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Thérapeutique infantile. (2 volumes, Octave Doin

Cet ouvrage est consacré à la thérapeutique des maladies de la première et de la deuxième enfance ; nous avons donné une large part à l’hygiène et à la sérothérapie. L’hygiène n’est pas seulement utile à la prophylaxie des maladies infectieuses; elle joue aussi un rôle important dans le succès des médications les plus rationnelles. Elle a été presque entièrement renouvelée; on pourrait dire qu’elle a été scientifiquement créée parles doctrines pastoriennes. En substituant à l’hypothèse mystérieuse et obscure des virus, des miasmes et des contages la notion tangible et lumineuse de l’agent vivant, du microbe, cause essentielle et nécessaire, mais parfois insuffisante de la contagion et de l’infection, le génie de Pasteur a donné une base solide aux efforts des hygiénistes, a promis enfin de faire la véritable prophylaxie des maladies infectieuses. Jusqu’à ces derniers temps, on pouvait croire que l’œuvre de Pasteur se bornerait, dans ses applications à la médecine, à la prévention de certaines maladies infectieuses, et voilà déjà que, grâce aux travaux de ses élèves, à ceux de Roux notamment, nous sommes en mesure d’enrayer dans son évolution fatale, de juguler en quelque sorte, l’une des maladies contagieuses les plus terribles, la diphtérie. Ces considérations justifieront l’importance que nous avons donnée à l’hygiène prophylactique et à la sérothérapie dans le traitement des maladies des enfants.

37. Anémie splénomégalique chez un enfant de vingt mois. Augmentation des globules blancs mononucléaires. Diagnostic différentiel des grosses rates chez l’enfant. (7Whune médicale, n. 33,190t.)

Enfant âgé de 20 mois, présentant une rate hypertrophiée,, s’étendant du rebord inférieur des fausses côtes gauches jusque dans la fosse iliaque droite (splénomégalie). Anémie profonde avec augmentation légère des globules blancs se faisant surtout aux dépens des lymphocytes. Notre cas paraît appartenir au groupe encore mal limité des pseudo-leucémies

spléniques. Quel que soit le groupe morbide dans lequel on range ce fait clinique, il n’en reste pas moins intéressant de constater, dans un cas de splénomégalie pure, sans hypertrophie des ganglions, une proportion aussi élevée du nombre des globules blancs mononucléaires.

38. Lymphome malin généralisé à début amygdalien. [Presse médicale, 1901.) En commun avec le D' L. Toilembb.

B... Jeanne, âgée de 9 ans, entre le 18 janvier 1900 à l’hôpital Trousseau, étantatteinte d’une angine à streptocoque. Elle quitte l’hôpital au bout de 8 jours et revient le 5février avec une hypertrophie de l’amygdale gauche et un mauvais état général. On pense d’abord à un phlegmon de l’amygdale, puis à un chancre de cet organe ;■ le néoplasme évoluant malgré le traitement spécifique,, on songe à un lymphadénome de l’amygdale. Une petite tumeur sous-cutanée se développe dans la région sous-ombilicale; elle est enlevée le 6 mars par M. le professeur. Kirmisson : son examen histologique précise le diagnostic de lymphome malin. La tumeur amygdalienne croit au point de remplir la bouche et de rendre nécessaire la trachéotomie. Tous les ganglions augmentent de volume ; des masses néoplasiques apparaissent dans l’abdomen. L’enfant se cachectise de plus en plus et meurt le 22 mars 1900. L’examen du sang révèle que le nombre des leucocytes n’est pas augmenté ; les polynucléaires sont très rares, les leucocytes mononucléaires moyens sont fort nombreux.

L’autopsie permit de constater que la néoplasie avait envahi, tous les organes lymphatiques et qu’il existait des tumeurs lymphomateuses dans les reins, le péritoine, l’épiploon, le diaphragme, etc. Le foie et.la rate, qui paraissaient normaux à l’œil nu, se montrèrent très altérés à l’examen histologique.

Cet examen a porté sur le-nodule cutané, les ganglions, la masse intra-abdominale, le diphragme, la rate, le foie, le grand épiploon, le péritoine du petit bassin, l’ovaire, la moelle osseuse d’un os long. Dans tous ces organes nous avons retrouvé des altérations dues à la produc-

tion d’un tissu lymphoïde et à l’action de ce tissu sur les éléments propres des organes. Les lésions de la rate et de la moelle osseuse sont particulièrement intéressantes. Dans la rate, l’augmentation du nombre et de la taille des lymphocytes, leur essaimementdanslapulpe de la rate caractérisent la lésion qui, à ce point de vue, ressemble à, une infection banale, ainsi que par la destruction des hématies, la production du pigment ocre,la multiplication des macrophages et la sclérose artérielle; cette lésion diffère toutefois des infections banales en ce qu’elle présente une absence totale de polynucléose. Dans la moelle des os le tissu hématopoiétique est revenu au type embryonnaire et la réduction du champ de l’hématopoièse explique bien l’anémie énorme du sujet.

