‹ Exposé des titres et travaux scientifiquesChapitre 29 sur 32 · ÉTUDES CRITIQUES · texte numérisé non relu

ÉTUDES CRITIQUES

L’utilité de la critique scientifique à notre époque de grande et souvent hâtive production-est relativement considérable. — Pour une part, cette utilité provient de ce que l’apparition des doctrines nouvelles entraîne forcément, des exagérations. — On croit que ces doctrines sont capables de tout expliquer ; on a une tendance à faire table rase des notions anciennes. — Il convient de démêler le vrai du faux, les faits positifs des hypothèses ; il convient de mettre chaque chose à sa place.

Je me suis employé de mon mieux, dans la mesure de mes forces, à accomplir cette tâche. — J’ai cherché à montrer comment les découvertes du jour se concilient avec les idées de la vieille médecine. — J’ai indiqué dans quel sens les recherches, à mon avis, doivent être poursuivies. — Je me suis également efforcé de faire connaître les auto-intoxications, les sécrétions internes, etc.

C’est sur cette question, comme sur celles de l’infection, c’est plus spécialement sur les données principales de la pathologie générale, de la pathogénie des symptômes, des lésions, de l’immunité, qu’ont porté une série d’articles publiés dans la Semaine médicale, dans la Revue générale des Sciences, dans le Bulletin, dans la Gazette hebdomadaire, dans le Progrès, dans la France médicale, dans la Revue d’hygiène, dans les 4-nnales d’hygiène et de médecine légale, dans le Journal de Chimie et de Pharmacie, dans la Revue de médecine, dans les Archives de médecine, dans les Archives de physiologie, dans le Traité de médecine Charcot-Bouchard, dans l’Ouvrage de Palhogie générale de M. Bouchard, ou encore dans d’autres Recueils qui vont paraître, par exemple dans la Revue de Physique Biologique, dans l’Année Scientifique, etc. — Souvent aussi, ces travaux ont été utiles, en groupant une série de notions éparses, en les rassemblant en une étude d’ensemble : c’est peut-être là la raison du succès de diffusion du tome I du Traité de médecine Charcot-Bouchard.

274. — État de la doctrine microbienne. Progrès médical, 1885-1889, etc.

Dans une série d’études, j’ai cherché à mettre en vue ce qui m’a paru défectueux dans les méthodes, dans l’esprit du moment. — Au début, l’opposition a été parfois trop tenace. — Plus tard, au contraire, on a accepté trop facilement les faits nouveaux-, on n’a pas tenu un compte suffisant du polymorphisme, des variations de fonctions; on a créé trop d’espèces. —- Actuellement, on examine un épanchement, une' thrombose, la bile du cholédoque; si on décèle un germe, prompteihent on conclut que le microbe que l’on colore est la cause de la pleurésie, de la coagulation, de l’angiocholite; oh oublie que si, avec une culture pure, on n’a pas reproduit la lésion, la maladie, rien n’est démontré. — On oublié qu’il peut y avoir des inflammations, des précipitations de fibrine, sans l’intervention d’un germe quelconque. — On oublie qu’il faut être exigeant en matière de symptômes, avant de déclarer que telle affection a été reproduite ; le nombre des réactions des tissus est limité.

One fois un bacille reconnu, on déduit le pronostic, la marche du mal ; on semble ignorer que, toutes choses égales d’ailleurs, un simple changement dans la virulence d’une bactérie suffit pour créer une maladie très grave ou très bénigne, etc.

Ces idées que je critiquais en 1889 se sont atténuées. — Il est'Certain que l'on tient compte, plus qu’on ne le faisait alors, de ces variations de l’économie ou des germes, variations si importantes pour juger de l’évolution des infections.

Il y avait donc lieu de formuler ces critiques, surtout à cette époque.

275. — Revue sur les néphrites infectieuses, sur la néphrite dothiénentérique en particulier. Revue de médecine, septembre 1881 ; avec M. Capit.is.

Cet article, le premier peut-être au point de vue de l’exposé général de cette grande question des néphrites infectieuses, dont les professeurs Bouchard et Kannemberg ont fait connaître le mécanisme, a notablement contribué à éclairer la manière de concevoir ces lésions, principalement leur pathogénie.

276. — Les récents travaux sur la rage. Arch. méd., janvier 1887.

Écrit au temps des luttes, au temps de l’opposition, ce mémoire met en lumière les bases expérimentales sur lesquelles s'appuie le procédé de vaccination de Pasteur.

Il contient, en outre, des expériences, jusqu’à ce moment inédites, expériences réalisées par M. Bouchard, au laboratoire de pathologie générale de la Faculté de Paris, sur le virus rabique observé chez le lapin. — On sait aussi la part prise par M. Lannelongue aux études de cet ordre.

277. — La pathologie générale de l’infection. — Exposé de la doctrine. Traité de médecine Charcot-Bouchard, i' r vol.; Traité de Pathologie générale de M. Bouchard, tome 11*.

Dans bon nombre d’écrits sur l’infection, je me suis efforcé, je l’ai dit, de concilier l’ancienne et la nouvelle médecine dans la mesure du possible. — On trouvera ces idées développées dans la première partie du Traité de médecine de MM. Charcot et Bouchard, ou dans le tome II dii Traité de pathologie générale de M. Bouchard : j’ai été chargé de rédiger, dans ces livres, les articles concernant l’infection envisagée au point de vue général. — J’ai même dû rédiger d’autres articles, dans ces mêmes livres, sur les phénomènes vaso-moteurs, sur les congestions, les anémies locales, les œdèmes, les hémorragies, etc.

