SOIT CONSÉCUTIVE A LA VERSION, AVEC UN COURT APERÇU DES
DIVERSES MÉTHODES d’eXTRACTION.
(Zeitschrift fur Geburtsholfe und Fraaenkrankhciten. Stuttgard, 1876.)
(Traduit et publié, Bulletin de thérapeutique, 1875.)
Mémoire intéressant, dans lequel l’auteur signale la rareté des observations, tant au point de vue exclusivement clinique qu’au point de vue médico-légal, et dans lequel, après avoir rappelé que, parmi les auteurs, les uns considèrent l’extraction comme inoffensive, les autres comme capable de déterminer des lésions fœtales, il montre que ces lésions existent réellement et malheureusement trop souvent; qu’elles consistent en épanchements sanguins dans la région cervicale, hémorrhagies dans les muscles, le tissu cellulaire qui les entoure, et qu’elles peuvent même, quoique très rarement, conduire à la déchirure de ces muscles. C’est surtout le muscle sterno-cléido-mastoïdien qui présente les lésions les plus prononcées. Il cite même deux cas où cette lésion s’est produite par les seuls efforts de la matrice dans une présentation céphalique.
Sur 64 cas d’extraction, il a observé 18 fois ces lésions mus-
A côté de ces épanchements dans les muscles du cou, l’auteur signale l’épanchement sanguin dans d’autres organes, et en particulier dans les cavités du corps (cavité abdominale, au-dessous de la capsule du foie, des reins, déchirure des sinus crâniens, épanchements rétro-pleuraux le long de la colonne vertébrale, épanchements pleuraux); les fractures cpii sont rares comparativement au décollement des épiphyses et qui sont si souvent prises pour des luxations. Parmi les décollements épiphysaires, l’auteur
cite celui qui se produit k l’extrémité sternale de la clavicule, et qui se rencontre précisément avec la déchirure de la portion sternale du sterno-cléido-mastoïdien; le décollement des épiphyses entre la partie écailleuse de l’occipital et la partie articulaire appartenant à la portion basilaire de l’os; la rupture dans la suture temporo-pariétale;les fissures des os du crâne, les fractures de l’occipital avec déchirure du sinus transverse ; la rupture de la colonne vertébrale; les tiraillements, la déchirure de l’appareil ligamenteux; les distensions, les déchirures de l’articulation de la mâchoire, de l’articulation sterno-claviculaire. La moelle par le fait de la déchirure des ligaments vertébrauxne semblepas souffrir autant qu’on pourrait le croire d’après les auteurs.
Les luxations du fémur sont extrêmement rares ; il en est de même des luxations de la mâchoire inférieure.
Les luxations de la mâchoire inférieure, les fractures, le décollement au niveau de la symphyse qui unit les deux moitiés de la mâchoire inférieure, peuvent aussi exister avec ou sans déchirure des parties molles ; les déchirures de la muqueuse et du tissu musculaire de la bouche; le décollement de la symphyse sacroiliaque.
L’auteur après avoir signalé ces lésions, passe en revue les diverses méthodes d’extraction, et conseille l’expression d’après le procédé de Kristeller.
Le mémoire se termine par deux tableaux comprenant;
I. Lésions produites dans l’extraction après la version, 44 cas.
II. Lésions dans la présentation del’extrémité pelvienne, 29 cas.
■1875. — Traité d’obstétrique vétérinaire, par M. Saint-Cyr,
PROFESSEUR A L’ÉCOLE VÉTÉRINAIRE DE LyON.
M. Saint-Cyr s’est efforcé dans cet ouvrage de signaler les rapports qui existent entre l’obstétrique humaine et l’obstétrique animale, ce qui n’avait pas été fait jusqu’à lui.
On y trouve des recherches curieuses sur lapelvimétrie, qui présente cette différence remarquable avec la pelvimétrie humaine, que, tandis que chez la femme la mensuration externe du bassin ne donne que des résultats incomplets, la pelvimétrie externe appliquée à l’animal donnerait, d’après M. Saint-Cyr et M. Arloing, des résultats concluants et positifs.
Le diagnostic de la grossesse se fait chez l’animal à l’aide des signes sensibles, qui se bornent à la constatation des mouvements actifs du foetus. Pas de ballottement, pas de résultats par l’auscultation. il. Saint-Çyr a pourtant nettement perçu les battements du cœur fœtal chez la vache.
