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CHAPITRE IX

OTITES MOYENNES AIGUËS

76. — Recherches bactériologiques sur les otites moyennes aiguës. Annales des maladies

de l'oreille et du larynx, octobre 1888.

1“ L’otite moyenne aiguë n’est pas une entité morbide causée toujours par les mêmes agents parasitaires. Elle peut être déterminée par des microbes différeras. Les otites présentent des caractères cliniques différents suivant les microbes qui leur

2° On a trouvé jusqu’à présent dans l’exsudât des otites moyennes aiguës les quatre espèces suivantes : le streptococcus pyogènes, le pneumocoque de Frænkel, le microbe de Friedlænder, les staphylocoques pyogènes.

3° L’otite à streptocoques est la plus fréquente et la plus grave. Elle se complique souvent d’autres manifestations de l’activité du microbe qui lui donne naissance. L’intervention de ce dernier est évidente dans les complications suivantes : abcès sous-cutanés, suppuration des cellules mastoïdiennes, méningite suppurée, phlébite des sinus, infection purulente.

4° L’otite à pneumocoques peut survenir dans le cours d’une pneumonie. On la voit aussi sans pneumonie. Elle peut être primitive, isolée ou apparaître dans la convalescence de la fièvre typhoïde. Elle a une marche aiguë et se termine habituellement par la guérison. Elle peut se compliquer néanmoins de méningite.

5° Le microbe de Friedlænder a été rencontré parZaufal dans un cas d’otite aiguë. Mais il n’est pas bien certain qu’il ait été la cause de cette otite. Zaufal pense que ce microbe se rencontrerait surtout dans l’otite séro-sanguinolente.

6° Le staphylococcus pyogenes aureus, le slaphylococcus albus, le slaphylococcus flams ont été rencontrés 'dans l’exsudât do l'otite aiguë. Nous ne

sommes pas encore en mesure de dire si l’otite liée à ces microbes présente des caractères cliniques spéciaux.

avons vu le staphylococcus pyogenes aureus accompagner le streptocoque et le pneumocoque. Dans ces cas, le staphylococcus jouait un rôle secondaire et son apparition semblait postérieure au début de l’otite.

• '8° L’examen bactériologique fournit des renseignements précieux pour le pronostic en nom apprenant à quelle espèce microbienne on a araire.

9" La possibilité d’infections secondaires fait qu’il est bon de renouveler à intervalles variables ces recherches bactériologiques.

10° Elles devront comprendre : 1° l’examen microscopique ; 2° les cultures en utilisant non seulement la gélatine, mais les milieux à la gélose; 3° les inoculations en variant les espèces animales et les modes d’inoculation.

11° Tous les microbes pathogènes qu’on trouve dans les otites peuvent se trouver dans les fosses nasales , la bouche, le pharynx de sujets sains.

12° Cette notion, la bilatéralité fréquente des otites, l’existence si fréquente à leur début d’affections dé la gorge èt du nez, permettent d’affirmer que, dans la grande majorité des cas, les agents pathogènes viennent de la cavité buccopharyngée et qu’ils arrivent à la caisse du tympan m traversant les trompes d’Eustaclie.

13° Le même mode d’invasion explique là production des otites dans les maladies générales : fièvre typhoïde, rougeole et sans doute aussi diphtérie, scarlatine, typhus récurrent, etc. Dans ces maladies, l’otite n’est pas liée au microbe pathogène connu ou encore à connaître de ces maladies. Elle est le fait des mêmes agents que l'otite aiguë primitive. Ces maladies s’accompagnent généralement de lésions pharyngées. La sécheresse de la bouche, la gêne de la déglutition favorisent la pullulation des microbes dans la bouche et le pharynx, en même temps que l’atteinte portée à l’état général diminue la résistance de l’organisme et de l’organe.

14° Dam certains cas, les microbes pathogènes peuvent arriver par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Mais ces cas sont de beaucoup les plus rares. Il s’agit alors au début d’otites internes et non d’observations du genre de celles

15° Le mode d’invasion le plus habituel de l’oreille moyenne indique

l’importance qü’il y a de surveiller la bouche et le pharynx. Il faut s’attacher à obtenir une antisepsie, sinon absolue, au moins relative de ces cavités. Dans la rougeole, la fièvre typhoïde, les soins de ce genre sont tout particulièrement indiqués.

16° Les mesures antiseptiques, prises aujourd’hui par l’immense majorité des médecins dans les maladies de l’oreille, sont tout à fait justifiées par ce que nous connaissons du rôle des divers micro-organismes dans la pathogénie des otites moyennes et de leurs complications.

77. — Des altérations de l’oreille moyenne chez les enfants en bas âge. Société de

biologie, 20 avril 1889.

Slreckhëisén, Troéltsch,. Baréty et Rênaut ont signalé la fréquence de l’otite des nouveaù-nés. Nous ne l’avons pas vu manquer 1 fois sur 20 autopsies d’enfants ayant de neuf jours à deux ans. Toujours elle était bilatérale. L’exsudât renferme toujours des micro-organismes. 18 ; fois nous avons fait des cultures qui ont montré : 13 fois le streptococcus pyogenes; 6 fois le staphylococcus pyogenes aurons ; 3 fois le pneumocoque.

Ce sont les mêmes microbes que dans les otites moyennes aiguës de l’adulte. Elles sont dues à l’introduction par les trompes des microbes pathogènes contenus dans la bouche et le pharynx.

L’otite â été ordinairement Une trouvaille d’autopsie à laquelle ne correspondait aucun des symptômes pendant la vie. Sa fréquence incomparablement pim grande chez les enfants s’explique par l’absence d’expectoration et d’expuilion, le décubitus qui favorisent l'introduction des microbes dans les trompes. Les microbes trouvent de plus un milieu de culture favorable dans les débris du bouchon gélatineux qui remplit la caisse pendant la vie intrarutérine.

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