VESSIE
Recherches expérimentales sur la sensibilité et la contractilité de la vessie.
In Thèse inaugurale, Paris, 1882,
A 1 instigation du professeur Guyon j’ai cherché à reproduire expérimentalement les phénomènes que notre maître avait observés'et signalés en clinique et notamment au cours de ses opérations de litho- Iritie. Elles ont été instituées surtout pour établir le degré de sensibilité et de contractilité de la vessie, dans les conditions normales et d’autre part sous l'influence du cbloroforme. .le les ai faites au laboratoire de physiologie de la Sorbonne, où j’ai pu poursuivre mes recherches grâce à l’obligeance et aux précieux conseils de M, le professeur Regnard.
Pour me rendre compte de la pression intra-vésicale, j’ai eu recours à un petit appareil manométrique disposé de la manière suivante : Une sonde est introduite dans la vessie d’un cbien par la verge, sur laquelle je place une'ligature au niveau du gland. La sonde s’abouche avec un tuyau de caoutchouc, lequel se continue par un tube de verre en Y ; il chacune de ces trois branches vient se fixer un tuyau de caoutchouc. L’un d’eux communique avec la sonde, un autre avec un manomètre à mercure, un troisième est libre, fermé à volonté par une pince à verrou; i ce troisième tube on peut adapter la canule d’une seringue et ainsi injecter ou aspirer du liquide et faire varier la pression intravésicale. Quant au manomètre, c’est un simple tube de verre recourbé en U, dont chacune des branches contient une colonne de mercure de 20 centimètres. L’appareil prêt à fonctionner doit être exactement
Voici le résumé des résultats que m’ont donnés mes expériences :
a. Les contractions de la vessie sontdes actes réflexes sous la dépendance d’une sensibilité spéciale dont le champ est la muqueuse vésicale et l’urètre prostatique.
est anesthésiée au bout de trois à quatre minutes. On injecte à ce moment dans la vessie de l’eau en quantité suffisante pour les manœuvres cystoscopiques, et on opère alors dans un milieu anesthésiant dont le titre est très faible et par conséquent sans danger.
Technique des lavages de la vessie.
Journal des Praticiens, 3 déc. 1898, pp, im-lTi.
Sous le nom de lavages de la vessie on désigne des manœuvres assez différentes par leur technique et par leurs effets, suivant qu’oq se propose d’évacuer des produits morbides ou de modifier l’état de ses parois.
Dans le premier cas une sonde volumineuse est nécessaire pour ofirir aux produits à évacuer un chemin aussi large que possible ; aussi les sondes à double courant sont-elles à rejeter car aucun de leurs deux conduits n’est suffisant. Les sondes métalliques sont réservées aux calculs, débris de calculs ou corps étrangers ; la sonde Nélaton est trop molle et a une lumière trop étroite ; la sonde de gomme est l’instrument de choix, on la choisit aussi grosse que possible, sans distendre l’urètre. A l’aide d’une seringue" à embout large on injecte avec force une quantité peu considérable de liquide, .^0 à 100 grammes, et on retire rapidement la seringue pour laisser écouler de suite le liquide qui tient le produit malade en suspension.
Les lavages thérapeutiques peuvent succéder aux précédents pour cautériser, aseptiser ou modifier leur paroi. Ici point, n’est besoin d’une grosse sonde; la solution thérapeutique, est injectée lentement et laissée eh place un temps assez long pour agir par contact. Le nitrate d’argent, quand il est supporté, est le type de l’agept modificateur et antiseptique.
Quant aux lavages urétro-vésicaux sans sonde ils ont une action certaine, mais ces lavages sont inefficaces pour le déblaiement de la vessie. Leur action sédative se limite à la région cervicale.
Traitement de certaines cystites subaiguës parla rétinol salelé. Annales des maladies des voies génito-urinaires, 1892, l. X, p. 633.
L’emploi du rétinol associé au salol à 6 p. 100 trouve sa place dans certaines urétrites très irritables. Appliqué dans les cas d’inflammation
Cystite chronique et hématuries vésicales consécutives.
Taille vésico-vaginale. Guérison.
Sociité médico-pratique, séance du 14 février 1887.
