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INTOXICATIONS

Applications à la pathologie expérimentale (Toxicologie).

Les intoxications ont été de ma part l’objet de recherches que je crois devoir mentionner. — L’étude de la toxicité, celle des antiseptiques devaient me conduire à ce genre de travaux.

255. — Intoxication par des jambons avariés. — Botulisme. Comité consultatif d'hygiène de France, 1887.

Envoyé par le Ministre du Commerce, alors chargé des services sanitaires rattachés aujourd’hui au Ministère de l’Intérieur, pour étudier, dans le département du Nord, une prétendue épidémie de trichinose, j’ai pu prouver qu’il s’agissait de botulisme : j’ai réussi à mettre en évidence l’origine du mal, qui résultait de l’ingestion de jambons avariés.

J’ai pu, à cette occasion, montrer par quels procédés se produisent ces accidents.

Deux théories existaient. — L’une prétendait que ces troubles étaient dus à l’ingestion d’un poison préformé dans l’aliment coupable. — La seconde soutenait que ces désordres dérivaient de l’introduction d’un microbe spécial, inclus dans ces aliments.

Sans rejeter ni l’une ni l’autre, car, suivant les circonstances, elles peuvent être exacles, j’ai fait voir que des substances avariées, en pénétrant dans le tube digestif, réveillent l’activité des germes qui s’y rencontrent. (Voir le remarquable rapport de MM. Brouardel, Pouchet, Loye au Congrès d’Hygiène de Paris.)

256. — Intoxication par la .naphtaline. — Production de la cataracte. (Conséquences théoriques et pratiques.) Soc. Biol., 18 déc. 1886, en collaboration avec M. le professeur

En faisant ingérer \ gramme de naphtaline à un lapin, pendant douze à Vingt jours, on provogue l’apparition de la cataracte. — Cette donnée a reçu de très nombreuses confirmations. — Elle permet d’étudier la nutrition des diverses parties de l'œil, la genèse de certaines lésions. — Elle a donc des.' applications utiles, à côté de son intérêt expérimental.

' 257. — Intoxication produite par le menthol. — Cataracte. Soc. Biol., 21 janvier 1888.

Nous avons réussi, avec M. Roger, mais moins aisément, moins fréquemment, à faire naître la cataracte en remplaçant la naphtaline par le menthol. ’ — Ce sont là des faits de même ordre, intéressants an point de me théorigue ■ et pratique.

D’aulre part, ces données mettent en garde contre l mage excessif de ces substances, surtout chez les individus dont les yeux ne sont pas en parfait état.,

258. — Intoxication par le sublimé. — Lésions intestinales. (Mécanisme des lésions.— 9 Importance en thérapeutique.) Soc. Biol., 10 juillet 1886, avec M. Rogkr.

Si on injecte dans les veines de l’oreille d’un lapin une solution àvjj| 1 pour 5,000, on provoque d’énormes ulcérations du cæcum. — C’est là une. -.JS entérite toxique, pur élimination, analogue à celle que provoquent les toxines pyocyaniques.

En dosant le mercure dans un poids égal de rein, organe éliminateur, et d’intestin, nous avons vu que ce corps, dans ces tissus, entrait scnsiblemen|Énj en même quantité; il s'agit là, peut-être, d’une fonction d’élimination.■ ~4 JjB Ce mercure passe des vaisseaux dans la lumière du tube digestif. .

Ces expeuences mettent donc en évidence ce rôle éliminateur de l’intestin, rôle dont j’ai montré toute l’importance. (Voir paragraphe 212.)

A d’autres points de vue, ces recherches mettent en garde contre la dangers du

sublimé, même à faible dose. — Elles permettent de saisir toute la signification d’une entérite qui s’installe chez une personne qui reçoit ce sel mereurique.

259. — Sulfate de cinchonamine. — A propos de la cinchonamine. Soc. Biol., ^juillet 1892 ; 30 juillet 1892. Voir la communication de Le Gemme . Soc. méd. hôpit. , 17 juin 1893.

■Tai fixé la toxicité de ce produit isolé par le professeur Arnaud. — J’ai indiqué quelques-unes de ses actions. — J’ai en particulier fait voir qu'il permet parfois d’abaisser la température, dans des cas oh la quinine, l’antipyrine, échouent.

Les hyperthermies, dans les maladies, sont différentes dans la forme, souvent dans le fond ; la preuve de ces différences réside dans l’ inégalité d’influence des médicaments.

On doit donc s’efforcer d’enrichir l’arsenal des antithermiques.

260. — Les associations toxiques (Analogie des lois d'association des bactéries et des poisons inertes). Soc. Biol., 23 décembre 1893.