Dans ces ouvrages, j’ai dû exposer, en douze chapitres, les principales notions acquises sur l’évolution de la doctrine des germes-, sur la nature, l'origine, l’habitat, les fonctions de ces germes-, sur les Causes (froid, faim, traumatisme, âge, race, sexe, surmenage, mode de contagion, hérédité, etc...) qui leur viennent en aide ; sur l’étendue du champ de Tinfection ; sur T avenir du râle des sporozoaires ou psorospermies ; sur les symptômes cardinaux des pyrexies (fièvre, albuminurie, diarrhée, hémorragies, dyspnée, délire, coma, convulsions, paralysies, ictère, éruptions, angines, embolies, gangrènes) ; sur leurs lésions primordiales (inflammation, congestion,'œdème, suppuration; dégénérescences cireuse, amyloïde, graisseuse, scléreuse, pigmentaire, granuleuse, hyaline, colloïde; néphrites, entérites, hépatites, splénites; altérations du cœur, des vaisseaux, des séreuses, du sang, du tissu conjonctif, du système

nerveux, de la peau, des muscles, des cellules fixes ou mobiles, etc.). — Là, j’ai dû également développer les données concernant la pathogénie de ces symptômes, de ces lésions, les conditions qui régentent le pronostic, la marche, la durée, les terminaisons, les crises, les rechutes, les récidives, les mécanismes de la mort (qualité, qnantité du virus; action de la lumière, de l’électricité, de la chaleur, de la pression, de l’ozone, de là sécheresse, de l’humidité, de l’hygrométrie, des vents, de l’oxygène; rôle de la porte d’entrée, du terrain, des diathèses, des tempéraments, des réceptivités, des états morbides des organes, tissus ou systèmes, désintoxications, des maladies qui précèdent ou accompagnent les infections; processus toxiques, réflexés, etc., etc.). — Là, j’ai dû faire connaître la part qui revient aux associations microbiennes, aux toxines, considérées au point de vue chimique comme au point de vue physiologique; j’ai dû m’étendre sur l’immunité, sur ses facteurs intimes, suries vaccins, sur la thérapeutique infectieuse, etc. —Partout, on voit poindre le souci d’établir et la part du terrain, de l’économie et celle des bactéries.

278. — L’œuvre de Toussaint. Revue générale des Sciences, nov. 1890.

Dans cet article, la critique de l’origine des vaccins met en lumière la nouveauté, l’originalité des vues émises par Toussaint, véritable précurseur.

279. — La lymphe de Koch. (Affirmation, avec preuves expérimentales, de l'origine bactérienne du produit, à un moment où on ignorait sa nature.) Bulletin médical, 1890.

Au lendemain de la communication de Koch, alors que l’auteur gardait le secret le plus absolu sur la nature de son produit, j’ai le premier indiqué que reproduit devait être une sécrétion bactérienne, et cela à l’encontre de l’opinion de bon nombre d’auteurs.

Je me suis appuyé, pour soutenir cette idée, sur les qualités vaso-dilatatrices, ' congestives de ce liquide, sur ses attributs pyrétogènes, sur les symptômes morbides qu’il fait naître.—les toxines pyocyaniques jouissent, je le savais de par l’expérience, de ces propriétés; elles déterminent des accidents de réaction analogues à ceuxque cette lymphe était réputée produire seule (voir^cad. Sc.,déc. 1893): c’est là ce qui m’a guidé. — L’avenir a pleinement justifié ces mes.

280, 281. — La nature des sécrétions microbiennes, Rev. gén. desSc., 15 mars 1891.

Revue sur les sécrétions microbiennes. — Diversité de leur composition, de leurs propriétés. — Substances pyrétogènes d’origine cellulaire. Journal de chimie et de pharmacie, 1888-1896.

J’ai rédigé ces revues à titre de rédacteur Au Journal de chimie et de pharmacie, 1889-1894, ou encore comme collaborateur de la Revue générale des Sciences ,

J’ai soutenu qu’un même microbe fabrique plusieurs substances douées d’actions diverses sur l’animal. — J’ai démontré la réalité de cette manière de voir émise par M. Bouchard.

J’ai soutenu également que, si ces substances possèdent des attributs physiologiques multiples, elles sont aussi multiples au,point de vue chimique.

J’ai fait voir que les éléments pyrétogènes dérivent soit de nos cellules nerveuses, soit des cellules microbiennes. — La fièvre de la goutte, de l’hystérie, des infections le démontre.

Ces conceptions, appuyées sur l’expérimentation, alors très discutées, sont aujourd’hui adoptées.

282. — Rôle du foie vis-à-vis des poisons. Bulletin médical, 17 avril 1887.

Le rôle protecteur du foie a été découvert par Heger, par Schiff, puis étudié par Jacques, Lautenbach, Roger, etc.

J’ai développé, expliqué cette fonction. — J’ai le premier prouvé qu’elle existe, à un moment donné, chez le fœtus. — J’ai établi qu’elle s’exerce vis-à-vis des sécrétions microbiennes. (Voir Tr. Path. gén. de M. Bouchard, tome II, ch. IV, IX, XII.)

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