songer à une ectopie.

Volumineux calculs des reins.

Compte rendu de CAss. franç. d’Urologie, 17" session 1913, p. 700.

La première des trois observations de calculs volumineux que je rapporte, a trait à une jeune femme chez qui un calcul phosphatique avait été extrait du rein gauche en Angleterre, il y a quatre ans. La guérison avait marché normalement, mais dix-huit mois après la douleur reparaissait ; le cathétérisme des uretères montre une déchéance fonctionnelle considérable du rein opéré et la radiographie indique une tache suspecte. Quinze mois après, nouvelle radiographie qui fait voir un calcul de 7 centimètres de hantenr, résultat d’autant plus inattendu que les urines étaient restées limpides : mais la minéralisation avait encore diminué et l’urée était tombée à 7 grammes du côté opéré. Une nonvelle opération conduisit sur un rein détruit, presque complètement occnpé par un calcnl uriqne dans nne cavité aseptique. Exemple peu commun de la succession de deux lithiases dans le même rein, et surtout très rare de lithiase phosphatique précédant le développement d’nn calcnl urique.

Le malade qui fait le sujet de la seconde observation souflrait depnis plus de cinq ans : douleur, pyurie, fréquence des mictions.

Cependant la valeur fonctionnelle du rein conservé est loin d’être le retour à la normale. Sur 7 néphrolithotomisés, j’ai pu par cathétérisme de l’uretère recueillir de l’urine séparée du rein opéré, et partout j’ai constaté une très notable diminution des éléments minéraux, en par-

liculier de l’urde, tombée toujours au-dessous de 15, parfois même s’abaissant à 5 grammes par litre ; il en est de même des chlorures qui descendent jusqu’à 0,75. Par contre la quantité d’urine paraissait normale ou même augmentée légèrement : ces altérations fonctionnelles sont proportionnelles au degré d’altération de la substance rénale au moment de l’opération. Même dans les cas où le rein est aseptique, la diminution du fonctionnement n’en était pas moins appréciable. 11 ne faut donc pas reculer outre mesure devant une néphrectomie dans un cas de lithiase, car la valeur de l’organe sacrifié est toujours médiocre.

De la néphrectomie dans les affections oalculeuses bilatérales des reins.

IIP Congrès international d’Urologie, Berlin, mai lùli.

Pour décider d’une néphrectomie dans le cas de bilatéralité des calculs, le chirurgien devra se montrer très réservé. Avant de sacrifier un rein, il importe d’acquérir la certitude de l’intégrité fonctionnelle de son congénère et cela par des examens répétés ; les reins de ce genre sont sujets à des poussées congestives et à des troubles circulatoires qui en modifient le pouvoir sécrétoire. Un rein calculeux est assez vite atteint par la sclérose, au point de fournir un chiffre d’urée inférieur à la normale. Bien que ces lésions se manifestent souvent par une quantité infinitésimale d’albumine dans les urines, elles persistent cependant ; aussi ne faut-il pas compter toujours sur une suppléance suffisante et surtout immédiate.

Quand des calculs existent dans les deux reins, les résultats d’une néphrectomie sont variables suivant que le rein est aseptique ou infecté. Dans le premier cas, le pronostic dépend du degré de néphrite préexistante dont il est difficile de se rendre compte. Aussi est-on souvent surpris des accidents consécutifs; la suppléance fonctionnelle s’accompagne d’une poussée congestive traduite ordinairement par de l’oligurie, et, plus souvent de l’hématurie qui peut passer inaperçue si on n’a pas recours à l’examen microscopique ; ailleurs elle est si abondante qu’on l’attribue à des caillots sanguins du moignon de l’uretère.

Dans les reins infectés, on voit se produire une recrudescence des phénomènes de congestion qui aboutit à une poussée aigue, à une exagération des symptômes d’infection.

On sera prévenu de la fréquence des lésions latentes développées

compter sur le résultat des examens séparés des urir une autre affection. 11 faut donc demander à la néphr ce qu’elle peut donner : c'est-à-dire inciser le rein d« nique a démontré la présence d’un calcul, et ne recou tomie que lorsqu’il est démontré que le maintien de est de nature à porter un préjudice important à la sa; à produire des troubles locaux d’une haute gravité, ei hématuries abondantes ou de vives douleurs.

Hydronéphrose calculeuse intermittente

Compte rendu de VAss. franc, d'Urologie, 10* session.

Le sujet âgé de 46 ans avait accusé dès son enfa sourdes, presque toujours légères et mal limitées, da elles se reproduisaient à intervalles de plus en plus l’âge de40 ans, chaque crise était accompagnée d’une quantité d’urine, suivie d’une polyurie prolongée.

