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VIII. — DES MALADIES CATARRHALES ET SAISONNIÈRES

Série de leçons sur les maladies catarrhales de l’été et de l'hiver. L’auteur, s’appuyant sur des considérations étiologiques, cliniques et épidémiologiques, s’efforce de démontrer que ces maladies, tout en étant étroitement liées aux vicissitudes météoriques, reconnaissent cependant pour cause immédiate des agents spécifiques venus du dehors (expressions atténuées des grandes maladies endémiques, rougeole, diphtérie, scarlatine, dothiénentérie, dysenterie, choléra) ou développés dans notre organisme (auto-infection, etc.). La constitution catarrhale, ainsi comprise, réside dans les infections naissantes ou abortives, les méfaits du régime ou des obligations professionnelles, les dia-

thèses et les germes qui habitent dans les cavités ouvertes à l’extérieur, tous facteurs pathogéniques qui sont plus ou moins sollicités par les météores. Mais ceux-ci n’en sont que des auxiliaires secondaires et très effacés.

Dans la lutte contre les maladies catarrhales, il y a surtout à atteindre les défectuosités de l’hygiène, qui sont de véritables agents de leur développement et de leur propagation. Leur prophylaxie n’est autre que celle des maladies infectieuses proprement dites, dont elles sont le plus souvent la pâle

IX. — DE LA NATURE DE LA PLEURÉSIE (Gaz. hebdomadaire, octobre 1890.)

Dans ce deuxième mémoire, l’auteur revient sur la thèse précédente ; il s’efforce de démontrer la variabilité de nature et la spécificité constante des causes de la pleurésie. De là la nécessité de compléter le diagnostic purement anatomique de pleurésie, par la détermination delà nature du processus dans chaque cas, qu’il s’agisse d’une pleurésie séreuse ou d’une pleurésie suppurée, le diagnostic nosographique pouvant seul nous fournir les éléments d’un traitement et d’un pronostic rationnels. La clinique, réduite à ses seules ressources, est trop souvent impuissante à pénétrer la nature des phlegmasies pleurales. Dans beaucoup de cas, elle n’arrivera au diagnostic-étiologique qu’à l’aide de données fournies par la bactériologie, qui devra toujours intervenir ici, comme dans la détermination spécifique des angines.

X. - DE LA FIÈVRE TYPHOÏDE DANS LES MILIEUX MILITAIRES (Revue d’hygiène, septembre et octobre 1890.)

On conçoit que par sa simplicité et sa précision, l’origine hydrique de la fièvre typhoïde soit devenue la formule étiologique là plus générale de cette affection. Il est pourtant peu de maladies dont les conditions pathogéniques soient plus variées et plus complexes. Pour les embrasser toutes, il ne suffit pas d’étudier la dothiénentérie sur les bords de la Seine, ou de la Tamise ; il faut la suivre à travers les principales conditions où peuvent'se trouver pla-

cés les groupes humains, et comparer les enseignements que fournit l’observation dans ces milieux divers.

C’est ce que nous avons fait en étudiant la fièvre typhoïde dans les milieux milnaires, c’est-à-dire dans les casernes, les camps, les guerres, les expéditions, l’Algérie, les navires, les colonies tropicales.

Dans cette vaste enquête, nous avons fait ressortir la complexité des facteurs typhogènes, et les conditions diverses dans lesquelles ces facteurs peuvent être appelés à se suppléer mutuellement.

Les grands centres nous apprennent à connaître les foyers d’infection créés par nos habitations : les latrines, les égouts, les réceptacles d’immondices, et subsidiairement le sol et l’eaü de consommation.

Dans les casernes, nous avons rencontré ces foyers infectieux restreints qui se créent sous ,les planchers par l’accumulation lente des matières organiques, ou éventuellement dans les chambrées par l’augmentation momentanée de nos effectifs.

Toutefois, la puissance pathogène de l’encombrement se manifeste surtout dans ces explosions épidémiques qui surviennent à bord des navires, au moment où le mauvais temps relègue les passagers dans les parties basses de ce dernier et porte au plus haut degré les dangers du méphitisme humain.

L’origine tellurique est incriminée çà et là pour la dothiénentérie des villes ; mais nulle part le rôle du sol ne s’affirme aussi hautement que dans les camps dont l’occupation se prolonge et les guerres ; il y montre toute sa puissance typhogène, et contre-balance largement les effets salutaires de la vie au grand

Les manœuvres en plaine ou dans la montagne suscitent souvent un facteur nouveau, le surmenage, c’est-à-dire la préparation du milieu intérieur à l’envahissement et à la culture des germes, que l’organisme leur serve déjà de support, ou qu’il les puise dans une source ambiante.

A peine mentionnée dans l’étiologie classique, la fatigue devient, au milieu des troupes, un facteur des plus importants dont les médecins d’armée ont trop souvent l’occasion de mesurer la haute valeur.

Il en est de même de la chaleur, dont le rôle, à peine marqué dans nos pays, s’accuse par le caractère de plus en plus saisonnier de la fièvre typhoïde, à mesure qu’on l’envisage vers les latitudes plus basses, et surtout par la

régularité de son évolution en Algérie où, à l’instar de la fièvre palustre, elle montre tant de prédilection pour la saison, chaude;

Son explosion au milieu des colonnes expéditionnaires en marche dans le sud, loin des foyers infectieux, témoigne formellement de la véhiculation des germes par l’homme sain (parasitisme latent), et de la haute influence que l’action combinée delà chaleur et des marches prolongées exerce sur ce germe latent.

Enfin, nous avons vu que sa diminution sous les tropiques, malgré l’élévation de la température, se trouvait en rapport avec la faible densité des populations ; c’est un dernier et saisissant témoignage du rôle des grandes agglomérations dans sa genèse.

En un mot, il.ressort de cette étude, que le germe typhique est impuissant à produire à lui tout seul une épidémie. . 11 lui faut, pour cela, le concours des qualités du terrain auquel l’étiologie ancienne a attaché une si haute et si légitime importance : terrain extérieur, avec ses conditions si variables agissant à la fois sur le parasite et sur l’organisme exposé à ses atteintes milieu intérieur, avec sa réceptivité si changeante sous l’empire des violentes infractions aux lois de l’hygiène. — Nous connaissons des maladies dans lesquelles le microbe est souverain et triomphe à lui seul de tous les obstacles. Il y en a d’autres, dans lesquelles il faut faire erer en ligne .de compte, en même

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