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ROUGEOLE

16. Examen bactériologique du sang dans la rougeole. (Bulletins et Mémoires de la Société médicale des hôpitaux, p. 37 h, 1892.)

Le Berliner Klinische Wochenschrift, du 18 avril 1892 renfermait un travail dans lequel Canon et Pielicke annonçaient la découverte d’un bacille spécifique de la rougeole. Ce travail reposait sur l’examen du sang de 14 rubéoleux, à diverses périodes de la maladie. Dans tous ces cas, le sang renfermait un seul et même bacille. La technique employée pour mettre cet organisme en évidence est à peu près celle que Canon a déjà indiquée pour la recherche du bacille de la grippe.

Le sang est étalé en couche très mince à la surface de lamelles qu’on sèche, qu’on fixe en les passant dans la flamme, et qu’on immerge dans l’alcool absolu pendant cinq à dix minutes. On les dépose ensuite, pendant six à douze heures, dans le liquide ci-après, qu’on maintient à la température de 37° :

Solution aqueuse concentrée de bleu de méthylène. 4 parties

Solution de 25 centigrammes d’éosine dans 100 gr. d’alcool i 70“ 2 —

Eau distillée. 4 —

Les lamelles, soigneusement lavées, sont séchées et montées dans le baume.

Les dimensions des bacilles observés par Canon et Pielicke sont telles

que la constatation de leur présence ne doit pas offrir de difficultés réelles.

Faisant une suppléance à l’hôpital des Enfants-Malades, j’en ai profité pour chercher à vérifier les faits annoncés par Canon et Pielicke.

Mes recherches ont porté sur vingt-quatre enfants, atteints de la rougeole, en pleine éruption, et dont la plupart avaient une température très élevée, ainsi qu’on peut en juger par les indications sommaires qui vont suivre :

Le sang, ainsi obtenu, fut examiné, à l’état frais, et après coloration, suivant la technique de Canon. Les lamelles séchées, fixées par la flamme et par l’alcool absolu, séjournèrent dans le liquide colorant, à 38 degrés, en chambre humide, pendant un temps variable de 8 heures à 15 heures. Dans aucun des cas observés, l’examen minutieux et pro-

longé du sang, soit à l’état frais, soit après coloration, n’a permis de constater la présence du bacille de Canon et Pielicke, ou d’aucun autre microbe.

Pour quelques-uns de nos petits malades, le sang, recueilli purement, a été ensemencé dans différents milieux de culture (bouillon, lait, gélose simple, sucrée ou glycérinée, gélatine peptone, pomme de terre). Tous ces ensemencements sont demeurés stériles, il

Le résultat entièrement négatif de mes recherches, qui portent sur 24 enfants, atteints de la rougeole, permet au moins d’émettre des doutes sur le rôle spécifique, attribué par Canon et Pielicke au bacille qu’ils ont décrit.

17. Recherches expérimentales sur la transmissibilité de la rougeole aux animaux.

{Gmmmkalimfüih à l'Amdèmiede Médecine , le 8 mars 1898.)

On ne discute plus la contagion de la rougeole de l’homme a l’homme ; mais sa transmissibilité aux animaux n’a pas encore été établie d’une façon certaine. Les anciens auteurs, il est Vrai, sont très affirmatifs sur l’existence de la rougeole chez les animaux. Je ne rappellerai pas tous les travaux qui ont été publiés sur cette question. Je me bor- ■ nerai à dire que les ouvrages vétérinaires les plus récents ne font pas mention de la rougeole chez les animaux domestiques, ou s’ils en parlent, c’est pour dire, avec Friedberger et Frochner, que les descriptions des anciens auteurs se rapportent à des exanthèmes de nature variée, n’ayant rien de commum avec la rougeole de l’homme.

La rougeole ne frappe donc pas spontanément les animaux. — Pourrait-elle leur être transmise expérimentalement ?

Dans un travail récent, Behlaessaye de résoudre la question : l’inoculation du mucus nasal d’enfants en pleine éruption ne donne aucun résultat sur le cobaye, le lapin, le chat, la souris, le mouton, le chien. Au contraire, Bphla aurait obtenu des résultats décisifs chez le cochon de lait, en lui badigeonnant la bouche et les narines avec du mucus nasal provenant d’un enfant en pleine éruption de rougeole.

Quatre jours après, l’animal aurait présenté du catarrhe nasal et de la rougeur des conjonctives. En même temps, il était abattu et fiévreux : 39°4. Vers le huitième jour, le porcelet avait une éruption qui, en 24 heures, se généralisa sur tout le corps. Cette éruption avait tous les caractères de l’éruption de la rougeole et fut suivie d’une légère desquamation.

En outre, deux cochons adultes se seraient contagionnés au contact du malade et auraient présenté une éruption tout à fait semblable. Enfin Behla ne semble pas douter que ces trois cochons aient eu la rougeole.

Plus récemment encore, au mois de février 1897, M. le docteur Chavigny, médecin aide-major de i r ” classe, communiquait à l’Académie un cas de rougeole chez le singe ; son travail, qui a été renvoyé à la commission des épidémies, est encore inédit.

Chargé, durant l’année 1897, de diriger le pavillon de la rougeole à l’hôpital Trousseau, je me suis proposé de reprendre la question de la contagion de la rougeole aux animaux, et en particulier de contrôler les faits avancés par Behla et par M. Chavigny.

Ce sont ces faits expérimentaux que j’ai eu l’honneur de soumettre à l’attention de l’Académie.

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