11 y a six semaines, subitement, sans cause appré infectieux graves, avec température dépassant 40“ et fi leur vive, continue avec recrudescences, occupe la l’abdomen irradiant dans le bassin et les cuisses. Le loureux à la pression, est très volumineux; son exti semble plonger dans le bassin.

La néphrectomie présenta de grosses difficultés en du rein : il fut nécessaire d’évacuer le liquide pour i tion : cette laborieuse opération laissa le malade dans tration, mais il se releva et, au vingt-cinquième joui était complète.

Le rein est divisé horizontalement en deux partii rieure les calices refoulés, formant des cavités voir face blanchâtre, contiennent du liquide louche. Le très atrophié et les pyramides se distinguent à peine, rieure, vaste poche contenant deux litres de liquide interne mamelonnée, sillonnée de colonnes limitant de petits cia-

té d’un calcul enchâssé dans un des calices, proéminant de deux centimètres environ dans ’orifice de l’uretère ; il est libre dans la moitié oitié, enfoncée dans le parenchyme, jouit cepen-

Dbilité qui lui permet de jouer le rôle de clapel sur l’uretère.

iphreclomie dans la lithiase.

rfe l’Ass. franç. d'Vrologie, 11103, p. 189.

t aujourd’hui condamnée pour les calculs rénaii) lour les pyonépliroses calculeuses : on dehors dei rulentes, la suppuration simple du rein dévelop

pée autour d'un calcul peut créer des indications de néphrectomie. Dans une première catégorie, il existe primitivement une suppuration rénale au milieu de laquelle des calculs se sont développés ; le développement et l’accroissement d’un calcul sont des épiphénomènes, des complications symptomatiques, mais c’est l’état des parois de la poche purulente et du tissu rénal qui dominent la scène : la néphrectomie peut donc s’imposer.

Dans la deuxieme catégorie, un calcul s’est aseptiquement développé dans le rein ; l’infection est venue ensuite. Il y a lieu de penser que, si la maladie n'est pas trop ancienne, les parois de la loge infectée sont susceptibles de guérison après extraction du calcul et évacuation du pus. Aussi est-ce à une néphrolithotomie qu’on aura recours.

Il est préférable de conserver le rein même diminué. On y parvient ordinairement, mais dans certains cas, le résultat reste incomplet. J’en . donne comme témoignage l’observation d’un malade chez qui échouèrent 4 opérations faites dans un but conservateur dans l’espace de cinq ans. On aboutit à une néphrectomie.

Néphrectomie d’un rein calculeux aseptique.

Bulletin de la Société médico-chirurgicale, 1902.

Dans la grande majorité des cas, ainsi que les résumés précédents le démontrent, la néphrolithotomie est la règle pour les calculs aseptiques du rein : il y a cependant des cas exceptionnels, tel que celui que je rapporte, où l’ablation du rein s’impose d’emblée, 11 s’agit d’un malade qui, après quelques coliques néphrétiques, avait ressenti des douleurs lombaires presque constantes, supportables pendant quatre ans, augmentant rapidement et devenant intolérables. Enfin pendant les six dernières semaines, des hématuries profuses se produisaient, si rapprochées qu’elles auraient pu faire croire à un néoplasme. Dans les derniers jours l’anémie qui en résultait était inquiétante ; une opération d’urgence s’imposait. Mais les pertes récentes de sang étaient si considérables que j’étais peu disposé à exposer le malade aux dangers d’une incision rénale qui amène toujours un écoulement sanguin abondant. Forcé par les circonstances, j’intervins cependant et ce n’est qu’au cours des manœuvres opératoires que je me décidai à la néphrectomie, quand, après avoir palpé le rein, je sentis qu’il était bourré de calculs

sont remplis de produclions calculeuses uraliques et aseptiques : une néphrolithotomie serait forcément restée incomplète.

Néphrolithotomie : nécrose consécntive et élimination spontanée du rein.

Compte, rendu de lAss. franç. d’Urologie, 8“ session, 1904, p. 132.

Une néphrolithotomie ayant permis d’enlever en totalité un gros calcul coralliforme fut suivie au troisième jour d’une élévation légère de température : celle-ci persistant, un débridement de la plaie condnisit sur et dans le rein qui fut trouvé normal. Dès lors tout se passa bien, mais à partir au douzième jour, le irajet du drain donna issue à des débris de tissu cellulaire, presque sans suppuration, et sans infection. Peu de jours après, apparut un débris cubique, gros comme une noisette, traversé par un catgut que le microscope démontra être du parenchyme rénal. Trois jours après, en exerçant une légère traction sur un débris de tissu cellulaire on amène au dehors toute une moitié du rein ayant conservé sa forme anatomique.

sans odeur et aseptique. Ce phénomène s’explique difficilement et la compression du pédicule, faite par une main très exercée au moment de l’incision, avait été Irès modérée ; les suites opératoires, malgré la légère élévation thermique, n’étaient pas celles d’une plaie infectée. On ne peut donc admettre un sphacèle de l’organe dû à l’infection, mais il s’agit très probablement d’une trombose dont la cause reste d’autant plus obscure que je n’ai pu trouver de fait analogue dans la littérature.

