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SUR LES ACCÈS ÉCLAMPTIQUES

(Tlièse de concours d'asrégation.)

M. Charpentier commence par constater que tout traitement doit être basé sur la nature de la maladie, et que malheureusement dans l’éclampsie on est loin d’être fixé à cet égard. Tandis que certains auteurs admettent une pléthore cérébrale ou médullaire comme cause primordiale, d’autres admettent l'anémie; tandis que les uns veulent voir dans ces manifestations une lésion purement nerveuse, d’autres y voient des phénomènes morbides survenant sous l’influence d’une altération du sang. Mais on n’est pas même d’accord sur la nature de cette altération ; et les théories de l’urémie, de l’ammoniémie, de Turinémie, comptent chacune pour partisans les plus grands noms des pathologistes. Un grand fait domine cependant, sur lequel tout le monde est d’accord, c’est que le sang de la femme enceinte présente des altérations spéciales, et que, comme Ta très bien fait observer M. le professeur Robin, chez elle l’hématose est incomplète, et d’autant plus que la grossesse est à une période plus avancée, et que l’utérus vient à prendre un plus grand développement, et

s’applique davantage sur la partie sous-diaphragmatique des gros troncs vasculaires.

J Ce défaut d’hématose entraîne une fluidité excessive du sang et le relâchement des tissus. La fluidité plus prononcée, la tonicité diminuée, les changements produits dans les sécrétions, permettent à l’albumine de s’infiltrer, de passer en nature dans les urines; l’albumine sortant en nature appauvrit davantage le sang, le rend plus fluide encore, et l’on voit survenir l’oedème elles infiltrations générales.

» Les maladies nerveuses naissent avec cet état anormal du sang, se dissipent avec lui, comme si elles résultaient d’une pénétration plus abondante, plus profonde de la substance nerveuse par un sang oxygéné, et partant propre à entretenir la vitalité et à exciter les contractions.

» L’éclampsie n’aurait donc plus en général qu’une cause prédisposante, la fluidité extrême du sang déterminée par une altération de l’hématose portée en général au point de produire l’albuminurie, augmentée par l’albuminurie, et surtout, quand elle s’accompagne d’une sorte de pléthore séreuse, amenant avec facilité la congestion, l’infiltration des nerfs ou de leur enveloppe. »

A côté de cette théorie de Robin, il est d’autres auteurs qui admettent un véritable empoisonnement du sang, conséquence de l’hypérémie des reins, intoxication produite surtout par la présence du carbonate d’ammoniaque, et peut-être aussi des matières extractives de l’urine.

Enfin, pour d’autres auteurs, la maladie serait due à la maladie de Bright, à une irritation particulière du système nerveux et à une action réflexe, à l’hydrémie, à l’anémie des centres nerveux, à une altération de nutrition des centres nerveux, â des épanchements à la surface et dans les cavités de l’encéphale, à un œdème de la surface du cerveau.

Chacune de ces théories a influé sur la direction que les auteurs ont imprimée à leur traitement.

L’auteur a donc dû se borner à recueillir de nombreuses observations, et à dresser des tableaux représentant chacun une méthode de traitement, chaque tableau étant subdivisé lui-même en trois parties :

1" Les cas où l’action du médicament a été nulle ou impossible à préciser d’une façon exacte ;

2” Les cas où la maladie n’a pas été enrayée, et a continué sa marche en s’aggravant, sans que l’agent thérapeutique ait agi ;

3" Les cas où la maladie a diminué ou cessé tout h fait.

Conclusions.

Après avoir discuté successivement la valeur du traitement des accès éclamptiques par la méthode des saignées copieuses et répétées, des saignées modérées, c’est-à-dire du traitement antiphlogistique, des anesthésiques, et après avoir conclu résolument contrelc traitement obstétrical, c’est-à-dire contre l’accouchement prématuré provoqué, l’auteur, en présence de la multiplicité des observations, et des résultats si dilférents obtenus par les divers auteurs, croit, avec Stoltz, qu’en présence d’une affection si grave on est en droit de tout essayer. Pourtant les résultats obtenus depuis la publication de sa thèse avec le chloral, semblent indiquer la voie dans laquelle on doit marcher, lorsque l’on n’a pas eu recours au traitement préventif préconisé depuis par M. Tarnier (le régime lacté absolu), qui a donné à l’auteur lui-même, dans la majorité des cas où l’albuminurie avait été constatée pendant la grossesse, des résultats vraiment merveilleux. Le traitement obstétrical se borne pour l’auteur à terminer l’accouchemcntle plus promptement possible par le forceps ou la version, s il se déclare spontanément, et aussitôt que la dilatation du col est complète, c’est-à-dire lorsque l’on peut agir dans l’intérêt de l’enfant (il faut qu’il soit vivant) sans violence ni danger pour la mère.

