PATHOLOGIE MENTALE
récemment à la Société médico-psychologique, par MM. Vigoureux et Truelle.
Je dois rappeler qu’en ce faisant, les auteurs ont déclaré qu'il s’agissait là non d une classification d’une valeur scienlifiqne, mais d’unsimple catalogue.
Faut-il ajouter que jft suis loin de partager cette manière de voir.
Les lésions du sang dans les maladies mentales
11 importe tout d'abord de faire valoir dans l'examen du sang, au cours des maladies mentales, l 'importance de la technique, identique dans tous les cas, permettant d’éviter de nombreuses causes d’erreur.
En second lieu, il importe de préciser, autant que faire se peut, les résultats obtenus, au point de vue de leur signification par rapport à la pathologie mentale.
D'une façon générale les modifications du sang sont en rapport avec la marche et le caractère spécial de la maladie causale.
Dans les maladies infectieuses et toxiques, évoluant sur le mode aigu et par accès, on observe plus souvent la prédominance de polynucléaires, dans les maladies subaiguSs ou chroniques, de préférence des mononucléaires et des lymphocytes. L'éosinophilie dans les maladies constitutionnelles et dans certaines infections subaiguSs ou chroniques.
Dans certains cas on peut éventuellement voir cytologiques étrangères au sang normal.
apparaître des for
ortanle à connaître et à remplir
môme temps les vaisseaux, les méninges, les tissus d’origine conjonctive.
Or, c'est déjà dégager un caractère important relatif à l’agent pathogène causal, que d’établir si ses réactions se sont limitées au seul tissu nerveux et névroglique, ou si elles se sont produites en même temps sur tous ceux qui composent l’encéphale.
En d’autres termes, ces tissus étant de différenciation histologiquodiverse, le modo d'action de l’agent pathogène (suivant sa nature spéciale, ou son degré d’intensité, ou la vulnérabilité spéciale au sujet), est déjà mis en évidence par ses affinités et ses localisations, sur tels ou tels de ces tissus.
De là une première division des maladies qui produisent le délire ou la démence suivant que l’agent pathogène se localise sur le tissu neuro-épithélial seul (cellules nerveuses et névroglie), ou sur ces éléments en même temps que sur les tissus vasculo coujonctits (méninges, parois vasculaires, endothéliums, leucocytes, etc.).
Les notions étiologiques relatives à la maladie du sommeil, dont la lésion anatomique est une encéphalite dilfuse chez les sujets ayant habité des pays où la paralysie générale inflammatoire n’existe pas ; les notions relatives à
signes ont disparu.
Cependant, pour l’observateur qui voit le malade au moment de l’accit aigu et quioonstate ces symptômes moteurs, cette inégalité pupillaire, troubles intellectuels, l'analogie avec la paralysie générale est frappante. Ce serait une erreur d’y taire rentrer de tels sujets.
Comme ces malades sont souvent dos alcooliques, leur avenir comporte ronostio que 1 on peut taire pour eux d'une façon générale. Et de même s’il ;it d’épileptiques.
La forme confuse de la paralysie générale Il faut admettre une forme confuse de la paralysie générale,
Ou trouve dans les poumons une congestion vaso-paralytique avec hémorragies histologiques dans les alvéoles, consliluant une forme spéciale de broncho-pneumonie.
Dans le foie, il y a des zones avec ectasies capillaires et hémorragies diapédétiques miliaires. ^
La démence, en ses degrés, est la perte plus ou moins complète, mais irréparable des facultés mentales, par destruction des dendrites et des axones dans les points terminaux où ils assurent l’union et ia synergie des éléments nerveux de l’encéphale (1).
Les conséquences d’une telle destruction, aboutissant à la rupture de connexions anatomiques et physiologiques, peut se résumer assez bien dans le terme « d’autonomie cellulaire », qui suffit à définir ia démence
La lésion dont il s’agit débute, en ce qu’elle est destructive, au niveau des extrémités des prolongements dendritiques et neuraux, progressant vers le centre de la cellule nerveuse.
De telle sorte que, si le développement histogênique de la cellule ner-
teuse se fait du centre cellulaire vers la périphérie et s’accroît à mesure que la fonction elle-mime se développe^ le processus anatomique de la démence détruit de la périphérie au centre, en supprimant tout d’abord ce que le plus haut degré de la fonction avait constitué.
On s’explique par là comment l'examen histologique du corps cellulaire lui-même, ne montre dans do ai nombreux cas de démences que des lésions à peine appréciables, ou insuffisantes à expliquer la gravité des symptômes constatés par la clinique.
D’autre part, le corps cellulaire régissant la trophicité de ses extrémités (dendritiques et neurales), peut conserver toute son importance au point de vue d'une atteinte primitive, alors même que sa lésion reste médiocre par nos moyens d’investigation.
Cette rupture des connexions cellulaires apparntt comme lu lésion fondamentale et la condition palhogéniquo du symptôme démence, dans toutes les maladies mentales où il se peut produire.
zone qu’ont porté nos mensurations. Sans prétendre à une rigueur mathématique, U semble que ce mode de comparaison est plus précis qu'aucun autre h condition de prendre les précautions indispensables (même fixateur, môme inclusion à la celloïdine). L'orientation de la coupe a plus d'importance, on le comprend, que son épaisseur, puisqu’il s’agit, non pas de compter le nombre des cellules, mais de déterminer leur dimension en hauteur, H est évident aussi que seuls doivent être mensurés les éléments non intéressés par la coupe et ayant leur noyau parfaitement conservé; on doit rejeter complètement toute cellule fragmentée,
A l’aide de ce procédé, on peut mettre en évidence dans plusieurs de nos cas, i’atrophie d'nne grande partie des grandes ceiluies pyramidales on, ce qui revient au même, leur diminution numérique relativement aux petites pyramidales.