A la suite de l’ouverture dans la vessie d’un phlegmon péri-utérin cette cavité s’infecta et devint le siège d’une cystite aiguë qui s’installa avec des intermittences, augmentant peu à peu d’intensité pendant trois ans, de sorte que les douleurs étaient devenues intolérables. Aucun signe de tuberculose. L’état général devint mauvais et une pyélite fut évidente à droite. Dans le but principal de soulager les douleurs une colpo-cystotomie fut pratiquée : peu de jours après les douleurs vésicales avaient disparu. L’abondance de pus diminua progressivement ainsi que toute trace de sang dans l’urine. Celle-ci s’écoulait tout entière par le vagin. L’état général devint rapidement meilleur. .
La fistule vésico-vaginale est entretenue pendant cinq mois, puis suturée. La guérison est complète, il n’y a plus de douleurs mictionnelles et la malade n’urine que toutes les 4 ou 5 heures. L’état général est bon, mais les urines restent purulentes car la pyélonéphrite per-
Cette opération pratiquée peu de temps après les travaux d’Hartmann sur ce sujet, est une des premières qui aient été faites en France.
Diagnostic des cystalgies et des cystites consécutives aux interventions sur l’utérus.
Heoiic de Thérapeutique médico-chirurgicale.
N“2t, 1" novembre 1899, pp. 724-727.
Les affections utérines, surtout infectieuses, retentissent souvent sur la vessie. H est fréquent'de voir une infection se propager des organes génitaux à la-vessie, malgré les soins antiseptiques. Le diagnostic est facile si on recherche le « trépied symptomatique », comme l’indique le professeur Guyon, c’est-à-dire la l'éunion des trois symptômes, douleur, fréquence, purulence des urines.
Ailleurs il s’agit de cystalgies dans lesquelles les douleurs et la fréquence sont parfois très intenses mais où le pus n’apparatt pas dans
l’urine. Là, encore le diagnostic est facile, dans les cas simples tout au moins. Mais il se complique quant à la cystalgie s’ajoute une complication infectieuse, pyélite ou suppuration pelvienne voisine, La cystoscopie est le moyen le pins rapide et le plus sûr pour arriver au diagnostic et il faut y recourir le plus vite possible,
Traitement des cystites en général.
Leçons cliniques recueillies par le D' Avorsonq.
Reoue de Thérapeutique médico-chirurgicale, 1" août 1905.
Vue d’ensemble sur le traitement des tfystites aiguës et chroniques : j’insiste sur la nécessité d’un diagnostic diliérentiel d’abord; ne pas confondre la cystite avec les autres localisations infectieuses des voies urinaires, en particulier reconnaître la prostatile, et voir s’il y a coïncidence des deux affections ; établir ensuite si la cystite est aiguë ou chronique et eu établir la cause, la suppression de cette dernière entraînant souvent ipso facto la disparition de la cystite. Suit l’exposé des traitements des cystites aiguës ou chroniques, puis des cystites douloureuses et de leur traitement opératoire.
A. — Contribution à l'étude du diagnostic et du traitement de la cystite blennorragique.
Bulletin général de thérapeutique, n” 15, :ill octobre 188(1.
B. — Traitement de la cystite blennorragique.
Journal des Pratieiens, n" 11, 12 mai 19(l(i, pp. 29;i-29(i.
— L’étude du diagnostic de cette cystite a été entreprise à la suite de la thèse de Leprévost qui tendait à établir que dans le syndrome cystite blennorragique, c’est l'urètre prostatique seul et non la vessie qui est atteinte. Nos observations ne nous permettent pas d’admettre cette théorie, ce que cet article est destiné à démontrer. - Cette notion est importante car elle conduit à des règles thérapeutiques dont voici le résumé.
La cystite blennorragique a pour siège la portion cervicale de la vessie ; elle est toujours liée à une urétrite profonde, mais celle-ci ne peut à elle seule donner naissance à tous les symplùmca de la
cystite. Au début de la blennorragie, certains malades accusent des besoins fréquents d’uriner qui peuvent en imposer pour une cystite, mais leur courte durée et l’absence des autres symptômes de la cystite les en distinguent nettement.
Dans les cas chroniques, le diagnostic de la cystite blennorragique et de la cystite tuberculeuse est parfois impossible quand celle-ci succède à une inflammation blennorragique ancienne.
Un certain nombre de cas désignés sous le nom de cystalgie, névralgie du col, ne sont autres que des cystites blennorragiques mal guéries ; quelquefois, même après la guérison complète, une certaine sensation douloureuse persiste pendant un temps très long.