•1874. — Leçons sür les hémorrhagies püerpérales.

En 4874, la Facilité créait des cours complémentaires faits par les agrégés, qui, en quelques leçons, huit en général, devaient traiter certains sujets limités, et laissés à leur -libre disposition. L’auteur choisit les hemorrhaaies puerpérales, et ce mémoire est l’exposé de ses leçons.

Définissant d’abord ce que l’on doit entendre par hémorrhagies puerpérales, l’auteur comprend sous ce titre toutes les pertes de sang qui se produisent depuis le moment de la dernière époque parue jusqu’au retour de couches.

Il divise son sujet en quatre grandes catégories :

4” Hémorrhagies des six premiers mois de la grossesse;

2“ Hémorrhaaies qui surviennent pendant les trois derniers mois de la grossesse, — hémorrhagies se produisant pendant le travail de l’accouchement;

3“ Hémorrhagies de la délivrance ;

4“ Hémorrhagies secondaires.

L’auteur passe alors successivement en revue les causes des hémorrhagies des six derniers mois, et montrant que ces hémorrhagies se lient presque d’une façon intime à l'avortement, il en étudie les symptômes, le diagnostic et le traitement, qu’il divise en traitement préventif, curatif et palliatif.

Passant ensuite aux hémorrhagies des trois derniers mois de la grossesse et du travail, l’auteur étudie Vhémorrhagie par insertion , vicieuse du placenta, les théories diverses émises par les auteurs français et étrangers, et arrive à la question du traitement, qu’il développe d’une façon toute particulière.

Rejetant l’accouchement forcé, qu’il regarde comme une dernière ressource, alors que tous les autres moyens ont échoué, mais ressource aussi précaire que dangereuse, il discute la méthode de Puzos (rupture des membranes) et arrive ainsi au tamponvmmt- C'est pour lui le moyen par excellence dans les hémorrhagies par insertion vicieuse.

L’auteur examine successivement les différents tampons, et donne la préférence au tampon de charpie fait de bourdonnets isolés; il montre la quantité énorme de charpie qu’il faut employer pour faire un bon tampon, et ajoute :

Pour que le tampon agisse, il faut qu’il séjourne dans le vagin pendant au moins douze ou vingt-quatre heures; or c’est là le grand écueil des praticiens, qui, toujours trop pressés de constater les effels obtenus, se hâtent de retirer le tampon et en perdent ainsi tout le bénéfice.

Combattant les objections faites au tampon par ses adversaires, il montre au contraire tous les avantages qu’on en peut retirer, soit qu’on se borne à le laisser jusqu’à ce que la dilatation du col permette de terminer l’accouchement par le forceps ou la version, soit qu’on laisse la femme accoucher à la fois de son tampon et de son enfant.

L’auteur passe ensuite à l’étude des pertes internes, des ruptures utérines vaginales, et arrive aux hémorrhagies de la délivrance.

Combattant énergiquement la méthode dite de Credé (l’expression utérine), il constate que ces hémorrhagies sont dues à une cause presque unique: l’inertie utérine; il en discute les causes, les signes, le traitement, traite en passant de la rétention du placenta en totalité ou en partie, et montre que les indications se résument en ceci :

-l" Débarrasser l’utérus du délivre et des caillots ;

2" Réveiller la contractilité utérine ;

3” S’opposer à l’afflux du sang vers l’utérus, et à son extravasation dans la cavité utérine;

4° Combattre les effets immédiats et consécutifs de l’hémorrhagie.

11 montre que l’inertie utérine est à répétition, et il étudie ce que l’on a appelé Vinertie secondaire, et les hémorrhagies qui en sont la conséquence ; il prouve que dans ces cas l’accident est le même que dans le cas précédent, et qu’il n’en est que la répétition ; le traitement doit donc être le même.

11 y ajoute la compression de l’aorte, dont il constate les bons effets sans se laisser arrêter par les idées théoriques.

L’auteur examine les autres causes d’hémorrhagie : rupture de varices, les thrombus, les tumeurs fibreuses, le cancer, Vinversion

dans les jours qui suivent Vaccouchement, montrant que la plupart tiennent à ce que l’on a laissé dans l’utérus partie du délivre ou des membranes; et enfin il signale ces hémorrhagies qui tiennent à une excitation particulière du sens génital chez certaines femmes, que la présence prématurée du mari dans le lit conjugal suffit pour impressionner d’une façon exagérée.

Arrivant enfin au retour de couches, il signale les variétés infinies qu’il peut présenter chez les différentes femmes, au point de vue de l’époque de son apparition, de son intensité qui dépasse quelquefois les limites ordinaires, et montre que dans ce cas l’intervention est assez souvent nécessaire.

1874. — Observation de grossesse extra-utérine péritonéale

AYANT DURÉ ENVIRON TREIZE MOIS; EXTRACTION DE L’eNFANT PAR

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