‹ Exposé des titres et travaux scientifiques, 1892-1905Chapitre 2 sur 25 · I. - TRAVAUX D'HISTOGENÈSE ET DE PHYSIOLOGIE CELLULAIRE · texte numérisé non relu

I. - TRAVAUX D'HISTOGENÈSE ET DE PHYSIOLOGIE CELLULAIRE

Nos premières recherches devaient se ressentir tout naturellement du milieu dans lequel nous avons vécu exclusivement la première partie de notre vie scientifique. Élève du laboratoire d’histologie de la Faculté de médecine de Paris, nourri de la parole si claire, si persuasive du professeur Mathias Duval, nous entreprîmes des travaux d’Histologie ou plus exactement, peut-être, d’Anatomie microscopique.

Cependant nous eûmes bientôt cette notion que l’Histologie devait abandonner quelque peu, pour servir de plus en plus à la connaissance de la vie, les errements dans lesquels l’avaient si brillamment conduite Robin d’abord, et nos maîtres actuels, MM. Ranvier et Mathias Duval.

« L’Histologie des tissus adultes, envisagée comme étude de l’acte essentiel d’une fonction, a créé pour ainsi dire la Physiologie générale, disait un de ces maîtres, en montrant que ces actes essentiels sont toujours les mêmes pour un même organe, indépendamment de sa forme et de sa position. »

Cela est vrai, mais, pour que cette Histophysiologie donne maintenant des résultats vraiment féconds, il faut qu’elle devienne surtout l’étude des élaborations cellulaires au double point de vue chimique et physique. Son rôle, ajoutionsnous encore dès 1897 (n° 73), ne doit pas avoir seulement pour but la connaissance delà vie de l’individu; il doit envisager aussi la connaissance de l’espèce.

Après avoir constaté, avec H. Milne-Edwards, que la division du travail physiologique a dû amener une différenciation morphologique des éléments cellulaires composant les organismes, l’histologiste doit rechercher, maintenant, de quelle manière a dû se faire cette différenciation et comment les tissus se sont

L’évolution des espèces n’a été que le résultat de l’évolution des individus, et celle-ci n’a été, elle-même, que la conséquence de l’évolution des tissus.

C’est à la solution de ces problèmes que les savants doivent s’appliquer maintenant, en attaquant directement l’étude intime de la cellule chez les animaux supérieurs. Certes il est logique, il est sage même, de chercher à connaître le fonctionnement de la matière organisée là où elle est la plus simple ; mais, pour cela, nous pouvons nous adresser aux animaux les plus élevés en organisation.

leur développement, par les formes les plus rudimentaires du règne animal. Donc, prendre un tissu à son début, avant même qu’il apparaisse à la dignité de

Nos premières recherches, dans cet ordre d'idées, ont porté sur la slructureet le développement histogénique des cartilages linguaux des Mollusques (52, 56), sur la connaissance des cellules vésiculeuses (74), des tissus conjonctif et carlilagihéiix des Mollusques (75), ainsi que sur les fibres musculaires des Gastéropodes (76)wn ■ L’étude de la morphologie externe des cartilages linguaux, ou pièces de : soutien delà radula, nous montra tout d’abord combien ces organes variaient d’aspect et même de forme chez les Hélix, les Arions, les Limaces, les Planorbes, les Lymnées, les Tritons, les Buccins, les Poulpes, les Seiches et les Calmars.

les uns de tissu musculaire, les autres de tissu cartilagineux. Enfin, l’Histogenèse nous permit d’assister à l'évolution des cellules vésiculeuses, éléments spéciaux que nous rencontrions dans ces organes (74).

Sans nous arrêter à ces questions qui sont d’un ordre trop restreint, nous dirons seulement que- nous avons pu montrer les rapports génétiques «lui

quelques faits nouveaux surfil connaissance Intime’de la fibre lisse des Gastéropodes et que nous avons trouvé des fibres striées, chez ces animaux, contrairement à l’opinion généralement admise alors.

Du reste, nous étions à une époque où les idées nouvelles montraient l’impor-

intercellulaires, réputés parfois, alors, comme étant remplis de substances non vivantes. Notre activité se porta tout d’abord sur une des questions les plus difficiles et les plus ingrates de l’histogenèse, sur le Mode de formation et de développement des tissus élastiques.

Aussitôt après ce travail et dans le but de vérifier la justesse des conclusions auxquelles nous étions arrivé, nous recherchions comment se forment les fibres élastiques particulières que l’on trouve dans certaines éponges, les fibres des

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