Le traitement de la cystite aiguë au moyen des émollients réussit rarement et éternise la maladie; on doit, en pleine période aiguë, modifier le col vésical au moyen d’instillations de nitrate d’argent; une réaction vive se manifeste la première fois, mais l’amélioration est rapide. Dans les cas chroniques, les lavages de la vessie sont peu efficaces et peuvent ramener la maladie à l'état aigu. Le traitement général est un bon adjuvant au traitement local qui est indispensable.
Ce traitement local doit consister en instillations de substances modificatrices portées sur le col. Le sublimé au titre de à produit une douleur vive et prolongée et ses effets sont plus lents que ceux du nitrate d’argent. L’iodoforme dans l’huile ou dans la glycérine comme véhicule n’est pas douloureux dans son application ; ses effets, quoique satisfaisants, paraissent lents et incertains.
Le chlorhydrate de cocaïne ne modifie les états douloureux de la vessie que pendant une période de temps très courte. Porté sur le col quelques minutes avant l’instillation d’un caustique, il en atténue sensiblement les effets douloureux ;
A tous les points de vue, le nitrate d’argent possède sur Tes autres agents thérapeutiques une supériorité incontestable.
11. — A vingt années de distance le traitement de la cystite blennorragique apparaît sensiblement modifié. Les instillations de nitrate d’argent sur le col constituent toujours le traitement héroïque, avec une technique qui n’a pas varié dans les cas aigus et chroniques, à condition que le liquide soit déposé sur le col après évacuation complète de la vessie. 11 faut s’en assurer avec soin; nous rappelons que des rétentions incomplètes existent très souvent dans la cystite aiguë et chronique et que le succès du traitement n’est assuré que lorsqu’on •y remédie par le cathétérisme. Le nitrate d’argent qui provoque sou-
vent des poussées aiguës dans l’urètre en présence de gonocoques, ne provoque pas de réactions de ce genre sur le col vésical et dans la
Les instillations de protargol sont moins puissantes, mais moins douloureuses ; celles de permanganate moins régulièrement efficaces et plus douloureuses.
Quand il n’y a pas de rétention, les lavages urétro-vésicaux sans sonde amènent souvent une sédation, rarement la guérison. Les lavages avec cathétérisme sont indispensables quand une rétention incomplète complique la cystite; ils ne dispensent pas de l’instillation, car ils atteignent mal le col et l’urètre prostatique.
A. — Traitement de la cystite tuberculeuse.
Journal des Praticiens, 14 avril 1900, n° IS, pp. 2110-232.
H. — Traitement des cystites tuberculeuses.
Ibidem, 30 janvier 1904, p. (ül.
Le traitement général hygiénique, comme dans toute tuberculose, a une place prédominante. Les médicaments ont moins d’importance. La créosote à l’intérieur, en injections hypodermiques ou en lavements est très utile, de même que les phosphates, glycéro-phosphates, les toniques, le quinquina, etc. Quant au traitement hydrominéral, les indications en sont plutôt symptomatiques et varient avec chaque malade.
L’élément douleur, qui est capital, absorbera souvent toutes les ressources de la thérapeutique ; ou alterneia les injections hypodermiques de morphine et analogues, et les suppositoires avec un petit lavement d’antipyrine et de laudanum dont l’action est énergique k condition qu’il soit contenu dans l’ampoule rectale et qu'il ne dépasse pas 2S grammes de liquide.
Très délicate à établir l’opportunité d’une intervention iiitra-vcsicale ; les vessies irritables, érétiques, congestives, celles qui saignent au moindre contact d’instrument, sont de véritables noli me tangere et, là on doit se contenter du traitement général. De môme pour les cas de début dans lesquels une intervention intempestive accélérerait le processus.
Aux formesmoyennesconviennent surtout les topiques : leslavages
généraux de la vessie, presque toujours contre-ihdiqués, risquent de mettre en jeu la tension de la vessie, excepté dans les cystites avec rétention incomplète qui exigent des évacuations régulières. Les instillations conviennent mieux ; au sublimé qui ne possède d’efficacité que s’il ne provoque pas Une réaction trop violente, je préfère ordinairement l’acide picrique à 1/100 ou l’acide pyrogallique. A côté de cette médication caustique OU substitutive se placent les calmants et antiseptiques : l’iodoforme on suspension dans une solution gommeuse, le gaïacol ou surtout le goménol en solution huileuse qui permet le contact prolongé de cet antiseptique avec les parois malades.