Tuberculose rénale hématogène et tuberculose ascendante.

Médecine moderne, 1906, p. 221.

Personne ne conteste plus aujourd’hui que le point de départ habituel de la tuberculose urinaire soit le parenchyme rénal ; la discussion ne porte plus que sur la question de savoir si ce foyer initial est le seul qu’on observe ou si la tuberculose peut envahir d’abord les voies inférieures et remonter vers le rein.

Le mode de progression de la tuberculose hématogène est intéressant à étudier ; l’uretère n’est pas forcément envahi et peut servir de passage aux bacilles sans s’inoculer lui-même, au moins dans sa partie moyenne. Au contraire les méats urétéraux sont presque toujours infectés à uiie période initiale; grâce au cystoseope on assiste à la diffusion des lésions qui se propagent dans la vessie en suivant la direction du courant de l’urine, extension en rapport avec les symptômes observés.

De grandes différences existent dans la nature des lésions et l'intensité des symptômes. Tantôt le cystoseope montre dans la vessie des lésions tuberculeuses incontestables, mais sans inflammation ; les symptômes sont alors atténués. Tantôt existe une vascularisation étendue avec des productions tuberculeuses rares, donnant lieu à une grande fréquence et à des douleurs mictionnelles intenses. Aussi seraiton en droit d’établir cliniquement l’existense de deux formes : l’infection vésicale tuberculeuse et la cystite tuberculeuse.

Mêmes différences pour la contamination de l’urètre et de la prostate ; mais ici la cause occasionnelle la plus fréquente est l’urétrite, soit qu’elle préexiste à la tuberculose rénale, soit qu’elle ait été contractée consécutivement.

Les symptômes de l’infection des voies inférieures sont aussi

bruyants que ceux qui proviennent du rein et de l’uretère le sont peu : ces derniers restent longtemps tout à fait latents. Survienne une urétrite, les voies inférieures sont contaminées et une cystite douloureuse et intense parait être la première manifestation d’une infection qui cependant est installée depuis plusieurs années. Aussi dans ces conditions est-il difficile de démontrer que la lésion initiale a bien pour siège les voies inférieures. Je crois en avoir cependant des exemples bien nets dans lesquels le cathétérisme des uretères m’a apporté une démonstration aussi nette que possible, chez la femme surtout.

Cette infection semble pouvoir rester limitée aux voies inférieures. Ce n’est pas d’ailleurs au hasard qu’elle affecte une marche ascendante. Il 'existe une condition primordiale qui tient l’infection rénale sous sa dépendance ; c’est la rétention vésicale incomplète. En effet l'infection tuberculeuse de la vessie y produit deux sortes de lésions bien différentes et des symptômes distincts. Dans l’une, la plus classique et souvent la seule décrite, la vessie se contracte violemment, expulse jusqu’aux dernières gouttes, et sa capacité, physiologique tout au moins, diminue. Dans l’autre, au contraire, la fihre musculaire sous-jacente à la muqueuse infectée, participe elle-même au processus' inflammatoire, et perd sa contractilité ; il en résulte une atonie du bas-fond qui se laisse distendre et la rétention incomplète est créée ; les méats urétéraux baignent constamment dans un liquide infecté, se distendent et s’entr’ouvent ; ils offrent à l’ascension microbienne une voie d’autant plus facile que la fréquence et la violence du besoin d'uriner et les contractions auxquelles se livre le malade sont parfois extrêmes dans cette forme.

Aussi dans toute cystite ne devra-t-on jamais négliger de pratiquer l’exploration vésicale au point de vue de la rétention. Quand on la constate, une règle thérapeutique en découle : l’évacuation par la sonde. C’est le meilleur et souvent l’unique moyen de protéger les reins.

Tuberculose rénale. Valeur fonctionnelle du parenchyme rénal sain au milieu de lésions tuberculeuses avancées.

Compte rendu du premier Congrès international d’Urologie, 1908, p. 7UÜ.

Chez plusieurs malades le cathétérisme urétéral a démontré que des reins atteints de tuberculose avancée, bilatérale, conservaient néanmoins une puissance fonctionnelle d’une réelle valeur, très suffisante

pour que la santé n’en souffrit pas. Chez un de ces malades une intervention sur le rein, commandée par des accidents aigus, devait être une néphrotomie ; mais elle dut se terminer par l’ablation du rein ; le congénère quoique atteint lui-même a continué à fournir à lui seul la même quantité d’urée qu’avant l’opération. Dans ces cas il ne faut opérer que si l’on y est foreé par des accidents très graves, mais alors il ne faut pas hésiter à le faire car le congénère suflit généralement à établir la suppléance, même avec une petite quantité de substance

Dans plusieurs cas j’ai pu mettre la quantité d’urine fournie par un rein tuberculeux pendant un cathétérisme urétéral, en regard de la quantité du rein sain : 20 grammes de substance rénale (quantité mesurée après que la néphrectomie efit été pratiquée) du rein malade donnaient 2S grammes contre 23 du côté sain, avec un peu moins d’urée par litre : dans deux autres cas, résultats analogues avec des lésions encore plus avancées.

