Dégénérescence lécithiqne et dégénérescence graisseuse
(En collaboration avec M. Moral.)
[Comptes rendus de îa société de Biologie, 10 mai 18T9, 7“ série, 1.1, p. tl2.)
Chimiquement, les lécithines sont des savons de choline, c’est-à-dire une combinaison entre la base azotée appelée choline, d’une part, et d’autre part l’acide phospho-glycérique et les acides gras oléique, margarique, sléarique, palmitique. Cette substance est susceptible de se saponifier comme les corps gras et dans les mêmes circonstances, en libérant les acides gras, la glycérine et la choline.
D’autre part, cette substance do l oreanismc. à la fois grasse, azotée et phospliorée, est comme un trait d’union entre les trois ordres de matériaux constitutifs du corps, matériaux azotés, substances grasses, substances minérales. Ces considérations nous avaient fait soupçonner qu’elle pouvait avoir un rôle important précisément dans les circonstances où il se fait une transformation ou un passage de l’un des groupes à l’autre, c’est-à-dire dans les circonstances très générales de l’engraissement des animaux et inversement de la dégénérescence graisseuse ou stéatose de leure tissus.
Cette vue s’est trouvée vérifiée dans quelques cas remarquables.
1“ Notre attention fut attirée tout d’abord sur la dégénérescence graisseuse du foie, du rein et d'autres organes, précisément dans le cas d’empoisonnement par le phosphore. Les recherches dirigées dans ce sens (1874-1779) nous ont prouvé que ces organes contenaient une grande quantité de lécithine. 11 y a un moment où la prétendue dégénérescence graisseuse n’est autre chose qu’une dégénérescence lécithique : elle n’est point formée, comme on le croyait, exclusivement par la graisse ordinaire. Plus tard, la lécithine diminue et la graisse augmente, comme s’il y avait saponification de la première de ces substances qui remplirait un rôle intermédiaire ou
2* Nous avons alors examiné les dégénérescences de causes banales ; le rein gras de la néphrite mixte, des cas de formation du pus, le foie gras