En cas d’échec on aura recours à la cystostomie dans des conditions qui seront exposées plus loin.
Traitement local de la tuberculose vésicale et prostatique.
La Médecine moderne, 1893, p. 86.
Dans les formes très aiguès, tout traitement local est interdit, le moindre attouchement du col ou de l’urètre prostatique provoquant une recrudescence des symptômes et souvent de l’hématurie. Ou bien on se bornera à une médication sédative, ou on pratiqnera une cystotomie pour attaquer directement les productions tuberculeuses en laissant longtemps la vessie ouverte.
Dans les formes moyenne, avec ou sans sonde les lavages, ont l’inconvénient de distendre la vessie et de produire des réactions violentes. Le meilleur topique consiste en instillations à porter sur le col ou dans la prostate, procédé peu oll'ensif qui permet de localiser l’action médicamenteuse. Le nitrate d’argent est dangereux, car il produit une nécrose et crée l’ulcération. Il n’en est pas de même du sublimé qui, à la dose de 1/5 000 est assez bien supporté et après une réaction assez, vive procure une sédation durable. L’éther iodofprmé, peu douloureux au moment même de l’application, est moins actif ; il en est de même de l’acide lactique.
Intervention chirurgicale dans la cystite tuberculeuse.
Confie rendu du 1V‘ Congrès pour l'élude de la tuberculose, 1898, p. 864.
Malgré les résultats publiés par le professeur GuyoH et ses élèves, malgré des succès notables obtenus dans mes premières opérations,
je pense que les indications d’une intervention énergique sur les lésions tuberculeuses de la vessie sont discutables et souvent condamnables, car elles atteignent rarement leur but et peuvent provoquer une poussée aiguë ou suraiguë dans tous les organes urinaires.
Il n’en est pas de même de l’ouverture delà vessie, d’une cystostomie qui assure le repos de la vessie, à condition de se borner à 1 incision et au drainage de la vessie sans chercher à cureter ni à modifier des lésions. Cette méthode mérite d’être appliquée plus souvent qu’elle
Intervention chirurgicale dans les cystites tuberculeuses.
Compte rendu de l’Ass. franç. d’Vrologie, T session, 1903, p. 405.
L’intervention sanglante dans la cystite tuberculeuse est rarement indiquée, sauf dans les deux circonstances suivantes : lorsque des douleurs violentes sont dues aux contractions excessives du coi-ps vésical, ou bien quand le bas-fond est distendu et qu’une rétention notable d’urine entretient l’infection de la vessie.
Quand l’incision est décidée, les uns la pratiquent pour permettre une destruction aussi complète que possible des productions tuberculeuses; d’autres chirurgiens n’établissent une boutonnière hypogastrique que pour supprimer les contractures et assurer l’évacuation.
Cette dernière conduite est préférable ; en effet une exérèse des lésions tuberculeuses doit être complète, résultat irréalisable même par une excision de la muqueuse : j’ai vu trop souvent des poussées aiguës de tout l'arbre urinaire survenir après ces interventions pour ne plus y recourir maintenant. Bien au contraire la cystostomie assure d’ordinaire un soulagement et un arrêt de la malad'ie tels qu’on peut croire h une guérison tout au moins temporaire.
Présentation de calculs vésicaux.
Compte rendu de l'Ass. fran<i. d'Vrologie, U" session, i9ü7, p. 459.
Présentation à titre de rareté de trois calculs extraits de la vessie d’une femme de S8 ans qui avait eu des hématuries il y a quelques années, et chez qui des douleurs vives n’exisluient que depuis un an.
La sonde métallique passait au-dessus des calculs qui avaient été plusieurs fois méconnus car ils étaient logés en arrière du pubis, aux trois quarts recouverts par la paroi vésicale qui se refermait sur eux. Aussi le diagnostic de cancer de la vessie avait-il été porté plusieurs fois. Par une section hypogastrique il fut facile d’extraire trois calculs volumineux tétraédriques à arêtes égales entre elles et dont le poids est le
même à quelques centigrammes près = 20",95 ; 21",tO ; 21''',15 I6g.l5).
