MEMBRES
périostique nouveau; il n’y a pas de bourgeons charnus, pas de pus entre l’os mort et l’os vivant.
V. La maladie se traduit par des douleurs à caractère variable, sans siège précis, un gonflement osseux diaphysaire parfois considérable ; la fracture spontanée est quelquefois le premier symptôme observé.
VI. — Le pronostic de l’affection est grave, car elle nécessite presque toujours le sacrifice du membre malade.
VIL — Le diagnostic de l’ostéomyélite chronique d’emblée est des plus difficiles.
Douleur, gonflement osseux, fracture spontanée, en imposent pour un ostéosarcome, surtout pour un ostéosarcome
En tenant compte :
De la lenteur de l’évolution du mal ;
De l’atténuation des douleurs par le repos ;
De la forme du gonflement osseux qui reproduit celle de l’os, de sa consistance uniformément dure, de son siège toujours diaphysaire ;
De la présence des stalactites osseuses quand l’os est superficiellement placé ;
On devra penser à une ostéomyélite chronique d’emblée.
VIII. — Dans le cas où le diagnostic est impossible, la trépanation de l’os malade est indiquée, mais le chirurgien devra avoir pris les précautions nécessaires pour enlever de suite le membre malade, s’il se trouve en présence d’un ostéosarcome.
IX. — Quand il s’agit d’un séquestre diaphysaire total, la seule opération rationnelle est l’amputation dans le segment immédiatement supérieur à la lésion, ou la désarticulation, seule ressource dans le cas où le mal siège à la rqcine du
Nous nous sommes demandé quelles pouvaient être les
causes de cette forme de l’ostéomyélite, et nous écrivions, page 27 :
On voit donc que les états infectieux et particulièrement la fièvre typhoïde peuvent donner naissance à l’ostéomyélite chronique d’emblée.
Ces lésions osseuses sont probablement dues à l’agent infectieux qui préside à toutes les manifestations cliniques de la maladie.
Qu’il y ait eu, dans l’enfance ou l’adolescence, simple poussée congestive du côté des cartilages épiphysaires ou véritable ostéomyélite chronique, apyrétique, dans la convalescence d’une fièvre grave, il est bien évident que l’os atteint n’est plus normal. 11 n’y a donc rien d’étonnant qu’à une période ultérieure, sous l’influence d’un traumatisme léger, d’un mauvais état général, l’os resté point faible, lonis minoris resistantiæ, par suite d’une première atteinte, puisse s’enflammer de nouveau et d’une façon chronique, comme il l’avait fait au début.
Ce serait là de l’ostéomyélite prolongée, si l’on veut, mais en tout cas elle devrait conserver son nom d’ostéomyélite chronique d’emblée.
Je n’hésite pas à reconnaître qne les conclusions de cette thèse sont trop absolues. Du reste, eu 1889, le professeur Trélat, dans une clinique que j’ai rédigée, revenait sur ce sujet
« 11 y a, entre les simples douleurs de croissance et le décollement aigu des épiphyses, de nombreux intermédiaires dans l’affection qui nous occupe. Il y o, en un mot, des formes atténuées de tostéomyélite. L’ostéomyélite peut s’installer sournoisement, être chronique dans sa marche, insidieuse dans ses manifestations. »
.. Je résume cette leçon dans les conclusions suivantes :
« Les lésions de l’ostéomyélite peuvent évoluer sans que