Un chapitre est consacré à la durée de la gestation. Elle ne semble pas avoir chez les animaux de durée fixe comme dans l’espèce humaine; et, tandis que chez la femme les grossesses prolongées sont tellement .exceptionnelles qu’elles sont même niées par quelques accoucheurs, il ne paraît pas en être de même chez les animaux, où ce phénomène semble relativement assez fréquent.
Comme dans l’espèce humaine, la gestation peut se faire en dehors de l’utérus.
Parmi les maladies que les animaux présentent pendant la gestation, il en est une qui mérite d’attirer l’attention, c’est laparapfeyie, qui semble assez commune chez la vache. On observe de même chez elle Yœième, que les vétérinaires appellent l’œdème froid. Enfin Riss a signalé deux cas i’amaurose chez la jument.
Il faut encore signaler la rétention anormale du fœtm dans la matrice, l’avortement, qui chez l’animal ne s’accompagne pas d’hémorrhagie, et la rétention du placenta, qui peut chez la vache se produire assez souvent et déterminer des accidents graves. Chose curieuse, chez l’animal l’avortement revêt quelquefois la forme épizootique.
Le chapitre suivant est consacré à l’étude de l’accouchement
sont pas fixes comme chez la femme; le fœtus, il est vrai, affecte dans la matrice une position qui est à peu près constante dans les mêmes espèces, et qu’il garde il peu près pendant toute la vie intrautérine, mais elle change au moment de la mise bas. Comme le fœtus humain, l’animal se présente par son extrémité antérieure, postérieure, ou par le travers. Seulement, tandis que dans l’espèce humaine c’est la tête qui sert de point de repère pour l’extrémité
3t la poitrine qui désigne la présen-
Le chapitre consacré à la dystocie est divisé en dystocie maternelle et fœtale. Ici une différence capitale avec l’espèce humaine ; il n’est question chez l’animal ni de rachislime ni d’ostéomalacie, mais les fractures du bassin, les exostoses, les tumeurs s’y rencontrent beaucoup plus fréquemment que chez la femme ; il en est de même des hernies de l’utérus, des déviations de la matrice. Mais il est une affection spéciale à la vache, c’est ce que les vétérinaires appellent la révolution de la matrice sur son axe, la torsion de la matrice, la torsion du col et du vagin.
Chez la femme, la matrice subit bien un léger mouvement de torsion sur elle-même, mais cela ne peut se comparer à ce qui se passe chez la vache, et qui fait que la face supérieure de la matrice devient successivement latérale inférieure, latérale du côté opposé, pour redevenir supérieure quand la révolution est complète.
Signalons encore la rigidité du col, l’oblitération complète du
col, les brides cicatricielles, la persistance de l’hymen, et l’atrésie vulvaire.
La dystocie foetale est surtout déterminée par le volume exagéré du fœtus (chiens surtout) et les présentations vicieuses.
Les opérations obstétricales comportent la propulsion, la rotation et la version, correspondant à la version dans l’espèce humaine. Quant aux moyens d’extraction, ils exigent l’emploi des lacs, des licols, des crochets, du treuil, du cabestan, des moufles, c’est-àdire des tractions mécaniques.
A ce propos, M. Charpentier se montre peu partisan des tractions mécaniques appliquées à l’espèce humaine, et outre les objections basées sur la direction des tractions, et l’impossibilité où l’on est de les diriger avec la main, il en signale une, qui lui paraît avoir une grande importance : « c’est la différence des causés de dystocie chez la femme et les grandes femelles.