Un autre malade avait été lithotritié il y a quatre ans et des débris nombreux avaient été retirés. Les symptômes des calculs reparurent bientôt et s’accompagnèrent peu à peu d’accidents infectieux tels que, renonçant d'emblée à une nouvelle lithotritié, je pratiquai une taille hypogastrique. Après avoir extrait cinq ou six petits calculs derrière la prostate, j’aperçus en dehors de l’uretère droit l’orifice d’une seconde cavité, gros diverticule dans lequel le doigt plongea tout entier. A l’aide d’une tenette puis de lavages, je retirai une centaine de calculs accumulés dans cette cellule. Ils affectaient la forme bizarre de petits coquillages à volute dont je ne connais pas d’analo gués. ^
Il est très probable que ma première lithotritié avait permis à des déhris de tomber dans le diverticule où ils avaient échappé aux manœuvres d’aspiration. Des dépôts phosphatiques en avaient amené l’accroissement, sans expliquer leur forme bizarre.
Deux observations de calculs vésicaux volumineux ayant pour noyaux des épingles à cheveux.
Société de médecine de Paris, iO mai 1890, et Union médicale, 1890.
Ces deux faits répondent au processus et à la genèse classiques des masses phosphatiques qui se développent autour des corps étrangers intra-vésicaux. La vessie s’était rapidement infectée et l’accroissement du calcul avait été rapide. Chez la première malade l’intolérance était telle que la taille vésico-vaginale fut pratiquée d’emblée ; les lèvres de l'incision ne se fermèrent pas et une fistule vésico-vaginale s’ensuivit. 11 fallut six opérations successives de colporaphie pour obtenir l’oblitération, insuccès attribuables à l’infection de la vessie et aussi 4 l’extrême indocilité delà malade.
Dans le deuxième cas, la dilatation forcée du col fut pratiquée d’abord, pour opérer par l’urètre le broiement du calcul, opération calquée sur la lithoiritie périnéale de Dolbeau, mais les manoîuvres furent vite reconnues impossibles. Par une incision large de la paroi vésico-vaginale, je pus extraire facilement les fragments calculeux, puis l’épingle à cheveux. La cicatrisation se fit ici en quatre jours, rapidité 4 opposer 4 la lenteur de la fermeture de la plaie chez la première
Traitement des calculs vésicaux chez la iemme.
Hernie générale de clinique et de thérapeutique, 14 décembre 1892, pp. 790-791.
Quatre méthodes sont en présence ; la dilalalion forcée de l’urètre et du col vésical, la lithoiritie, les tailles vésico-vaginale et hypogastrique. La dilatation a pour elle la simplicité, apparente tout au moins, mais elle ne permet pas de manœuvres étendues et n’olfre guère d’avantages sur la lithotritio ; en plus, elle est passible d’un gros inconvénient, l’incontinence consécutive, qui guérit assez vite chez lesjeunes femmes mais reste souvent incurable 4 un 4go avancé.
La lithoiritie est plus difficile 4 pratiquer que chez l’hemmo en raison de la mobilité et de la flaccidité do la vessie qui permettent nu
calcul de fuir devant l’instrument. C’est néanmoins encore l’opération de choix pour les calculs petits et moyens.
Restent les tailles qu’on doit réserver aux gros calculs, à ceux, fréquents chez la femme, qui ont pour noyau un corps étranger et aux vessies infectées ; la taille vésico-vaginale avec suture immédiate a des indications plus nombreuses que la cystotomie hypogastrique.
Quatre cent soixante-dix-huit calculs extraits d'une vessie sans broiement.
Journal des Praticiens, 8 août 1894.
Cette observation est plus intéressante comme curiosité pathologique que féconde en enseignements. Un malade de 67 ans avait depuis trois ans des douleurs dorso-lombaires intenses, sans coliques néphrétiques réelles. Depuis quelque temps fièvre, inappétence et signes d’in-
Très brusquement le malade est pris sans cause, de douleurs violentes du bas-ventre, puis bientôt après, lombaires et abdominales, avec tous les signes d’une colique néphrétique véritable ; en même temps, fièvre intense et frissons. Le soir même, rétention d’urine complète qui nécessite un cathétérisme. A notre première exploration quelques jours après, nous trouvons une rétention incomplète assez considérable ; la sonde donne issue, en même temps qu’à l’urine, à plusieurs petits graviers arrondis comme des grains de plomb. A l’aide d’une sonde métallique à petite courbure nous évacuons successivement, le D' Prédal et moi, une grande quantité de nouveaux calculs ; mais l’intolérance de la vessie ne permet pas de continuer. Quatre autres lavages à des intervalles de plusieurs jours continuent à amener des calculs tous plus ou moins sphériques et lisses au nombre extraordinaire de 474.