On connaît mal les effets d’association des différents poisons. — Sur ma demande, M. Modinos a montré que, si la plupart ajoutent leurs effets, quelquesuns se neutralisent. — J’ai ainsi établi un parallèle entre ces associations de principes inertes et celles des bactéries, êtres vivants.

Le plus souvent, la réunion de plusieurs de ces bactéries aggrave leur virulence. — Dans d’autres cas, cette virulence ne varie pas; rarement, elle est abaissée. — On observe pour ces bactéries les lois d’association que je signale pour les poisons inertes.

261. — Toxiques et température (Parallèle de l’action de la chaleur sur les êtres vivants et les corps inertes). Joum. de chim. et pharm., 1893.

Dans ce travail, je développe cette idée, à savoir que les poisons agissent plus ou moins bien suivant la température.

Il en est de ces corps, avec de grandes différences toutefois, comme des microbes. — Suivant les degrés thermiques, leur activité est plus ou moins notable.

Le parallèle entre les propriétés des substances non vivantes êtres vivants se poursuit de plus en plus.

262. — Pouvoir bactéricide et toxicité des phénolates mercuriques et de certains de leurs dérivés, avec M. Desesqoelle. Soc. Biol., 17 mars i894.

Dans ces recherches se trouvent précisées les puissances gcrmicides, toxiques, des composés phénolés ou naphtolés de mercure.

Prenant le sublimé pour terme de comparaison, nous montrons que ces corps sont, pour la plupart, à la fois plus antiseptiques et moins nocifs que lui; ils ont une valeur thérapeutique réelle, en raison surtout de ces deux qualités.

263. — Influence des lésions des tissus sur leur aptitude à fixer les substances dis-, soutes 1 (Lois relatives à la localisation des agents morbides), avec M. Cabkot. Acad. Sc.,

20 août 1894.

La question de localisation des poisons, de leur répartition dans l’organisme, demeure obscure.

Si on les fait pénétrer par le sang ou le tube digestif, en dehors de quelques affinités, il semble qu’ils doivent se diffuser uniformément : il n’en est pas toujours ainsi.

On détermine, au préalable, par des agents physiques, chimiques ou infectieux, des lésions des tissus. — Puis, on réalise une intoxication progressive à WÊ l’aide des sels de plomb, par exemple.

Après un temps suffisant, on constate que les tissus altérés contiennent plus de plomb que les tissus similaires normaux, pour des poids identiques, évidemment.

On conçoit, dès lors, par analogie, pourquoi un goutteux dont le sang est .!| rempli d’urates, s’il vient à déchirer une de ses articulations, verra ses urates, *|8 son acide urique en circulation, venir se déposer dans ce point. — On conçoit ’Ki également, en se basant sur ces données, pourquoi un médicament va se rcndre à la lésion, pourquoi la tuberculine va au tubercule. — Comme dans plu- j sieurs de nos travaux, le parallèle entre des principes non vivants et le microbe ' J| est établi. — Il y a là une donnée d’une portée absolument générale.

S 1 Biol T" “““‘g j’ MCïel * montré que les ■raumalismes favorisent la localisation des corps chimiques. y

264. — Action des antiseptiques sur les bactéries — Analyse expérimentale de cette action. Soc. Biol., 29 oct. 1887; Traité Méd. Charcot-Bouchard, vol. I, ch. xn.

11 s’agit là, pour ces bactéries, de véritables intoxications.

265. — Intoxication par l’alcool, avec le professeur Vuu. Soc. Biol., juillet 1896.

Comme l’a vu M. Daremberg, les alcools supérieurs sont plus toxiques par la voie intrar-veineuse. — La différence est moins nette, quand on use de la voie gastrique. — On obtient, par cette voie, des lésions du foie, des dégénérescences plutôt que des cirrhoses. — Les travaux du professeur Joffroy et de M. Serveaux éclairent vivement cette question.

RÉSUMÉ

Cés études, on le voit, concernent les auto-intoxications aussi bien que les intoxications. — Elles ont, en somme,’rétél è l’origine de.plusieurs substances toxiques, leurs modes d’élimination, les cames de leur augmentation. — Elles ont fait connaître les effets de certains poisons, les conséquences de leurs associations, les modifications que leur imposent les conditions extérieures,, les. analogies qu’ils présentent avec les sécrétions des bactéries, les divers processus d’atténuation exercés par certains corps sur les germes ■infectieux, etc. Pim encore elles ont révélé des lois relatives aux modes d’action, à la répartition des poisons, etc. : elles n’ont pas été sans utilité pour la médecine expérimentale.

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