i Chez ces dernières, la dystocie tient le plus habituellement aux présentations vicieuses du fœtus, et comme ce n’est pas la tête qui oppose ordinairement ta résistance, mais le tronc du fœtus, la compression que le bassin de l’animal aura à subir dans les tractions mécaniques, sera déterminée par un corps relativement compressible et revêtu de parties molles épaisses et abondantes ; de là l’innocuité relative. En est-il de môme chez la femme? Loin de là. Les cas dans lesquels les partisans de la force mécanique recommandent l’emploi de leurs appareils sont surtout les rétrécissements du hassin. Or ces rétrécissements du hassin sont constitués par des os solides, résistants, reliés entre eux d’une façon qui ne permet pas leur écartement sans rupture des ligaments et des articulations qui les unissent; de plus, les parties molles qui les tapissent sont peu épaisses, et sont revêtues d’une séreuse, qui parmi les séreuses est peut-être celle qui est te plus apte à s’enflammer. Il y a donc là une première différence, dont il nous semble qu’il faut tenir grand compte. Mais, en outre, quelle est la partie du corps
fœtal qui chez la femme doit franchir cette partie du bassin et offre la résistance? Est-ce une partie molle facilement compressible? Non, c’est au contraire la tête, c’est-à-dire la partie la plus dure, la plus résistante, la moins compressible de l’enfant, celle enfin où les parties molles sont les moins épaisses. Peut-on donc comparer les conditions? Dans un cas, il s’agit de faire franchir un bassin normal à'une partie éminemment compressible, le tronc de l’animal; dans l’autre c’est une partie peu susceptible de réduction (1 d/2 centimètre à 2 au plus dans les cas les plus favorables), la tête, qui doit franchir le bassin, c’est-à-dire un canal absolument résistant et absolument inextensible, et qui, de plus, comme dans certains cas de rachitisme, présente des crêtes, des arêtes saillantes, qui, comme le prouvent quelques faits, peuvent devenir dangereuses, même dans les accouchements spontanés. Peut-on donc s’étonner des résultats funestes auxquels on arrive par les tractions mécaniques, comme le prouve la majorité des faits recueillis actuellement? Évidemment les tractions mécaniques pourront parvenir à faire franchir les rétrécissements à la tête fœtale, personne n’en a jamais douté ; il y a là une sorte d’effet de laminoir que l’on ne peut contester; mais, dans les cas difficiles, ce ne sera jamais qu’au détriment du bassin ou de la tête fœtale, c’est-à-dire de la mère et de l’enfant ; et dans les cas faciles, on pourra presque toujours y parvenir avec la force manuelle seule, surtout lorsqu’elle sera exercée par un homme instruit, et qui saura varier la direction des tractions suivant les axes du bassin, et suivant les conditions dans lesquelles se présentera ce bassin. M. Tarnier, qui considère que la plus sérieuse objection que l’on puisse faire aux tractions mécaniques, c’est d’être invariables, de tirer toujours dans le même sens, et de ne pas pouvoir être modifiées à volonté et dirigées suivant 1 axe curviligne du bassin, croit avoir obvié à cet inconvénient en remplaçant .l’appareil de Chassagny ou de Joulin par le simple moufté.Ilya là déjà, il est vrai, une amélioration, en cequ’onpeut à volonté .diriger les .tractions dans tous les sens, aussi bien
qu’avec l’opération purement manuelle. Mais, si le glissement si fréquent du forceps avec les appareils mécaniques peut être ainsi un peu plus évité, il n’en peut pas moins se produire quelquefois avec ses conséquences désastreuses ; et, de plus, notre objection n’en subsiste pas moins tout entière. Bu reste, les expériences faites par M. Tarnier ne sont pas très nombreuses, sept seulement, et sur les sept observations, deux mères sont mortes, ainsi que quatre enfaïus. Il' est difficile d’apprécier ces résultats, car dans l’article du Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratigues M. Tarnier ne donne aucun détail, ni sur le degré du rétrécissement, ni sur- le volume de la tête de l’enfant. Laissons donc les tractions mécaniques aux vétérinaires, et, si nous voulons faire des tentatives dans ce sens, n’oublions Jamais que les conditions sont absolument différentes, et que les deux existences dont nous avons la responsabilité, sont autrement intéressantes que celles d’une vache ou d’une jument, sur lesquelles nous pouvons avec toute liberté, de; conscience, nous livrer à toutes les expériences voulues. ... .
» Ce n’est pas le tout que de déployer de la force dans un accouchement, il.;faut que cette force soit intelligente, soit raisonnée, et les accoucheurs à mécaniques ont beau me montrer, avec le dynamomètre, qu’ils, ne déploient que 40 kilogrammes de force là où j’en aurai besoin de 60, si mes 60 kilogrammes sont bien dirigés et bien conduits, ils détermineront toujours, j’en suis convaincu, moins de désordres que les 40 kilogrammes appliqués d’une façon inconsciente. » , . , , '■
Le dernier chapitre du livre de M. Saint-Cyr est consacré aux accidents du part, et on retrouve là ce qu’il appelle la fièvre vilulaire, l’analogue de la fièvre puerpérale, et sur laquelle les vétérinaires ne sont pas plus d’accord que les accoucheurs sur la fièvre puer-
Disons enfin que Yéclampsie se rencontre dans les espèces animales comme dans l’espèce humaine.
1876. — Des instruments destinés a remplacer le forceps