Néanmoins la vessie n’était pas complètement libérée et la sonde métallique rencontrait un ou plusieurs calculs. Nous employons alors une très grosse sonde métallique n" 29 pour pratiquer l’aspiration. Trois calculs plus volumineux que les précédents vinrent tomber dans le goulot de l’aspirateur. Un quatrième engagé dans l’œil de la sonde fut amené au dehors ainsi fixé pendant qu’une injection poussée dans la sonde écartait les parois de Turètre pour éviter de les blesser par le passage du calcul.
Le malade ne souffrit plus mais la pyélo-néphrite a continué à évoluer.
A. — Étude sur la litholritie à séauces prolongées.
Thèse de Paris, 1882.
B. — De la lithotritie à séances prolongées.
Revue de Chirurgie, 1882, p. 917.
Pendantplusde cinquante ans la lithotritie a été pratiquéedemanières fort diverses par Civiale, Leroy d’Etiolles, Heurteloupet beaucoup d’autres qui, préconisant les instruments où les modifications dont ils étaient les auteurs, adoptaient chacun une méthode différente, dans le détail tout au moins. C’est au professeur Guyon qu’on doit d’avoir fait une sélection dans les procédés employés et établi une technique basée sur l’observation clinique, l’anatomie et la physiologie de la vessie, qui fut universellement adoptée.
C’était, on le sait, la lithotritie à courtes séances ù laquelle il s’était converti et il avait obtenu ainsi des résultats remarquables. Manœuvres de douceur, séances courtes, peu ou pas de lavages consécutifs, le malade expulsant les débris par une miction normale, répétition des séances à intervalles éloignés, tel était le tableau de la lithotritie que pratiqua M. Guyon pendant une quinzaine d’années et qu’il avait reconstituée sur des données scientifiques.
En 1878, Bigelow, professeur ù l’Université de Harward ù Boston, prit le contre-pied de la pratique répandue en Europe et institua une opération nouvelle. Pour lui, la vessie souffre moins des manœuvres même très prolongées que du séjour sur sa muqueuse et dans ses parois de fragments plus ou moins offensifs. 11 s’est donc proposé d’assurer l’écrasement et l’évacuation du calcul en une seule séance. Pour y parvenir il emploie des instruments de cathétérisme d’un calibre considérable (30 Charricre). litholritcurs et sondes. Les lavages ne lui suffisent plus comme moyen d’évacuation : il invente et perfectionne des appareils aspirateurs grùce auxquels il extrait des fragments volumineux. La tâche du broiement en est diminuée d’autant. Il ne demande ù ce dernier que le minimum de travail, considérant l’aspiration comme le facteur principal du résultat k atteindre. D’où réintroduction très nombreuses et alternatives du lithotrileur et de la sonde aspirnlii^e, poui oaiBii des fiugmculs des qu’ils sont réduits ù un volume
assez petit pour être amenés dans l’aspirateur. Bigelow, pour indiquer l’importance de l’évacuation, applique à son opération la dénomination de litholapaxie.
Le professeur Guyon reconnut bien vite les avantages et les inconvénients de l’opération nouvelle. Il en repoussa les côtés violents et offensifs, en particulier 1 exagération du volume des instruments. Il n’accepte pas non plus le principe de vouloir quand même évacuer tous les calculs ou débris en une seule séance. Mais avant tout il interroge la vessie; si cette cavité se contracte trop, si elle saigne, si la masse calculeuse est trop volumineuse, il interrompt l’opération après avoir fait une évacuation prolongée. Au bout de quelque temps, l’excitation vésicale se calme et une nouvelle séance permet alors d’avoir l’évacuation complète. C’est d’après l’examen, l’étude, la critique des observations de notre maître que nous avons exécuté notre travail qui, en entrant dans le détail de chacune des phases de l’opération, en établissant des statistiques nous a permis de mettre en lumière ses avantages et ses défauts.
Au surplus nous ne pouvons mieux faire pour en donner une idée plus complète que de reproduire nos conclusions principales.
Les séances de lithotritie peuvent être prolongées pendant tout le temps nécessaire pour effectuer un broiement complet. Celui-ci n’est complet qne lorsque les fragments ont été pris et repris, réduits en poussière ou en parcelles de très petit volume ; il est donc indispensable de faire un très grand nombre de prises.