Nous avons préféré, pour désigner cette maladie de tout le tissu •lymphatique, le nom de lymphâme malin , qui a l’avantage de ne préjuger en rien l’essence de la maladie, tout en éveillant bien l’idée de la production de masses de tissu lymphoïde dans les organes. Nous avons cru, nous appuyant sur la clinique et l’anatomie pathologique, pouvoir ■conclure à la nature infectieuse de l’affection. Les lésions sont en effet analogues, dans bien des cas, àcellesdes granulomes infectieux (syphilis, morve, tuberculose, fièvre typhoïde). L’analogie des lésions musculaires et de l’épithelium rénal avec celles que provoque ladothiénentérie est absolue ; il en est de même souvent des lésions constatées dans l’intestin, au cours des lymphadénies intestinales.

39. Deux cas de nodosités rhumatismales chez les entants. Examen histologique. (Congrès périodique national de Gynécologie, déObstétnque et de Pxdktlm. Nantes. Septembre 1901.)

Les nodosités rhumatismales ne semblent pas très fréquentes. Nous en rapportons deux observations chez des enfants de 11 et de 13 ans ; notre premier malade en présentait un nombre considérable, puisque sur les membres seuls on en comptait plus de 250 ; au niveau du crâne, le semis était tellement confluent que toute évaluation, même approximative, était impossible; notre deuxième malade, une trentaine à peine. Notre premier malade était, en outre, atteint de douleurs articulaire»,

de chorée molle et d’insuffisance mitrale ; notre deuxième malade était également atteint de douleurs articulaires et d’insuffisance aortique.

A l’occasion de ces observations très intéressantes, nous nous sommes efforcé de présenter une étude complète des nodosités rhumatismales chez l’enfant, au point de vue clinique et au point de vue anatomo-pathologique.

Chez les enfants atteints de nodosités rhumatismales, la chorée est signalée dans le cinquième des cas et semble constituer une manifestation grave. Les déterminations cardiaques paraissent constantes.

L’examen histologique des nodosités n’a été que rarement pratiqué d’une façon complète'. Les auteurs les trouvent constituées par du tissu fibreux contenantparfois du cartilage et des foyers denécrobiose. Ces deux lésions faisaient défaut dans le cas que nous avons pu examiner ; nous avons été frappé par la richesse des vaisseaux à paroi épaissie et par la présence d’amas de cellules jeunes à gros noyau vivement coloré. Nos recherches bactériologiques ont été infructueuses.

40. Kystes hydatiques du poumon et de la plèvre du côté gauche (région de la hase), chez une petite fille âgée de quatre ans. Autopsie. (Bulletins et Mémoires de la Société Médicale des hôpitaux, p. 436.1900.)

Nous rapportons une observation rare. Les kystes hydatiques des poumons sont extrêmement rares chez les enfants.

41. Pneumonie double. Absence congénitale du rein et de l’uretère du côté droit. (Bulletins de la Société amtomique, décembre 1819.)

Enfant, âgé de 13 mois. Pneumonie double. Absence congénitale du rein et de l’uretère du côté droit. Le rein gauche était très hypertrophié.

Cette observation concerne un enfant de 16 mois, atteint d’un adénophlegmon du cou et d’œdème de la glotte, nécessitant la trachéotomie. La guérison parut complète douze jours après l’opération. Pendant la convalescence, entéro-colite, spasmes glottiques qui persistent durant une quinzaine de jours et cèdent à la médication antispasmodique (bromure de potassium, teinture de valériane).

42. Contribution 4 l’étude de la pseudo-méningocèle traumatique. (Revue de Médecine,

. avril 1897.) En commun avec le D'Jean-Ch. Roux.

A l’occasion d’une petite malade, âgée de S ans, présentant une large perte de substance osseuse, sur le pariétal gauche avec hémiplégie et contracture du côté droit, remontant à l’âge de six semaines, et occasionnée par une chute sur la tête, nous avons recherché dans la littérature médicale les observations analogues à la nôtre. Cette affection est peu commune, puisque nous n’en trouvons que 32 cas. Il s’agit d’une fracture du crâne qui doit son évolution particulière aux deux conditions suivantes, réalisées chez l’enfant : d’une part, l’adhérence de la duremère, ce qui lui permet de se déchirer lors d’une fracture du crâne ; d’autre part, le développement excentrique du cerveau qui va progressivement écarter les bords de la fracture.

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