La protubérance, le bulbe, a moelle étaient normaux, sauf dans un cas.
Celte observation unique permet d’inscrire la dégénérescence desoordons postérieurs parmi les lésions spinales de la démence précoce.
J’ai consacré à son étude un mémoire spécial. Mais il faut remarquer ici, qu’il s’agit d’une lésion systématisée et devant de ce tait, répondre à une lésion primitive de l’élément nerveux, avec prolifération névroglique. De sorte que le caractère général des lésions no s’écarte pas- de celni qu’on retrouve dans l’encéphale tout entier (cerveau, cervelet, mésooéphale).
Ainsi les lésions de la démence précoce se trouvant circonscrites aux éléments nouro-épithéliaux, il importa d’insister sur le caractère négatif, qui exclut de cette maladie toute altération des tissus vasoulo-conjonctifs.
En réunissant les obscrvaiions publiées par dilférents auleurs, on couslaie que dans presque toutes se trouve indiquée l’absence do lésion des méninges, des vaisseaux et des capillaires de i’encéphaie,
On peut diviser en deux oatégories les observatiops exceptionnelles, dans lesquelles se trouvent signalées les altérations des méninges et dos
Dans la première, qui est de beaucoup la pins nombreuse, se rangent les l'ésions disparates, mais qui lontes apparaissent comme surajoutées et comme répondant h des maladies intercurrentes, ou 4 dos maladies terminales- Tels sont des foyers do petites hémorragies miliaires, par lesquelles l’examen histologique permet d’aifirmor une dale tout 4 tait récente, alors que la démence précoce existait depuis des années. Telle est encore la présence d’une méningite granulique chez un dément précoce, malade depuis des années, et qui dans les
Les démences paralytiques (paralysies générales), rappelons-le brièvement, présentent une forme inflammatoire, une forme dégénérative et une forme associée à des gommes, à dos tumeurs, aux lésions préalables de l'alcoolisme sur lesauolles 1 encéphalite inflammatoire vient se greffer à titre
Dans tous ces cas l'ensemble des tissus qui composent l'encéphale sont atteints d'une manière ou d'une antre.
Ainsi, dans les paralysies générales dégénératives les parois des artérioles et des capillaires sont en état de dégénérescence aussi bien que les éléments nerveux eux-mêmes.
De même, dans les formes inflammatoires, où les lésions sont différentes (diapédèse), mais présentes sur l'ensemble des mêmes tissus.
il ressort de là que, dans les démences de l’adulte, le mode d’action des agents pathogènes est très souvent marqué par la réaction lésionnelle de
On peut admettre que, dans d’autres démences, en particulier dans celles que la clinique reconnaît comme résultat des états vésaniques, les seùls éléments neuro-épithéliaux sont atteints. Ce qui a été dit, do la démence précoce justifie sans doute cette manière de voir. Mais une étude poursuivie à ce
isité respoctivo, les I
D'autre part, les autopsies m’ont permis d’établir cette pathogenie, en raison des lésions de la cellule hépatique, qui sont constantes et indiscutables, qu’elles soient ou non accompagnées de cirrhose, ou d’autres altérations hépatiques.
Ces faits ont été résumés ensuite dans mon mémoire de 1892 et repris
De telles lésions involulivos ont des caractères particuliers (plaques de distance en distance, lésions prédominantes et initiales sur la tunique interne des grosses artères, ectasies, thromboses, état cartilagineux ou caicaire) qui placés en parallèle avec ceux rencontrés chez notre malade, offrent des différences notables, et qui justifient des distinctions très nettes.
Les caractères relevés chez lui peuvent en effet se résumer ainsi :
1" Épaississement considérable, continu et régulier des parois artérielles ;
2‘>Pas d’eclasies, mais au contraire, rétrécissement extrême du calibre de l’artère ;
3* Ce rétrécissement n'est point le résultat d’une thrombose, mais de la seule hypertrophie des parois ; ,
4» Lésions prédominantes au niveau des tuniques externes et moyennes des artères de la base :
5° Développement dans ces parois de vaisseaux hypertrophiés et présence
sont pas nettement tranchés, ce qui est l’un des caractères importants de l’état pathologique et ce qui signifie que dans la maladie, le cycle normal est troublé par un empiètement réciproque. De là cette complexité des cas infinis que la clinique déroule sous nos yeux.
Quoi qu'il en soit, l’examen de tout malade si approfondi qu’il soit, ne montre point autre chose que de tels symptômes dans la sphère des réactions fonctionnelles. C’est que dans le milieu normal l’émotion, le sommeil et la fatigue sont les moyens ordinaires de la défense de l’organisrae, chaque fois que ce milieu tend à devenir nocif, et que dans le milieu pathologique, il se sert des mêmes moyens, qui défendent la santé et la vie, contre la maladie et la mort*
Dans les deux cas, le sommeil, l’émotion et la fatigue apparaissent comme un mode de vie réduite, à la fois moins complexe et moins vulnérable et qui peut ramener, à un minimum relatif, les dépenses excessives que provoqueraient des agents pathogènes.
A voir les choses ainsi, les symptômes les plus étranges, les délires les plus fantastiques ne doivent plus apparaître aux yeux du médecin, comme un objet d’étonnement, défiant toute explication, mais comme ayant une raison d’être, par la mise en œuvre des moyens habituels de la défense organique.