11 n’est pas nécessaire d’employer des brise-pierres d’une dimension considérable ; le n" 2 suffit dans la plupart des cas ; un mors fenêtré permet d’achever le broiement en se bornant à une seule introduction.
Les séances prolongées doivent toujours être suivies de l’évacuation immédiate des débris. C’est l’une des conditions essentielles de leur innocuité. L’évacuation est toujours facile lorsque le broiement a été complet. Elle peut être faite par les lavages à la seringue ou par l’aspiration.
Lorsque la vessie est contractile, les lavages simples constituent un excellent moyen d’évacuation qui, a lui seul, peut suffire pour débarrasser complètement la vessie; il est souvent nécessaire de suspendre momentanément le chloroforme pour que la vessie puisse se contracter sous l’influence de l’injection. Au contraire l’aspiration ne peut êlre bien faite qu’en l’absence de contractions; c’est une des raisons qui obligent ô se servir du chloroforme.
11 n’est pas toujours possible de prolonger les séances ; la persistance ou la répétition des contractions vésicales malgré le chloroforme est la principale contre-indication. Lorsque le broiement ne peut être continué, il est nécessaire de faire l’évacuation la plus complète possible des fragments obtenus.
Le séjour de portions volumineuses de calculs non broyés n’offre en général aucun inconvénient. 11 en est de même pour les quelques fragments qui peuvent ne pas avoir été extraits même après un broiement complet dans une séance prolongée.
La lithotritie è séances prolongées est applicable dans tous les cas où on emploie la lithotritie à séances courtes, lîlle est applicable à des cas où les séances courtes et répétées ne sauraient convenir et qui restaient jusqu’à présent justiciables de la taille, car elle permet d’opérer par le broiement des calculs de 4 et même S centimètres.
De l’aspiration des fragments après la lithotritie (En collaboration avec le professeur Guyou).
Annales des maladies des organes génito-iirirmires, 1.1, 18811, pp. 1()S-179, 213-231.
Dans la partie experimentale de ce mémoire nousexposonsle résultat des recherches faite in mlro pour établir comment se comportent les débris calculeux par rapport à une sonde aspiratrice introduite dans la vessie, d'abord pendant l’injection du liquide à i’aide de la pression sur l’aspirateur, en second heu au moinont de l’aspiration proprement dite. Si on emploie une sonde à un seul œil, l’injection détermine un mouvement vibratoire qui éloigne les fragments : au contraire une sonde à deux yeux produit un remous total elles fragments bien éparpillés, passent à proximité dos ouvertures au moment de l'aspiration. En effet l’aspiration ne s’exerce qu’à faible distance. Au ilclà de 5 à ti millimètres, un fragment n’est plus attiré dans la sonde, s’il repose sur le fond de la vessie, mais s’il est en suspension lu distance utile pour l’aspiration est doublée. Un seul orilice de sonde entraîne mieux un gros fragment : de menus débris et les poussières sont attirées on plus grande quantité par une sonde à doux yeux.
Le développement de la prostate est une mauvaise couditiou pour l'aspiration : seule une soude à petite courbure |)out s’en approcher assez pour produire un effet utile. La vessie doit contenir une (|uanlilé
de liquide assez considérable, subordonnée d’ailleurs à ces contractions, sans quoi la flacidité des parois viendrait les appliquer sur l’œil de la sonde.
Ces conclusions sont confirmatives de l’observation clinique. L’aspiration supplée aux contractions de la vessie qui doit se laisser faire et par conséquent être soumise à l’anesthésie chloroformique. 11 faut commencer par déblayer la vessie de tous les menus graviers et du sable au moyen de lavages à la seringue : on pratiquera plus aisément ensuite l’aspiration des fragments d’un certain volume. La technique de l’aspiration est minutieusement décrite, détails que nous ne pouvons résumer ici et qui sont l’objet d’une description étendue ; c’est grâce à leur observation senle qu’on arrive à donner à cette manœuvre toute son efficacité.
A. — Des indications de la lithotritie.
Compte rendu du Congrès international de Berlin, 1890. Chirurgie, p. 22. n. - De la lithotritie appliquée au traitement des gros calculs.
Bulletin général de thérapetitique,
;î 0 juillet 1892, t. CXXll, 28' livraison, pp. 49-04.