‹ Exposé des titres et des travaux scientifiquesChapitre 4 sur 16 · SYSTÈME NERVEUX · texte numérisé non relu

SYSTÈME NERVEUX

À. — 1* Sur un cas d^hydrocépbalie par oblitération de Taqueduo de Sylvius et du quatrième ventricule (Congrès de Moscou. — Xil' Congrès international, acùt 1897, p. 79).

2" Sur le traitement chirurgical de l’hydrocéphalie. (1897, Imprimerie Mcnneri.)

S” Sur un cas d’hydrocéphalie par oblitération des trous de Monro. (limousin médical, 1899.)

J’ai fait cette étude après une autopsie pratiquée sur un entant hydrocépbalique.

Le 15 juin, on conduisit dans mon service de l’hôpital de Limoges un petit garçon hydrocéphale âgé de huit mois et demi. A la naissance, la tête paraissait normale et l'enfant bien constitué; ce n’est que vers le sixième mois que des convulsions survinrent, très violentes dès le début, très nombreuses (15 ii20par jour) et que la tête commença à grossir. Ce cortège d'accidents continua jusqu’au moment où l’enfant entra dans mon service. Alors la tête présentait 55 centimètres de tour et les convulsions revenaient jour et nuit. Toutefois l’enfant se nourrissait sufiBsamment quoiqu’il souffrit et criât sans cesse. La tête, régulièrement globuleuse, à sutures largement ouvertes, à parois orbitaires supérieures relevées, présentait l’aspect classique habituel que je crois inutile de décrire.

J’hésitais à faire l’opération, étudiant le malade avec soin, lorsque subitement il succomba le 24 juin, neuf jours après son entrée à l’hôpital.

A Tautopsie, je trouvai les méninges normales ; mais le liquide sous-araohnoïdien n’existait pas ; il y avait à peine une légère humidité. La substance cérébrale, très pâle, avait une épaisseur d’environ 5 millimètres. Toutes les circonvolutions étaient marquées, sans profondeur toutetois.

Le liquide cérébro-rachidien sortit brusquement, en déchirant la substance cérébrale en un point, donnant un jet à l’extérieur, indiquant ainsi qu’il était soumis à une pression intérieure. Ce liquide était jaune verdâtre ; il y en avait un litre environ. La cavité qui le contenait était formée par les trois ventricules céré-

braux communiquant par la cloison transparente déchirée et les trous de Monro largement ouverts. Ce qui me Irappa surtout, ce lut l’épaisseur de l’épendyme qui avait un millimètre au moins et qui était fortement coloré en jaune. 11 tapissait toute cette cavité et fermait l’anus de l'aqueduc de Sylvius. La tente du cervelet était fortement déprimée; mais le cervelet, dont la face supérieure était aplatie, avait, sauf cette particularité, son aspect habituel. J’examinai minutieusement le trou de Magendie. Vu de l’extérieur, il me parut ne rien présenter de particulier, ayant autour de lui les petits traotus habituels.

11 en était tout autrement du quatrième ventricule et de l’aqueduc de Sylvius. Sur des coupes sagittales, je trouvai l'aqueduc et le quatrième ventricule comblés par l’épendyme hypertrophié. 11 n’y avait plus de cavité, même virtuelle, tout étant occupé par l’épendyme qui, coloré en jaune, représentait le moule de ces cavités. Il y avait donc oblitération de ces voies, et le liquide céphalo-rachidien des ventricules cérébraux ne pouvait plus communiquer avec celui du quatrième ventricule et des espaces sous-arachnoïdiens.

Je dois ajouter que la moelle était saine et que je trouvai autour d’elle une quantité normale de liquide.

J’ai cru, en me basant sur cette observation, qu’on pouvait poser les conclusions suivantes :

1» Dans certains cas, l’hydrocéphalie est due à l’oblitération des voies ventriculaires postérieures. Les ventricules antérieurs ou cérébrauy étant isolés, mais continuant à sécréter, se transforment en cavité close, en une espèce de kyste dont le contenu augmente toujours et produit, par une poussée excentrique, les accidents que l’on observe du côté du cerveau et des enveloppes crâniennes ;

2” En présence de lésions épendymaires aussi accentuées, on peut se demander si cette membrane n’est pas, plus fréquemment qu’on ne le croit, la cause de l’hydrocéphalie, et s’il n’y a pas lieu de lui faire une plus grande part dans la pathogénie de cette affection ; ,

3“ Au point de vue thérapeutique, il semble que la seule opération qui conviendrait eu pareil cas serait celle qui permettrait de rétablir la communication entre les cavités ventriculaires antérieures et l’espace sous-arachnoïdien, chose évidemment bien difficile.

Sans vouloir me prononcer définitivement sur le manuel opératoire, je serais disposé, le cas échéant, après avoir fait la craniectomie au niveau- de la

scissure sylvienne, au-dessus de l’insula de Reil, îi fajre communiquer largement la cavité ventriculaire avec le fleuve sylvien. J’aurais ainsi une large voie d’écoulement pour le liquide ventriculaire qui, en suivant le fleuve sylvien, les lacs de la base du cerveau et les canaux péri-protubérantiels et bulbaires, arriverait facilement autour de la moelle. Mais comment établir définitivement cette ouverture ? Ne pourrait-on pas, s’il était reconnu qu’elle se referme d'ellemême, y maintenir à demeure un double bouton creux de caoutchouc, puisqu’on reconnaît la tolérance du cerveau pour ce corps ? Ce boulon ferait communiquer la cavité ventriculaire avec les espaces sous-arachnoïdiens.

En tout cas, je crois qu’une suture très complète de la dure-mère et même de l’arachnoïde serait nécessaire pour éviter l’écoulement du liquide à l’extérieur et aussi pour empêcher toute infection de la plaie par des pansements ultérieurs.

C’est à cause des résultats désolants fournis par les craniectomies suivies du drainage extérieur que je me suis décidé à publier cette observation et ces conclusions.

Depuis, j’ai fait une deuxième autopsie d’un enfant hydocéphalique. Les deux trous de Monro étaient oblitérés et la poche hydrocéphalique, très considérable, occupait les deux ventricules latéraux, le septum lucidum ayant été déchiré. Le troisième ventricule très déprimé, aplati, existait et était sans communication avec la poche principale.

Page 1