Enfin chez une malade dont la vessie ne permettait pas la séparation des urines, l’état général était satisfaisant malgré l’existence dans l’urine de nombreux bacilles : aucun signe morbide n’était appréciable du côté gauche, le rein droit présentant au contraire tons les signes classiques d’une tuméfaction mobile; une néphrectomie fut faite de ce côté. La malade devint aussitôt anurique et succomba au onzième jour.

L’autopsie montra à gauche une oblitération très ancienne ayant amené l’annihilation de tous les éléments rénaux. Or le rein droit néphrectomisé était creusé de cavernes; ce n'était qu’un noyau de substance rénale du volume d’une noix qui assurait la sécrétion de t.200 grammes d'urine par jour. La dépuration de l’organisme était cependant suffisante pour avoir entretenu pendant plusieurs années un état général satisfaisant.

d. — Pronostic de la tuberculose rénale.

Le Bulletin médieal, 1907, p. 70-73.

B — Évolution et traitement de la tuberculose rénale.

La Presse médicale, 1910, p. 191.

Les signes de la tuberculose rénale manquent souvent à son début; l’hématurie n’est pas constante non plus que les douleurs ; la palpa-

lion est souvent négative. L’examen bactériologique et l’exploration rénale directe précoce, sont des plus importantes car la gravité de la tuberculose rénale tient surtout à l’impossibilité de faire un diagnostic en temps utile.

On peut dire que la guérison spontanée n’existe pas ; la démonstration anatomique et clinique reste à faire. La marche des lésions du rein primitivement atteint est lente au début, même latente, puisque certains reins complètement caséeux n’ont donné lieu qu’à peu de symptômes. Ordinairement des symptômes plus bruyants se manifestent du côté des voies urinaires inférieures ; l’état général périclite et cette déchéance peut être l’indice de l’envahissement de l’autre rein. J’insiste sur l’unilatéralité habituelle des lésions du rein au début, qui est seul infecté primitivement.

D’après mes observations on peut fixer à deux ou trois ans la durée d’une tuberculose rénale dont le diagnostic est certain. La seule thérapeutique rationnelle est la néphrectomie totale : l’incision simple ou la néphrectomie partielle sont insuffisantes et abandonnées actuellement. La gravité opératoire est très faible (3 à tO p. tOO) et varie suivant chaque chirurgien.

Comme résultat, la rapidité de la cicatrisation peut être très grande ; ailleurs une suppuration plus ou moins prolongée s’établit. Assez souvent un trajet fistuleux s’établit; suppuration qui semble dépendre du degré d’infection générale et peut persister pendant plusieurs mois. D’ordinairè ces fistules ne nuisent pas au rétablissement général. En même temps il est remarquable de constater l’amélioration et la disparition consécutive des lésions des voies inférieures ; d'abord la fréquence et la douleur, puis la purulence et l’hématurie diminuent et disparaissent ; il en est de même des lésions de la prostate et de l’épididyme qui sont infiuencées plus tardivement. Le retentissement de la néphrectomie sur les lésions des voies inférieures démontre combien la tuberculose de ces régions est subordonnée aux lésions initiales supérieures.

L’état général est encore plus sensiblement modifié par l’opération que létal local; l'appétit revient, le teint se colore, les forces reparaissent et surtout l’augmentation du poids peut aller jusqu’à 22 kilogrammes dans l’espace de six mois. 11 est difficile, la néphrectomie étant de date récente, de dire pendant combien de temps se maintient ce relèvement. Des opérés que j’ai pu suivre pendant plus de trois ans sont dans un état florissant. Les signes d’infection générale disparais-

sent aussitôt que le rein tuberculeux a été enlevé, aussi est-ii intéressant de noter ce cantonnement de l’infection dans un appareil. Cependant il ne faut pas que le malade néphrectomisé se dispense de tout soin, ni qu’il oublie qu’il est tuberculeux; une alimentation substantielle, le grand air pourront aider à le préserver à jamais de toute atteinte.

A. — Formes larvées de la tuberculose rénale.

Compte rendu de la ff" session du Congrès français de Médecine.

B. — Diagnostic de la tuberculose rénale.

Compte rendu de l’Ass. franç. d'Urologie, 1906.

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