BACILLE TUBERCULEUX HUMAIN
En France, Mosny, Aviragnet, Marfan se ralliaient à cette doctrine. Aviragnet, dans sa thèse, était particulièrement affirmatif. Pour lui, le bacille de ICoch est incapable de produire l’hépatisa» tion, et quand celle-ci existe autour des lésions tuberculeuses, elle est l’œuvre de microbes surajoutés : le pneumocoque, le streptocoque... la pneumonie caséeuse serait d’abord* une pneumonie banale avant de devenir tuberculeuse.
Ortner, dans un mémoire très documenté, fait sous la direction de Weichselbaum, distinguait dans les poumons des phtisiques deux processus pathologiques : la formation de tubercules et le développement des lésions pneumoniques. Ces deux processus diffèrent au point de vue histologique aussi bien qu’au point de vue étiologique. Les lésions pneumoniques si fréquemment observées dans la phtisie pulmonaire seraient engendrées par le microbe de la pneumonie les tubercules par le bacille de la tuber-
Ce retour à la conception ancienne de Virchow s’appuyait en somme sur trois ordres de faits : le manque ordinaire d’hépatisation autour des lésions tuberculeuses, la présence de microbes
portée bien plus grande : la présence de pneumocoque et de streptocoque dans les régions hépatisées est moins fréquente qu'on ne semble vouloir le dire, elle n’a pas été constatée par A. Frankel et Troje, Straus ; et quand ces microbes existent, ils sont ordinaire-
Quant au troisième argument, l’absence assez fréquente du bacille de Koch dans les foyers hépatisés, il paraissait a priori plus important. Cependant A. Frankel et Troje, partisans convaincus de l’unité bactériologique de la phtisie, y avaient
îs sur ce sujet. Après injections intra-trachéales, chez le ; le lapin, de l’extrait éthéré du bacille tuberculeux, les aatomiques observées ont établi d’une façon indiscutable
fibrineuse, catarrhale, dégénérescence caséeuse, est le fait du bacille de Koch et non de microbes surajoutés ;
2° Cette pneumonie est provoquée par un poison spécial sécrété par le bacille-, ce poison peut être extrait à l'aide de l'éther; dilué dans l'eau stérilisée et injecté dans la trachée au cobaye et au lapin, il reproduit toutes les lésions de la pneumonie tuberculeuse.
L'unité de la phtisie, œuvre éminemment française, était ainsi
avaient fondée sur la clinique et l’anatomie pathologique recevait la sanction pathogénique, seule à l’abri de toute discussion.
Est-ce à dire que dans les poumons de phtisiques, la pneumonie ne puisse, dans certains cas, reconnaître d’autre facteur
bacille tuberculeux est-il capable de produire la pneumonie? était
affirmative et qui nous paraît inébranlable. Cela nous suffit.
Il nous faut maintenant entrer dans le détail de nos expériences et des résultats auxquels elle nous ont conduit.
Quand on injecte dans la trachée du lapin ou du cobaye l’éthé-