Tome II, chap. VI
Dans une série de recherches, poursuivies avec M. Duclert, j’ai vu que le bacille pyocyanique pousse plus ou moins abondamment, suivant qu'on le cultive dans le tissu hépatique, rénal, splénique, pulmonaire, cérébral, musculaire, dans le sérum, dans la lymphe, etc.
En somme, oes expériences montrent jusqu’à l’évidence que .l’économie est formée d’une série de milieux distincts juxtaposés.
Le développement des bactéries est plus ou moins facile, plus ou moins rapide; cette facilité, cette rapidité dépendent du viscère dans lequel on a déposé les microphytes.
C’est ainsi que le foie, la rate fournissent des cultures beaucoup plus riches que le poumon et surtout le muscle; on comprend que l’évolution puisse varier suivant le viscère envahi, le germe pullulant plus ou moins vite.
RÉSUMÉ. — Étiologie générale expérimentale. — Les causes secondes étudiées expérimentalement.
Telles sont les principales notions étiologiques que mes expériences sur le -virus pyocyanique ont mises en lumière.
Montrer la part qui, dans la genèse des infections, revient aux causes secondes, -à la fatigue, au surmenage, au froid, agents — M. Bouchard l’a établi en se ^servant du bacille du pus bleu — propres à favoriser le passage des germes -dans le sang; montrer la part qui appartient aux lésions des tissus, des
appareils, des viscères, à la porte d’entrée, comme aussi à des facteurs plus importants, à la qualité, à la quantité du virus, quantité dont le microbe pyocyanique met en évidence l’importance, c’est introduire, dans la science, en mettant la bactériologie au service de la médecine expérimentale, en l'utilisant méthodiquement, des notions d’un intérêt et théorique et pratique.
Ces notions conduiront à éviter ces causes; elles conduiront, si l’on n'a pu réussir à échapper à leur action, à tenter d’en combattre les conséquences, attendu que nos recherches nous ont amené à placer en vedette non seulement la réalité de ces facteurs, mais le mécanisme de leur intervention : affaiblissement de la phagocytose, de l’état bactéricide, etc.
Ces notions, d’autre part, nous ont appris que, grâce à ces causes, le microbe, alors même qu'il manque de virulence, de nombre, alors même qu’il pénètre dans une région peu favorable, le microbe, en dépit des obstacles, peut créer la maladie; or, la maladie se compose de symptômes, de lésions. — Voyons comment sont réalisés les uns et les autres.